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mardi 1 janvier 2019

FRANCHIR LA NUIT - Théâtre National de Chaillot - Le regard de Corinne

Voyage au delà de la nuit !
Le regard de Corinne


La mer sur scène...très certainement la Méditerranée.

Un homme court dans l'eau, trébuche, manque de tomber, se relève, court encore et encore. Il fuit dans la nuit. Il tente de la franchir.

De quel côté sommes-nous ? Européen, Africain ? A vous de le deviner, de l'imaginer.
Il est rejoint par d'autres personnes, adultes, enfants, hommes, femmes. Il fait toujours nuit.
Tous essayent, veulent fuir la misère et la violence qui sévissent dans leur pays pour espérer
accéder à un meilleur ailleurs....mais tous n'y arriveront pas. Leurs corps échouent alors en
bordure de mer, roulent sur le sable, bercés par les vagues. Cette barrière naturelle,
symbole d'espoir, de renaissance pourquoi pas, peut finalement l’anéantir.
Et au bout du chemin, au bout de cette nuit, qu'est-ce qui les attend ? Quel avenir
entrevoir? Quel accueil leur sera réservé ?

A travers ses spectacles, Rachid Ouramdane, danseur et chorégraphe, a pour credo la
rencontre et l'établissement de liens avec les autres....que ce soit pour faire parler son père,
algérien, sur la guerre d'Indochine, pour diriger des sportifs d'Aubervilliers pour « Surface de réparation » ou dernièrement pour évoquer le sort des réfugiés climatiques pour
« Smufato ». Sa réflexion, peut-être nourrit par ses origines, tourne autour de l'identité.
Ce dernier opus ne déroge pas. Ici, Rachid Ouramdane nous interroge, nous interpelle sur la
question des réfugiés, des exilés quels qu'ils soient, sujet grave alimenté par l'actualité. Il
ouvre le débat, sans porter de jugement, tout en laissant place à l'imaginaire, au rêve, à
l'espoir.

La chorégraphie est très poétique. La grâce et l'élégance des danseurs sont un parallèle au
courage et à la dignité des migrants. La fluidité des gestes est accentuée par la projection
des gerbes d'eau, prolongement de leurs mouvements. Les danseurs – migrants se tiennent,
s'agrippent puis se repoussent. C'est d'une beauté saisissante. Peu à peu ils nous amènent
à la lumière, au jour, au renouveau, c'est en tous les cas le souhait véhiculé. Les jeunes,
migrants ou de banlieue, sont conviés à entrer dans cette danse au côté des professionnels.
Ils sont l'espoir.

David Bowie et Bob Dylan, par la voie de Déborah Lennie Bisson sont aussi de la partie.
Leurs paroles chantées renforcent la beauté grave et singulière de ce spectacle qui se situe
entre la danse et le documentaire.

Et à la fin de la représentation, le public, ébloui, est debout et applaudit à tout rompre !


Franchir la nuit, de Rachid Ouramdane, avec Annie Hanauer, Deborah Lennie-Bisson, Ruben Sanchez, Leandro Villavicencio, Aure Wachter et la participation de 29 enfants de l'école Chaptal à Paris et de 12 mineurs non-accompagnés migrants, accueillis par Gaä94 du groupe SOS.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
dans le cadre de la programmation 
Hors les murs du Théâtre de la Ville
du 15 au 21 décembre 2018

Crédit photo @Patrick Imbert

mardi 18 septembre 2018

SCALA

POÉTIQUE ET INQUIÉTANT
****


C'est avec "Celui qui tombe" que j'ai découvert le travail de Yoann Bourgeois, et que j'en suis devenue fan. Alors c'est un immense plaisir de le retrouver avec une création pour l'ouverture (ou la réouverture) de La Scala Paris. Et quel autre titre que "Scala" pouvait-il donner à ce spectacle construit à partir de ce que lui ont inspiré ses pérégrinations dans ce lieu lors des travaux réalisés selon les voeux des nouveaux propriétaires de cette salle mythique, Mélanie et Frédéric Biessy.

RENAISSANCE

Commençons par rendre hommage à ces deux amoureux du spectacle vivant qui transforment leur passion en un défi exaltant. La Scala, comme l'a rappelé un petit film avant le spectacle lors des soirées d'inauguration, c'est une salle au destin mouvementé. Musical, cabaret, salle de spectacle, cinéma porno, et finalement à nouveau lieu d'expression de la diversité de la culture au cœur d'un quartier lui-même multiculturel avec ses plus de 100 nationalités.

Après deux ans de travaux les murs bleus, ce bleu Scala, vont enfin pouvoir raisonner de mots et de musique. Mélanie et Frédéric Biessy se sont entourés d'une équipe chevronnée composée notamment d'Olivier Schmitt comme conseiller artistique, Rodolphe Bruneau-Boulmier comme conseiller musical et Aline Vidal comme conseillère arts visuels. Sans oublier le travail de rénovation mené par Richard Peduzzi. C'est un phénix qui renaît de ses cendres. Et quand on voit la passion qui pétille dans les yeux du couple Biessy on ne peut que leur souhaiter de réussir ce formidable pari.


