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mardi 19 juillet 2022

HERMANN

 EMOUVANTE REVERIE

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Léa est neurologue dans un hôpital du nord de la France. Un soir, en quittant son travail, elle passe devant le bureau d'un collègue et entend une voix et une phrase qui vont la projeter 13 ans en arrière. Flashback : nous voici dans le sud de la France. Léa est une jeune interne en gériatrie. Un jour un jeune homme est amené. Il souffre de trouble de la mémoire, ne sait plus d'où il vient, qui il est. IL sait quelques mots de russe et ne se rappelle qu'un seul nom : Olia, un amour perdu. Léa ne peut se détacher de ce patient. Il y a une Olia proche, l'épouse de Daniel Steiberg, un cardiologue de l'hôpital. Olia vient rencontrer Hermann mais nie le connaître.

La suite du récit est comme un voyage, une rêverie mélancolique. Une quête pour retrouver l'amour absolu. Dans un décor sombre, fait de cloisons sur trois côtés et d'un voile de projection en avant-scène, quatre personnages évoluent autour du sentiment amoureux : Léa, Daniel, Olia et Hermann. De récit en confidence, le spectateur est happé par ce voyage au creux des sentiments, un voyage dans le temps, un voyage dans l'espace, témoin de la force du désir qui se joue de la réalité. L'amour est-il plus fort que tout, plus fort que l'oubli, plus fort que le temps, plus fort que l'espace, plus fort que la maladie ?

La mise en scène de François Rancillac est très esthétique, subtile. Elle crée une atmosphère troublante. Le quatuor de comédiens est remarquable : Claudine Charreyre (Léa), Daniel Kenigsberg (Daniel) Lenka Lutakova (Olia) et le troublant Clément Proust (Hermann). La justesse de leur jeu nous transporte dans cette émouvante rêverie.

En bref : l'histoire d'un amour absolu, une quête qui nous transporte dans le temps et dans l'espace, une rêverie romantique, un très beau moment de théâtre.

Hermann, de Gilles Granouillet, mise en scène François Rancillac, avec Claudine Charreyre, Daniel Kenigsberg, Lenka Luptakova, Clément Proust, scénographie Raymond Sarti, Lumière Guillaume Tesson, création son Sébastien Quencez

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Off 2022
La Manufacture (Patinoire)
du 7 au 26 juillet 2022 - 19h30 - 2h (trajet compris)
Relâche 13-20
crédit photo @Christophe De Lage

dimanche 17 juillet 2022

ANGELA DAVIS, UNE HISTOIRE DES ETATS-UNIS

UNE VIE DE COMBATS

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L'histoire d'Angela Davis c'est l'histoire des combats d'une vie dans des Etats-Unis en perpétuelle évolution ou révolution, y compris ses retours en arrière. Militante communiste, féministes, ex-membre des Blacks Panthers, recherchée pendant des années par le FBI, activiste, intellectuelle, elle reste la personnalité préférée des Américains. Pourtant longtemps ses combats ont été loin de faire consensus autour d'elle.

Très tôt elle prit conscience de sa condition de femme noire dans un pays où, dit-elle, "le racisme est structurel", inscrit "dans l'ADN de nos sociétés". De sa vie elle a fait une arme pour défendre les droits  et faire entendre les voix des minorités, luttant contre toutes les formes de discriminations, "point d'intersection politique et combattante des luttes pour tous les opprimés". De ses seize mois d'emprisonnement pour un crime qu'elle n'a pas commis et qui lui fit frôler la peine de mort, elle gardera un engagement anti-incarcération.

Le spectacle, présenté comme une conférence, est tout aussi fort que la vie d'Angela Davis. Le texte, commande faite à Faustine Noguès, est dense, intense. Il fait totalement écho aux images qui sont projetées sur le fond de scène. Des images symboliques comme les poings levés des athlètes noirs nord-américains aux J.O. de 1968.

La mise en scène de Paul Desveaux s'appuie sur le texte, la vidéo mais aussi une composition musicale de Blade AliMBaye, portée par la voix grave de rappeuse d'Astrid Bayiha. La comédienne impressionne par sa présence scénique, par la force qui se dégage de sa composition, de son regard ferme, froid et chaud à la fois. Elle nous parle de la vie d'Angela Davis, de son parcours d'intellectuelle, d'activiste, et de son engagement politique. Entre poésie et musicalité on est fasciné tant par le personnage d'Angela Davis, qui marquera de nombreuses générations, que par la prestation d'Astrid Bayiha.

En bref : un spectacle dense qui rend hommage à une combattante hors normes des droits des minorités. Astrid Bayiha, entre récit politique, poésie et musicalité, incarne avec force et conviction une Angela Davis exemplaire.

Angela Davis, une histoire des Etats-Unis, de Faustine Noguès, sur une idée de Véronique Felenbok et Paul Desveaux, mise en scène Paul Desveaux, avec Astrid Bayiha, musique, direction musicale et coaching chansons Blade AliMBaye, lumière Laurent Schneegans, images Jérémie Levy.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Off 2022
Théâtre des Halles
Du 7 au 30 juillet 2022 - 14h00 - Durée : 1H
Relâche 13 - 20 - 27
Tournée : 
Princeton - USA - 20 & 21/09/2022
Massachusetts International Festival of Arts - USA - du 30/09 au 04/10/2022

Crédit photo @Jeremie Levy

LES MEMOIRES DE PAUL PALANDIN

 DANS LES MEANDRES DE LA MEMOIRE


Paul est un type plutôt banal. Il mène une vie tranquille entre sa petite amie et ses amis Auguste et Suzanne. Mais Paul voit un psy. En fait Paul a perdu la mémoire. Malgré les séances chez le psy, malgré les visites de ses amis, les souvenirs reviennent, partiellement, puis disparaissent. Pourquoi Paul a-t-il perdu la mémoire ? Pourquoi son esprit ne veut-il pas s'accrocher à ce qui lui revient ?

