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samedi 1 août 2020

LA NUIT DE MADAME LUCIENNE - LE QUAI - ANGERS

NUIT DE FOLIE



En ce mois de juillet 2020 où le théâtre se fait rare pour cause de crise sanitaire, Le Quai à Angers nous invite à un été plein de surprises. Deux mois de spectacles, de musique, de performances, et l'occasion de profiter du bar ou du restaurant en terrasse, avec la belle vue sur le château d'Angers, mais aussi de découvrir d'autres lieux avec les spectacles hors les murs. Pour tout découvrir de la programmation cliquez ICI et n'hésitez pas à lancer l'ancre et à accoster au Quai, vous ne le regretterez pas.

QUE C'EST BEAU UN THÉÂTRE LA NUIT

Pour ma part j'ai assisté à une représentation de La nuit de Madame Lucienne de Copi, mis en scène par Thomas Jolly. Dans un théâtre vide 2 comédiens et leur metteur en scène répètent de nuit. La première est dans moins d'une semaine et il reste bien des choses à caler. Mais la répétition ne va pas se dérouler comme prévu.

Ce texte, cela faisait longtemps que Thomas Jolly pensait à le monter. Quel meilleur moment que cette crise sanitaire et ses conséquences sur le spectacle vivant pour montrer ce texte qui tente de répondre à la question "pourquoi le théâtre". La mise en scène s'est adaptée aux contraintes sanitaires : le public entre par la cour qui reçoit normalement les décors, et se retrouve sur la scène dans un dispositif bi-frontal. Chaises espacées d'un mètre ou plus, jauge réduite. Le rideau de fer s'ouvre sur le parterre et les gradins vides. Nous sommes au cœur de cette répétition de nuit, dans un théâtre (presque) vide.


UNE DOUCE FOLIE

Après un (long) début surprenant le spectacle s'emballe et sombre dans une douce folie. Alors que l'on ne voyait pas où Copi voulait nous emmener avec la première partie de la répétition d'une fable lunaire, on plonge dans l'absurde. Le texte multiplie les rebondissements (et ne comptez pas sur moi pour vous en dévoiler ne serait-ce que l'ombre d'un seul). Dans cette enquête policière qui met en exergue la difficulté de la création, les acteurs en rajoutent dans l'exagération et l'amplitude du jeu.

Damien Avice est l'homme à tout faire, régisseur qui doit jongler entre les humeurs de la diva et les exigences du metteur en scène. Bruno Bayeux prend un plaisir évident à moduler ses délires et angoisses de metteur en scène, débordant d'une énergie communicative. Emeline Frémont est, comme ses partenaires de jeu, d'une précision extrême dans le rôle de la comédienne très exubérante et capricieuse. Le trio de départ est rejoint en cours de spectacle par Charline Porrone et Hélène Raimbault, deux personnages pas vraiment secondaires qui prennent autant plaisir à être sur scène.

En bref : quel plaisir de retrouver le théâtre dans ces conditions. La mise en scène de Thomas est aussi folle que le texte tout en étant totalement en phase avec le contexte global et mondial. Comment mieux se demander à quoi et à qui sert le théâtre ? Un spectacle et des comédiens aussi exubérants que le texte de Copi.

La nuit de Madame Lucienne, de Copi, mise en scène Thomas Jolly, avec Damien Avice, Bruno Bayeux, Emeline Frémont, Charline Porrone et Hélène Raimbault

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Le Quai
Cale de la Sabatte - Angers
Du 15 juillet au 1er août puis du 18 au 29 août 2020
Du lundi au vendredi à 20h30 - samedi 18h 


Crédit photo @Nicolas Joubart

lundi 6 juillet 2020

COVID-19 - NOUS N'IRONS PAS A AVIGNON, NI AU PUY DU FOU !

