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dimanche 29 mai 2016

LES FAUX BRITISH

UNE CATASTROPHE TRIOMPHANTE
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SUCCÈS DES DEUX COTES DE LA MANCHE

La version originale a fait un tabac à Londres et je m’apprêtais à la mettre à mon programme au cas où le hasard ou autres raison aurait porté mes pas outre manche. Et voilà que depuis près d'un an son adaptation française rassemble le public, d'abord au Tristan Bernard puis, depuis le début 2016 au Théâtre Saint Georges.

Imaginez un club britannique classique à souhait. Celui-ci réunit 7 amateurs de polars qui font le pari de monter un spectacle, eux qui n'ont jamais fait de théâtre. Et quel auteur ont-ils retenu ? Sir Arthur Conan Doyle bien évidemment, enfin peut-être. L'intrigue : dans un manoir de la fin du XIXème siècle un crime est commis. Tous deviennent suspects et potentiellement dangereux. L'enquête commence et là ...


THE PLAY THAT GOES WRONG

Le titre original est "The play that goes wrong" (la pièce où tout va mal). On ne saurait mieux dire. Ce groupe de passionnés de romans policiers qui se lance dans l'aventure de la création d'une pièce de théâtre n'est pas sans faire penser aux artisans de William Shakespeare dans "Le songe d'une nuit d'été". Ils ne vont pas tarder à découvrir qu'il n'est pas si simple que cela de faire du théâtre.

L'adaptation très réussie de la pièce de Henry Lewis Jonathan Sayer et Henri Shield réinvente avec bonheur le genre "les bras cassés font du théâtre". La troupe survoltée, dirigée par Gwen Aduh, déborde d'énergie et nous offre une soirée placée sous le signe du rire et du délire. Ils maîtrisent parfaitement tous les ressorts du comique. Du décor qui part vrille aux faux comédiens amateurs plus vrais que nature, c'est avec un légendaire flegme britannique qu'ils s'en donnent à cœur joie dans l'art de ne pas rattraper que qui dérape et ne laissent pas une seconde de répit à nos zygomatiques. Les situations toutes plus burlesques les unes que les autres s’enchaînent à un rythme très soutenu. C'est parfois potache, mais on se laisse emporter avec délice dans cet enchaînement de catastrophes  


En bref : Tous les éléments sont réunis pour faire de ce délirant spectacle une réussite. La troupe ne ménage pas ses efforts pour nous faire passer un grand moment d'humour et de détente. Le spectacle idéal pour une sortie entre amis.

Molière 2016 de la Comédie

C'EST OU ? C'EST QUAND ?


Place Saint Georges 75009 PARIS
Depuis le 20 janvier 2016
Du mardi au vendredi 20h30 - samedi 18h et 21h



Vu au Théâtre Tristan Bernard le 3 juillet 2015

dimanche 14 février 2016

BARBARA ET L'HOMME EN HABIT ROUGE

HOMMAGE A UNE FEMME EXCEPTIONNELLE

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Roland ROMANELLI avait 20 ans lorsque la longue dame brune est entrée dans la boutique d'instrument de musique où il travaillait. Le début de 20 ans de travail en commun. Ces vingt années aux côtés de celle dont il partagea plus que la scène il en livre quelques images dans ce spectacle hommage. Eric-Emmanuel SCHMITT a réussi à le convaincre de se raconter, de la raconter. "Ce spectacle, je le lui devais" dit le musicien.

Accompagné au chant par Rébecca MAI, sa compagne d'aujourd'hui, et par Jean-Philippe AUDIN au violoncelle, l'accordéoniste, qui fut l'un de ceux dont parle BARBARA dans "MES HOMMES", reprend 20 chansons sur répertoire si riche pour un tendre hommage.

"Barbara est un cadeau du ciel pour moi. Elle m'a tout appris". Emporté par sa jeunesse et son admiration pour la chanteuse il n'a pas hésité une seconde à la suivre sur la route des tournées pour écrire les pages de leur collaboration. Il lui écrira des chansons, comme "A peine", "Vienne" ou "Cette enfant-là". Elle lui apprit la musique, l'amour, la vie.

La voix de Rébecca MAI, juste mais sans la force émotionnelle, se fait l'interprète de ces succès. Entre chaque chanson une confidence, une image, une anecdote sur la création d'une chanson, une scénette pour la faire revivre quelques secondes ou encore la voix de la grande Barbara dans un extrait d'interview. L'émotion gagne par moments. Et chacun de se plonger dans ses propres souvenirs de la chanteuse, de sa voix, des émotions qu'elle nous faisait vivre, du poids de son absence. Émotion qui vibre dans la voix de Roland ROMANELLI, sincère, troublante.

Si le souvenir de l'interprète de GOTTINGEN est évoqué avec chaleur et nostalgie, il est a regretter la faiblesse de la mise en scène et de la scénographie : trois panneaux qui servent de support à des projections de fonds de papier peint sortis des années 70, atteignant leur apogée avec un ciel étoilé pour L'AIGLE NOIR, et un rocking-chair qui se balance sur la voix off de la chanteuse. 