Le récit commence par nous perdre, comme est perturbé la notion du temps dans l'esprit de Paul Palandin. Les courtes scènes sont des flashbacks sans succession chronologique. Petit à petit les pièces du puzzle vont se mettre en place, notamment grâce à une pianiste aveugle que seul Paul peut voir, aiguillon et ressort comique de la pièce. Paul cherche-t-il à retrouver sa vie et son passé pour trouver le bonheur ou bien cherche-t-il son bonheur perdu et son cerveau refuse de rejoindre le présent par crainte de perdre ce sentiment de bonheur ?

La mise en scène de Christophe Canard et Constance Carrelet est bien rythmée. Elle s'inscrit dans un décor minimaliste où les changements se font à vu. L'écriture de Grégory Corre est déroutante au départ mais redoutablement efficace. L'histoire de Paul nous est distillée progressivement, avec un bon dosage d'humour et d'émotion. L'auteur nous tient en haleine de bout en bout, et nous promène dans des émotions variées.

La direction d'acteur participe à la justesse de la proposition. Tous sont dans le ton, qu'il s'agisse de Laetitia Vercken, lumineuse Rose, Sandra Colombo et Yannick Mazzilli, épatants Suzanne et Auguste, le couple d'amis proches, ou encore Emmanuelle Bougerol, impayable pianiste aveugle. Tous entourent Johann Dionnet qui interprète avec beaucoup de délicatesse et une large palette d'émotions.  

En bref : une belle comédie romantique qui nous pose également la question de notre appréhension du bonheur et de son opposé le malheur, portée par une belle distribution.

Les mémoires de Paul Palandin, de Grégory Corre, mise en scène Christophe Canarde etConstance Carrelet, avec Johann, Dionnet, Laetitia Vercken, Yannik Mazzilli, Sandra Colombo et Emmanuelle Bougerol.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Off 2022
Théâtre des Béliers
Du 7 au 30 juillet 2022 - 16h00 - Durée 1h20
Relâche 12-19 et 26

vendredi 15 juillet 2022

LES RAISINS DE LA COLERE

MIGRANTS DE L'INTERIEUR



Qui n'a pas en mémoire le film de John Ford ou le livre étudié au collège ? Le film de 1940 était la seule adaptation, faite du vivant de l'auteur. Depuis le décès de John Steinbeck, jamais ses héritiers n'avaient accordé les droits d'adaptation sous quelque forme que ce soit. Il aura fallu des années de négociations à Xavier Simonin pour obtenir ces droits. Ses plus de vingt ans de carrière et son savoir faire auront permis la concrétisation de ce projet, et on ne peut que s'en féliciter. Après "L'or", d'après Blaise Pascal, que j'avais beaucoup apprécié dans le Off 2011, c'est donc un nouveau spectacle musical que nous propose celui qui a adapté, mis en scène et qui interprète ce seul en scène... ou presque.

Car ils sont 4 sur scène en fait : 1 comédien et 3 musiciens chanteurs. La scénographie reconstitue un environnement rural, avec des caisses en bois, de la paille. Seuls des micros vintage paraissent légèrement incongrus. Une musique country et une lumière chaude finissent de poser le décor et l'ambiance.

Xavier Simonin est le narrateur. Sa voix grave captive immédiatement. L'émotion du livre est présente tout du long du spectacle. Au travers cette fresque familiale et le parcours de la famille Joad, on suit le destin tragique des Oakies, ces familles qui abandonnent leurs terres de l'Oklahoma pour trouver une vie qu'ils espèrent meilleure en Californie. Métayers chassés par la misère et les tempêtes de sable qui dessèchent les sols et les récoltes, victimes de la crise de 1929, ils sont la douloureuse expression de la violence économique et sociale qui frappa les États-Unis avec la Grande Dépression qui succéda l'effondrement de la bourse. 

Xavier Simonin s'est associé au musicien Jean-Jacques Milteau pour ce spectacle où la musique est un personnage à part entière. Les chants en anglais sont soit la musique de Woody Guthrie, rendue populaire par Bob Dylan et Bruce Springsteen, soit des créations de Claire Nivard (guitare et chant) et Glen Arzel (multi-instruments et chant) qui sont inspirés des extraits du livre non repris dans la narration. L'imaginaire est dès lors porté non seulement par le récit mais également par la musique et le chant. Le trio de musicien est complété par Stephen Harrison à la contrebasse, au violon et au chant). 

De cette adaptation Xavier Simonin veut faire un lien avec le temps présent : les difficultés de l'agriculture, les périodes de sécheresse qui reviennent de plus en plus souvent, les migrations, la pauvreté et les inégalités qui croissent partout dans le monde. A travers la voix des Joad c'est celle de nombreux migrants, intérieurs ou autres, qui s'exprime.

En bref : une adaptation réussie en tous points. Une émotions authentique portée par un jeu, une musique et des chants qui portent haut le chef-d'œuvre de John Steinbeck.

Les raisins de la colère, d'après John Steinbeck, adaptation et mise en scène Xavier Simonin, direction musicale Jean-Jacques Milteau, avec Xavier Simonin, Claire Nivard, Stephen Harrison, Emmanuel Bertrand en alternance avec Glen Arzel

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2022
Le Petit Louvre
Du 7 au 30 juillet 2022 - 13h45 - durée 1h45

dimanche 26 juin 2022

AVIGNON OFF 2022 - MES ENVIES - MES RECOMMANDATIONS

 LA JOIE ET LE PLAISIR DE SE RETROUVER...ENFIN


Après deux années consécutives sans Festival d'Avignon pour moi, l'envie est très grande de revenir cette année. Depuis septembre, au fil des mois, le manque et le besoin se sont à nouveau faits sentir. A quelques jours de l'ouverture du Festival d'Avignon et du Off ce satané virus qui bouleverse nos vies depuis plus de deux ans, semble reprendre de la vigueur et les annulations de spectacles commencent à se multiplier sur les scènes parisiennes. Je veux croire que nous allons vite revenir à de faibles taux de contamination pour profiter de la fête du théâtre, de nos vacances, du plaisir de voyager, de se retrouver, de partager, de découvrir, de vivre tout simplement.

Voici donc la liste de mes repérages, entre envies et chroniques des spectacles déjà vus.

