vendredi 3 juillet 2026

LES FANFARONS

RENCONTRE DE CLASSES
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Paul a intégré Polytechnique. Sa formation l’oblige à faire un stage en première année. Il avait chois l'univers militaire, mais, blessé lors d’une intervention avec les pompiers, il est envoyé à Marcoussis (banlieue sud de Paris), dans un lycée horticole. Il est notamment confronté à quatre adolescents en perte de repère et de confiance, qui n’ont aucun intérêt pour les maths ni pour l'enseignement d'une manière générale.

Choc des cultures pour Jean qui va avoir du mal à s’adapter. Jusqu’à ce qu’il découvre que l’une d’entre eux joue du saxophone, comme lui. Naît alors l’idée de créer une fanfare,  pour apprendre par le collectif.

"Les fanfarons" est un spectacle typiquement dans la ligne de ce que présente le Théâtre Actuel : une belle histoire pleine de bons sentiments reposant sur une mise en scène classique et efficace. Les six comédiens sont parfaitement dirigés et crédibles.

Néanmoins on n’évite pas l’écueil de la caricature. L’argot, les références au sexe, les violences intra-familiales, la pauvreté, l’incommunicabilité entre les différentes classes de la société sont omniprésent. Et tout fini bien dans un mea culpa sans surprise.

En bref : une vision classique de la confrontation des classes sociales en France au 21e siècle.

Les fanfarons, de Bérangère Gallot, Estelle Kitzis, Lauriane Lacaze, mise en scène des auteurs, avec Damien Bellard, Pablo Carolini, Fabrice de la Villehervé, Leïli L'Henoret, Juliette Lavigne, Jonas Thierry, scénographie Seymour Laval, musique Laurent Labruyère, costumes Isabelle Deffin



C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre Actuel
80 Rue Guillaume Puy - Avignon
Du 3 au 25 juillet - 17h40 - 1h20
Relâche 9 - 16 - 23


HUBRIS

ORGEUIL ET PASSION
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On croit tout savoir de l’Iliade. Et puis arrive une jeune troupe, qui nous offre une version claire, dense et nous laisse voir les héros d’Homère sous un angle différent, celui du regard des femmes.

L’hubris, nous dit le dictionnaire, se traduit par la démesure. Dans la Grèce antique, ce terme désignait les sentiments et attitudes extrêmes au premier rang desquels la passion et l’orgueil.

Le spectacle s’ouvre sur un décor imposant : une grande tente blanche avec au centre en fond de scène un tambour posé sur un drap imbibé de sang. Le décor est planté. Thétis, déesse marine et mère d’Achille, tente de persuader son fils de ne pas suivre les grecs et de ne pas aller au-devant d’une mort certaine comme l'a annoncé la prophétie. Mais Achille, le meilleur des grecs, préfère la gloire éternelle du guerrier mort au combat à la vie tranquille mais anonyme.

La suite nous est contée dans une réécriture moderne de l'Iliade. Outre Thétis, ce sont Briséis et sa sœur Chryséis qui sont à l’honneur. Trophée de guerre, la première est attribuée à Achille, l’autre à Agamemnon. Elles seront esclaves avec tout ce que cela comporte d’avilissement.

Rarement la mythologie grecque aura été racontée avec autant de clarté. Même le plus néophyte y retrouvera dans ces généalogies souvent compliquées. Cette version nous donne à voir des héros plus humain que dieu, dans ce qu'ils ont de meilleur, de bon, mais aussi de de plus cruel et de plus sombre.

L’action est appuyée par une mise en lumière inventive, qui se fait intimité ou violence. L’accompagnement sonore est tout aussi réussi. La mise en scène est toujours pertinente, parfois subtile, nous offrant des moments d'une grande intensité visuelle et émotionnelle. L'ensemble joue intelligemment des contrastes. 

Les cinq comédiens sont tous aussi justes.  Cécile Garnier est une mère aimante, refusant le sacrifice de son fils. Chryséis (Léa Michelot) et Briséis (Clara Jauvar-Lacoste) sont touchantes, émouvantes, bouleversantes, montrant les déchirements des deux sœurs. Mathéo Krzyzik-Braud est un Achille d'abord gamin, aspirant à l'héroïsme, transformé par dix années de guerre et par la mort de son ami Patrocle (formidable Corentin Gérold). 

En bref : une ré-visite de l'Iliade avec clarté et force, portée par une troupe de jeunes comédiens magnifiques.