DES ARTISTES VIRTUOSES

Il faut dire que la programmation qui lance la salle et la saison est plus qu'alléchante. (Voir mon article sur la rentrée des théâtres parisiens). A commencer donc par ce poétique et inquiétant Scala créé par Yoann Bourgeois. 

La recherche de l'équilibre est toujours au cœur de son travail. Les artistes évoluent dans un décor plein de chausse-trappes, de pleins et de vides, d'objets en déséquilibre, de trampolines. Un univers un peu sombre où trône un grand escalier (l'ai-je bien descendu ?). Dans ces pleins et ces creux, ces espaces délimités et ces vides, tout semble possible. Un univers en devenir, comme cette salle. Yoann Bourgeois sait comme personne créer cet univers ni tout à fait circassien ni tout à fait théâtral. Ils sont 5 hommes et 2 femmes à explorer ce nouveau monde. Leur habileté à jouer avec leur corps, avec les rythmes, avec les espaces est tout bonnement étonnante et captivante. 

Après un début de spectacle qui traîne un peu l'ambiance s'installe. La poésie et le mystère ne font plus qu'un pour nous emporter dans quelques tableaux magiques. La descente d'escalier, le ballet des mains, la chute dans un espace "aquarium", les rebondissements, des séquences empreintes d'un onirisme d'une grande beauté teinté d'inquiétude : des prises de risque, des plongées dans l'inconnu, des pauses, un monde qui se construit, évolue. Le temps semble parfois se figer puis se redynamise. Les objets s'animent tout seul, se désarticulent comme les danseurs, se reconstruisent.

En bref : avec Scala Yoann Bourgeois donne déjà une âme à cette salle qui renaît de ses cendres. Un spectacle très symbolique où l'on retrouve les qualités du travail de ce circassien de formation qui aime mixer les genres. Des artistes étonnants, du mystère et du rêve. Voilà un beau lancement de salle et de saison.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

13 boulevard de Strasbourg 75010 Paris
du 11 septembre au 24 octobre 2019 à 21h - Dimanche 15h



Vu le 12/09/18 - La Scala Paris

lundi 5 mars 2018

1 heure 23' 14" ET 7 CENTIÈMES - J. Gamblin - Théâtre du Rond Point

PLUS LOIN, PLUS HAUT, PLUS FORT !
***


DE LA RECHERCHE DE LA PERFECTION

Un gymnase. Au sol des marques pour délimiter les zones, marquer les temps, les départs. Le coach (Jacques Gamblin) entre en premier. L'élève (Bastien Lefèvre), l'athlète, arrive ensuite, bondissant, insaisissable, hyperactif. Commence un entrainement un brin déconcertant pour qui ne connaît pas l'ambiance des compétitions sportives (comme c'est le cas de votre serviteuse). Entre danse et mime les deux hommes vont pendant un peu plus d'une heure livrer un spectacle qui en forme de performance physique et théâtrale.

PERFORMANCE PHYSIQUE

Depuis quelques années Jacques Gamblin nous offre des escapades sur la scène. Après le poétique "Tout est normal mon cœur scintille" et le musical "Ce que le djazz fait à ma jambe" c'est l'univers du sport qui est prétexte à une double performance. C'est le danseur Bastien Lefèvre qui est son acolyte (et son neveu). Avec force déhanchés, gesticulations, courses, sauts, pas de deux ou solos, pirouettes et contorsions en tous genres, il réalise une performance hautement physique. 

Coach et élève se livrent à une chorégraphie réglée au millimètre, empreinte de prises de risque, proposant des mouvements et des enchaînements qui paraissent absurdes. Entre les encouragements ou directives étranges du coach et la mise en application silencieuse du sportif on assiste à une recherche de perfection ésotérique. Avec peu de parole et pas d'intrigue l'ensemble peut paraître décousu. Sommes-nous en train d'assister à une critique de l'absurdité de l'effort ou à la sublimation de la quête de perfection ?

"...à chaque pas que tu fais, tu veux gagner. Mais gagner quoi là maintenant ? Attention Grand, tu peux tout perdre du trop de désir de tout gagner. Tu peux tout perdre de la peur de tout perdre. Si tu veux gagner là maintenant quand il n'y a rien à gagner, qu'est-ce qui va te rester quand y aura plus rien à perdre, tu me suis ... ?"

Le coach conclura en réunissant dans une longue énumération de tous les sports existants, cités par ordre alphabétique. Las, malgré la qualité de la double performance l'émotion ne passe pas, me laissant sur ma fin et avec le beau souvenir de "Tout est normal mon cœur scintille".

En bref : Une double performance sportive et théâtrale qui ne manque pas d'humour et de poésie, mais qui peine à transmettre une émotion.