Bon festival à tous et toutes

Le 11


11 Boulevard Raspail - 04 84 51 20 10 - Relâche les mardi 12 - 19 et 26

Comme tous les ans la programmation du 11 donne envie de squatter les lieux pendant deux jours complets. Mais avec seulement 4 jours sur place il faudra choisir. Voici la (longue) liste des spectacles qui me font envie dans l'offre de ce #OFF2022

Au nom du père - Ahmed Madani continue son travail sur l'identité. Un spectacle où la cuisine est un vecteur du récit d'une quête du père pour Anissa. Présenté comme une ode à la résilience et à la gourmandise

Du 7 au 29 juillet - Salle 2 - 9h50 - durée : 1h45

The game of Niebelungen - La légende des légendes germanique raconté par une suisse, en allemand : une combinaison "délirante et explosive". Chiche, histoire de me réconcilier avec l'allemand.

Du 7 au 29 juillet - Espace Mistral - 11h - durée 1h trajet compris

Pourquoi les lions sont-ils si tristes ? - Une réflexion sur la famille, la place du travail dans nos vie, vue par trois générations au chevet d'un homme en fin de vie. Pas une comédie mais une thématique si présente dans nos vies.

Du 7 au 29 juillet - Salle 2 - 12h - durée : 1h10

Le champs de bataille - C'est celui de la famille, celui qui oppose un homme de 40 ans à son couple en crise et à son fils adolescent. Sur le sujet de la violence de l'école et de la société on nous promet humour et poésie. Ma chronique #Coup2Coeur #OFF 2022 en cliquant ICI

Du 7 au 29 juillet - Salle 3 - 12h25 - Durée 1h10

2 sœurs - En terre irlandaise, Marc, ethnologue spécialiste des hystéries collective, retrouve le carnet intime d'une jeune femme disparue en 1953. Se pourrait-il qu'il s'agisse de la résurgence du massacre des sorcières ?

Du 7 au 29 juillet - Salle 2 - 13h35 - durée 1h15 

Portrait de Raoul - Philippe Mynyana + Marcial du Fonzo pour nous raconter le parcours de Raoul, sur le berceau duquel les fées se sont penchées pour guider sa vie dans le mode du costume au théâtre et à l'opéra. Si on ajoute les noms de Copi, Noureev et Nordey, on ne peut qu'être tenté. Ma chronique ICI - Coup de Coeur

Du 7 au 29 juillet - Salle 3 - 14h05 - 1h

Notre histoire - Stéphane est Juif, Jana est Allemande. Sous la pression de leur fille de 10ans ils vont revisiter leur histoire et la grande Histoire. Un questionnement sur la transmission, sur l'identité, sur la possibilité d'une histoire commune. Ma chronique en cliquant ICI

Du 7 au 29 juillet - Salle 3 - 15h30 - durée 1h10

Salina, les trois exils - Parce que je suis tombée amoureuse de la plume de Laurent Gaudé, le désir est grand d'aller découvrir cette adaptation de l'histoire de Salina, enfant abandonnée, élevée par sa Mamambala, mariée de force et rejetée par son clan.

Du 7 au 29 juillet - Espace Mistral - 21h15 - durée 2h

Les 3 soleils

4 rue Buffon - 2 salles - 04 90 88 27 33 - Relâche les mardi 

Comédiens - Reprise d'un succès créé au théâtre de la Huchette en 2018 et vainqueur de 5 trophée de la Comédie Musicale. Un spectacle réjouissant où tout est réussi.  Ma chronique ICI


Du 7 au 30 juillet - Salle 1 - 11h30 - durée 1h35

Gardiennes - Au travers du portrait de 10 femmes, sur 3 générations, Fanny Cabon dresse une fresque de l'intimité des femmes sur une siècle. Il y est question de grosses, d'avortement, de maternité et parfois d'amour. Bouleversant et drôle. Et surtout d'une actualité dramatique. Ma chronique ICI 

Du 7 au 30 juillet - Salle 3 - 15h05

Et Dieu créa le swing - Pour finir la journée sur une note plus légère et en musique. 3 chanteuses et un pianiste mis en scène par Alain Sachs pour un hymne à la voix.

Du 7 au 30 juillet - 21h30 - durée : 1h20

Théâtre Actuel

80 rue Guillaume Puy - 07 89 74 54 00 - 06 81 81 08 78 - Relâche lundi ou mardi

Oublie-moi : une histoire d'amour qui sonne comme "les histoires d'a". Avec Marie-Julie Baup et Thierry Lopez - Ma chronique séduite en cliquant ICI


Du 7 au 30 juillet - 11h55 - durée 1h15 - Relâche les lundi

La vie est une fête - de Lilian Lloyd, mis en scène par Virginie Lemoine. J'ai une tendresse particulière pour Lilian, et les mises en scène de Virginie Lemoine m'ont toujours émue. Deux bonnes raisons pour ne pas manquer ce spectacle. Ma chronique Coup de Coeur en cliquant ICI

Du 7 au 30 juillet - 13h40 - durée 1h15 - Relâche les mardi

La chambre des merveilles - Adaptation du livre de Julien Sandrel. Alors que son petit garçon est dans le coma suite à un accident, une mère découvre les rêves qu'il avait et va tenter de les lui faire vivre par procuration. On nous promet un spectacle qui nous remplira de joie et d'espoir.

Du 7 au 30 juillet - 15h30 - durée 1h25 - relâche les 10 - 17 et 24

Au coin de la lune

24 Rue Buffon - 04 90 39 87 29

Notre petit cabaret - Une fantaisie pour une mère et une fille, une grande comédienne (Béatrice Agenin) et sa fille chanteuse Emilie Bouchereau alias Milo. 