En bref : un vibrant hommage à la longue dame brune de la part de l'homme en habit rouge. Émotion et nostalgie.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Rue de la Gaité 75014 PARIS
Métro Gaité, Vavin, Montparnasse

Depuis le 28 janvier 2016
Du mardi au samedi à 19h - matinée à 15h le samedi


dimanche 17 janvier 2016

LE CIRQUE DES MIRAGES FETE SES 15 ANS

UN CABARET EXPRESSIONNISTE TOUJOURS MAGIQUE
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En 2009, ma première année au Festival d'Avignon, passant par le Chien qui Fume pour faire une réservation, mes amies et moi sommes intriguées par la foule qui se masse et se presse pour aller applaudir LE CIRQUE DES MIRAGES. Les gens acceptent même d'être assis sur les marches pour ne pas manquer le spectacle. Curieuses et l'esprit ouvert à la découverte nous réservons pour le surlendemain (le lendemain était complet). Une impulsion qui a fait de nous des fans inconditionnelles.

7 ans plus tard c'est avec le même plaisir renouvelé que nous avons fêté avec eux leur 15e anniversaire lors du Festival Off - Avignon 2015. 

Car YANOVSKI et Fred PARKER forment un duo à part : le premier, long personnage sombre dans son manteau noir, maquillé à outrance, silhouette inquiétante tel un Frankenstein ou un héro sorti tout droit de l'imagination d'Egdar POE, le second petit homme à l'immense talent de pianiste, calme et posé, offrant un contraste et une complémentarité.

Afficher l'image d'origineLa voix suave de Yanovski, avec ses accents mêlant Brel, Ferré et Piaf, s'envole sur la musique jazzy de Fred PARKER, réinventant un genre oublié, celui du cabaret expressionniste.


Ce concert anniversaire permet de retrouver les chansons qui font le succès du duo depuis 15 ans. Chacune se déroulant comme une petite histoire, avec ses personnages étranges. On y croise un artiste sans le sou, l'ombre du diable, une aristocrate, des fonctionnaires rigides, des prostituées, des objets qui s'animent, mais aussi des chansons romantiques ou des textes sulfureux.

Le duo ne ménage pas ses efforts ni ses effets. C'est peu de dire que Yanovski mouille sa chemise. Lorsqu'il déroule son long corps et ses bras qui semblent ne pas finir il est difficile de croire qu'il n'a pas fait de danse tant il y a de grâce et de délicatesse dans grand corps dégingandé, habité par ses personnages, le regard parfois halluciné tout en étant d'une extrême générosité.

Deux talents hallucinants qu'il ne faut pas manquer.


C'EST OU ? C'EST QUAND ?


Théâtre du Roi René - Avignon
du 5 au 26 Juillet 2016 - 19h45



TOURNÉE 2016


Quelques dates pour frissonner sous la voix de YANOVSKI, avec Fred PARKER ou d'autres artistes :

- 15/01 : La Passe Interdite à Cambrai
- 16/01 : La Passe Interdite aux Lilas au Théâtre du Garde-Chasse 
- 19/01 : La Passe Interdite à Dax 
- 26/01 Le Cabaret Extraordinaire avec Le Cirque des Mirages au Palais Des Congrès et de la Culture du Mans 
- 29/01: Le Cabaret Extraordinaire avec Le Cirque des Mirages à Saint Dizier
- 2 et 3 /02: Le Cabaret Extraordinaire au Café de la Danse
- 4 et 5/02: La Passe Interdite à Toulouse (Le Bijou)





Mise à jour du 17/01/16

samedi 16 janvier 2016

LES CHATOUILLES ou la Danse de la Colère

DANSE ET RÉSILIENCE
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TRIOMPHE !


Le 15 septembre 2014 restera longtemps dans ma mémoire. Mais si pour moi et pour tout le public du Théâtre Antoine l'émotion fut intense ce soir-là, que dire de celle qu'a du ressentir Andréa BESCOND. Ce soir là tous se sont levés spontanément pour ovationner pendant 10 minutes la comédienne-danseuse ou danseuse-comédienne, sa performance et son histoire. L'histoire d'une souffrance indicible, d'un vie qui aurait pu être gâchée et que la danse a sauvée, l'histoire d'une résilience.

Cette émotion je l'ai retrouvée intacte et toujours aussi intense en ce 14 janvier 2016 lors de la première de la programmation parisienne. Une date et un rendez-vous qu'il m'était impossible de manquer. La petite salle du Petit Montparnasse est l'écrin idéal pour ce spectacle intime. Une représentation toute aussi forte. Chaque soir la salle salue debout l'immense talent d'Andréa BESCOND.


UNE ENFANCE VOLÉE

Afficher l'image d'originePlus que le récit d'une enfance volée c'est la résilience par la danse que nous raconte ce spectacle poignant. Sans pathos aucun. Un coup de poing dans le ventre. Une danse qui vous prend aux tripes et qui vous laisse muet à la sortier

Je n'ai rien à ajouter à l'article que j'écrivais en septembre 2014 lorsque j'ai eu la chance d'être invité à un showcase, une soirée unique pour présenter les spectacle aux programmateurs, aux directeurs de salles, aux agences de communications, aux journalistes et à quelques amateurs passionnés de théâtre. Juste à le mettre à jour pour y mettre les dates tant attendues pour l'annoncer sur une scène parisienne. C'est fait. 