1 heure 23' 14" et 7 centièmes, de et avec Jacques Gamblin et Bastien Lefèbre, scénographie Alain Burharth, Lumières Laurent Béal, équipe d'entrainement Anne Bourgeois, Yannick Hugron

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
2 bis avenue Franklin rosevelt 75008 Paris
du 13 au 25 février -18h30
du 28 février au 18 mars 20h30


Vu au Théâtre du Rond-Point - Février 2018
Crédit photo @Giovanni Cittadini Cesi

dimanche 28 janvier 2018

MY LADIES ROCK

DES FEMMES DETONNANTES
****



Après My Rock Jean-Claude Gallotta rend hommage en danse et musique aux femmes qui ont marqué l'histoire du rock. Ça déménage et ça fait du bien.

UN PANEL VARIE DE BATTANTES

"Le rock c'est une musique d'hommes, d'hommes blancs". Ce n'est pas moi qui le dis mais Jean-Claude Gallotta dans une interview donnée au théâtre du Rond Point et que l'on peut lire sur le programme du spectacle. Alors ce n'est que justice de remettre sur le devant de la scène ces femmes qui ont refusé de rester figées dans le statut de muses ou de faire-valoir pour prendre le pouvoir que les hommes leur refusaient.

De Wanda Jacskon (Let's have a party), qualifiée de "Elvis en jupon" à la tigresse Tina Turner (Proud Mary), de la rageuse Nina Hagen (Dread love) à la militante Joan Beaz (Swing low sweet chariot), de la battante Aretha Franklin (Baby I love you) à l'androgine Patti Smith (Because the night), de la Brenda Lee, Little Miss Dynamite (I'm sorry) à l'ardente et fragile Janis Joplin (Me and Bobby Mc Gee), de Siouxsie and the Banshees (Christine) à l'étonnante Nico (My funny Valentine), de Marianne Faithfull, qui ne fut pas que la muse de Mike Jagger (Sister Morphine) à la sulfureuse Betty Davis (Anti love song), de Laurie Anderson (Love amoung the sailors) à Lizzy Mercier Descloux (One for a soul), elles sont toutes là ces rockeuses qui ont bousculé les codes.

UNE CHORÉGRAPHIE NON GENREE

Alors que les sociétés occidentales sont secouées par les vagues de l'affaire Weinstein et qu'elles s’interrogent sur les relations entre les hommes et les femmes, entendre cet hommage à ces battantes qui ont secoué un univers baignant dans la testostérone fait un bien fou.

Les 11 danseurs et danseuses qui pendant plus d'une heure ne relâchent rien, dans une énergie dantesque, sont d'une grande beauté et d'une remarquable qualité artistique. Les corps félins, longilignes, musclés, souples, nous livrent des chorégraphies en symbiose avec les chansons. Les costumes gomment les particularités pour construire une troupe non genrée.

En bref : Après My Rock Jean-Claude Gallotta rend avec My Ladies Rock un sublime hommage à ces femmes qui ont marqué l'histoire d'un genre musical très marqué par la testostérone. Des choix musicaux et une troupe de 11 danseurs et danseuses qui nous emportent dans le mouvement intemporel d'un rock combattant. Une très belle soirée

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
2 bis avenue Franklin Roosevelt 75008 Paris
Du 16 janvier au 4 février 2018


Crédit photo @ Giovanni cittadinicesi
Vu au Théâtre du Rond Point Janvier 2018

dimanche 5 novembre 2017

DISABLED THEATER

TOUS DANSEURS, TOUS TALENTUEUX***


Le Festival d'Automne 2017 met à l'honneur le chorégraphe Jérôme Bel avec un portrait en 8 tableaux. Après GALA j'ai choisi DISABLED THEATER, un travail entrepris avec les suisses de la compagnie Hora. Une troupe composée d'acteurs porteurs d'un handicap mental. Avec cette création de 2012 Jérôme Bel poursuit son travail de déconstruction des codes de la danse. Un spectacle qui émeut et interpelle le public.


"DÉCONSTRUIRE LE SPECTACLE"

"Disabled Theater tire à boulets rouges sur ce que l'on pourrait appeler l'idéologie de la capacité, la compétence supposée des acteurs valides, au sens de "ceux qui sont validés par l'institution", dans un souci d'expérimentation politique et artistique". Voilà ce que nous dit le programme du Festival d'Automne. Je ne vois pas de meilleure introduction pour parler de ce spectacle "spécial" comme le qualifie l'une des comédiennes, en tout cas totalement hors normes et qui s'inscrit totalement dans le travail de déconstruction du spectacle qui qualifie l'oeuvre de Jérôme Bel.

Le spectacle est introduit par l'assistante à la mise en scène qui tout au long transmettra les consignes du chorégraphe et traduira en français pour le public les adresses en suisse allemand faites aux artistes. Onze acteurs suisses vont évoluer devant nous. Comme pour GALA le spectacle se découpe en plusieurs parties. Pour commencer chacun se présente seul au public devant lequel il restera debout 1 minute. Certains se prêtent volontiers à l'exercice, d'autres écourtent voir évite l'exercice. Un exercice classique en cours de théâtre. Certains sont actifs, établissent un contact avec le public, d'autres sont statiques. C'est long une minute. Et on ne peut s'empêcher de se mettre à la place de ces acteurs et de se demander comment on réagirait face à ces dizaines, centaines de regards braqués sur soi.