Du 7 au 30 juillet - 15h - durée 1h15

La Reine Blanche

16 Rue de la grande fusterie - 04 90 85 38 17

Cerebrum - "Et si la réalité était une fabrication de notre cerveau". Une présentation qui interpelle et un succès à Paris, mais manque de temps pour le voir. Séance de rattrapage ? Ma chronique en cliquant ICI

Du 7 au 25 juillet - 14h25 - durée 1h15 - Relâche les 12 et 19

Théâtre du Balcon

38 rue Guillaume Puy - 04 90 85 00 80

Festival Britannicus - La facétieuse compagnie "Les Epis Noirs" présente Racine dans une version dé-racinée et en-chantée. On connait leur folie. Que donnera cette version clownesque de la tragédie romaine ?

Du 7 au 30 juillet - 19h55 - durée 1h20

Dans la solitude des champs de coton - Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault présente une version dansée et théâtrale du magistral texte de Koltès. Une autre vision de l'affrontement entre le dealer et le client.

Du 7 au 30 juillet - 22h - durée : 1h15


Théâtre des Béliers

53 Rue du portail Magnanen - 04 90 82 21 07

Les mémoires de Paul Palandin - "c'est l'histoire d'un type qui perd la mémoire à chaque fois qu'il la retrouve". On me dit beaucoup de bien de ce spectacle. La mémoire est-elle notre avenir ? Ma chronique #Coup2Coeur #Off2022 en cliquant ICI

Du 7 au 30 juillet - 16h00 - Durée 1h20 - Relâche 12-19 et 26

Chien qui fume

75 rue des teinturiers - 04 84 51 07 48

La priapée des écrevisses - Andréa Ferréol endosse le rôle de la femme qui tua le président Félix Faure. Histoire d'une rupture amoureuse au sommet de l'Etat, un amour tarifé et passionnel. Et début d'une vie hors norme et mouvementée pour Marguerite Steinheil.


Du 7 au 30 juillet - 17h - durée 1h20 - relâche 12 - 19 -26

Les trois mousquetaires - 12 artistes sur scène, c'est suffisamment rare dans le Off pour être signalé. Un hommage au théâtre de tréteaux, de l'humour, des combats d'épée pour cette aventure théâtrale saluée par la critique et le public en 2021

Du 7 au 30 juillet - 21h15 - durée 1h40 - relâche 12 - 19 - 26

La Condition des Soies

13 rue de la croix - 04 90 22 48 43

Le choix des âmes - L'âme c'est un petit bout de bois essentiel dans un violoncelle. Dans un trou d'obus à Verdun deux hommes que tout oppose doivent dépasser leur divergence pour s'en sortir. Un texte humaniste et une belle interprétation. Ma chronique de 2017 à lire ICI.


Du 7 au 30 juillet - 13h35 - durée 1h10 - relâche 11 - 18 - 25

Le Montespan - Adaptation du roman de Jean Teulé. Trois comédiens, dont Michaël Hirsch, pour un petit bonbon d'humour et d'histoire qui respect l'esprit et l'humour de l'auteur. Une nomination bien méritée au Molières 2022 - Ma chronique conquise à lire ICI

Du 7au 30 juillet - 16h - durée 1h30 - Relâche 11 - 18 et 25


Les Doms
1bis rue des escaliers Sait Anne - 04 90 14 07 99

La bombe humaine - Un seul en scène sur le réchauffement climatique, et l'anthropocène, l'impact de l'homme sur l'écosystème terrestre. De quoi se confronter à nos contradictions tout en nous questionnant. Ma chronique déçue ICI
Du 17 au 30 juillet - 16h30 - durée 1h25 - relâche 12 -19 -24

La Factory

Fantasio - Emmanuel Besnault met en scène l'œuvre d'Alfred de Musset. Un conte philosophique vu par la Compagnie du Bel Eté dont la qualité du travail n'est plus à prouver. 


Théâtre de l'Oulle - Du 7 au 30 juillet - 13h05 - Durée 1h25 - Relâche 11 - 18 - 25

Surexpositions (Patrick Dewaere) - L'évocation de la carrière fulgurante d'un comédien unique, sensible, génie parti trop tôt, et d'une époque. J'ai toujours eu une grande admiration pour Patrick Dewaere. Alors quasi-immanquable.

Théâtre de l'Oulle - Du 7 au 30 juillet - 21h40 - Durée 1h50 - Salle - Relâche 11-18-25

Frère(s) - Le parcours de 2 amis, du CAP à la vie d'adulte. Complicité et émotion. Amitié et rivalité. Une présentation qui éveille ma curiosité

Chapelle des Antonin - du 7 au 17 juillet - 10h - durée 1h10 - Relâche 11

Cinq étoiles - La compagnie Dixit se demande ce que serait la vie dans un monde où les individus ne sont plus soumis à la notation par un algorithme. Intriguant

Chapelle des Antonins - du 7 au 30 juillet - 15h50 - durée 1h15 - Relâche 11-18-25

Billion dollar baby - Audrey Vernon revient avec un nouveau spectacle : une future maman s'adresse à son futur baby, lui présente le monde dans lequel il va arriver. Est-il encore temps de sauver la planète ?

Chapelle des Antonins - du 7 au 30 juillet - 21h50 - durée 1h15 - Relâche 11-18-25

Les Gémeaux

10 Rue vieux Sextier - 04 87 78 05 58

Je pionce donc je suis - "C'est l'histoire d'un monde où tout s'accélère, mais où l'urgent ne fait pas le bonheur, où on aimerait parfois mettre sa vie entre charentaises." L'humour et la poésie de Michaël Hirsch et de Ivan Calberac.


Du 7 au 30 juillet - 13h20 - durée 1h15 - Relâche 12 - 19 - 26

Dans les forêts de Sibérie - Adaptation du livre de Sylvain Tesson. William Mesguich. Un voyage en forme d'hymne à la beauté de la nature, à la poésie, à la richesse intérieurs. A découvrir sans tarder. Ma chronique conquise à lire ICI

Du 7 au 30 juillet - 18h - durée 1h10 - Relâche 12 et 26

Les témoins - Après le feuilleton théâtrale "La chute d'une nation", Yann Rezeau donne à voir la suite de la suite de l'accession de l'extrême droite au pouvoir du point de vue du journalisme. Presse libre ? Ma chronique à lire ICI

Du 7 au 30 juillet - 1h20 - durée 2h07 - relâche 12 - 19 - 26

Les Halles

Rue du Roi René - 04 32 76 24 51

Ici aussi j'aurai envie de tout voir. Sélection de ceux qui m'attirent le plus.