Alors, comme blogger ne renvoie pas aux abonnés les mises à jour, et que tous les lecteurs du blog ne me suivent pas forcément sur Twitter, ce nouvel article a pour but d'attirer à nouveau votre attention vers un des spectacles les plus forts de cette saison, à ne manquer sous aucun prétexte.


Pour en savoir plus sur la saisissante, belle et poignante prestation d'Andréa BESCOND
1/ relisez mon article en cliquant ICI
2/ Réservez vite vos places au Petit Montparnasse
3/ Découvrez une artiste d'une générosité extraordinaire qui des rires aux larmes vous donnera en cadeau force et optimisme


C'EST OU ? C'EST QUAND ?
31 Rue de la Gaîté 75014 PARIS
Métro Gaïté / Montparnasse / Edgar Quinet


vendredi 28 août 2015

COIFFURE ET CONFIDENCES

PAPOTAGES, BIGOUDIS ET AMITIÉS
***

LE RENDEZ-VOUS DES BONNES COPINES

Le samedi matin le salon de coiffure de Thérèse à Paimpol c'est le rendez-vous des habituées. Nous sommes en 1981 à la veille du deuxième tour des élections présidentielles. Mais ce samedi c'est surtout le jour du mariage de Magali et autour de la jeune femme et de sa mère toutes se réjouissent de ce bonheur, malgré l'ombre qui semble planer. Et tandis qu'on imagine qu'au bar du commerce les hommes parlent politique, pêche, foot et femmes, chez "Thérèse Beauty" on parle futilités, querelles de voisinages, enfants, préparatifs de mariage et maris (qu'il faut bien malmener un peu).

6 FEMMES DE TEMPÉRAMENT

Ces 6 femmes, d'âge et de condition sociale différents forment un échantillon assez hétéroclite. Il y a Thérèse (énergique Marie-Hélène LENTINI), la patronne, qui distille sa bonne humeur et disserte avec humour sur sa vie de femme mariée depuis 25 ans. Son salon douillet et rose bonbon est le point de ralliement ces 4 clientes qui au fil du temps, dans cette petite ville de Bretagne où tout le monde se connait, sont devenues des amies. Il y a Claire (Isabelle TANAKIL), la veuve du maire, couguar en puissance, la pétillante Magali (Léa FRANCOIS) toujours sourire et qui respire la joie de vivre, Jeanne, sa mère (Elizabeth VITALI) fusionnelle et protectrice, l'élément le plus stable du groupe, et Odette la voisine (Brigitte FAURE) l'emmerdeuse indépendante et socialiste (le diable incarné). Et enfin Agnès (Sandrine Le BERRE), nunuche débarquée de sa profonde campagne, à la fois bigote et coincée.  (Distribution été 2015) 

Il faut bien l'avouer, l'affiche fait un peu peur et laisse à penser que l'on nous invite à assister à un spectacle très caricatural, passablement moqueur et très acidulé. Et là c'est la surprise de l'été. La force de la pièce est son casting exceptionnellement bien réussi. On vient voir une gentille comédie caricaturale, une gentille histoire de filles on sort émus par le jeu de 6 magnifiques et émouvantes comédiennes, particulièrement Elisabeth VITALI bouleversante de justesse et de sincérité, et Léa FRANCOIS pétillante jeune fille, symbole d'optimisme et de battante.

RIRE ET ÉMOTION

Certes l'histoire commence doucement. On parle de tout, de rien, surtout de rien entre deux coups de feux tirés au loin par le père de Magali pour chasser les oiseaux du jardin. On doute pendant les premières minutes. L'intrigue tarde un peu à se mettre en place et les blagues sont un peu éculées. Mais doucement, sans le voir venir, on est pris d'empathie pour ces 6 femmes et on découvre rapidement que leurs petites querelles bien rodées ne sont que du ciment pour sceller des liens amicaux indéfectibles, surtout lorsque les difficultés apparaissent et que le sort s'acharne. On se laisse prendre par l'intrigue, et être très ému(e)s par ces beaux portraits de femme. L'intrigue se déroule avec le rythme, alternant rires et émotions, temps calme et agitation.

COIFFURE ET CONFIDENCES est l'adaptation d'une pièce écrite par l'américain Robert HARLING, "Steel Magnolias", traduite dans des dizaines de pays, adaptée au cinéma avec Julia ROBERTS, Sally FIELD et Shirley MacLaine. Son adaptation en français par Didier CARON est toute en délicatesse.

Bémol : côté confort, il y a encore du travail à faire pour aérer les rangs, et pas seulement pour les grands de plus de 1m80.

