Louis Jouvet disait "Au théâtre il n'y a rien à comprendre, mais tout à sentir". Au théâtre le côté Cour c'est celui du coeur. De là est né ce blog de critiques théâtrales, qui a pour objectif de vous faire partager ma passion pour le théâtre, mes coups de cœur, mes impressions, mes envies, mes émotions, et vous donner envie d'aller au Théâtre à Paris, à Avignon ou ailleurs.
vendredi 3 juillet 2026
HUBRIS
lundi 11 octobre 2021
LES DEMONS
DISPOSITIF DEMONIAQUE
Quel pari que de monter "Les démons" de Fiodor Dostoïevski, plus connu en France sous le titre "Les possédés". Albert Camus s'y était frotté en 1959 et plus récemment Sylvain Creuzevault en 2018 à l'Odéon. Un texte complexe et foisonnant, peuplé d'une foultitude de personnages. Guy Cassiers en donne une version très sophistiquée qui ne manque pas de belles images.
La scénographie de Tim Van Steenbergen couplée à la mise en scène de Guy Cassiers est déroutante. Sur scène 3 écrans suspendus. Dans le très beau décor d'époque les comédiens évoluent sans communiquer directement. Filmés par 3 caméras (une en fond de scène à jardin, une en avant-scène également à jardin, la troisième au milieu à cour) c'est l'ordonnancement de la projection sur les écrans qui fait le lien entre les comédiens. Ainsi, alors qu'ils se tournent le dos sur scène, ils se font face à l'écran ou bien alors qu'ils semblent s'éloigner, à l'écran ils vont dans la même direction. Parfois des élèves de l'Académie servent de main ou de bras pour faire le lien entre les personnages sur les écrans. Dommage que la mise en scène abuse un peu du procédé. Pour ne pas être perdu le spectateur n'a pas d'autre choix que de délaisser la scène pour se concentrer sur les écrans. Est-ce toujours du théâtre se demanderont certain ? C'est en tout cas une vision perturbante qui, personnellement, m'a perdue par la distanciation que cela crée entre les comédiens et le public, comme un cinquième mur. Si l'esthétique et la recherche de mise en scène font leur effet, cela est au détriment de l'émotion pour le spectateur qui regarde un film plus qu'il ne voit incarnés les personnages de Dostoïevski.
Au-delà de ce dispositif qui occupe les 4/5e du spectacle, la troupe du Français, merveilleuse troupe on ne le dira jamais assez, réalise une prestation remarquable. On imagine aisément toute la difficulté de jeu que le dispositif scénique représente pour chacun, cantonné à jouer dans une zone étroite en largeur, sans lire directement sur le visage ou la gestuelle de son partenaire l'effet du texte ou de l'action. Mais c'est sans compter avec le talent de chacun d'eux. Dans ce récit de bascule d'une époque, la jeunesse remet en cause, par le verbe et par le geste, les enseignements et le monde des anciens. Parmi eux, citons Hervé Pierre (Stéphane Trofimovitch Verkhovenski) mène avec brio et bonhommie le groupe des anciens, et forme un solide duo avec Dominique Blanc (Varvara Stavroguina), son amie et mécène. Du côté des jeunes Christophe Montenez n'en finit pas de séduire par son talent qui à nouveau éclate dans le rôle de Nikolaï, le mélancolique héros malgré lui qui traîne avec lui ses démons intérieurs. Claïna Clavaron est la révélation de ce spectacle. Elle incarne Dacha la fille adoptive de Varvara, avec une vivacité et une luminosité remarquable.
Mention particulière pour la beauté des costumes créés par Tim Van Steenbergen assisté de Anna Rizza et la qualité des lumières de Fabiana Piccioli assistée de Fraonçois Thouret.
En bref : au-delà des réelles qualités de mise en scène, de scénographie et d'interprétation, le spectateur se trouve pris au piège de tant de sophistication dans le dispositif scénique. Restent quelques très belles images mais aussi la sensation d'être restée à côté du texte et d'avoir laissé passer ces démons sans bien les appréhender.