"PLACER LE SPECTATEUR FACE A SES RESPONSABILITÉS INTERPRÉTATIVES"

Ils reviennent ensuite se présenter, toujours un par un. Nom, prénom, âge, profession. Puis chacun il est demandé à chacun de présenter son handicap. Les personnalités commencent à se dégager. "Je ne sais pas" dit l'une, "trisomie 21" dit l'autre. Certains nomment leur handicap, d'autres parlent d'une aspect : lenteur, doigts dans la bouche, agressivité. Une façon de montrer l'unicité de chacun. Une approche qui veut aussi confronter le spectateur à sa façon d'appréhender cette différence. Car comme pour GALA l'objectif de Jérôme Bel est de créer "une fenêtre ouverte sur une culture [ et placer] le public face à ses responsabilités interprétatives" (J. Bel). Autrement dit, si je suis gênée par ces artistes handicapés n'est-ce ma façon de voir le handicap que je dois remettre en cause plutôt que trouver un côté freak-show à ce spectacle ? Car oui, DISABLED THEATER confronte le spectateur à lui-même. Les questions n'ont pas arrêté de tourner dans ma tête : que ferai-je à sa place ? Pourquoi cette émotion inattendue et dérangeante ? Qu'est-ce que ce spectacle me dit de moi ? de la société ? Certaines réponses sont apportées par les artistes eux-mêmes, interrogés par le metteur en scène sur leur ressenti de ce spectacle. Certains expriment leurs sentiments, d'autres ceux de leur famille.

Lorsque les comédiens se lancent un par un dans leur solo de danse c'est un flot de joie et de bonheur qui traverse la salle. Une onde de liberté. Le public réagit, accompagne, tout comme les 10 autres assis sur leur chaise. Pas de contrainte, pas de recherche de la perfection, juste le bonheur pur et simple de danser pour le plaisir, de s'exprimer, de laisser libre cours à son tempérament. Ils nous touchent par leur sincérité, leur authenticité, même si les improvisations du travail de base ont laissé place à des impro travaillées, écrites. Et on regrette qu'il n'y ait que des solos et pas de travail de groupe pour ces artistes qui ont l'habitude de travailler au sein d'une troupe. 

En bref : un spectacle touchant et perturbant, qui place le spectateur face à lui-même. Une oeuvre charnière dans le travail de Jérôme Bel. Un travail de sociologue autant que de chorégraphe.

Disabled Theater, concept Jérôme Bel assisté de Maxime Kurvers, de et par Remo Beuggert, Gianni Blumer, Damian Bright, Matthias Brücker, Nikolai Gralak, Matthias Grandjean, Julia Hüsemann, Sara Hess, Tiziana Pagliaro, Simone Truong, Fabienne Villiger, Chris Weinheimer, Remo Zarentonello, dramaturgie Marcel Bugiel


C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Festival d'Automne
Théâtre de la Ville - Espace Cardin
Avenue Gabriel 75008 PARIS
Du 3 au 6 novembre 2017

Vu Novembre 2017 - Théâtre de la Ville / Espace Cardin
Crédit photo @ Hugo Glendining

dimanche 15 octobre 2017

GALA

TOUT LE MONDE DANSE
****




Ancré dans le travail de Jérôme Bel axé sur la déconstruction de la représentation institutionnelle de la danse, GALA met en scène amateurs et débutants, faisant la démonstration que l'important n'est pas la perfection du geste mais la dans le plaisir de la tentative de réalisation du geste. Au final, un pur bonheur.

ESSAYER ENCORE ET ENCORE
Après une longue projection de photos de salles de spectacles, de la scène de l'opéra à la salle communale ou à la scène improvisée au milieu des bois, le gala commence. Gala : ce spectacle de fin de saison des écoles de danse amateur, à bien différencier du ballet professionnel.

Je dois le reconnaître j'étais très dubitative au début du spectacle, lorsque les danseurs passent un par un pour se prêter à des exercices imposés. Les rires moqueurs fusent devant tant de diversité de niveau et de maladresse. Tous les physiques, tous les âges sont représentés. Certains sont danseurs aguerris, professionnels, la majorité amateur à des degrés très variés de qualité voir de potentiel. Je m'interroge sur la sincérité de la démarche de Jérôme bel tant certains peuvent paraître ridicules au premier abord.