UN ÉTÉ SANS FESTIVAL OU PRESQUE

Lundi 13 avril. Nous le savions depuis plusieurs semaines mais nos esprits ne voulaient pas le croire, l'accepter. Le 8 avril Olivier Py, directeur du Festival d'Avignon, livrait sur Facebook la programmation de la 74e édition prévue pour se tenir du 3 au 23 juillet 2020. Cela faisait déjà plusieurs jours que le Fringe, festival trois fois plus grand que le Off et qui se tient en août à Édimbourg avait annoncé son annulation. Mais confinés que nous étions depuis le 17 mars et espérant un durée limitée à 6 semaines nous avons voulu croire que les compagnies auraient le temps de se retrouver pour répéter. Je dis "nous" parce que je sais que je ne suis pas la seule à avoir voulu / rêvé / espéré que cela soit possible, que je retournerai à Avignon cet été.

Mais ce lundi 13 avril il a bien fallu raison garder. Non nous n'irons pas à Avignon cet été (pour plagier le nom d'un festival de région parisienne). Bien sûr la spectatrice assidue du festival que je suis, celle qui pendant 4 jours ou 3 semaines enchaîne entre 4 et 6 spectacles par jour, est déçue. Mais bien vite cette déception laisse place à la tristesse.

Tristesse en pensant à tous ceux qui vivent du spectacle vivant et qui souffrent tant depuis des mois déjà.

La culture en général et le théâtre en particulier ne servent à rien dans l'esprit de beaucoup de gens. Les intermittents sont considérés comme des feignants qui vivent sur le dos de la société avec leur système d'indemnisation soit disant privilégié. Ces gens-là ont-il idée de critiquer les joueurs de foot au salaires faramineux qui se contentent de courir après un ballon ? (je force le trait volontairement, et encore, je reste sobre).

Mais nous voici le 6 juillet. La culture se dote d'une nouvelle ministre. Wait and see, voir si la culture peut incuber comme dans un laboratoire médical et donner rapidement cet élan que l'on attend depuis trop longtemps.

Le Festival d'Avignon et le Off auraient du commencer il y a 3 jours. Pourtant en cette première semaine de vacances d'été il y a des raisons d'espérer ne pas passer un été sans culture, sans théâtre, sans cirque, sans musique, sans danse. "Innovez" a-t-on intimé aux professionnels de la culture, eux qui font de l'innovation le moteur de leur action quotidienne.

Nous n'irons pas à Avignon, ni au Puy du Fou mais nous irons à Paris pour le Festival Paris l'Eté dans une version raccourcie du 29 juillet au 2 août.  Du théâtre immersif avec "A game of you", du cirque avec Les filles du renard pâle ou avec Nicolas Fraiseau et Christophe Huysman, de la danse avec François Alu, Sébastien Barrier et avec la compagnie Philippe Louranço, de la magie avec Yann Frisch, du théâtre avec David Lescot (ma chronique de "j'ai trop peur" en cliquant ICI  ) ou avec le Munstrum Theatre, des lectures, des installations, bref des spectacles pour tous les goûts et pour tous les âges.



A Paris nous irons aussi au Théâtre 14 qui donne la possibilité à quelques spectacles qui auraient du être joués dans le Off 2020 de présenter leur travail du 13 au 18 juillet grâce au "Paris Off Festival". Le programme complet sur le site pour découvrir 15 propositions dont, entre autres, "Mon premier c'est désir" version moderne de "La princesse de Clèves" par la compagnie MSKT, "Spéciment" un spectacle sur l'adolescence de la compagnie "La rousse" ou "Moi Malvolio" où la compagnie des 7 sœurs explore l'univers de Shakespeare;


Nous irons à La Colline du 7 au 18 juillet où Wajdi Mouawad propose une nouvelle mise en scène de "Littoral" avec de jeunes comédiens, "parce qu'on a tous besoin d'un miracle" ; au Théâtre de la Ville  tout le mois de juillet pour un été solidaire : 5 spectacles à 10€ et gratuit pour les moins de 14 ans et pour les soignants, dont "J'ai trop d'amis" de David Lescot (la suite de "j'ai trop peur" (cf ci-dessus) et "Alice traverse le miroir" de Fabrice Melquiot, Lewis Caroll et Emmanuel Demarcy-Mota ; à La Villette pour du cinéma en plein air pendant tout l'été, de la danse du 2 juillet au 2 août, Plaine d'artistes / dans les coulisses de la création avec avec Mourad Merzouki, François Chaignaud ou Angelin Preljocaj.