Chasser les fantômes - Une histoire d'amour entre un homme noir et une femme blanche. "Quels fantômes faut-il chasser pour faire confiance à l'autre et construire une relation sur l'altérité ? Ma chronique ICI


Les 7-9-11-14-16-18-21-23-25-28 - 11h - durée 1h30

A table, chez nous, on ne parlait pas - Comment la guerre change un adolescent, comment il vit le fait de savoir que son père l'a sacrifié. Par et avec Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre.

du 10 au 26 juillet - 11h30 - durée 55 mn - relâche 13 et 20

Angela Davis, une histoire des Etats-Unis - Un spectacle entre récit et parole politique, bercé par la musique des années 1970/1980. Pourrait-il en être autrement pour parler de cette femme militante, féministe, intellectuelle et philosophe ? Ma chronique admirative en cliquant ICI

Du 7 au 30 juillet - 14h00 - durée 1h - relâche 13 - 20 - 27

Le cochonnet - Sur la place du village, la traditionnelle partie de pétanque entre amis à laissé place à un nouveau mode de démocratie participative. Celui ou celle qui gagnera définira la politique de la ville. Prêt pour le jeu de massacre ?

7-8-11-12-13-15 juillet - 16h30 - durée 1h15 

L'occupation - Intensément femme, Romane Borhinger nous livre un spectacle qui montre toutes les contradictions d'une femme jalouse. Un spectacle sur le corps, le désir, la jalousie, empreint d'humour, de tendresse et de sensualité. Une très belle interprétation à ne pas manquer. Ma chronique de 2018 à lire ICI

du 7 au 30 juillet - 14h00 - durée 1h05 - relâche 13 - 20 - 27

L'installation de la peur - "Thriller tragi-comique grinçant et drôle". Ou comment s'inscrit dans nos vies privées et collectives. Rire de nos peur pour s'en guérir ?

du 7 au 30 juillet - 19h00 - durée 1h30  relâche 13 - 20 et 27

La Luna

1 Rue Séverine - 04 0 86 96 28

Chaplin 1939 - Comment Charlie Chaplin s'est lancé dans l'écriture du "Dictateur", présentant la folie d'Adolf Hitler. Une période qui va plonger le génial créateur de Charlot dans des tourbillons émotionnels.


Du 7 au 29 juillet - 14h30 - durée 1h12 - Relâche 13 - 20 - 27

En ce temps-là - Que transmettre à son petit-fils ? Ce temps-là c'est celui de la seconde guerre mondiale, d'un voyage en train au cours duquel un père va tenter de transmettre à son fils tout ce qu'il devrait savoir si la vie lui permet de devenir un homme. Ma chronique ICI

Du 7 au 30 juillet - 18h00 - durée 1h15 - Relâche 12 - 19 - 26

Marie des poules - La vie Marie, gouvernante de George Sand, petite fille de ferme que l'écrivaine prendra sous son aile. Un rôle magnifiquement interprété par Béatrice Agenin, sublimé par la belle mise en scène de Arnaud Denis

Du 7 au 30 juillet - 18h30 - durée 1h20 - Relâche 10 - 17 - 24

La Manufacture

2 Rue des Ecoles - 04 90 85 12 71

Scène immanquable du Off, à la programmation internationale, engagée. Toujours beaucoup d'envies.

Alabama song - La vie de Zelda, compagne de Scott Fitzgerald. Un destin briser par le poids du patriarcat, qui fait penser à celui de Camille Claudel : un talent écrasé par celui de l'homme qu'elle aime, un enfermement pour schizophrénie, une mort tragique.

Du 7 au 26 juillet - 9h40 - durée 2h15 - Relâche 13 - 20

Dress code - "Une plongée dans l'univers complexe du breakdance et de ses rituels". Un spectacle salué par la critique.


Du 7 au 16 juillet - St Amand - 15h25 - 1h35 - Relâche 13

A ne pas rater - Remarque : "pendant que vous assisterez à ce spectacle à ne pas rater, vous allez rater, forcément, tout ce qui ce passe ailleurs". Question : comment vivre avec "cette angoisse permanente de passer à côté de quelque chose". Et enfin "prendrez-vous le risque de consacrer une heure entière à ce spectacle, uniquement parce qu'il est pourvu d'un titre terriblement accrocheur ?"

Du 7 au 26 juillet - Patinoire - 15h35 - durée 1h55 - Relâche 13 - 20

Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ? - Une enquête théâtrale pour comprendre comment Jessica va en venir à quitter Brandon, un pilote de drone devenu lanceur d'alerte. Une plongée dans notre société hyperconnectée. Ma chronique admirative en cliquant ICI

du  7 au 26 juillet - 17h35 - durée 1h27 - relâche 13 - 20

Hermann - Un homme égaré est déposé dans un service de neurologie. Point de départ d'une folle histoire d'amour et d'une enquête entre la France, la Pologne et la Russie, entre présent et passé, "comme un rêve éveillé [que le spectateur] vivrait en même temps que les quatre personnage. Ma chronique envoutée en cliquant ICI

Du 7 au 26 juillet - Patinoire - 19h30 - durée 1h30 - Relâche 13-20

Petit Louvre

3 rue Félix Gras - 04 32 76 02 79

Les raisins de la colère - Jamais depuis le film les ayants-droits n'avaient donné les droits d'adaptation du roman de Steinbeck. Mêlant théâtre et musique la compagnie SeaArt a lutté 3 ans avant d'obtenir leur confiance. Cela éveille la curiosité. Ma chronique conquise par cette belle adaptation en cliquant ICI

 du 7 au 30 juillet - Templiers - 13h45 - durée 1h45 - Relâche 12 - 19 - 26

Roi René

4 bis rue Grivolas - 04 90 82 24 35

Adieu Monsieur Haffmann - reprise d'un succès qui ne se dément pas. Une histoire d'amour et d'amitié, un besoin de filiation et de transmission dans une époque troublée. Une lutte pour l'intégrité, contre la tentation du mal. Un récit humain porté par un magnifique trio d'acteur. Ma chronique de 2017 en cliquant ICI

du 7 au 30 juillet - 10h00 - durée 1h30 - relâche 11 - 18 - 25

La Scala Provence

3 rue Pourquery de Boisserin • 84000 Avignon

4 nouvelles salles, miroir avignonnais de la salle parisienne de Frédéric et Mélanie Biessy. Une programmation qui reprend les succès parisiens. Relâche le lundi

