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dimanche 8 avril 2018

SECRET (Temps 2)

GÉNIE INCLASSABLE
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Parce qu'il faut bien le faire entrer dans une case pour l'identifier dans le programme, c'est dans la catégorie "Cirque" que l'on trouve SECRET (Temps 2) de Johann Le Guillerm dans la saison 2017/2018 du Théâtre de Saint Quentin en Yvelines. En partenariat avec L'Onde c'est sous un chapiteau au domaine de la Cour Roland à Jouy en Josas que l'on peut découvrir ou redécouvrir cet artiste iconoclaste au talent incroyable.


"AUTODIDACTE DE L'OBSERVATION DU MONDE"

Il se définit comme "praticien de l'espace des points de vue". D'aucuns le disent circassien et plasticien. Son travail a pour but de montrer les choses de différents points de vue, que ce soit physique ou culturel. Une fois que l'on a dit cela on a tout dit et en même vous n'êtes pas plus avancé. Alors le mieux est d'aller à sa rencontre.

Parce que le travail de Johann le Guillerm et inclassable. Ce génie de l'impossible prend un malin plaisir à jouer avec la matière et avec nos nerfs. Bois, papier, tiges de fer, mikado, planches, corde : tout est sujet à jouer à l'équilibriste. Il fait de chaque objet une matière mouvante. Celui qui se dit "autodidacte de l'observation du monde" déjoue les lois de la physique pour construire un art de la mutation et de l'attraction.

ARTISTE ET INVENTEUR

Son spectacle "SECRET" (Temps 1 ou 2) est semble-t-il en constante mutation. Le voir évoluer c'est comme visualiser le mythe de Sisyphe.  Mais un Sisyphe empreint d'auto-dérision. Ce poète de l'illusion qui dresse un oiseau / avion en papier se joue de pseudo rigidité de l'acier, créé des structures modulaires, défie les lois de la pesanteur, invente d'étranges être animés est à la fois poète et joueur. Alchimiste de la nature il explore les capacités humaines ainsi que celles de la matière et de l'espace.

Sans jamais sourire (ou alors très discrètement), concentré sur ses multiples défis, son personnage énigmatique semble enfermé dans sa bulle et nous donne l'impression d'être les spectateurs privilégiés de l'action de ce génial créateur, maître de l'impesanteur. Car au-delà de l'artiste de "cirque" il y a "l'alchimiste", l'homme en constante interrogation sur le monde, qui transforme son questionnement dans une démarche protéiforme comme les Nantais ont pu le découvrir tout au long de la saison, au jardin des plantes, sous chapiteau ou au musée Dobrée, grâce au projet "ATTRACTIONS" qui se déroule jusqu'au mois de juin 2018 (Toutes les infos en cliquant ICI).

Un spectacle qui doit aussi beaucoup à l'équipe qui accompagne cet artiste hors norme, les femmes et les hommes qui dans l'ombre ou sur scène manipulent et actionnent les instruments de l'impossible, sous la création musicale de Thomas Belhom interprétée par Alexandre Picques et les lumières de Hervé Gary et Cyril Nesci.

En bref : Johann le Guillerm est un génie de l'impossible. Un univers à part pour ce maître de l'illusion qui joue l'équilibriste et renverse nos modes de pensée en donnant les choses à voir sous un autre angle. Un spectacle en perpétuelle évolution qu'il ne faut absolument pas manquer.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Grande Halle de La Villette
Du 24 septembre au 20 octobre 2019


Mise à jour du 06/08/2019
Vu Avril 2018 - Théâtre de Saint Quentin en Yvelines hors les murs au Domaine de la Cour Roland - Jouy en Josas

dimanche 12 mars 2017

LE VIDE, ESSAI DE CIRQUE

ÉTONNANTE ET HALLUCINANTE PERFORMANCE
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Ce soir-là au théâtre de Saint Quentin en Yvelines le spectacle, l'expérience, la performance, commencent par un parcours fléché énigmatique et humoristique dans les entrailles du lieu pour arriver sur la scène transformée en une piste de cirque.  Au détour d'un couloir on croise des livres suspendus : "Le mythe de Sisyphe" d'Albert Camus. Et un rappel : c'est l'histoire d'un homme qui pousse un rocher en haut d'une montagne. Quand il arrive en haut, le rocher retombe. Sisyphe est alors condamné à inlassablement recommencer son geste. Une quête de sens. Un voyage au pays de l'absurde. Pour la mythologie grecque, une punition infligée à celui qui a osé se moquer des dieux. Pour Camus un destin qui permet la rébellion et l'accomplissement.