Nous irons au Quai à Angers où Thomas Jolly propose un été impromptu, théâtral et festif pendant les mois de juillet et d'août. Au programme, entre autres, "La ferme des animaux" d'après Georges Orwell mis en scène par Youssouf Abi-Ayad, ou "La nuit de Madame Lucienne" mis en scène par le maître des lieux pour une promenade dans un théâtre vide, et une dizaine d'autres propositions théâtrales ou musicales.


Nous irons sur les bases de loisirs d’île de France du 18 juillet au 30 août pour retrouver les Tréteaux de France et l'Ile de France fête le théâtre : un été de spectacle et d'animation pour petits et grands. Au programme du théâtre classique avec "Britanicus", du grand théâtre populaire avec "Faire forêt", et deux spectacles jeune public : "Frissons" (à partir de 4 ans) et Venavi (à partir de 7 ans) . Et en plus c'est GRATUIT !

Nous irons peut-être à Bussang, où le théâtre du Peuple pourrait proposer une petite forme suite à l'annulation historique de son festival d'été.

Et nous irons partout où les scènes ouvertes ou fermées accueillerons un public toujours plus avide de culture.

Bonnes vacances à tous, bel été sous le signe de la culture qui se ré-invente.

Pour que vive le spectacle vivant
Allez au théâtre
et au Cirque

jeudi 29 juin 2017

LE RADEAU DE LA MEDUSE

UN RADEAU TRÈS ACADÉMIQUE

***



Pour le spectacle de la promotion 2016 de l'ENS Thomas JOLLY a choisi un texte peu connu relatant la dérive de 13 enfants en 1940. Un texte sombre mis en scène avec beaucoup, trop, de théâtralité et qui peine à émouvoir.

DES ENFANTS DANS LA GUERRE

Septembre 1940. Pour protéger leurs enfants les anglais envoient leurs enfants par bateau vers le Canada pour les mettre à l'abri des bombes allemandes. L'un de ces bateaux est abattu par une torpille allemande. Quelques enfants parviennent à survivre sur des canots de sauvetage. Le texte de Georg Kaiser raconte les 7 jours de dérive de 13 de ces enfants, comment 11 furent sauvés et pourquoi les deux autres ne le furent pas.

Le récit historique nous parle du drame vécu par de jeunes enfants dont les plus vieux avaient une douzaine d'années. Alors que leurs parents faisaient le sacrifice de les voir partir pour les éloigner de la fureur des hommes, les enfants se retrouvent abandonnés à eux-mêmes dans des circonstances dramatiques. A bord de ce canot c'est l'humanité dans toute sa cruauté qui est résumée par l'écrivain allemand expressionniste.

Seuls sur cette embarcation fragile ils vont devoir gérer la situation pour espérer être sauvés. Si on peut penser que les conditions de vie dans une ville bombardée les ont déjà un peu endurcis, ce sont toujours des enfants. Confrontés à la survie ces garçons et ces filles pas encore sortis de l'enfance vont devoir réagir en adulte. C'est le parti pris de la mise en scène de Thomas JOLLY. À l'exception du plus jeune, surnommé Petit Renard par ses compagnons d'infortune, tous oublient qu'ils n'ont que 10 à 12 ans pour immédiatement reproduire les schémas des adultes : organiser la sécurité, le rationnement des maigres provisions, de l'eau. Très vite l'influence de la religion envahit le canot et le spectre de la cène va polluer les relations. Anne et Alan se distinguent des autres, tels Adam et Ève et le couple originel soumis à la tentation du mal. Victimes d'un coup de foudre réciproque ils s'affrontent sur le plan des idées. Anne est envahie par la peur du chiffre 13. Alan la contrecarre par son humanité. Au prix d'un stratagème qui fera des autres enfants ses complices Anne finira par faire valoir son point de vue, faisant de Petit Renard, l'enfant roux différent, le bouc émissaire et la victime expiatoire.

C'est une vision très sombre de l'humanité que nous donne Kaiser. Pour lui l'enfant n'est pas l'espoir ni l'avenir de l'humanité. Mis en situation de survie il se conduit comme les adultes, devient manipulateur, orgueilleux. Aucun salut ni aucune rédemption ne semble possible. C'est l'acceptation du pire ou la mort. Il faut se souvenir que Kaiser écrivit son livre entre 1940 et 1943 alors qu'il était en exil et que ses livres étaient interdits.