Hubris, de Clara Jauvar-Lacoste d'après l'Iliade, mise en scène de l'auteure, avec Adrien Bensmaine en alternance avec mmathéo Krzyzyk-Brand, Cécile Garnier, Corentin Gerold, Clara Jauvart-Lacoste, Léa Michelot, Direction artistique Ugo Bussi, collaboration artistique Renato Ribeiro

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
La Factory - Roseau Teinturiers
Rue des Teinturiers - Avignon
Du 3 au 25juillet 2026 - 14h55 - durée 1h20
Relâche 9 - 16  23


GIRLS AND BOYS

INTERPRETATION LUMINEUSE
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Elle commence par nous raconter la rencontre avec celui qui est devenu son mari. La surprise, la passion qui s’émousse mais l’amour, la confiance et la complicité qui restent. Elle qui doute, lui qui l’encourage. Les enfants, Lynn et Danny, formidables et fatigants. Le travail, passionnant, prenant, enrichissant intellectuellement.

Mais arrive un moment où le spectateur se demande d’où cette femme nous parle. On sent bien que quelque chose s’est grippé. Jusqu’à la révélation finale.

Le théâtre de Denis Kelly n’est jamais tendre. L’écriture est dense, les émotions intenses. On en sort rarement indemne. Si l'humour est présent, il est souvent piquant. Le monologue se fait intimiste, avec une mise en lumière soignée.

Au théâtre du Tremplin - Salle Les Baladins, c’est Ophélie Audon qui porte ce texte, seule en scène. Sa présence lumineuse éclaire ce drame du masculinisme. Dans un décor très épuré, d’un geste, un regard, une expression, elle transmet avec justesse toutes les émotions qui traversent cette femme brisée par le geste d'un mari jaloux de la réussite de son épouse quand lui perd pied.

En bref : un spectacle fort. Une interprétation saisissante

Girls and boys, de Dennis Kelly, mis en scène par Marc Delétoille et Thibault Truffert, avec Ophélie Audon


C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre le Tremplin - Salle les Baladins
1 rue du Bon Pasteur - Avignon
Du4au 25 juillet 2026 - 12h - durée 1h15
Relâche 9 - 16 - 23


mercredi 16 juillet 2025

FUSEES

DES ETOILES DANS LES YEUX
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55 petites minutes, c'est le temps du voyage dans l'espace que nous propose Jeanne Candel et son équipe. Autant dire que le temps file comme une fusée (si vous me pardonnez le jeu de mots).

Créé en septembre 2024 au théâtre de l'Aquarium à Paris, que Jeanne Candel co-dirige avec Elaine Meric et Marion Bois, "Fusées" est un spectacle qui met des étoiles dans les yeux des petits et des grands.

L'histoire est simple : deux cosmonautes sont perdus dans l'espace, coincés dans une station spatiale à la dérive, que les équipes sur Terre sont incapables de ramener sur la planète bleue. Les contacts réguliers avec le centre de contrôle sont de moins en moins rassurants, jusqu'au moment où ils n'ont plus que pour seule compagnie celle de Viviane, l'intelligence artificielle qui contrôle, analyse, dirige, joue parfois à la psy.

Tout commence par l'arrivée sur le plateau d'une pianiste et de son piano, ballotés sur la scène, et rapidement suivis de trois autres énergumènes tous plus mal en point les uns que les autres. Ils sont tous cabossés, couverts de bandages, tirent ou poussent tant bien que mal les éléments du décor qui ressemblent couverts de bâches bleues, avant de nous dévoiler un petit théâtre de guignol. Et les voilà lancés dans un cours délirant sur la cosmologie, en s'appuyant sur un théâtre d'objets, afin de nous amener à la rencontre de Boris et de Kyril qui dérivent dans leur engin spatial.

Le ton est donné : humour et poésie.

Avec "Fusées", Jeanne Candel et son équipe nous proposent un théâtre de l'éphémère, comme la vie. Pas besoin d'effets spéciaux, de technologie, mais de l'inventivité, de la créativité, un peu de magie des mots et des gestes, et une ambiance musicale soignée. Des cartons colorés, des tuyaux flexibles, des bâches, du film plastique transparent, un tabouret : il suffit de peu de choses pour que sur scène s'animent les planètes, ou que Kyrill (en état de béatitude aussi bienheureuse que suspecte) et Boris (anxieux et obsédé par le destin de la chienne Laïka, premier être vivant mis en orbite) miment le décollage de leur fusée, se déplacent en apesanteur ou se perdent dans l'espace, comme emportés par un ballet aérien. On ne peut s'empêcher de penser aux deux astronautes qui sont récemment restés bloqués neuf mois dans l'espace alors qu'ils partaient pour une mission de huit jours.