Au sol un assemblage de matelas, de tranches de mousse, des tables de tréteaux. Du plafond pendent des cordes. La suite est indescriptible. Parce que atypique et parce qu'il faut vivre cette performance pour l'apprécier pleinement.

"Ceci est un essai, de plus" lit-on sur les petits papiers disposés sur les sièges. Un essai pour donner une interprétation physique au mythe se Sisyphe. Un essai pour transformer une scène de théâtre, chaque fois différente, en une piste de cirque. Un essai pour confronter l'artiste au vide sous lui, confronter les spectateurs au vide entre deux notes de musique. Rencontre entre deux univers complémentaires, indissociables.

Fragan GEHLKER est cordeliste. Pendant une heure, ou plus selon les représentations, il joue avec nos nerfs dans ses essais sans cesse renouvelés de grimper sur une corde tandis que Alexis AUFFRAY multiplie les essais de sonorisation, tantôt au violon, tantôt via un radiocassette. L'acrobate grimpe, rencontre une première difficulté, recommence, encore et encore. A chaque fois il trouve une nouvelle possibilité pour poursuivre son but, explorant tout l'espace horizontal et vertical qui abrite sa performance, faisant preuve d'une technique et d'une force incroyables qui nous laissent bouche bée, le souffle suspendu, le corps sursautant à chaque mise en danger.

Performance physique hallucinante, hypnotique, effrayante, souvent drôle. Le duo, sur la surprenante dramaturgie de Maroussia DIAZ VERBEKE, nous entraîne au cœur de l'absurde. Tout comme Sisyphe qui pousse sans relâche son rocher, l'acrobate monte et redescend le long des ces cordes, de cet espace, le musicien cherche la bonne note, le spectateur fasciné ne peut détacher ses yeux de l'artiste condamné à essayer encore et encore. Jusqu'où est-il / sommes-nous prêt(s) à aller pour réussir ? Quel sens faut-il donner à cette obstination ? A cette volonté de ne jamais abandonner ?

"Il faut imaginer Sisyphe heureux" disait Camus. Car en prenant conscience de son destin il en devient le maître. De l'artiste ou du spectateur, qui est le maître du temps ?

En bref : un spectacle étonnant. Une performance physique impressionnante et un questionnement métaphysique. Un moment de cirque à nul autre pareil qui derrière le rire de l'absurde nous interpelle. Incroyable. Indescriptible. Bluffant.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre Gérard Philippe - TGP
DERNIERES REPRESENTATIONS MONDIALES
Di 10 nov 2019 17h
Je 14 et Ve 15 nov 2019 - 19h30

Toutes les dates de tournée sur le site du spectacle : levide-insitu.blogspot.fr


Vu Mars 2017 - Théâtre de Saint Quentin en Yvelines
Mise à jour du 24/10/2019
Crédit photo @Alan Guichaoua

jeudi 9 février 2017

VANISHING POINT

MARC LAINE RENOUVELLE LE ROAD-TRIP THEATRAL
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Avec Vanishing Point Marc Lainé nous emmène en voyage dans le grand nord  canadien. Bercé par la musique du groupe Moriarty et la voix chaude de Marie Sophie Ferdane, un road-trip théâtral folk, poétique et envoûtant, à la rencontre de soi-même.


BALADE DANS LE GRAND NORD CANADIEN

Une voiture, des écrans, des caméras, quatre musiciens en fond de scène. Une femme prend le micro et s'adresse au public dans une langue étrange avant d'être interrompue par un appel téléphonique. C'est Suzanne qui la harcèle au téléphone. Suzanne qui monte dans sa voiture dans un garage, quelque part à Montréal, avant de s'effondrer sur le volant sous les effets des fumées d'échappement.

Commence alors le double voyage de Suzanne. Flashback. Sur la route vers Winnipeg elle prend en stop un jeune homme qui a l'air encore plus perdu qu'elle. Il traque un amour perdu. Ce voyage sur les traces d'un amour fou qui s'enfuit dès qu'on s'en approche, dans un univers blanc et froid ou l'horizon est rompu par le vert des sapins, Suzanne et Tom vont découvrir leur vérité et rencontrer leur destin. "Peut-on être dans deux endroits différents en même temps" ?