POUR LE PLAISIR DE LA DANSE
Je me dis qu'il en faut du courage a la première danseuse pour se lancer dans l’arène. Les 20 danseurs et danseuses défilent un par un sur des exercices imposés. Certains sont talentueux, d'autres ne sont visiblement pas dans leur élément. Après le ballet c'est la valse, puis Michael Jackson et son moonwalk, un solo, une chanson de Barbara. Et là les particularités, goûts, affinités et dispositions artistiques des uns et des autres commencent à apparaître. Et enfin les improvisations en mode compagnie où un des 20 prend le lead sur ses comparses. Le lead change, les types de danse aussi et les costumes s'échanges. Et là il faut délaisser les gestes approximatifs ou maladroits pour s’arrêter sur les visages. Concentrés. Animés par l'envie de bien faire, recommençant, n'abandonnant jamais, et avec dans le regard le plaisir de danser, quel que soit le niveau, tous égaux, amateurs et professionnels. Il semble alors que ce qui compte ce n'est pas la perfection du geste mais l'intention.

Comme pour Stadium ces amateurs qui nous font sourire et parfois rire nous touchent par leur sincérité, leur authenticité. Lorsqu'ils entament le mouvement final ce sont des larmes de bonheur qui coulent sur les joues. Avec un regret : que le public ne soit pas invité à monter sir la scène pour aller jusqu'au bout de la démarche du "tout le monde peut danser", à tout âge, quelle que soit sa condition physique. Parce que comme le dit Jérôme Bel "tout le monde pourrait s'exprimer dans Gala".

En bref : Lorsqu'un danseur qui maîtrise les codes de la danse contemporaine pour en déconstruire l'image plus où moins figée que peut en avoir le spectateur, le plaisir pur de la danse émerge. Un gala surprenant. Un grand bonheur final.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Festival d'Automne
Théâtre du Rond Point - Paris - Du 4 au 15 octobre 2017
Théâtre de Chelles - 18 novembre 2017 - 20h30
Théâtre de Beauvais - 25 novembre 2017 - 20h30
Théâtre du Fil de l'eau - Pantin - 2&3 décembre 2017 - 18h ou 16h
Espace 1789 - Saint Ouen - 9 décembre 2017 - 20h
MC93 - Bobigny - 22 & 23 décembre 2017 - 20h30 ou 18h30


Vu Octobre 2017 - Théâtre du Rond Point
Crédit photo @ Bernard Muller

lundi 17 juillet 2017

J'AI HÂTE D'AIMER

GRACE ET ESTHÉTISME
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En décembre 2013 je découvrais à Paris la Compagnie Interface qui m'avait littéralement subjuguée et emportée avec L'OUBLI DES ANGES. Depuis ils reviennent tous les ans dans le Festival OFF  à Avignon, sur la scène du théâtre du Balcon. Le public du festival a pu les applaudir également avec TERUEL (Prix du Public Off 2014).

La compagnie suisse qui travaille depuis plus de 25 ans est unanimement remarquée pour la qualité extraordinaire de leur production. J'AI HATE D'AIMER est né de la rencontre entre la compagnie et Francis LALANNE. Comme moi il est tombé sous le charme de l'esthétisme et la charge émotionnelle des spectacles de Interface. Il est difficile de qualifier ces OTNI (objet théâtral non identifié). A la croisée de la danse, du théâtre, de l'opéra, et du spectacle musical. 

Francis Lalanne a écrit le texte de J'AI HÂTE D'AIMER et incarne un personnage un peu lunaire qui promène son ombre et son aura avec douceur. Un texte en vers pour parler "de l'Amour, du rêve, de l'endroit où tous les espoirs sont possibles, où la réalité et les visions ne forment qu'un". La grâce infinie de Géraldine LONFAT, chorégraphe et danseuse, porte avec ravissement cette ode à l'amour. les musiques d'André PIGNAT sont envoûtantes, énergiques. Comme dans l'Oubli des Anges il y a un rythme incantatoire, une puissance qui monte progressivement, se fait hypnotique. On y trouve des tonalités de l'Europe de l'Est ou du Nord.

Il s'agit du deuxième volet d'une pentalogie intitulée Les âges de la vie entamé avec L'oubli des anges.

En bref : J'AI HÂTE D'AIMER est une ode à l'amour, un spectacle fidèle à la haute qualité esthétique et à la puissance émotionnelle de la Compagnie Interface, où l'on retrouve l'éblouissante grâce de Géraldine LONFAT.

J'ai hâte d'aimer, texte de Francis Lalanne, avec Géraldine Lonfat, Francis Lalanne, Paul Patin, Thomas Laubacher, Virginie Quigneaux, Daphné Rhea Pelissier, musique et mise en scène André Pignat, Chorégraphie Géraldine Lonfat.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Festival Off 2017
Théâtre du Balcon
38 Rue Guillaume Puy 84000 Avignon
Du 7 au 30 juillet - 10h30 - Durée 50mn - Relâche le mardi

A retrouver à la Gaîté Montparnasse en mai 2018

lundi 19 juin 2017

BOXE BOXE

LA BOXE COMME UNE DANSE
***** 



Avec BOXE BOXE Mourad Merzouki et la compagnie Käfig, alliés au quatuor Debussy, rendent à la boxe ses lettres de noblesse, la présentant dans toute sa poésie et la chorégraphie de sa gestuelle. La boxe, une forme de danse. Un spectacle d'une grande beauté.