Les enfants sont touchés par la drôlerie des situations et du jeu des comédiens. Les adultes sont renvoyés à la finalité et à l'éphémère de la vie. Et ce par le simple appel à l'imagination de chacun et quelques objets détournés de leur utilisation initiale. 

Petits et grands ne perdent pas de temps à lâcher-prise pour se plonger dans ce voyage intergalactique, porté par la musique de la pianiste Claudine Simon et l'imaginaire des auteurs.

En bref : Comme cela fait du bien d'oublier, l'espace d'une petite heure, les tourments du monde pour se laisser emporter par ce spectacle jubilatoire qui émerveille tous les publics, et qui est un hommage vibrant à la magie du théâtre.

Fusées, création tout public (à partir de 6 ans) de Jeanne Candel, Vladislav Galard, Sarah Le Picard, Jan Peters et Claudine Simon ; Mise en scène et scénographie Jeanne Candel ; Collagoration artistique Marion Bois ; Avec Vladislav Galard, Sarah Le Picard, Jan Peters et Claudine Simon ; construction petit théâtre Sarah Jacquemot-Fiumani ; peinture toiles Marine Dillard et Blandine Leloup ; peinture petit théâtre Marie Maresca ; Lumière Vincent Perhinin ; Constumes Constant Chiassai-Polin assisté de Sarah Barzic


C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Festival d'Avignon - 79e édition - 2025
Théâtre Benoît XII
6 - 7 et 8 juillet 2025

Tournée en France - saison 2025/2026 : retrouvez toutes les dates en cliquant ICI


Crédit photos @Jean-Louis Fernandez


dimanche 13 juillet 2025

Y'A D'LA JOIE

 VIVE LA VIE !
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Après trois ans de tournée avec "Le Montespan", Michael Hirsch nous revient avec son troisième spectacle "Y'a d'la joie". Et c'est à nouveau dans le Festival Off d'Avignon qu'il va le roder.

Dans un seul en scène qui tient  de la comédie et de la conférence TED, Michaël Hirsch nous raconte comment il s'est donné pour défi de devenir joyeux en un an, et comment il y est arrivé (ou pas). Parce que la joie de vivre, c'est quand même moins compliqué que le bonheur.

Interprétant une vingtaine de personnages, convoquant ses imitations préférées (il est toujours incroyable en Fabrice Lucchini, Edouard Baer ou en Jamy), avec pour seul décor trois échelles enchevêtrées, il nous emporte dans une multitude d'émotions, brocarde au passage un certain nombre de clichés, de mode de thérapie, de coaching en développement personnel. Chacun retrouvera les siens.

L'adulte de 37 ans, mélancolique et angoissé qui est devant nous, met toutes les chances de son côté pour apprendre ce que son éducation et son enfance (heureuse) ne semblent pas lui avoir transmis : le pouvoir de savourer la joie de vivre. Il décortique nos petits travers, avec légèreté, tout en restant concentré sur le sérieux de son sujet. Il nous laisse entrer dans un univers intime, et ça c'est nouveau.

C'est drôle, tendre, touchant. On retrouve toute la qualité d'écriture qui a fait le succès de "Pourquoi ?", mais dans un style différent et qui lui reste propre. C'est plein d'esprit et de finesse.

En bref : un spectacle plein d'émotions, qui met de la joie dans les cœurs et des sourires sur les visages. On en redemande !

Y'a d'la joie, de et avec Michaël Hirsch, mise en scène de Michaël Chirinian ; lumières Laurent Beal

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon, Off 2025
Théâtre Les Lucioles
Du 5 au 26 juillet 2025 - 11h50 - durée 1h15
Relâche les mercredis 

Et certainement bientôt à Paris ..... c'est tout le mal qu'on lui souhaite


ROSA ROYAL

REQUIEM POUR UNE AMOUREUSE
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Qu'il est beau ce jardin du théâtre des Halles qui sert d'écrin à "Rosa Royal".  La pièce, librement adaptée de la nouvelle de Nicolas Mathieu, donne la parole à Rosa, très belle femme de 50 ans, qui ne veut plus laisser aux hommes le droit de la bousculer. "Parce que la peur doit changer de camp". Alors elle achète une arme à feu, s'entraîne au tir, à l'objet toujours dans son sac. Un jour elle va l'utiliser pour soulager la souffrance d'un chien renversé par une voiture. C'est la rencontre avec Luc. Il a tout pour lui : gentil, prévenant, a réussi sa vie, prend soin de Rosa, l'emmène en week-end. Elle finit par s'installer chez lui. La peur a-t-elle vraiment changé de camp ?