LA MARQUE JOLLY

On retrouve dans la scénographie la patte Thomas Jolly : l'ambiance sombre du jour finissant, de la nuit ou du brouillard (il n'a donc jamais fait jour ni soleil pendant ces 7 jours de dérive ?), les faisceaux lumineux qui zèbrent le ciel, renforçant le dramatique de la situation. La mise en scène évite habilement  l'écueil de la vision statique du canot dérivant. Seul élément de décor le canot est sans cesse en mouvement sans être ballotté pour ne pas donner au spectateur le mal de mer. Il se présente sous différents angles à l’œil du spectateur, permettant de jolies images et des plans très cinématographiques.

Mais le parti pris de direction d'acteur ne permet pas d'assurer l'adhésion du public comme en attestent les applaudissements longs à se déclencher et globalement en retenue. Thomas JOLLY ne voulait pas que ses acteurs jouent a faire l'enfant. A trop vouloir les laisser être eux mêmes, c'est-à-dire des jeunes adultes, on perd la dimension de l'enfance et de l’adolescence. Seule la très belle scène du mariage permet d'imaginer un groupe de gamins jouant aux adultes pour passer le temps tout en rigolant. Jusqu'à ce que l'on comprenne ce que cachait cette mise en scène.

On aurait pu penser que s'agissant d'un spectacle de fin de formation il pourrait donner l'occasion à chacun des jeunes comédiens de se mettre en valeur. C'est l'esprit de groupe qui globalement est retenu. Derrière les visages grimés de blanc et de gris seuls quelques individualités ressortent. La voix d'Anna se fait théâtrale et manque d’émotion, crie plus qu'elle ne parle. Alan s'en tire mieux avec un jeu un peu plus naturel. Les autres personnages sont très secondaires. Dommage, on aurait souhaité avoir plus d’éléments pour pouvoir juger du potentiel de ces étudiants.

Il faudrait voir dans ce radeau une symbolique de la problématique actuelle des migrants. J'y vois surtout une dénonciation de l'obscurantisme des religions, une condamnation de pratiques sectaires, une absence de foi dans l'humanité.

Le Radeau de la Méduse, de Georg Kaiser, mis en scène par Thomas Jolly, avec Youssouf Abi-Ayad, Eléonore Auzou-Connes, Clément Barthelet, Romain Darrieur, Rémi Fortin, Johanna Hess, Emma Liégeois, Thalia Otmanetelba, Romain Pageard, Maud Pougeoise, Blanche Ripoche, Adrien Serre

En bref : un radeau sombre, d'une grande esthétique visuelle, porté par des comédiens prometteurs mais au jeu un peu trop académique pour susciter l'émotion.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Odéon - Ateliers Berthier Paris 17e
du 15 au 30 juin 2017

Crédit photo @Jean-Louis Fernandez
Vu juin 2017 - Odéon Paris

lundi 20 février 2017

FANTASIO

FANTASTIQUE FANTAISIE ROMANTIQUE
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C'est avec une opérette oubliée depuis sa création que l'Opéra-Comique fait l'ouverture de sa nouvelle saison. Prévu pour une salle rénovée c'est au Châtelet, pour cause de retard de travaux, que Thomas JOLLY met en scène le livret de Musset mis en musique par Offenbach. Un nouveau challenge un peu fou relevé avec talent et élégance.

OPÉRA COMIQUE PAS SI LÉGER

Malgré son nom qui sonne gaiement, FANTASIO est une comédie un peu amère. Pour sceller la paix le Roi de Bavière va marier sa fille Elbeth au Prince de Mantoue. Mais le Prince a mauvaise réputation et devant la mine chafouine de sa fille le Roi hésite : doit-il la sacrifier à la raison d’État ? Quant au Prince il décide de changer de rôle avec le général de son armée pour se faire aimer pour lui-même.

Pendant ce temps, au sein du peuple en liesse à l'annonce de la paix, le jeune Fantasio, mélancolique et blasé, tombe amoureux d'Elbeth. Pour l'approcher il endosse le costume de Saint Jean, le bouffon qui vient de décéder.