FOLK ET POÉSIE

La mise en scène de Marc Lainé alterne récit et chanson. Le voyage de Suzanne (Sylvie Léonard) et Tom (Pierre-Yves Cardinal) est ponctué par les chansons et interventions de Jo (Marie-Sophie Ferdane), comme un écho ou une ponctuation dans l'épopée de ces naufragés de la route, naufragés de la vie. Si le voyage de Suzanne et Tom nous semble bien réel, Jo apparaît comme un songe, un fantôme, une apparition tantôt rassurante tantôt inquiétante. Plane en elle l'esprit chamanique des tribus amérindiennes du nord canadien à la rencontre desquelles Marc Lainé est allé. 

Sylvie Léonard et Pierre-Yves Cardinal nous touchent par la sensibilité de leur jeu et la qualité de direction d'acteur. Elle se fait optimiste, encourageante, compatissante face à lui qui n'est que désespoir, inquiétude et violence. La vidéo, élément désormais indissociable du théâtre contemporain, permet, grâce aux captations projetées en direct, de nous faire littéralement voyager aux côtés des personnages, dans cette vieille voiture. Sans être omniprésente la caméra nous fait voir au plus près les émotions des comédiens et fixe le décor. Le théâtre n'est plus un lieu figé.

Marie-Sophie Ferdane est extraordinaire dans le rôle de Jo. Marc Lainé a souhaité intégrer le groupe Moriarty pour son univers musical, sans sa chanteuse Rosemary. Sans remplacer cette dernière Marie-Sophie Ferdane montre qu'elle a plus d'une corde à son arc. Sa voix grave et chaude se marie avec bonheur aux mélodies suaves de Moriarty. L'univers folk de ces derniers accompagne la totalité du spectacle et concours à créer cette atmosphère entre rêve et réalité. Il s'agit de la deuxième collaboration entre le metteur en scène et le groupe. L'écriture de la BO s'est faite au fur et à mesure des répétitions, par les quatre musiciens présents sur scène pour jouer en live (Stephan Zimmerlin Thomas Puéchavy, Vincent Talpaert et Charles Carmignac).

On pense aux road-trips de la culture américaine comme l'emblématique "Sur la route" de Kerouac. Mais Marc Lainé réussit le pari de mettre en scène pour le théâtre un format jusqu'à présent surtout littéraire ou cinématographique, sans perdre en intensité dramaturgique. Il réussit également à nous plonger dans un espace-temps particulier, empreint d'une magie chamanique.

En bref : Mac Lainé nous emporte dans un beau voyage qui mêle trois destins connectés par le hasard. La musique du groupe Moriarty sublime ce road-théâtre empreint d'une poésie mélancolique et tragique. Entre rêve réalité une balade dans le grand nord canadien qui nous mène sur la route de la quête de soi.

VANISHING POINT, de Marc Lainé, Avec Pierre-Yves Cardinal, Marie-Sophie Ferdane, Sylvie Léonard, et les musiciens de Moriarty, vidéo Benoit Simon et Baptiste Klein.

L'eau vive par Marie-Sophie Ferdane et le groupe Moriarty sur youtube en cliquant ICI

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
C'était Théâtre de Saint Quentin en Yvelines
31 janvier 2017


Crédit photo @
Vidéo Théâtre National de Chaillot

dimanche 11 décembre 2016

LA RÉSISTIBLE ASCENSION D'ARTURO UI

LA BÊTE EST DÉJÀ RESSORTIE
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Dominique Pitoiset met en scène une version très politique de l'oeuvre de Brecht et dirige à nouveau Philippe Torreton. Une version percutante à la veille de l'élection présidentielle de 2017, parfois déroutante, qui va faire parler d'elle, mais qui perd de sa portée universelle.

MÉTAPHORE

C'est en 1941, alors qu'il est en exil, que Bertolt Brecht écrit LA RESISTIBLE ASCENCION D'ARTURO UI. 17 scènes qui décrivent, sous la forme d'une métaphore, la montée du nazisme, la prise de pouvoir d'Hitler et ses actions de 1929 à 1938. Plaçant l'action dans le Chicago des années 1930, Brecht montre les similitudes entre les méthodes des gangsters et celle des nazis. L'histoire d'un petit truand qui prend le contrôle de la distribution des fruits et légumes et notamment via le trust du chou-fleur est jonchée de manipulation, de corruption, d'assassinats, de traîtrise.