La machine de Turing - La pièce de Benoit Soles qui raconte l'histoire d'Alan Turing, génie des mathématiques, qui eut un rôle fondamental dans le décryptage de la machine Enigma pendant la seconde guerre mondiale.  Ma chronique à lire ICI


Du 7 au 30 juillet - Salle 600 - 12h - Durée : 1h30

Une histoire d'amour - Alexis Michalik parle d'amour, de PMA, de la famille, du couple, de la séparation, de la filiation. Un spectacle dans l'air du temps qui n'en est pas moins émouvant.  

Du 7 au 30 juillet - Salle 600 - 18h35 - Durée 1h25 

Machine de cirque - Le cirque contemporaine tient ses lettres de noblesse de nos cousins québécois. Avec ce spectacle où les prises de risque sont multiples, avec humour et dextérité, les circassiens d'outre-Atlantique en fond une nouvelle démonstration virtuose. La chronique de Corine à lire ICI

Du 7  au 30 juillet - Salle 600 - 20h50 - Durée 1h 30

L'art du rire - Comment et pourquoi rit-on ? C'est à cette question que Jos Houben tente de répondre dans un seul en scène...hilarant. Le temps passe mais le spectacle ne prend pas une ride. Ma chronique de 2013 à lire ICI

du 7 au 30 juillet - 14h30 - durée 1h - Relâche 10 - 11 -18 - 22 - 25

Coupures - Après nous avoir interpellé sur le productivisme puis sur l'écologie, la compagnie "La poursuite du Bleu" nous donne à réfléchir sur le rôle de l'individu dans nos démocraties occidentales. Dut théâtre engagé. Ma chronique COUP DE COEUR ICI

Du 7 au 30 juillet - 10h00 - 1h30 - Relâche 11 - 18 - 25

Le train bleu

Elémentaire - Après les attentats de 2016 Sébastien Bravard décide de se devenir enseignant. Il raconte sa première année dans le primaire dans un seul en scène. Avec humilité il décrit les défis et les petites victoires du quotidien sur les bancs des écoles de la République.

du 8 au 27 juillet - 10h00 - durée 1h10 - relâche 14 - 21

Moi  c'est Talia - Un spectacle qui "décortique les méandres de la pensée d'une collégienne qui prend soudainement conscience de ses bavardages mentaux. A travers le dédoublement du personnage, le spectacle dissèque le tournant de l'adolescence et observe le fonctionnement de la pensée."

Attention : une seule date le 21/07 - 15h00 - 45mn

Artemisia Gentileschi - En 1612 un procès agite Rome pendant neuf mois, celui du peintre Agostino Tassi accusé du viol de la jeune peintre Artemisia Gentileschi. Entre la Renaissance et aujourd'hui la façon dont est traité la victime a-t-elle changé ? Ma chronique COUP DE COEUR ICI

du 8 au 27 juillet - 20h20 - duré 1h25 - relâche 14 - 21


BON FESTIVAL

Pour que vive le spectacle vivant, allez au théâtre !

mercredi 1 juin 2022

CHAT EN POCHE - 30e Festival de Maisons Laffitte

 UN FEYDEAU RONDEMENT MENE

C'est donc avec une autre pièce de Feydeau que se termine le 30e Festival de Théâtre de Maisons Laffitte. Et qu'il est plaisant de voir un Feydeau remarquablement mis en scène et interprété. Eh oui, même une non passionnée du vaudeville peut apprécier ce genre lorsqu'il est bien traité.

Petit rappel historique : "Chat en poche" fut créé en 1888 et ne connut pas un grand succès à l'époque. Ce n'est qu'au fil du temps qu'elle trouva son public. La pièce est désormais reconnue comme l'un des chefs-d'œuvre de l'empereur du vaudeville.

Il y met en scène la famille Pacarel et ses amis. Le chef de famille a fait fortune dans le sucre et veut assoir son statut de notable en faisant représenter un opéra composé par sa fille Julie. Il recrute un célèbre ténor de bordelais. Lorsque le fils de son ami Duffausset débarque, venu à Paris pour faire ses études des droit, la valse des quiproquos est lancée. Le faux ténor va signer un contrat qui lui rapporte une petite fortune, et tombe amoureux de la maîtresse de maison. Mais l'a-t-il bien identifiée ?

Sébastien Biessy a vraiment donné un coup de dépoussiérage à ce texte avec une mise en scène dynamique, qui fourmille d'inventivité. Le texte est mis en valeur en accentuant, sans exagération, les doubles sens ou les contre-sens. Quelques anachronismes sont émiettés dans le spectacle, qu'ils soient dans le texte ou sonores, mais introduits de telle sorte qu'ils sont légers et s'intègrent parfaitement.

Le décor et les costumes jouent les sur les contrastes : noir pour les rideaux et la majorité des costumes, blanc pour les tabourets, l'ouverture de la porte en fond de scène, et les enfants (Julie, espiègle Nathalie Forquignon, et son fiancé un peu effacé M. Lanoix de Vaux joué par Jean-Baptiste Roche). Seul Tiburce, empêcheur de tourner en rond (ou plutôt d'aller tout droit) a une touche de couleur avec les rayures jaunes de sa tenue de serviteur. Coup de chapeau à Léopold Biessy pour ce rôle omniprésent dans des postures pas toujours confortables. 