Dans ce jeu de cache cache se loge beaucoup de mélancolie et de désillusion. Elbeth semble se soumettre à la volonté de son père mais ne peut se résoudre à dire adieu à son insouciante jeunesse. Le Prince de Mantoue, guère courageux, laisse son Général en première ligne et préfère capituler plutôt que d'affronter Fantasio. Quant à ce dernier il utilise le paravent du bouffon pour cacher sa mélancolie et ses désillusions, et c'est en Roi des Fous qu'il joue le trublion avec un plaisir gourmand, semant la zizanie dans les projets du Roi et du Prince.

ÉLÉGANCE ET VIRTUOSITÉ

Après ses mises en scène rock et enthousiasmantes de Henry VI et de Richard III au Festival d'Avignon, après une légère déception créée par Eliogabalo en début de saison à l'Opéra de Paris, Thomas JOLLY prouve une nouvelle fois que l'on peut dépoussiérer le spectacle vivant.

Tout dans ce FANTASIO est une réussite. Le jeune metteur en scène parage avec Laurent CAMPELLONE qui assure la direction musicale, la responsabilité de faire revivre cet opéra si mal reçu lors de sa création qu'il fut retiré de l'affiche au bout de quelques représentations. Un opéra trop sérieux pour une France qui ne s'est pas encore complètement remise de la défaite de Sedan et de la Commune, et pour un public qui n'a pas envie de voir un spectacle où le peuple et son bouffon semblent imposer leur désir au Roi.

Les décors de Thibaut FACK sont magiques, féeriques et romantiques, renforcés par les lumières d'Antoine TRAVERT et Philippe BERTHOME. On retrouve ces échafaudages et escaliers chers à Thomas JOLLY, ces éclairages laser, cette méticulosité dans la scénographie, les mises en ombre et en lumière. Mais loin de lasser ces effets et outils, pas encore des tics, articulent l'espace, nous transposant dans les rues de la ville, dans le palais, dans les jardins. Les costumes de Sylvette Dequest jouent aussi avec les couleurs et les noirs et blanc. L'opéra commence dans une atmosphère sombre, un clair-obscur qui s'éclaire progressivement, notamment avec le lumineux costume de FANTASIO et finir dans une explosion de joies et de couleurs.

Avec un message pacifiste délivré par le jeune bouffon : "Rois battez-vous. Cela ne nous regarde pas". Et tandis que le Prince de Mantoue fait de Fantasio un comte pour avoir fait déclarer la guerre, le roi le fait Prince pour avoir fait conclure la paix.


FANTASTIQUE MARIANNE CREBASSA

Si le jeu des comédiens pouvait parfois sembler faible lors de la première il faut noter la virtuosité et le talent mis en oeuvre pour faire revivre la musique de Jacques OFFENBACH et le livret de Paul de MUSSET (d'après l'oeuvre d'Alfred de MUSSET). Porté par l'Orchestre Philharmonique de Radio France et entouré du choeur formé par l'ensemble Aedes la distribution vocale est admirable.

La mezzo-soprano Marianne CREBASSA est un FANTASIO romantique, un brin sombre, sorte de Pierrot lunaire qui n'est pas à sa place dans son époque. Faut-il s'étonner du choix d'une femme pour interpréter ce personnage ? Le résultat est un vrai bonheur. Sa performance se combine à merveille avec celle de Marie-Eve MUNGER, fragile princesse Elbeth. Leurs duos sont virtuoses.

Pour en savoir plus :
Toutes les biographies des artistes, des vidéos dans les coulisses de la création, des interviews et des contenus exclusifs sur le site de l'Opéra Comique en cliquant ICI

En bref : Avec FANTASIO l'Opéra-Comique commence sa saison sous le signe de la virtuosité. Thomas JOLLY et Laurent CAMPELLONE font revivre avec bonheur cet opéra du duo OFFENBACH / MUSSET. Un opéra empreint de sagesse et de mélancolie, pour le plus grand bonheur du public parisien.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Opéra Comique délocalisé au Châtelet
Place du Châtelet- Paris
Les 14 -16-18-20-22-24-27 février à 20h
Les 12 et 26 février à 16h
Retransmission Live sur CULTUREBOX le 22 février à 20h


Crédit photo / Vidéo @ Opéra Comique / Le Figaro

jeudi 28 janvier 2016

RICHARD III - THOMAS JOLLY

L'ANGE PUNK NOIR OU BLANC DE LA TERREUR
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I'M A DOG I'M A TOAD I'M A HEDGEHOG, I'M A MONSTER

A la fin de cet Henry VI de légende dont Thomas JOLLY nous a fait cadeau tout au long de la saison 2014/2015, un ange noir dressait sa sombre silhouette, celle du sinistre Richard.