AMBIANCE NOSTALGIQUE

Jamais la gestuelle de la boxe n'aura été mise en scène avec autant de poésie. Dans un décor de fer forgé et une lumière rouge, or et sépia, avec ces costumes d'un autre siècle, Mourad Merzouki nous plonge dans une atmosphère surannée, in brin nostalgique, de première moitié du 20ème siècle. Une époque qui fleure bon la boxe française avec ses codes et ses valeurs.

Ce sont toutes les formes de boxe qui sont évoquées : française, anglaise, thaïlandaise. Délaissant le côté violent du sport le chorégraphe choisit d'en faire une danse ou plutôt plusieurs danses. Que l'on soit à l'entrainement avec les punching-balls ou les raquettes, ou sur le ring pour le combat, c'est une gestuelle subtile, une chorégraphie qui se fait énergique ou lente, nostalgique ou dynamique, sérieuse ou drôle. Hip-Hop, break danse, battle, et une petite dose d'art du cirque : les séquences s'enchaînent sans temps mort.

Assis sur des fauteuils mobiles de fer forgé orné de volutes, les musiciens du quatuor Debussy sont en parfaite symbiose avec les danseurs. Ils se répondent.  Musique et danse sont en parfaite harmonie et synchronisation.

De l'entrainement collectif à la battle finale, de la motivation individuelle au comportement de l'arbitre, une sorte de culbuto d'une remarquable souplesse, tout est teinté de nostalgie et de poésie. Jusqu'au tableau final qui voit Teddy VERRARDO évoluer dans un solo virtuose. Standing ovation du public et longs applaudissements pour saluer une performance individuelle et collective.

Créé en 2012 pour la Biennale de la Danse à Lyon BOXE BOXE a déjà été joué plus de 200 fois.

En bref : Avec BOXE BOXE Mourad Merzouki montre toute la beauté et la finesse d'un sport ou esquives et déplacements se rapprochent de l'art de la danse. Une chorégraphie d'une haute technicité est un spectacle d'une grande beauté qui séduira petits et grands

BOXE BOXE, Direction artistique et chorégraphie Mourad Merzouki, conception musicale Quatuor Debussy, AS'N, avec Diego Alves Dos Santos di Dieguinho, Rémi Autechaud di RMS, Guillaumé Chan Ton, Aurélien Desobry, Frédéric Lataste, Cécilia Nguyen Van Long, Teddy Verardo. Musiciens Christophe Collette, Cédric Conchon, Vincent Deprecq, Marc Vieillefon

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
C'était au Théâtre du Rond Point
23 mai - 18 juin  2017
Dates de tournée en cliquant ICI



mercredi 7 décembre 2016

PIXEL

FEERIE NUMÉRIQUE ET HIP-HOP
*****


MAGIQUE

Le spectacle s'ouvre sur des lumières flottant sur la scène, dans une lumière aux accents de soleil rougeoyant dans la nuit. Un groupe de danseurs entre en marchant au ralenti, comme en apesanteur, au rythme d'une musique à la fois lancinante et intimiste. La magie opère dès les premières minutes.

Les corps se séparent, prennent des rythmes différents, accélèrent, ralentissent, se désarticulent. Soudain des bulles s'élèvent des loupiotes regroupées en fond de scène. Le solo qui suit va ancrer le spectacle dans ce qui en fait sa magie fascinante : jouant avec les projections numériques mouvantes en blanc sur fond noir, les danseurs s'amusent de cette alliance entre danse et technologies. Tempête de neige, pluie, bosses et gouffres : le travail de la compagnie Adrien M / Claire B crée un univers mouvant, hypnotique, d'une grande esthétique, qui nous emporte et nous transporte dans une autre dimension

Grâce à un travail fait d'ombres et de lumières savamment étudié, jouant le contraste entre les costumes colorés des danseurs et le noir et blancs des points projetées, PIXEL réussit la fusion entre danse, cirque et arts numériques. Un univers moderne, poétique, où tout est mouvement, grâce, agilité et légèreté.

La symbiose est totale. Les projections de points lumineux, au sol ou sur le mur de fond de scène, n'enferment pas la danse. Elles créent de nouveaux cadres, de nouveaux espaces, de nouveaux défis, de nouvelles synergies. Danse et technique visuelle influent l'une sur l'autre sans que l'on puisse dire laquelle s'impose à l'autre.


UN SPECTACLE COMPLET


Si les chorégraphies de Mourad MERZOUKI combinent hip-hop et breakdance, les arts du cirque sont conviés à cette fête des yeux (roue, contorsionniste, rollers). Les effets visuels imaginés par Adien MONDOT et Claire BARDAINNE, et dont un tiers du spectacle est réalisé en direct depuis la cabine technique, se combinent à merveille avec la technique des danseurs de la compagnie Käfig, les créations lumière de Yoann TIVOLI et l'univers musical de Armand AMAR.



Créé en 2014 PIXEL fait salle comble partout où il passe. Près de 200 représentations à son actif dans plus de 100 villes. Une féerie. Ne le manquez pas si vous avez la chance qu'il soit programmé près de chez vous, et surtout réservez bien en avance.