REPRISE EN JANVIER 2016 AU THEATRE MICHEL / NOUVELLE DISTRIBUTION

En bref : la surprise de l'été est une comédie douce, tendre, drôle et émouvante portée par six comédiennes justes et sincères. Une belle histoire d'amitié et de solidarité féminine. Il fait bon se poser dans le salon "Thérèse Beauty", s'y nourrir d'émotion et se ressourcer d'énergie positive
.
C'EST OU ? C'EST QUAND ?

38 Rue des Mathurins 75009 Paris
Métro Havre Caumartin, Saint Lazare, Madeleine


Reprise au Théâtre Michel du 20 janvier au 24 avril 2016
Jusqu'au 29/08/15
du Mardi au Samedi à 21h - Matinée à 16h15 le samedi et le dimanche


Mise à jour du 27/12/2015  du 15/02/16
Crédit photo @Franck Harscouët

dimanche 23 août 2015

MARIE ANTOINETTE, LA DERNIÈRE HEURE

ÉMOUVANTE ÉVOCATION D'UNE REINE CONTROVERSÉE
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16 Octobre 1793

Dans quelques heures la lame de la guillotine mettra un terme à un destin de femme. Dans sa cellule de la Conciergerie Marie-Antoinette vient de prendre connaissance du jugement du Tribunal Révolutionnaire qui vient de condamner à mort "la Veuve Capet". Digne jusqu'à la dernière minute elle adresse une dernière lettre à Madame Elizabeth, la sœur du Roi, qui s'occupe de ses enfants. Réfutant les accusations lancées contre elle que le peuple avait nommé "l'Autrichienne" ou "l'étrangère", c'est la lettre d'une mère qui dit adieu à sa famille, et qui, loin du portrait qu'en avait fait le Tribunal, elle lance un message de paix et de tolérance : "Que mon fil n'oublie jamais les derniers mots de son père que je lui répète expressément : qu'il ne cherche jamais à venger notre nom." 


DE PRINCESSE A REINE DU PLUS BEAU ROYAUME D'EUROPE

Le spectacle nous emmène pendant une heure aux côtés de la dernière Reine de France. Suivant le fil de sa correspondance comme un journal elle nous entraîne dans ses souvenirs. Nous la rencontrons alors qu'elle a tout juste 14 ans et qu'elle épouse le Dauphin. Petite fille qui quitte sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse, et ses frères et sœurs, elle est dépouillée à la frontière de tout ce qui fait son identité, mise à nu pour endosser son destin de future Reine de France. Bien que préparée à ce rôle c'est dans la solitude qu'elle découvre la cour du Roi de France (Louis XV, qu'elle appelle Papa-Roi) et son protocole si strict. L'adolescente subit l'absence d'intimité, notamment lors de sa nuit de noce, la rigidité de vie de la cour (irrésistible description de la journée type d'une reine), l'affront de courtisanes et de la favorite du Roi. C'est encore une enfant lorsqu'elle arrive à Versailles. une adolescente mariée qui attendra 8 ans avant que son époux ne le devienne vraiment.

Au cours de cette dernière heure l'esprit de ceux et celles qui ont marqué son parcours solitaire l'aident à affronter sa peur. Lui reviennent les conseils d'une mère, l'amitié d'une dame de compagnie, le mépris d'un Cardinal et des Ministres, la complicité d'une couturière, le vent de liberté du Trianon, le rêve d'amour d'un ambassadeur, les joies de la maternité, la solitude encore et toujours, jusque dans les derniers mois.


TOUCHANT PORTRAIT D'UNE REINE MÉCONNUE

Ce projet Bunny GODILLOT l'a mûri pendant 10 ans. C'est d'abord sous l'impulsion Evelyne LEVER, historienne spécialiste de Marie-Antoinette, qu'elle s'est intéressée à cette reine, que les Français ont aimée avant de la détester. Puis l'Association Marie-Antoinette, qui entretient le souvenir de la reine, lui a permis d'accéder à sa correspondance. Une mine d'or dans laquelle la comédienne a puisé pour construire un spectacle très réussi, appuyé par la musique de Dominique PROBST, mis en scène avec sobriété par Catherine CHEVALLIER.

Bunny Godillot en Marie-AntoinetteL'inconfort de la petite salle en sous-sol du théâtre des Déchargeurs se prête à merveille au projet. Une vingtaine de sièges plus ou moins stables, tassés au pied d'un escalier, les murs de pierres inégales, une porte en fer. Un espace restreint qui nous fait partager l'inconfort des dernières heures de la reine. La scène minuscule est le reflet de cette cellule froide et bruyante.