Dès la première scène de RICHARD III il surgit des entrailles de la scène ou de la terre tel l'ange de la terreur. Rebut de l'humanité, être imparfait qui se venge de l'affront que lui a fait la nature. Ne nous y trompons pas : c'est une tragédie que nous présente Shakespeare avec RICHARD III. Le destin sombre d'un enfant rejeté de tous à cause de sa difformité, avide de pouvoir pour écraser ceux qui toute sa vie l'ont méprisé, rejeté, ignoré.

OMBRES ET LUMIERES

La scénographie surprend ceux qui on vu Henri VI peut-être parce qu'elle en prend le contre-pied. Richard III est un personnage sombre. La scène est noire, souvent vide de décors si ce n'est les échafaudages / praticables que l'on avait vus dans Henri VI et moins nombreux ici.

Moins imaginative la mise en scène ? Mais n'est-ce par pour la double raison que Henri VI était une surprise flamboyante que personne n'attendait là où Richard III est attendu au tournant par tous et parce que cette suite étant moins connue que le premier volet il y a aussi moins de points de comparaison. Entendons-nous bien, il n'est pas question de dire qu'une version précédente dans une autre mise en scène serait la seule et unique légitime. Elles sont différentes. Ainsi cet été à Avignon OSTERMEIER et Lars EIDINGER nous présentaient une version abrégée et un Richard III aigri. Celui de Thomas JOLLY est encore plus machiavélique et manipulateur, tel le Franck Underwood de House of Cards. Ainsi lorsqu'il prend la reine Anne dans sa toile d'araignée de lumière pour obtenir de la veuve de son frère qu'elle persuade sa fille d'épouse le meurtrier de son père (c'est clair non, c'est du Shakespeare !).

La mise en scène reste rythmée même si quelques changements de décors sur la fin de la première partie (avancée et recul latéral des rideaux) alourdissent la scène.

Il faut quand même avoir l'honnêteté de reconnaître quelques trouvailles de mise en scène qui ont souvent pour effet d'introduire une touche d'humour et de décontraction dans un texte pas toujours facile. Et c'est là qu'une fois de plus Thomas JOLLY réussit son pari. Dans un texte qui semble peu expurgé (4h30) la sobriété du décor fait place au texte et le rend audible (à l'exception de quelques effets sonores dramatiques qui en forçant sur les basses se superposent à la voix des comédiens). 

Face à un public parisien très critique et très demandeur l'aspect punk rock de la fin de la première partie, le couronnement du roi, ne fonctionne pas et le public de  l'Odéon ne rentre pas dans le jeu que le jeune dramaturge veut lui imposer. Dommage.

QUAND GAGNE L'EMOTION

La deuxième partie gagne en intensité dramatique. Oubliant les effets comiques elle permet aux personnages et notamment au rôle titre de prendre de l'ampleur. Les victimes passées réapparaissent. Sous forme de tableau officiel de famille, tels des anges protecteurs ou des menaces cauchemardesques pour faire trembler les armées. Sans oublier l'émotion avec une émouvante scène où les trois reines pleurent leurs maris, leurs enfants, chacune abordant son chagrin à sa manière mais dans une certaine communion. Ainsi la prenante mise en scène de la veille de la bataille avec les fantômes de ses victimes qui encouragent Brighton et se transforment en cauchemar pour Richard.

Entre ombre et lumière, telle l'âme torturée de Richard, les lumières sculptent l'espace. Jets lasers que se font portes, toile d'araignée, murs de prison. Blanches, rouges, omniprésentes et en mouvements subtils. Appuyées par le son digne d'un jeu vidéo ou d'un concert punk rock, ou semblant sorties d'un sabre laser d'un jedi.