Avant de rencontrer Luc, Rosa passait la plupart de ses soirées au bar le Royal, souvent avec sa meilleure amie. Rosa a 50 ans, deux grands garçons qui se sont éloignés, une beauté qui attire les hommes. La rudesse de ceux-ci, elle la connaît bien, à commencer par son père. Mais cette fois, c'est la dernière. On ne l'y reprendra plus. Mais il y a Luc. Alors le cœur fleur bleue de Rosa fond une nouvelle fois.

Le texte, adapté par Anne Charrier et Gabor Rassov, bouscule les certitudes que chacun a sur les violences faites aux femmes. C'est une femme qui s'adresse à nous, exprime ses pensées les plus profondes, ses envies, ses combats, sa colère mais aussi son besoin d'amour. Elle est belle Rose, pleine de vie, d'espoir malgré une vie pas toujours heureuse, et surtout une femme qui veut changer, se transformer, qui refuse de se laisser écraser. Ce n'est pas le portrait d'une femme fragile.

La mise en scène de Romane Bohringer est vive, douce, percutante, rythmée. Elle ose montrer cette femme amoureuse de la vie et de ses plaisirs. La douceur du décor et des lumières est un contraste avec la vie de Rosa et son rapport aux hommes.

Anne Charrier est lumineuse, incandescente, magnifique. Elle nous offre une prestation tout en pudeur, nous bouleverse dans un torrent d'émotions, nous laisse hébétés.

En bref : un texte et une mise en scène percutants pour un grand rôle. Anne Charrier y est bouleversante.

Rosa Royal, d'après le roman de Nicolas Mathieu, adaptation par Anne Charrier et Gabor Rassov ; mise en scène Romane Bohringer, avec Anne Charrier ; lumières Thibault Vincent ; scénographie Rozenn Le Gloahec ; costumes Céline Guignard-Rajot

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Off 2025
Théâtre des Halles
Du 5 au 26 juillet 2026 - 21h30 - durée 1h15

La pièce sera reprise au Studio des Champs Elysées à Paris, du 12 septembre 2025 au 28 décembre 2025 - du jeudi au dimanche


KESHI

 TRAGEDIE GRECQUE EN POLYNESIE
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Hereau vit avec sa mère, sans avoir jamais connu son père. Sa mère l'entoure d'un amour fusionnel, entend le protéger du monde, n'a jamais rien voulu dire sur le père. Mais lorsque Hereau apprend qu'il va devenir père à son tour, il ressent plus que jamais le besoin de savoir d'où il vient. Il se tourne vers son meilleur ami, qui lui aussi a grandi sans père et qui a été adopté traditionnellement par la famille d'Hereau. Au cours de cette quête sur ses origines, le jeune homme va être confronté à l'âme de ses ancêtres et découvrir la dramatique vérité.

La compagnie CAMéLéON, créée en Polynésie française, s'est donnée pour mission d'être un théâtre citoyen, qui va porter via le théâtre, "auprès des publics prioritaires, éloignés ou empêchés", une offre culturelle permettant "l'échange et l'éveil des consciences".

"Keshi" aborde au travers de ce drame aux accents de tragédie grecque, des fait
s encore très présents en Polynésie mais aussi universels. Il est ici question des violences intrafamiliales. En tahitien, Keshi signifie "perle difforme", une perle non désirée, non programmée, mais qui peut devenir, par un miracle de la nature, une perle imparfaite.

Le texte de Solenn Denis, écrit après un séjour de deux mois en Polynésie, est imprégné de la culture des îles. Le paranormal, représenté ici par Tupapa'u (le revenant) fait partie intégrante de la culture polynésienne. Le sujet de l'adoption "Fa'a'amu", est une pratique traditionnelle de confiage d'un enfant, sans adoption juridique formelle.

La mise en scène d'Antonin Chalon est très soignée, amenée avec subtilité. Les décors et costumes sont travaillés, tels le spectre de la grand-mère, symbole de sagesse et repoussoir assez réaliste.

Les 4 comédiens sont unanimement justes. Ils captent notre attention de bout en bout, sont touchants, sincères, émouvants, bouleversants.

En bref : un petit bijou de théâtre qui nous vient de Polynésie, qui nous submerge d'émotions, porté par un talentueux quatuor.

Keshi, de Solenn Denis, mise en scène d'Antonin Chalon ; avec Tuarii Tracqui, Justine Moulinier, Tepa Teuru, Guillaume Gay ; Lumières Quentin Maudet ; Son Clément Althaus : Scénographie Salma Bordes

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Off 2025
11
Du 5 au 24 juillet 2025 - 10h - durée 1h20
Relâche 11 et 18

Crédit photos @ Compagnie CAMéLéON