Les démons, d'après Fiodor Dostoïevski, traduction Marie Hooghe, adaptation Erwin Mortier, mise en scène Guy Cassiers, avec Alexandre Pavloff, Christian Gonon, Julie Sicard, Serge Bagdassarian, Hervé Pierre, Stéphane Varupenne, Suliane Brahim, Jeremy Lopez, Christophe Montenez, Dominique Blanc, Jennifeer Decker, Clément Bresson, Claïna Clavaron, et les comédiennes et comédiens de l'académie de la Comédie Française Vianney Arcel, Robin Azéma, Jeremy Berthoud, Héloïse Cholley, Fanny Jouffroy, Emma Laristan.
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Crédit photo @Christophe Raynaud de Lage
dimanche 19 avril 2020
VANIA
UN VANIA PUR ET BOULEVERSANT
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LA NOSTALGIE D'UN FIN DE SIÈCLE
Dans Oncle Vania Anton Tchekhov fait la peinture d'une société en mutation. Dans la salle commune de cette maison campagnarde, Vania (Laurent Stocker), qui se dit vieux malgré ses 40 ans à peine dépassés, se plaint au docteur Astrov (Stéphane Varupenne) du séjour estival du professeur Sérébiakov (Hervé Pierre) et de sa jeune et belle épouse Elena (Florence Viala) UN VANIA COMIQUE ET PATHÉTIQUE
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Vu Octobre 2016
Crédit photo @Simon Gosselin
dimanche 5 janvier 2020
LA PUCE A L'OREILLE - Comédie Française
LA PUCE FAIT MOUCHE
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Et je dis merci à Lilo Baur et à cette troupe magnifique qui a su me faire aimer (enfin) le théâtre de Feydeau. Ça commence par un magnifique décor. L'action est transposée à la montagne, dans un chalet des années 1960. La chaleur de ce salon fait contraste avec la neige qui enrobe les sapins que l'on distingue derrière une grande baie vitrée qui occupe un tiers du fond de scène, libérant un espace intelligemment en lui donnant vie par des passages de personnages dans le ton de cette comédie très enlevée.En bref : même (et surtout) si vous n'êtes pas fan des vaudevilles courrez à la Comédie Française savourer cette formidable "Puce à l'oreille" mise en scène avec brio par Lilo Baur. Vous ne le regretterez pas. Du Feydeau grand format ! Immanquable !
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Vu janvier 2020 - Comédie Française
vendredi 16 août 2019
CYRANO - Le Funambule - Le regard de Corinne
Un trio de Cyrano
Un vrai coup de cœur pour la dernière scène : lorsque que Roxane découvre l'amour que son
Ce serait dommage de passer à côté de ce spectacle dont la mise en scène
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Vu Août 2019 - Le Funambule Montmartre
jeudi 8 août 2019
CYRANO
QUEL PANACHE
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On oublie vite qu'elles ne sont que 3 pour laisser entendre ce texte magnifique. A l'aide de masques et de costumes façon Commedia dell'Arte, théâtre asiatique ou théâtre baroque elles donnent une identité claire à chaque personnage, n'hésitant pas à échanger les rôles. Ainsi Cyrano qui est joué tour à tour par les 3 ce qui ne crée aucune perturbation pour le spectateur. Bien au contraire chacune apporte au personnage une touche personnelle tout en permettant une parfaite homogénéité dans la vision du rôle.Cette influence du théâtre baroque et du théâtre asiatique est la marque de fabrique de la compagnie. Pour le metteur en scène qui y emprunte des éléments de jeu ou de création (masques, maquillage, jeu frontal, gestuelle, symbolique de l'espace de jeu) c'est créer une "autre forme qui puisse à la fois honorer l'oeuvre [.] et ouvrir de nouvelles perspectives scéniques [pour un] théâtre qui n'est ni réaliste ni psychologique".Vu avec la distribution suivante : Iana-Serena de Freitas, Lucie Delpierre, Nataly Florez (en alternance avec Marjorie Larquier)
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Vu Août 2019
dimanche 14 juillet 2019
CYRANO DE BERGERAC
UN CYRANO EMPREINT DE
FRAÎCHEUR
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Christian est amoureux de la belle Roxane, mais cette dernière ne peut aimer qu'un homme beau ET doué pour parler avec délicatesse. Pour son malheur Christian n'a pas cette intelligence. C'est Cyrano, l'homme au nez remarquable, qui officiera en clown de service, fera fi de son amour pour sa cousine Roxane et prêtera sa plume et son esprit au cadet de la compagnie. Roxane saura-t-elle faire la différence ?C'EST OU ? C'EST QUAND ?
BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN
LES JEUX DE L'AMOUR ET DES FAKE NEWS
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Avec "Beaucoup de bruit pour rien" Shakespeare écrit l'une de ses comédies les plus légères qui annonce le marivaudage et les fake news bien avant les écrit de Marivaux et les réseaux sociaux. Au-delà des propos galants et des arrangements entre pères et futurs époux ce sont les luttes de pouvoir et les rapports entre les hommes et les femmes qui sont ici détaillés.res au début du 20e (cf les incongrus policiers british).
L'ensemble est rythmé. Dans un beau décor champêtre servi par une lumière qui rappelle l'été italien, on assiste à un spectacle charmant. La troupe est composée de par moins de 10 comédiens, format rare à Avignon. Si le jeu n'est pas toujours égal certains dominent nettement l'ensemble. Eric Laugérias campe avec son jeu assuré un Léonato léger comme le vent puis brisé par la prétendue trahison de sa fille. Salomé Villiers est une magnifique Béatrice, piquante, cinglante, vive face à un Bénédicte un peu bêta et pas assez misanthrope.C'EST OU ? C'EST QUAND ?
dimanche 5 mai 2019
TRISSOTIN OU LES FEMMES SAVANTES - Le regard de Corinne
Mais le tableau ne serait pas complet sans les détracteurs de Trissotin au nombre desquels on retrouve Chrysale (Vincent Winterhalter) qui se veut le maître de maison mais d'une grande lâcheté face à sa femme, son frère Ariste (Philippe Fenwick) qui parviendra à démasquer Trissotin, Henriette, fille cadette de Chrysale (Vanessa Fonte) qui n'aspire qu'à épouser son fiancé Clitandre (Ivan Ludlow).
mardi 25 décembre 2018
LES FOURBERIES DE SCAPIN - Théâtre du Lucernaire - Le regard de Corinne
La boîte à malices
Le Regard de Corinne
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
dimanche 19 août 2018
LES MOLIERES DE VITEZ - Théâtre du Peuple - Bussang
LES MOLIÈRES DE VITESSE
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(Merci @Ameriquebecoise pour ce titre)
UN THÉÂTRE "PAR L'ART, POUR L’HUMANITÉ"
- un magnifique bâtiment de bois dont le fond de scène s'ouvre sur la forêt vosgienne. (Et quand le soleil est là c'est tout simplement magique)MOLIÈRE REVIGORE
Quatre comédies, quatre polémiques, quatre pièces menées tambour battant par les jeunes comédiens retenus par Gwenaël Morin. La mise en scène et l'énergie des comédiens donnent toute la dimension de farce et de grivoiserie de "L'école des femmes". Si le partie pris de la vitesse et de l'humour passe moins bien sur "Tartufe" on retrouve le piquant de "Dom Juan" qui devient une pièce d'un burlesque que je ne soupçonnais pas, avec un Sagnarelle presque aussi couard que dans Scapin et qui ne perd pas une occasion de se lancer dans des disputes intellectuelles avec son maître. Quant au "Misanthrope" il clôt l'intégrale en beauté avec une version encore plus débridée que les trois pièces qui l'ont précédé. Les puristes en seront pour leurs frais, mais il y a une telle énergie positive, un tel enthousiasme, un tel plaisir partagé qu'on lâche prise et on se laisse porter par ces mises en scène qui filent à grande vitesse sans perdre ni le texte ni le fil de ses idées.C'EST OU ? C'EST QUAND ?
lundi 2 juillet 2018
TRAGÉDIES ROMAINES - Théâtre National de Chaillot
BREAKING NEWS DANS LA ROME ANTIQUE
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C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Crédit photo @Jan Versweyveld






