Car cela reste la grande force de Thomas JOLLY : réunir un texte classique et ardu avec une mise en scène moderne qui séduit les foules, y compris les plus jeunes. "Populiste" l'ont qualifié certains, avec tout ce que cela a de péjoratif. Je réponds "populaire" et "moderne", une qualité, une énergie qui fait venir un public jeune dans les salles de théâtre, qui fait qu'ils ne seront pas dégoûtés mais séduits et qu'ils reviendront, avec encore plus d'exigence. Il se forgeront leur histoire, leur goût, leur propre relation au théâtre, mieux certainement qu'avec d'autres metteurs en scène plus élitiste et donc plus restrictifs.

Merci Monsieur Thomas JOLLY pour votre folie, votre énergie, votre jeunesse, votre fougue, votre créativité, votre parcours qui sort des sentiers battus et qui secoue un théâtre parfois trop établi. Bravo pour le magnifique et enthousiasmant travail de  votre troupe, la Picola Familia. Bravo pour votre générosité, pour votre envie de partager ces aventures avec votre public.

En bref : prenant le contre-pied de Henri VI Thomas JOLLY nous offre une version punk-rock de Richard III, enfant tourmenté qui prend sa vengeance sur la nature et sur les hommes. Un spectacle flamboyant par la qualité de son interprétation et une esthétique éblouissante.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Odéon Théâtre de l'Europe
Place de l'Odéon - Paris
Jusqu'au 13 février 2016 - 19h
Durée : 4h30 (mais on ne les voit pas passer)




samedi 16 mai 2015

HENRY VI

UNE BELLE AVENTURE THÉÂTRALE ET HUMAINE
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Attention, ceci risque d'être l'article le plus long jamais écrit sur ce blog

SPECTACLE HORS NORMES

Avignon, Programme du IN 2014. Un spectacle hors normes : 18H en continu. HENRY VI. Cette oeuvre de Shakespeare Jamais présentée en intégralité en France, c'est un jeune metteur en scène qui s'est lancé le défi de la monter : Thomas JOLLY. Les photos donnent envie mais 5 jours seulement à passer à Avignon et difficile pour moi d'en consacrer deux à un seul spectacle quand il y en a tant d'autres que je souhaite voir. Alors je compte sur la tournée qui suivra pour me rattraper, d'autant que les commentaires des spectateurs du IN renforcent l'envie. 

Après une tournée à guichets fermés en France et un passage par Sceaux en décembre 2014, la PICCOLA FAMILIA a donc débarqué à l'Odéon (plus exactement aux Ateliers Berthier) en ce pluvieux week-end de fête du travail pour donner l'intégralité des deux cycles de cette aventure théâtrale. Les prévoyants ont pris leur place avec leur abonnement depuis plus d'un an. Les moins prévoyants (dont je suis) guettaient l'ouverture des ventes hors abonnement, et, frustrés de rester bredouille, écumaient twitter et les sites de revente sur internet à la recherche du sésame qui permettrait de participer à ce qui restera un événement de cette saison théâtrale. Il faut une certaine dose de folie et de passion pour monter un tel texte. Il en faut aussi pour décider de s'enfermer 18h dans un théâtre. Et si je commence cet article par le récit de cette attente c'est peut-être parce que pour beaucoup, comme pour moi, c'est la passion du théâtre qui nous a mener au bord du périphérique parisien un week-end entier pour assister à ce spectacle.

QUAND L'HISTOIRE EST UN ROMAN

Concentrés que nous sommes sur notre petit hexagone nous apprenons finalement peu de choses sur l'histoire de nos voisins. Pourtant, le Moyen Age et la Renaissance ont offert matière à écrire des scénarios épiques, comme en témoignent les succès des séries télé Les Borgias ou les Tudors, sans parler de la fiction "GOT" (Game of Thrones pour les non initiés dont je suis puisque je ne l'ai toujours pas vue). L'histoire de la monarchie britannique regorge d'épisodes romanesques. Perdu au milieu de rois conquérants HENRY VI est un roi à part. Pacifique et pieux, son tempérament fait qu'il ne supporte pas les querelles des maison d' YORK et de LANCASTRE, connu sous le nom de Guerre des deux-roses, ni les conflits entre l'Angleterre et la France et l'Irlande.

