Affichage des articles dont le libellé est Vaudeville. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vaudeville. Afficher tous les articles

samedi 28 mai 2022

LA FIEVRE COURTELINE - 30e Festival de Maisons Laffitte

 UNE FIEVRE QUI ME LAISSE DE MARBRE


L'affiche est belle et prometteuse de la compagnie Les Sentiments Alternés. Quatre courtes pièces de Courteline (mais elles le sont toutes) réunies pour un spectacle sans fil conducteur sinon le parti pris de mise en scène : placer le tout dans les années 1970, disco et chansons populaires à l'appui.

"Gros chagrin" est un dialogue entre deux femmes dont l'une vient de découvrir que son mari la trompe et dont l'autre est au désespoir car elle vient de licencier sa cuisinière. La troupe étant composée de deux garçons et une fille, le choix a été fait de faire interpréter les deux femmes par des travesties tout en paillettes. Si le côté "Cage aux folles" est amusant, l'ensemble donne un goût d'inachevé.

Avec "Ma petite sœur" on change de registre. Un professeur de français pédant fait passer un test à une élève de cinquième, s'attardant sur la première phrase du "Chêne et le roseau" de Jean de la Fontaine.

La troisième pièce, "Le gora", met en scène, sur fond de "Véronique et Davina", un couple dont l'épouse niaise veut accueillir un chat, donnant ainsi prétexte au mari à se moquer du manque de culture de sa compagne.

Le spectacle se termine avec "La voiture renversée" qui commence comme un vaudeville (la femme, l'amant potentiel) et se termine en thriller (le mari menaçant l'amant), dévoilant un couple diabolique. Hélas, le diabolique voulu par Courteline ne ressort pas dans la mise en scène.

Les trois comédiens prennent visiblement plaisir à jouer. Malheureusement ce plaisir ne traverse pas le 4ème mur, ou très peu. Très rapidement deux questions me sont venues à l'esprit: 1/ est-ce que le fait de placer l'action dans l'ambiance des années1970 apporte quelque chose au texte ? 2/ Quel est l'intérêt de monter ces textes en 2022. Mes réponses seront peut-être cruelle pour les amateurs du genre : rien et aucun.

Le point de vue de Véro du blog Théâtr'elle en cliquant ICI

La fièvre Courteline par la compagnie Les Sentiments Alternés

Vu le 27/05/2022 - Vieille Eglise - Maisons Laffitte


POUR UN THEÂTRE SOLIDAIRE

 

On ne peut pas parler du Festival de Théâtre de Maisons-Laffitte sans parler de PSE - Pour un sourire d'enfant. Association d'intérêt général reconnue de bienfaisance, apolitique et non confessionnelle, PSE défend les Droits des Enfants.

 Depuis plus de 25 ans elle agit au Cambodge pour sortir les enfants de l'extrême misère et les mener jusqu'à un métier. Reconnue par les autorité cambodgiennes, l'association intervient dans le respect du pays, en collaboration avec les habitants. Elle est lauréate du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.

 La famille Biessy et l'équipe du Festival soutiennent son action depuis de nombreuses années. Si le festival ne sert pas à lever des fonds pour PSE, c'est néanmoins pour moi l'occasion idéale de signaler son action et de vous inviter, si vous souhaitez participer à cette aventure, à faire un don en cliquant ICI.

dimanche 5 janvier 2020

LA PUCE A L'OREILLE - Comédie Française

LA PUCE FAIT MOUCHE
*****



Alors que Feydeau séduit toujours plus les metteurs en scène et que ses pièces se multiplient dans les programmations, la Comédie Française présente une Puce à l'oreille relookée par Lilo Baur. Un spectacle des plus réjouissants.

Ceux qui me connaissent ou qui me suivent depuis plus ou moins longtemps savent que les histoires d'amant dans le placard et les portes qui claquent ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Il faut donc tout le talent de la troupe du français, la vision scénique de Lilo Baur et le pouvoir de persuasion de mes comparses de Radio Mortimer pour me convaincre de prendre une place pour ce spectacle que je n'avais pas retenu dans mon abonnement.

Et je dis merci à Lilo Baur et à cette troupe magnifique qui a su me faire aimer (enfin) le théâtre de Feydeau. Ça commence par un magnifique décor. L'action est transposée à la montagne, dans un chalet des années 1960. La chaleur de ce salon fait contraste avec la neige qui enrobe les sapins que l'on distingue derrière une grande baie vitrée qui occupe un tiers du fond de scène, libérant un espace intelligemment en lui donnant vie par des passages de personnages dans le ton de cette comédie très enlevée.