Le jeu des comédiens joue aussi sur les rythmes : parfois hystérie collective, souvent bien dosé. Tous sont dans le ton : Yves Chambert Loir / M. Pacarel, ce bourgeois aveuglé par son ego et sa bêtise, Béatrice Biessy / Marthe Pacarel joue à fond la bourgeoise précieuse, Pierre-Yves Blanchard est un Dr Landerneau presque effacé devant le jeu drôlissime de Laure Boinet (Amandine Landerneau dite Bibiche). Mais c'est Martin Biessy qui retient particulièrement l'attention en interprétant un M. Duffausset / Ténor Dujeton tout en nuances.

Tout est réuni pour que la mécanique du rire fonctionne pour le plus grand plaisir de la salle. Une bien belle façon de clore ce trentième et ultime festival de théâtre de Maisons Laffitte.

UNE PAGE SE TOURNE

Ce n'est qu'en 2017 que j'ai fait connaissance avec ce festival. Beaucoup trop tard !  Avec deux années d'absence pour cause de pandémie, je n'aurais vu que trois éditions. Et pourtant il m'en restera pour toujours des souvenirs forts :

une équipe incroyable de gentillesse, de bienveillance, toujours souriante, menant tout avec une facilité déconcertante tant tout est rodé. Il y a toutes les images de ces spectacles sélectionnés tout au long de l'année pour créer une programmation éclectique mais surtout pour  représenter la diversité du théâtre, du classique au contemporain, de la comédie au drame, du vaudeville à l'opéra. Il y a la qualité du travail proposé par ces troupes amateurs, parfois bien meilleur que certains professionnels. Il y a les questions des collégiens lors des cafés-critiques qui suivent chaque spectacle en compétition. Il y a toutes les rencontres, les amitiés qui sont nées lors de cet évènement. Il y a surtout la force et la solidarité d'un groupe d'amis soudés autour d'une famille. Tous sont présents fidèlement, année après année, depuis 30 ans pour certains. 

Il y a surtout la passion de Sébastien et de Béatrice Biessy, qui ont "ancré le théâtre dans la ville de Maisons Laffitte" comme l'a dit M. Jacques Myard lors de son discours de clôture. Après trente années d'un évènement devenu incontournable, réunissant chaque week-end de l'Ascension un public fidèle et nombreux (la plupart des spectacles se jouaient à guichets fermés), Sébastien et Béatrice arrêtent en pleine gloire. Mais ils ne disent pas adieu au théâtre. La Compagnie de la Mansonnière va continuer à présenter ses créations, à commencer par ce pétillant "Chat en poche". Et nous retrouverons l'équipe pour un nouveau festival, à Cabourg, pour une action caritative. Un nouveau rendez-vous qui se déroulera aussi au mois de mai. Quant au théâtre à Maisons Laffite, M. le Maire, grand amateur de cette forme de spectacle vivant, nous en a fait la promesse : il restera inscrit dans l'ADN de la ville, reste à en fixer la forme.

Au revoir Sébastien et Béatrice. Merci pour tout ce que vous faites pour le spectacle vivant.


Chat en poche, de Georges Feydeau, mise en scène de Sébastien Biessy, avec Léopold Biessy, Yves Chambert Loir, Béatrice Biessy, Pierre-Yves Blanchard, Laure Boinet, Nathalie Forquignon, Jean-Baptiste Roche et Martin Biessy.

Vu le 29/05/2022 - Salle Malesherbes - Maisons Laffitte

POUR UN THEÂTRE SOLIDAIRE

 

On ne peut pas parler du Festival de Théâtre de Maisons-Laffitte sans parler de PSE - Pour un sourire d'enfant. Association d'intérêt général reconnue de bienfaisance, apolitique et non confessionnelle, PSE défend les Droits des Enfants.

 Depuis plus de 25 ans elle agit au Cambodge pour sortir les enfants de l'extrême misère et les mener jusqu'à un métier. Reconnue par les autorité cambodgiennes, l'association intervient dans le respect du pays, en collaboration avec les habitants. Elle est lauréate du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.

 La famille Biessy et l'équipe du Festival soutiennent son action depuis de nombreuses années. Si le festival ne sert pas à lever des fonds pour PSE, c'est néanmoins pour moi l'occasion idéale de signaler son action et de vous inviter, si vous souhaitez participer à cette aventure, à faire un don en cliquant ICI.

lundi 30 mai 2022

JOYEUX ANNIVERSAIRE QUAND MEME - 30e Festival de Maisons Laffitte

 DUO COMPLICE POUR COMEDIE ROMANTIQUE


Olivier est un célibataire maniaque, psychorigide, bourré de tocs, en pleine dépression depuis que son ex l'a planté une semaine avec le mariage pour partir avec son meilleur ami. Alors lorsqu'un copain lui demande de lui rendre un service et d'héberger Loulou pendant une semaine, on ne peut pas dire qu'il saute de joie. Mais comme il a un bon fond, il accepte...pour mieux le regretter dès le lendemain, lorsqu'il découvre que la fantasque jeune femme perturbe grandement l'organisation de son appartement. Il va néanmoins se laisser attendrir par les yeux de biche et le regard de chien battu de la belle, et jouer le jeu pendant une semaine.

"Joyeux anniversaire, quand même" coche toutes les cases de la comédie romantique classique : le type bourru, la belle extravertie. Comme le dit le personnage d'Olivier, c'est le classique duo et la rencontre improbable de deux personnalités qui non seulement n'ont rien en commun mais qui ont tout pour s'agacer et se rejeter. Lui est Schtroumpf grognon doublé d'une personnalité coincée, elle est pétulante, dynamique, enjouée. Lui est un brin réac, elle est libre. Lui broie du noir, elle est optimiste.

On retrouve dans le texte tout l'humour de Lilian Lloyd, et dans ses deux personnages toute sa sensibilité. Le décor est celui d'un appartement simple, fait de meubles assemblés sans recherche d'une esthétique moderne, un peu à l'image de la personnalité d'Olivier. Les musiques jazzy finissent de peaufiner l'atmosphère cosy et romantique.