En bref : avec PIXEL Mourad Merzouki réussi le mélange parfait entre danse et arts numériques, et nous offre un spectacle magique et onirique. Tels des enfants on reste bouche bée devant une telle féerie. 

Distribution :
Direction artistique et chorégraphie Mourad Merzouki
Concept  Mourad Merzouki et Adrien M / Claire B
Création numérique Adrien Mondot & Claire Bardainne
Création musicale Armand Amar
Interprétation (en alternance) Rémi Autechaud dit RMS, Kader Belmoktar, Marc Brillant, Antonin Tonbee Cattaruzza, Elodie Chan, Aurélien Chareyron, Sabri Collin du Mucho, Yvener Guillaume, Amélie Jousseaume, Ludovic Lacroix, Ibrahima Mboup, Julien Seijo, Paul Thao, Sofiane Tiet, Médésséganvi Yetongnon dit Swing
Lumières Yoann Tivoli assisté de Nicolas Faucheux
Scénographie Benjamin Lebreton
Costumes Pascale Robin assistée de Marie Grammatico
Peintures Camille Courier de Mèré et Benjamin Lebreton

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
C'était Espace 1789
2/4 Rue Alexandre Bachelet 92 Saint Ouen
du 22 au 24 septembre 2016

Ce sera : toutes les dates de tournée sur le site du CCN de Créteil en cliquant ICI



Retrouver mes articles sur AGWA / CORRERIA de Mourad Merzouki et LE MOUVEMENT DE L'AIR de la Compagnie Adrien M / Claire B


samedi 3 décembre 2016

CORRERIA / AGWA

ÉNERGIQUE ET VIVIFIANT
****



En 2006 à Lyon, lors des la Biennale de la danse, Mourad Merzouki rencontre des danseurs brésiliens. Naissent alors des projets concrétisés en 2008 et 2010 avec deux pièces : CORRERIA  et AGWA. A l'occasion du festival de danse Kalypso nous les retrouvons à la Grande Halle de la Villette.

LA COURSE ET LA SOURCE DE LA VIE

C'est CORRERIA, la seconde pièce créée par Kafig, le meilleur chorégraphe de Hip-Hop de France, pour cette troupe de jeunes danseurs, qui ouvre la soirée. Une course trépidante. Pour ces garçons des favelas c'est l'expression de la course quotidienne pour la survie. Ne pas s'arrêter. Courir toujours. C'est énergique, vif, indiscipliné, comme la vie des cariocas.


AGWA prend le thème de l'eau, source de la vie. Avec des bottes en caoutchouc ou au milieu de dizaines de gobelets en plastique, les danseurs déploient leur hip-hop avec joie et dynamisme. Un rythme effréné pour interpeller sur cette ressource naturelle, enjeu du futur. La protéger, la partager. Une suite de mouvements et d'acrobaties précises, effervescentes, qui nous transportent par leur énergie et leur force vive.


JOIE ET CRÉATIVITÉ

Nul besoin d'être spécialiste pour se laisser emporter pour la fouge de ces fabuleux danseurs. On a envie de bondir sur scène avec eux pour continuer à partager leur joie d'être là. Pendant plus de dix minutes après la fin du spectacle, sous des applaudissements nourris et un public debout, ils nous offrent une sorte de battle, rivalisant pour nous éblouir encore de leurs prouesses techniques.


Deux pièces chorégraphiques dont le succès ne se dément pas depuis leur création. La force de la créativité de Kafig conjuguée au talent et à l'enthousiasme de ces garçons en font un spectacle original qui laisse éclater une énergie brute canalisée par le savoir-faire de Mourad Merzouki. Le tout dans un environnement musicale aux rythmes variés et une mise en lumière de qualité.

Pour en savoir plus
Direction artistique et chorégraphe Mourad Merzouki en étroite collaboration avec les interprètes.
Assistante du chorégraphe Laurence Pérez (Correria) et Kader Belmoktar (Agwa)
Direction musicale : AS'N
Lumières Yoann Tivoli
Scénographie Mourad Merzouki et Benjamin Lebreton
Costumes Charles Carcopino (Correria) Angèle Mignot (Agwag)

Interprétation : Digo Alves Dos Santos du Dieguinho; Leonardo Alves Moreira dit Leo, Cleiton Luiz Caetano De Oliveira, Aguinaldo De Oliveira Lopes dit Anjon Hélio Robson Dos Anjos Cavalcanti, Geovane Fidelis Da Conceição, Diego Gonçalvzes Do Nascimento Leitão dit White,Wanderlino Martins Neves dit Sorriso, Jose Amilton Rodrigues Junior dit Ze, Alexsandro Soares Campanha Da Silva dit Pit

Retrouvez le travail de Mourad Merzouki au Centre Chorégraphique National de Créteil, ainsi ses spectacles PIXEL en tournée et BOXE BOXE du 23/05 au 18/06 au Théâtre du Rond Point à Paris