Dès les premières secondes l'ambiance 1960's s'installe avec une musique et une danse décalée du Docteur Finache (magnifique Alexandre Pavloff qui campe un personnage qui fait beaucoup penser à l'inspecteur Clouzot ou à un Jacques Tati très volubile). L'intrigue est simple : Mme Chantebise (Anna Cervinka) soupçonne son mari (Serge Bagdassarian) de la tromper. Avec l'aide de sa meilleure amie Lucienne (Pauline Clément) elle imagine un stratagème pour confondre l'époux supposé volage. Entre le chalet et l'hotel du Minet Galant les quiproquos ne vont pas manquer jusqu'à ce que la vérité ne se fasse.

On le sait, la mécanique du rire des pièces de Feydeau repose essentiellement sur une mise en scène et un jeu millimétrés. Le rythme de la mise en scène de Lilo Baur est effréné. Certains mots sont soulignés avec intelligence par le jeu des comédiens. Tout est en place et on rit à gorge déployée. Jusqu'aux changements de décor à vue, par les comédien.ne.s, qui se font dans cette ambiance décalée, avec cette le pétillant des années yé-yés, et aux costumes totalement réussis.

Quant aux comédiens ils sont tous tout simplement excellents. Parmi eux mentions particulières au pétillant duo Anna Cervinka / Pauline Clément, dont les mimiques souvent en miroir sont d'une irrésistible drôlerie, et qui composent des personnages hilarant. Alexandre Pavloff est un inénarrable Docteur Finache. Jérémy Lopez semble prendre un grand plaisir dans son rôle d'hidalgo. Nicolas Lormeau compose un magnifique Etienne à la prononciation déformée. Quant à Sébastien Pouderoux il excelle dans son interprétation du séduisant Romain Tournel. Sans oublier la double prestation de Serge Bagdassarian, digne M. Chamdebise et rustique Poche.

En bref : même (et surtout) si vous n'êtes pas fan des vaudevilles courrez à la Comédie Française savourer cette formidable "Puce à l'oreille" mise en scène avec brio par Lilo Baur. Vous ne le regretterez pas. Du Feydeau grand format ! Immanquable !

La puce à l'oreille, de Georges Feydeau, mise en scène Lilo Baur, scénographie Andrew D. Edwards, costumes Agnès Falque, avec Thierry Hancisse, Cécile Brune puis Clotilde de Bayser, Alexandre Pavloff, Serge Bagdassarian, Bakary Sangaré, Nicolas Lormeau, Jérémy Lopez, Sébastien Pouderoux, Anna Cervinka, Pauline Clément, Jean Chevalier, Elise Lhormeau, Birane Ba, et les comédiens de l'académie de la Comédie Française Camile Seitz, Aksel Carrez, Mickaël Pelissier, Nicolas Verdier, des skieurs et une fanfare

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Comédie Française
Salle Richelieu - Place Colette - 75001 Paris
Du 21 septembre 2019 au 23 février 2020

Vu janvier 2020 - Comédie Française

dimanche 22 septembre 2019

LA DAME DE CHEZ MAXIM- Théâtre de la Porte Saint Martin

UNE DAME QUI NE SÉDUIT QU'A MOITIE
***


Après sa mise en scène du Système Ribadier à la Comédie Française saluée par la critique et le public Zabou Breitman a choisi à nouveau Feydeau pour le Théâtre de la Porte Saint Martin. Avec une distribution prestigieuse. Mais de bons comédiens suffisent-ils à donner de l'intérêt à un texte désuet ?

QUIPROQUOS A FOISON

Le pitch est simple et compliqué comme toujours dans un vaudeville. Le docteur Petypon se réveille sous son canapé au lendemain d'une nuit bien arrosée. Dans son lit La Môme Crevette, danseuse du Moulin Rouge. Par une série de quiproquos Petypon fait passer la danseuse pour son épouse au cours du mariage d'une cousine. A la fin tout rentre dans l'ordre, Petypon obtient le pardon de sa femme et sauve son train de vie obtenu grâce à l'argent de son épouse à l'apparence revêche, ainsi que son héritage de la part de son oncle le Général. Ce dernier repart en Afrique couler des jours heureux avec La Môme Crevette.

Il n'y a pas grand-chose à reprocher au quatuor de comédiens qui se démène avec une belle énergie pour donner à la pièce le rythme propre au genre. Celui n'est pas toujours réussi d'ailleurs, pas tant par la faute des comédiens que de celle des artifices de mise en scène qui ne tombent pas toujours à pic. Ainsi le duel factice ou l'accélération façon film muet. 

UN QUATUOR DANS LE TEMPO

Micha Lescot promène sa grande stature avec aisance dans le rôle du médecin Petypon qui est rapidement dépassé par la situation. André Marcon est impérial en Général pris d'une seconde jeunesse. Anne Rotger est impeccable de rigidité et de folie extatique dans le rôle de Gabrielle Petypon. Enfin Léa Drucker est une truculente et irrésistible Môme Crevette à la gouaille parisienne et l'énergie tourbillonnante.