Bunny GODILLOT rentre dans la peau de cette femme condamnée. Tout en égrainant ces souvenirs elle nous donne en partage la solitude de l'adolescente, ses questions et ses doutes lorsqu'elle devient femme, reine, mère. Elle nous live le portrait d'une jeune femme enfermée dans une étiquette, qui n'aspire qu'à la liberté et contourne les règles pour gagner quelques instants d’insouciance. Cette reine décrite comme frivole, traîtresse à la patrie française, et telle une égoïste qui ne pensaient qu'aux plaisirs des soirées parisiennes et de son domaine de Trianon nous est ici montrée comme une enfant fragile, une adolescente perdue, une jeune femme éprise de liberté et de joie de vivre mais aussi consciente de son rôle de Reine du plus beau royaume d'Europe et pas si indifférente que cela au sort de son peuple. Une mère qui aimait profondément ses enfants et une épouse qui avait de l'affection pour celui auquel elle avait été donnée. Une reine qui aimait la culture, pouvait être généreuse, était parfois gaie, souvent nostalgique. Une image éloignée de celle que nous laisse l'histoire ou certains partis pris de cinéma. Et nous découvrons une femme au destin unique et tragique, plongée dans un siècle qui connut une remise en cause complète de sa société, comme aucune autre époque ne semble l'avoir connu en Europe.

En bref : Bunny GODILLOT nous livre une Marie-Antoinette empreinte de douceur, de sensibilité, d'humour, de générosité, de force. Une image différente de celle que nous a laissée l'histoire. Un destin de femme animée des sentiments qui font des êtres humains, petits ou grands, des êtres vivants parfois dépassés par leur environnement et le cours de l'Histoire.


C'EST OU ? C'EST QUAND ?



Le 14 décembre 2015 à 20h - Quai de Bercy dans le cadre du Festival 12x12
Accompagnée d'une performance plastique de NIBOZ "Facettes et fantasmes".
Toutes les information sur le Festival 12x12 en cliquant ICI 
Le Festival 12x12 proposera du 12 au 24 décembre 2015 12 regards d'artistes sur la société.



3 Rue des Déchargeurs 75011 PARIS
Métro : Chatelet


Les mercredis et vendredi à 19h30 - jusqu'au 4 septembre 2015


Crédit photo @Art Us

Mise à jour du 08/12/2015

lundi 17 août 2015

KIKI

C'EST QUI QU'IL FAUT DÉCOUVRIR ? C'EST KIKI

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Le jeu de mot est d'autant plus facile qu'elle même le répète à qui veut l'entendre. KIKI, c'est une figure incontournable du Montparnasse de l'entre deux guerres. Une pauvre fille de province, une gouailleuse envoyée à la capitale par sa grand-mère pour qu'elle y retrouver sa mère et y travailler. Elle a alors à peine 15 ans quand elle débarque à Montparnasse alors que le renouveau culturel bouillonne dans les rues de la Rive Gauche du Paris des Années Folles, dans une ville qui veut oublier les horreurs de la guerre et se perdre dans les plaisirs.

Un destin aussi exceptionnel qu'éclair : elle n'a que 28 ans quand elle rédige ses mémoires et prend en quelques sortes sa retraite. Il faut dire que pendant ses années de jeunesse elle a usé de tous les plaisirs de la vie. Le spectacle commence comme un documentaire. Nous sommes en 1953. Ce sont les funérailles de KIKI, mais qui se souvient encore de qui elle était ?

C'est en chansons et en nous racontant cette vie qui fourmille d'anecdotes, que nous remontons le cours du temps pour ranimer le souvenir de celle qui fut la Reine de Paris. Le hasard des rencontres fit d'elle la muse et le modèle de certains des plus grands peintres de l'Ecole de Paris. Sa beauté, son charme juvénile, sa gouaille et sa débrouillardise ont fait d'elle le témoin privilégié de la naissance des talents de Modigliani, Soutine, Man Ray (qui de deux traits sur une photo transforma son dodo en un violoncelle), Utrillo, Fujita, Cocteau et tant d'autres.

Des hommes qui l'on aimée, lui ont permis de devenir peintre et chanteuse, et surtout d'être une femme libre. Une vie empreinte de fantaisie, de bonne humeur et de joie de vivre malgré les difficultés, même si "ce n'est pas Zola" comme elle nous le confie.

Milena MARINELLI est une KIKI pétillante et truculente. Assistée par le piano d'Ariane CADIER, dont on distingue l'ombre bienveillante derrière un voile en fond de scène, elle illumine la petite scène du Théâtre de la Huchette de sa joie de vivre, illustrée par des chansons dans le style des celles qui résonnaient dans le cabaret de l'époque de KIKI (on jurerait qu'elles sont originales). 


Il vous reste quelques jours pour aller du côté de la fontaine Saint Michel pour en découvrir plus sur le parcours exceptionnel de cette jeune femme à la fois bien dans son temps tout en étant en avance. 

En bref : 
Le Théâtre de la Huchette nous a réservé cette été une pépite pétillante qui nous plonge avec plaisir dans le Paris des Années Folles et offre à Milena MARINELLI un rôle plein de fraîcheur pour un personnage haut en couleur, empreint d'humour, d'auto-dérision, de tendresse et de sensualité. A ne pas manquer
C'EST OU ? C'EST QUAND ?