Dans le rôle d'Olivier, l'auteur et metteur en scène est le bon comédien que l'on connaît, transformant l'ours mal léché en gros matou en besoin d'amour. Quant à Jennifer Bailly, quelle progression depuis les ateliers théâtre dans lesquels je l'avais vu évoluer il y a quelques années. Elle est lumineuse, solaire, d'une aisance et d'une présence remarquables.

Le duo fonctionne à merveille. L'émotion est présente et forme un bon équilibre avec les moments comiques, qu'ils viennent du texte ou du jeu, comme le comique de répétition autour d'un tiroir ou d'une position pour s'endormir. Le seul regret que je pourrai formuler est un peu de longueur. Pour le reste, "Joyeux anniversaire" est une comédie romantique classique et efficace, portée par un duo complice et au jeu très naturel.

Joyeux anniversaire, quand même, de Lillian Lloyd, mis en scène par l'auteur, avec Lilian Lloyd et Jennifer Bailly

Vu le 29/05/202 - Vieille Eglise - Maisons Laffitte

Photo : Tompointcom 

POUR UN THEÂTRE SOLIDAIRE


On ne peut pas parler du Festival de Théâtre de Maisons-Laffitte sans parler de PSE - Pour un sourire d'enfant. Association d'intérêt général reconnue de bienfaisance, apolitique et non confessionnelle, PSE défend les Droits des Enfants.

 Depuis plus de 25 ans elle agit au Cambodge pour sortir les enfants de l'extrême misère et les mener jusqu'à un métier. Reconnue par les autorité cambodgiennes, l'association intervient dans le respect du pays, en collaboration avec les habitants. Elle est lauréate du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.

 La famille Biessy et l'équipe du Festival soutiennent son action depuis de nombreuses années. Si le festival ne sert pas à lever des fonds pour PSE, c'est néanmoins pour moi l'occasion idéale de signaler son action et de vous inviter, si vous souhaitez participer à cette aventure, à faire un don en cliquant ICI.

LE PORTEUR D'HISTOIRE - 30e Festival de Maisons Laffitte

 LA FORCE DU RECIT CHORALE


Deux pièces d'Alexis Michalik au programme de cette 30è édition du Festival de Maisons Laffitte. Au soir de ce 4è jour c'est la compagnie "Tous en scène" qui s'attaque au "Porteur d'histoire", pièce phare de l'auteur, récompensée par deux Molières en 2014 et qui n'a pas quitté l'affiche des théâtres parisiens depuis. Bref, un sacré challenge !

Petit rappel sur l'histoire : Martin Martin roule sur une piste en Algérie, arrive à Mechta Layadat où il fait la connaissance d'Allia et de sa fille Jeanne. Commence (mais est-ce bien le début) un récit digne d'Alexandre Dumas, une quête littéraire qui nous transportera sur 3 continents et au travers des siècles, sur les traces d'un trésor et d'une famille légendaires.

Tout comme pour "Edmond" vu plus tôt dans la semaine, le défi est relevé avec panache. Le plateau est divisé en deux parties dans lesquels vont se jouer les différentes étapes de ce récit à tiroirs, les pièces du puzzle se mettant en place progressivement jusqu'à la surprise finale. Le décor est composé de quelques cubes que les comédiens déplacent selon les besoins, qui servent à recueillir les nombreux accessoires et se transformant également en jeep, en avion, en fontaine. Au centre deux panneaux figurent une bibliothèque et servent de passage (d'un lieu à un autre, d'une époque à une autre).

Le rythme est soutenu. Les comédiens passent d'un personnage à un autre avec rapidité, sans temps mort. Les astuces de décor et de mise en scène permettent au spectateur de ne pas se perdre dans ce récit en forme de puzzle. Les dialogues à travers le temps et l'espace fonctionnent bien.

Au sein d'une distribution mêlant des comédiens et comédiennes amateurs aux niveaux d'expérience variés, du débutant au plus aguerri, je retiens plus particulièrement l'œil malicieux de Christian Haton (Martin Martin de 2011) qui a le don de raconter des histoires et de convaincre tous ses interlocuteurs de le suivre ou de l'aider à mener sa quête ; les multiples facettes de Christophe Ecobichon qui donne une couleur unique à chacun de ses personnages, de Michel le fossoyeur au pape Clément VI en passant par le cafetier ou le berbère (entre autres); ainsi que la prestation de Catherine Duval qui multiple les rôle féminin et est aussi à l'aise dans la peau de la douce mais libre Allia que dans le rôle d'Eugène Delacroix.

Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai vu cette pièce que j'aime faire découvrir à mes amis. Il aurait donc été facile d'être déçue par une mise en scène autre que celle de l'auteur. Aussi, même si je n'ai pas été aussi emportée que d'habitude, j'ai beaucoup apprécié la proposition de la Compagnie Tous en Scène et la mise en scène de Laurent Viers, ainsi que le beau travail de cette troupe très attachante.

Le porteur d'histoire, d'Alexis Michalik, mise en scène Christophe Viers, avec Laurent Charpiot, Catherine Duval, Christophe Ecobichon, Victor François Galichon, Christian Haton, Lise Huss, Céline Laboisse, Jérôme Raimbault, et (à partir d'octobre 2022) Anne-Brigitte Lecorvaisier

Vu le 28/05/2022 - Salle Malesherbes - Maisons Laffitte


POUR UN THEÂTRE SOLIDAIRE

 

On ne peut pas parler du Festival de Théâtre de Maisons-Laffitte sans parler de PSE - Pour un sourire d'enfant. Association d'intérêt général reconnue de bienfaisance, apolitique et non confessionnelle, PSE défend les Droits des Enfants.

 Depuis plus de 25 ans elle agit au Cambodge pour sortir les enfants de l'extrême misère et les mener jusqu'à un métier. Reconnue par les autorité cambodgiennes, l'association intervient dans le respect du pays, en collaboration avec les habitants. Elle est lauréate du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.

 La famille Biessy et l'équipe du Festival soutiennent son action depuis de nombreuses années. Si le festival ne sert pas à lever des fonds pour PSE, c'est néanmoins pour moi l'occasion idéale de signaler son action et de vous inviter, si vous souhaitez participer à cette aventure, à faire un don en cliquant ICI.