Arturo UI mixe les traits d'Adolf Hitler et d'Al Capone. Le dramaturge ne laisse aucun doute sur les références historique. Les adjoints du truand ont pour nom Gobbora, Gobbi, Roma. Bras armé du maître de la pègre qui se charge d'éliminer ceux qui se mettent en travers de la route du leader.

Brecht parlait d'une farce historique lorsqu'il évoquait Arturo UI, Une pièce burlesque tournée de telle manière que décrit les moyens mis en oeuvre par Hitler pour atteindre puis asseoir son pouvoir et dont le spectateur ressort armé des outils pour mener sa propre réflexion sur ce qui s'est passé. C'est le principe de la distanciation qui est utilisé, renforcé par l'humour et le rire grinçant. Bernard Dort, grand spécialiste de l'oeuvre de Bertolt Brecht, disait que dans cette pièce la distanciation est plus que jamais "une entreprise de déconditionnement et de destruction des idéologies". 


PERTE DE LA DISTANCIATION


En situant l'action en Allemagne (enfin c'est ce que l'on devine même si la scène finale l'ancre dans la France pré-élection présidentielle d'avril 2017), en nommant les acolytes d'Arturo UI, (coiffé comme Hitler), Göring, Goebbels et Rohm, en citant Dollfuss et l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne, Dominique PITOISET gomme toute la métaphore de l'écriture originale et l'effet de distanciation si important pour Brecht. Pourtant le texte original ne laisse aucun doute sur les personnages et le contexte historique auxquels il était fait référence. Et pourtant en utilisant cette métaphore Brecht donnait à cet épisode de l'histoire mondiale une portée universelle.


L'aspect farce a également disparu pour transformer la pièce en Le parti pris assumé de donner une version hautement politique restreint la portée du texte. En laissant pour dernière image l'inscription "Alors c'est qui UI ?" sur fond de drapeau français, Dominique Pitoiset limite le contexte à l'environnement politique français de 2016 / 2017. Brecht lui-même tire la leçon de sa pièce : "Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde". Le spectateur n'est-il pas capable de l'entendre et de le comprendre de lui-même dans la distanciation voulue par l'auteur ? Le mérite de ce parti pris est toutefois de vouloir démontrer qu'il faut briser la fascination du personnage d'Arturo UI (et des leaders du même acabit) sur les foules. Brecht pour cela avait recours à l'humour noir. Pitoiset lui choisit de dramatiser le propos.


QUELQUES IMAGES FORTES


Cette mise en scène marque néanmoins par quelques images fortes comme l'ouverture sur le chant des esclaves du Nabucco de Verdi chanté à Rome en 2011 et s'achevant sur une pluie de tracts dénonçant les réductions budgétaires pour la culture décidées par le gouvernement de Berlusconi. Symbolique à plus d'un titre. Ou bien le même chant dans sa version française, avec le mot "liberté" qui résonne sur des images d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre et se terminant sur l'incendie du Reichstag : faut-il y voir une incitation à la révolte ou le bras armé d'un pouvoir autoritaire qui veut annihiler toute opposition? Ou encore le décor de morgue et son mur de cases d'où sont sortis les corps des opposants éliminés. Ou enfin le final où Arturo UI harangue le public soutenu par les opposants qui ont retourné leur veste : scène muette avec pour fond sonore le Carmina Burana de Carl Orff et pour visuel le drapeau français sur lequel s'inscrivent successivement les mots "Autorité", "Inégalité" et "Identité". 


Celle qui m'a le plus touchée : pendant le salut Philippe Torreton disperse d'un coup de pied rageur les cendres qu'Arturo UI a disposées au sol en forme de croix gammée. Le comédien a une fois de plus une présence et une aura qui lui permet de se glisser avec maestria dans la peau du rôle titre. Il domine une troupe par ailleurs juste et à l'unisson.