Avignon Off 2017
Essaion
33 Rue de la Carreterie - Avignon
du 7 au 30 juillet 2017 - 20h30 - Durée : 1h15


Crédit Photo @Lot
Vu août2015 - La Huchette Paris



samedi 15 août 2015

LE PETITE CHAPERON UF

UN TRAVAIL PÉDAGOGIQUE A SUIVRE
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Lorsque la plume affûtée de Jean-Claude GRUMBERG s'empare du conte du Petit Chaperon Rouge la réécriture qu'il en fait en 2005 est loin du conte pour enfant. Tout comme dans le conte Chaperon Rouge s'apprête à traverser la forêt pour se rendre chez sa mère-grand. Quelle n'est pas sa surprise de croiser Wolf habillé en caporal, lequel lui demande ses papiers, laissez-passer, ausweis. Stupéfaite elle va apprendre qu'elle est UF, qu'elle doit remplacer son beau chaperon rouge par un vilain vêtement jaune et que beurre, œufs, farine de blé et liberté de circulation, entre autres, lui sont désormais interdits.

Le texte de GRUMBERG fait mouche. Incisif, transposant dans l'univers du conte et de l'imaginaire de l'enfance l'horreur de la deuxième guerre mondiale, il délivre avec précision son message de lutte contre l'intolérance et constitue un remarquable outil pédagogique pour ouvrir la discussion entre les générations et susciter la réflexion, notamment dans les collèges et les lycées.

Le travail de la Compagnie H via la mise en scène de Clarisse BRUNELET retranscrit avec justesse le texte. La scénographie composée par les décors de Olivier DEFROCOURT avec ses planches dressées telles des arbres ou des résistants avant de se transformer en cimetière, et baignée par une mise en lumière sombre et subtile de Stéphane DORNET est d'une grande beauté. La beauté et l'esthétisme de l'ensemble fait un beau contraste avec la laideur et la violence de la situation.

Les deux jeunes comédiens (18 et 19 ans) s'attaquent avec beaucoup d'enthousiasme à ce sujet grave. Guillaume PANNETIER, armé de sa blondeur et de son sourire carnassier est un caporal très crédible. Valentine LEYSER est une Chaperon touchante et insouciante. Et si la prestation manque un peu de rythme et souffre de péchés de jeunesse, leur travail est prometteur et mérite d'être encouragé.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Festival Off 2015

8 Rue Pétramale 84000 Avignon
Du 4 au 26 juillet - 10h15 - Durée : 1h10

vendredi 24 juillet 2015

LAPIDEE - LA PREMIERE PIERRE

INTENSE ÉMOTION
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Créée à Avignon en 2013 la pièce avait été programmée à Paris en Janvier 2015 pour une trentaine de représentations. Suite à l'attaque contre Charlie Hebdo elle a été annulée après 3 représentations, pour ne pas perçue comme de la provocation, pour ne pas mettre la troupe en danger. N'ayant pas eu le temps de la voir à Paris je ne pouvais la manquer à Avignon.

LAPIDEE est une fiction inspirée de plusieurs histoires vraies. Elle s'ouvre sur des cris de dispute dans les coulisses puis une femme est jetée dans ce qui semble être une cave. Nous sommes au Yémen. Aneke, hollandaise d'origine et médecin, vient d'être punie par son mari yemenite qu'elle a suivi dans son pays après leur mariage. Ils se sont connus aux Pays-Bas où il a lui aussi fait des étude de médecine. Ils ont deux filles. 

Aneke ne comprends pas pourquoi elle est mise à l'écart et privée de ses filles. D'un tempérament fougueux et parfois colérique elle n'a pas renié ses origines et ses idéaux. Ainsi elle a décidé qu'elle n'aurait plus d'autre enfant. Avec l'aide de sa belle-soeur Nouria qui lui rend visite quotidiennement elle va comprendre le piège dans lequel son mari l'a fait tomber. Suspectée d'adultère elle sera condamné à la lapidation.

Le texte de Jean Chollet-Naguel n'est jamais moralisateur. Il dresse le constat d'une société régie par la coutume et une application stricte d'une vision de la religion musulmane. Abdul (Karim BOUZIOUANE), le mari médecin, ayant vécu plusieurs années dans des sociétés occidentales, semble lui-même dépassé par ce qu'il a initié. Comment pourrait-il accepter de ne pas avoir d'héritier mâle ? Comment peut-il laisser sa femme l'agresser verbalement en présence des hommes de la communauté ? Prisonnier des coutumes, de son orgueil, il plie sous la volonté des autres dans une société qui ne connait pas l'expression "respect de la vie privée". Et si un instant il croit pouvoir sauver sa femme il n'a aucune conscience du double sacrifice qu'il lui demande.

Seule dans cette cave Aneke est animée par la stupeur, la colère, le doute, l'incompréhension. Face à un système juridique qui nie tous ses droits, loin de sa famille, elle reste digne jusqu'à la fin, grâce au soutien indéfectible de Nouria, symbole de ces femmes qui n'ont pas eu droit à l'éducation et qui souhaitent une évolution mais se retrouvent impuissantes à changer les choses.

La mise en scène sobre laisse toute la place au dramatique de la situation et à l'émotion qui étreint le spectateur même si dès le départ il n'y a aucun doute sur l'issue et le destin d'Aneke. C'est finalement l'émotion qui l'emporte, même si on peut regretter que le jeu de Pauline KLAUS (Aneke) soit parfois trop lisse et manque d'ampleur, la voix étant toujours au même niveau et en décalage avec l'intensité de l'instant. Il m'a manqué les sanglots dans la voix par exemple. Face à elle Nathalie PFEIFFER est d'une grande justesse dans le rôle de Nouria.