Mais malgré quelques scènes hilarantes (la double apparition de l'ange), malgré ou à cause des partis pris de mise en scène qui veulent casser les codes (les provinciales, les changements de décor, l'intermède chanté de la Môme) la folie Feydeau n'est pas présente. On sourit, on rit un peu, on s'ennuie parfois

En bref : un bon casting et un quatuor de comédiens bien dans leurs rôles ne suffisent pas à masquer le vide du texte. Une mise en scène qui ne convainc pas. Et au final toujours la même question : quel est l'intérêt de monter ces textes vieillots et vieillis. Les amateurs du genre seront certainement néanmoins séduits par cette proposition.

La Dame de chez Maxim, de Georges Feydeau, mise en scène de Zabou Breitman, avec Léa Drucker, Micha Lescot, André Marcon, Eric Prat, Christophe Paou, Anne Rotger, Reinhardt Wagner, Valérian Béhar-Bonnet, Philippe Caulier, Ghislain Decréty, Solal Forte, Constance Guiouillier, Pierre-Antoine Lenfant, Damien Sobieraff, Pier-Niccolo Sasseti, Madlyn Farjot, et la participation des élèves du studio d'Asnières

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre de la Porte Saint Martin
10 Boulevard Saint Martin 75010 Paris
Du 10 septembre au 10 novembre 2019


samedi 6 septembre 2014

LES FIANCES DE LOCHES

LES FIANCES ENCHANTENT LE PUBLIC

****


OH GAI ! AU GAI ! MARIONS NOUS !

Si vous me lisez depuis un peu de temps vous savez que FEYDEAU et LABICHE ne sont pas ma tasse de thé. Mais comme je suis curieuse et que je ne demande qu'à être convaincue je ne pouvais résister à l'envie de me rendre au Théâtre du PALAIS ROYAL et répondre à l'appel des FIANCES DE LOCHES. Car depuis le début de l'été même les réfractaires au genre multiplient les commentaires élogieux. Alors comme ce n'est plus à l'affiche que jusqu'au 6 septembre prochain je m'empresse de rejoindre l'avis général pour vous dire tout le bien que je pense de ce spectacle.

Dès que le rideau se lève et que la troupe entonne les premières strophes nous sommes plongés dans l'ambiance des grandes heures de FEYDEAU . Nous sommes dans un bureau de placement de domestique et le ton est donné tant dans le rythme que dans les bons mots du texte. Par un concours de circonstance comme seul le vaudeville sait en créer, les lochais vont confondre agence de placement de domestique et agence matrimoniale.

Les personnages et les quiproquos se mettent en place et ces fiancés venus de la province se trouver un conjoint à Paris prend le public par le cœur pour l'emporte dans son tourbillon de rebondissements. La joyeuse troupe ne se ménage pas. Les effets comiques font mouches à tous les coups et la salle rit à l'unisson tout au long du spectacle, comme lors de la danse des lochais.

UNE AMBIANCE TRÈS RÉUSSIE


Les éléments de décors sont judicieusement utilisés pour créer les différentes scènes de ce Paris bourgeois : un bureau de placement, l'entre-chambre d'un appartement cossu, une salle de soin d'hôpital psychiatrique. Ils permettent aussi de jouer avec la profondeur de la scène. Des voiles tantôt opaques, tantôt transparents laissent à voir ou deviner les trois musiciens qui jouent en direct ou un chœur de femme répondant aux personnages évoluant sur la scène.

Il faut saluer le talent de comédiens et de chanteur de tous et toutes. Les tessitures se répondent et se complètent, participant à la construction des personnages caricaturaux. L'ensemble est d'une grande qualité de jeux et de chants. C'est drôle, remarquablement adapté, un pur plaisir.

Tous les codes du vaudeville sont présents et cette adaptation en comédie musicale permet de voir l'oeuvre de FEYDEAU autrement, d'une façon originale et extraordinairement distrayante.

En bref : plus que quelques heures pour courir applaudir ce joyeux spectacle qui réussi à concilier avec talent vaudeville et comédie musicale. Un succès estival amplement mérité. Un spectacle qui distribue du bonheur et de la joie et pour lequel on espère des prolongations ou une reprise afin de le partager avec le plus grand nombre.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Après deux saisons de succès reprise pour 30 dates
Théâtre de la Michodière
4 bis rue de la Michodière 75002 Paris
Du 3 décembre 2016 au 8 janvier 2017
du mardi au samedi à 20h30 - dimanche 16h00



Vu le 2 septembre 2014 - Théâtre du Palais Royal
Mise à jour du 11/12/2016