En bref : une mise en scène hautement politique et revendiquée comme telle par Dominique Pitoiset et Philippe Torrenton. Après "Cyrano" le duo revient en force avec une pièce ancrée dans la réalité politique de la France de 2016. Un parti pris qui fait perdre à l'oeuvre de Bertolt Brecht la distanciation et l'humour qui permettait de nourrir la réflexion personnelle du spectateur.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
C'était au Théâtre de Saint Quentin en Yvelines
du 7 au 10 décembre 2016

Autres dates de la tournée :
2016 :Espace des Arts - Chalon sur Saône 13/15 dec 2016
2017 :
Amiens - 5-6 janvier / Le Phénix Valenciennes - 10-11 janvier
Châteauvallon - 17-21 janvier / Sète : 25-27 janvier
CDN Dijon - 31 janvier - 4 février / Théâtre du Gymnase Marseille 7-11 février
Comédie de St Etienne 15-17 février / Sénart - 24-26 février
Perpignan - 2-3 mars / MC2 Grenoble - 7-11 mars
Chambéry - 14-16 mars / La Coursive La Rochelle 21-24 mars
Le Quartz Brest - 29-31 mars / La Passerelle Saint Brieuc - 24-27 avril


Vu à Saint Quentin en Yvelines
Crédit photo @ Cosimo Mirco Magliocca

mardi 1 décembre 2015

LE MOUVEMENT DE L'AIR

UN MOUVEMENT QUI MANQUE DE SOUFFLE
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ARTS NUMÉRIQUES ET DANSE CONTEMPORAINE

Claire BARDAINNE et Adrien MONDOT, artistes numériques, se sont déjà illustrés avec PIXEL. Ce spectacle issu de leur collaboration avec Mourad MERZOUKI a séduit le public et affiche salle comble partout (Je vous en reparlerai en février 2016). N'ayant pas encore eu la possibilité de voir ce spectacle mais sur la base de cette référence je n'ai pour autant pas hésité à inscrire LE MOUVEMENT DE L'AIR au programme de mon abonnement au Théâtre de Saint  Quentin en Yvelines. Mes attentes étaient donc grandes, alimentées par la vidéo de présentation. Peut-être est-ce pour cela que la déception est elle aussi grande.

Dans cette nouvelle création les deux artistes utilisent à nouveau des images numériques créées en temps réel par ordinateur sur lesquelles une danseuse et deux danseurs interagissent, s'animent, danses et virevoltent. Un musicien présent sur scène assure l'ambiance sonore. L'univers musical créé par Jérémy CHARTIER est poétique, apaisant, enveloppant et très agréable.


GÉOMÉTRIE ET ABSTRACTION

Sur scène un cadre cubique : deux panneaux transparents et un rectangle au sol. Un espace fini, clos et pourtant ouvert grâce à la transparence. Les projections en blanc sur noir majoritairement sont produites par des vidéos projecteurs, en direct, générées par des algorithmes issus de la régie et de l'intervention humaine et de capteurs placés sur scène. Et si l'interaction entre la technique, les projections et les danseurs fonctionne bien sur le premier tableau tout en courbes et mouvement, la suite est décevante. On a hâte que le derviche tourneur en finisse avec sa danse, on cherche le lien entre la notion de mouvement de l'air et les prestations des danseurs (une variation sur le temps qui passe par contre m'aurait paru cohérente). L'ennui m'a rapidement gagné devant des mouvements trop lents, devant trop de marche et pas assez de danse, et des chorégraphies qui souvent avaient du mal à coller aux effets numériques. Peu d'émotion également, à l'exception du dernier tableau où les trois corps suspendus se meuvent sur un rythme très lent et extrêmement poétique, entre ombre et lumière, les corps au ralenti, entre terre et ciel. Ce dernier tableau est un très beau moment, comme un temps suspendu, un ailleurs. Mais en ce qui concerne le travail sur l'équilibre et l’apesanteur je vous recommande plutôt CELUI QUI TOMBE,  

C'est en février que je dois découvrir PIXEL. N'aimant pas rester sur une mauvaise impression j'irai avec un regard plus tout a fait neuf mais avec l'espoir de cette fois-ci rencontrer la magie dont on m'a tant parlé.

En bref: déception personnelle mais néanmoins un spectacle agréable, poétique et apaisant à défaut d'être génial.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
C'était au
Place Georges Pompidou -  Montigny-le-Bretonneux - 78054 Saint Quentin en Yvelines 

Du 27 au 29 novembre 2015

Dates de tournées sur le site de la compagnie am-cb en cliquant ICI (y compris pour PIXEL)