Le spectacle se termine sur l'énumération de la liste des 15 pays qui pratiquent encore en 2015 la lapidation publique des femmes accusées d'adultère.

Commentaire Juin 2017 : le spectacle revient à Avignon sous le nom de LA PREMIERE PIERRE

En bref : un sujet d'un grande intensité, traité avec beaucoup de sensibilité, de recul et d'équilibre. Une émotion intense

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Festival Off 2017
La Condition des Soies
Rue de la Croix 84000 Avignon
Du 7 au 30 juillet 2017 - 14h10 - 1h15

Vu dans le Off 205 - Au coin de la Lune
Mise à jour du 27/06/17

jeudi 23 juillet 2015

LA MÉMOIRE DES SERPILLERES

DÉSENCHANTÉE DÉCADENCE DU MONDE MÉDIATIQUE
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La Compagnie Umbral m'avait séduite l'année dernière avec son magnifique "LA RÉSISTIBLE ASCENSION D'ARTURO UI". Un théâtre engagé en forme de parabole politico-clownesque. Un travail salué par la presse depuis 15 ans. J'étais donc impatiente de découvrir leur nouvelle création.

LA MÉMOIRE DES SERPILLIÈRES s'inscrit dans la lignée du travail de la Compagnie. Le texte de Matei VISNIEC s'attaque au monde médiatique. C'est la guerre. De chaque côté de la scène des tranchées derrières lesquelles des soldats-clowns s'invectivent de 8h à 17h, s'arrêtent pour regarder les Feux de l'Amour ou s'échanger des armes et des munitions, ou encore enterrer leurs morts dans un cimetière commun, le cimetière des cons. Une guerre codifiée dans un pays sans nom et si loin du reste du monde que personne n'en parle. Alors on compte beaucoup sur journaliste français (même si un journaliste américain aurait été mieux) pour faire entendre au reste de la planète cette bataille médiatique. Le tout se déroulant sous le regard d'un rat sexy et mystérieux, porte-parole de son peuple, militant pour un espace "R" et le cerveau unique qui libérera les humains.

S'il semble que la chaleur étouffante ait eu ce jour-là un peu raison de la force de conviction de jeu des jeunes comédiens, j'ai été déçue par l'ensemble. Le texte enchaîne les idées reçues (le grand méchant capitalisme, nous sommes tous des cons, haro sur la société de consommation, sus à la pensée unique). Il n'est pas seulement accusateur et moralisateur. Il culpabilise le public qui se retrouve pris au piège de dénonciations qu'il partage peut-être mais se voit reprocher sa passivité coupable. Au final les bonnes intentions sont noyées dans un traitement approximatif, les trois plans (guerre, rat, journaliste) se juxtaposant sans vraiment se rejoindre.

Hélas je ne suis pas rentrée dans cette guerre dont le sens m'a échappé. Dommage car j'aime beaucoup l'univers de la Compagnie Umbral qui permet de faire passer par le nez rouge des messages forts. Peut-être serez-vous plus réceptif au message de ce spectacle. Personnellement je veux croire que je suis tombée sur un mauvais jour et qu'il faut laisser sa chance au beau et bon travail de cette compagnie.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Festival Off 2015
13 Rue du Pont Trouca
Du 4 au 26 juillet 2014 - 12h15 - Durée : 1h20 

RETOUR A BERRATHAM

DANS L'ENFER DE L'APRES-GUERRE

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Au programme de ce festival la rencontre d'un auteur et d'un chorégraphe. Délicat mariage de l'écriture et de la danse. 

Ce n'est pas la première fois que Angelin PRELJOCAJ se risque / prête à l'exercice. En cette saison qui marquera les 30 ans de sa compagnie le chorégraphe a demandé à Laurent MAUVIGNIER de lui écrire une pièce sur le thème de la violence, pensant à  celle faite au corps des danseurs. C'est la violence de la guerre ou plutôt l'empreinte qu'elle laisse après son passage qu'à choisi l'écrivain.

La scénographie s'ouvre sur une image de désolation : carcasse de voiture, tas de détritus, un espace fermé par des grandes grilles. L’atmosphère lourde et pesante de cette ville portant les stigmates de la guerre. Sommes-nous dans les Balkans ? Au Monténégro ? En Syrie ou au Liban ? En Amérique du Sud ou en Afrique ? Sommes-nous en 2015 ou en 1945 ? Même si les nom évoquent l'Europe et l'ex-Yougoslavie l'action pourrait se passer dans n'importe quel pays ravagé par une guerre civile ou étrangère. 