En bref : Pour le plus grand plaisir du public du festival de danse Kalypso La Grande Halle de la Villette fait revivre deux pièces empreintes d'énergie et de dynamisme. Quand le hip-hop rencontre la fougue et les prouesses techniques des cariocas de Rio c'est une explosion de vie et et de joie.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
211 Avenue Jean Jaurès 75019 Paris
Du 22 au 26 novembre 2016 - 20h

dimanche 27 novembre 2016

COLD BLOOD

VOYAGE ONIRIQUE EN NANO DANSE
*****



En 2013 j'avais été éblouie par KISS AND CRY au Théâtre du Rond Point. Forts de cette première expérience Anne de Mey et Jaco Van Dormael ont peaufiné leurs bricolages géniaux pour nous offrir un nouveau spectacle alliant nano-danse et cinéma et nous émouvoir par un récit onirique et poétique.

CRÉATION EN LIVE

"Fermez les yeux. A trois vous dormirez. Un...Deux...Trois". La voix de voix grave de Jaco Van Dormael nous invite à une déambulation onirique au pays de la grande faucheuse. Comme hypnotisé nous embarquons pour une expérience unique. Sur le plateau s'anime une équipe tout de noir vêtue, se déplaçant de part et d'autre de la scène occupée par des rails, des tables surmontées des maquettes, des bras mécaniques portant des caméras, tandis que le tout est surplombé d'un écran géant.



"Kiss and Cry" nous racontait une histoire d'amour et de vie. "COLD BLOOD" n'est pas une suite mais une aventure différente. Le texte de Thomas GUNZIG nous distille avec humour, mélancolie et une bonne dose d'absurde, sept morts idiotes. Septs tableaux, sept univers, sept histoires pas vraiment banales, sept souvenirs venus de l'au-delà. Comme des instantanés, des sensations captées lors de ces dernières secondes de vie.

La magie opère dès les premiers instants. Tandis que Michèle Anne De Mey, Grégory Grosjean et Gabriella Iacono déroulent une gestuelle subtile, chorégraphiée avec précision, Julien Lambert les filme en direct, qui se meuvent dans les maquettes de Sylvie Olivé. Se crée en direct un "film éphémère" comme le décrivent ses créateurs, lequel qui est projeté en live sur l'écran géant.

Là où KISS AND CRY ne faisait danser que les doigts dans une nano-danse féerique, COLD BLOOD fait la place aux corps, ombres ou images lointaines, grain de peau ou silhouette évanescente et fantomatique évoluant dans l'espace aérien d'une chambre.

MULTIDISCIPLINAIRE

Chaque séquence, chaque plan est travaillé dans le moindre détail comme pour le cinéma. La disposition de la scène permet au spectateur d'assister à la création sur le plateau (installation des décors et maquettes éphémères, visualisation des ingénieux bricolages, effets de lumière) et de visualiser immédiatement le rendu filmé. Danse, cinéma, théâtre, musique, les disciplines artistiques se mélangent et se fondent en un objet poétique où l'imaginaire prend forme. De l'eau, du savon, des brosses qui tournent grâce à une visseuse électrique, et sur l'écran c'est un car-wash qui apparaît. Un bac avec un fond d'eau et c'est un ballet à la Esther Williams qui nous ravit.

Comment ne pas laisser parler nos coeurs d'enfant quand quatre doigts se lancent dans une chorégraphie énergique à la Fred Astaire et Ginger Rogers, quand sur un minuscule socle rond surgit le souvenir de Jorge Donn dansant le Boléro de Ravel sur la chorégraphie de Maurice Béjart, quand un homme attrape une fusée miniature et que c'est Ariane ou Apolo qui prend son envol.

Le rêve ne serait pas complet sans la qualité de la bande-son. De György Ligeti à Nina Simone, de Frantz Schubert à David Bowie, de Chico Buarque à Igo Stravinsky, les musiques s'enchaînent avec la même magie pour nous transporter dans cet univers intime et universel.

Un travail d'équipe (ils ne sont pas moins d'une douzaine à venir saluer) qui mérite amplement la standing ovation d'une salle séduite par ce travail minutieux et exigeant et par la beauté du voyage qui lui a été proposé. Celui-ci se termine en apothéose avec un kaléidoscope éblouissant.

En bref : Le Collectif Kiss and Cry séduit à nouveau avec cette nouvelle aventure. Un OTNI que cette création live d'un "film éphémère". Un univers onirique créé par la magie de Michèle Anne de Mey et Jaco Von Dormael. Un rêve éveillé à ne pas manquer.


C'EST OU ? C'EST QUAND ?

La Scala Paris
 13 Boulevard de Stasbourg 75010 Paris
Du 4 au 27 janvier 2019
du mardi au samedi 21h - dimanche 15h

Retrouvez mon article sur KISS AND CRY en cliquant ICI


Crédit photo @Julien Lambert / Vidéo : Collectif Kiss and Kry
Vu novembre 2016 à L'Onde Vélizy