Un jeune homme débarque dans cette ville où il jouait jadis avec son frère. La guerre est passée. Beaucoup sont morts. Ceux qui sont encore là ont changé de manière irréversible. Les personnalités se sont révélées. Si la paix est revenue la violence de la guerre est plus que jamais présente, dans la douleur et les tourments des survivants. Certains ont assimilé cette violence, l'on intégrée à leur mode de vie. D'autres continuent à la vivre dans leur chair, dans leur âme.Le jeune homme cherche Katja, la femme à qui il doit ses seuls moments de bonheur, avant d'avoir dû partir pour le nord, avec l'espoir de revenir offrir aux siens un avenir meilleur.

La violence est d'abord portée par le magnifique texte de Laurent MAUVIGNIER. Violence des mots crus délivré par un trio mixte. Deux hommes (à la personnalité imprécise) et une femme (la mère de Katjia) qui, tel un chœur antique, psalmodient un texte exigeant et précis, brut. Ils surplombent la scène et les danseurs, se fondent parmi eux, les survolent tels des rapaces impatients de fondre sur leur proie.

La danse se fait accompagnement du texte. On aimerait qu'elle se fasse encore plus présente mais un équilibre s'établi. De très beaux moments de fulgurance émaillent le spectacle, comme l'arrivée du jeune homme ou la scène du mariage de Katjia. Elle transforme en beauté la laideur de la situation, prend le contre pied de la tradition décrite. Progressivement dépouillée de cette lourde robe noire dont les morceaux se font veste pour habiller les danseurs, figure fragile d'oiseau enfermé dans sa cage, sa libération par la nudité laisse éclater toute la colère du personnage. Intense moment aussi que celui de la scène de violence conjugale, rendue encore plus forte par sa démultiplication. Sans oublier la beauté aérienne de la scène finale en contrepoint de la narration.

Oui j'aurai aimé un peu plus de chorégraphie et peut-être un peu moins de texte et moins de description. Mais l'émotion était présente pour cette rencontre d'une plume et d'une sensibilité artistique. J'ai découvert les deux séparément il y a quelques mois et suis tombée sous le charme de l'un et de l'autre. Contrairement aux huées de bon ton entendues à la fin du spectacle (de bon ton car c'est à se demander si détester et démonter un spectacle avant même de l'avoir vu n'est pas la première loi du spectateur du In - pardon Du Festival d'Avignon - qui veut être dans le ton du moment), je n'ai pas été déçue par la proposition faite dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes, ayant retrouvé la beauté de l'écriture de Laurent MAUVIGNIER et l'émotion ressentie à sa lecture, ainsi que la technique et précision d'Angelin PRELJOCAJ.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Festival d'Avignon
Cour d'Honneur du Palais des Papes
17 / 18 / 19 / 20 / 22 / 23 / 24 / 25 juillet 2015 à 22h

En tournée en France saison 2015/2016 - Toutes les dates en cliquant ICI


mardi 21 juillet 2015

J'AI DE LA CHANCE

ÉPATANTE MAMIE-COUT

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Dans un monologue d'une grande douceur Laurence MASLIAH évoque le souvenir de sa famille, et notamment de ses parents et de qu'ils ont vécu à Moissac pendant la deuxième guerre mondiale, le miracle de Moissac.


Natacha vient de perdre sa grand-mère et regrette de ne pas avoir plus échangé avec elle sur son passé. Elle fait alors naître Germaine, cette grand-mère pour qui tout était épatant et qui toute sa vie disait "j'ai de la chance". Enfant juive ses parents lui font quitter Paris pour rejoindre la France Libre.

Elle a 19 ans en 1943 lorsqu'elle arrive à Moissac en tant qu'aide infirmière et commence à travailler avec un réseau qui protégea 500 enfants pendant toute la guerre. 500 enfant qui ont eu de la chance.

Ce qui anime surtout la  Germaine des souvenirs de Natacha c'est cette femme toujours en mouvement, qui avait l'amour de la couture, du travail bien fait, des liste et surtout de la précision et de la langue française. Avec malice et gourmandise elle coût, rafistole, tri, range et fait des listes, toutes sortes de listes.

Tout au long d'un texte parfois si dense que l'on peut s'y perdre dans les personnages, Laurence MASLIAH donne vie avec poésie et amour à cette personnalité extrêmement attachante, Un petit bout de femme qui se révèle au fond des boites où elle emmagasinait ses souvenirs, ses cahiers dans lesquels elle notait tout, jusqu'à ce que la maladie ne vienne remplir de gruyère un esprit éternellement optimiste.

Et puis il y a Dudu, le comédien adulé, celui dont elle révaît qu'il soit un jour l'Alceste de ce Misanthrope dont il partagerait l'affiche avec sa petite fille Natacha. Dudu, enfin André DUSSOLIER.

Mélant devoir de mémoire et transmission inter-générationnelle et le texte qui ne manque pas de poésie se perd parfois dans un dialogue intérieur entre l'artiste et ses souvenirs.

Ce spectacle ayant remplacé à la dernière minute une programmation annulée il ne figure pas dans le programme papier du Off mais peu être retrouvé sur le site web et sur les applications android et appstore

En bref : un joli moment de nostalgie un peu trop dense pour nous captiver entièrement.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Festival Off 2015
Du 4 au 25 Juillet 2015 - 12h50 - Durée : 1h10