C'est l'histoire de ce roi mal à l'aise dans son époque, un roi qui ne veut pas choisir, qui nous est contée dans cette épopée théâtrale. Une histoire d'amour et de haine, de lutte de pouvoir, de passions. Un souffle épique que même le meilleur des écrivains ou des dramaturges n'aurait pu imaginer. Ne nous y trompons pas, c'est cette histoire de la royauté britannique et notamment la guerre des roses qui est une des sources d'inspiration de la série "Game of Thrones".

UNE EXPÉRIENCE UNIQUE

"Un spectacle de 18h, mais tu es dingue !". Avec "Tu as survécu à un spectacle de 18h?" : voilà les deux phrases les plus entendues quand on parle à quelqu'un qui n'a pas vu HENRI VI. Moi qui, il y n'y a pas si longtemps que cela, trouvait très bobo les spectacles de plus de 5h dans la cour du Palais des Papes, me retrouve à être l'une des plus ferventes défenseurs de ce spectacle hors norme. Car même s'il ne révolutionne pas le théâtre (et ce n'est pas l'intention de Thomas JOLLY), HENRY VI restera gravé dans la tête et le coeur de ceux qui l'auront vu et aimé. Pourtant, face à l'enthousiasme général certains restent en marge de l'aventure dans laquelle ils n'arrivent pas à plonger.

Car aller au théâtre c'est aussi confronter son ressenti à celui des autres spectateurs. Rarement un spectacle aura autant permis de nourrir ces échanges entre les spectateurs, de permettre à chacun d'exercer dans le feu de l'action et sous le coup de l'émotion (ou pas) son sens critique en l'exposant, en en discutant, en le mettant à l'épreuve de la contradiction, que ce soit dans la salle en attendant le lever de rideau, dans les couloirs ou les alentours du théâtre lors des entractes ou sur les réseaux sociaux. Sur twitter chaque représentation donne lieu à de nombreux échanges, enthousiastes ou critique. Thomas JOLLY lui-même entre en discussion avec ses spectateurs, répond à leurs tweets. Plus fort encore : les principaux personnages de la pièce ont leur compte twitter et communiquent avec les spectateurs avant, pendant et après le spectacle.

GÉNÉALOGIE ET SOCIÉTÉ EN MOUVEMENT

Dans HENRI VI l'intrique est loin d'être simple car elle est portée par de nombreux personnages ; 150 sur scène pour des apparitions plus ou moins longues. Des noms qui ne nous sont pas familiers, Une histoire qui n'est pas la nôtre. Une chronologie et une généalogie qui nous échappent. Il faut se replacer dans cette époque en pleins bouleversements : l'écriture, l'imprimerie, les voyages, la physionomie de la Terre et de l'Univers, autant de questionnement et de vérités nouvelles d'un monde en transition qui perd ses repères et doit s'en trouver de nouveau. L'adolescence d'un peuple : rébellion contre l'autorité et l'ordre établi, volonté de tuer le père, de séduire, d'inverser les rôles. Quelle transmission entre père et fils lorsque le premier meurt alors que le second n'a que quelques mois. Quelles valeurs défendre quand l'éducation se fait sous l'égide de deux personnages antagonistes, que les frontières sont toutes sur le point d'exploser, et que l'épouse imposée est plus lionne que le félin. Tiraillé de tous les côtés HENRI VI fera renaître la guerre des roses et plonger son peuple dans la guerre et l'insécurité.

UNE MISE EN SCÈNE DANS L'AIR DU TEMPS

La mise en scène de Thomas JOLLY est celle d'un talentueux dramaturge bien ancré dans son époque. Il s'est nourri de pop et de rock, de mangas, de cinéma fantastique, de jeux vidéo, de jeux de guerre et d'héroic fantaisy. Certains lui reprochent de faire avec HENRI VI un Game of Thrones théâtral. Ceux-là oublient que l'auteur de la série a reconnu s'être inspiré de Shakespeare et occultent tout ce que le spectacle vivant apporte d'émotion brute et spontanée.

Le jeune  metteur en scène Thomas JOLLY fait preuve d'un talent remarquable et d'une maîtrise étonnante des outils et des technologies pour créer un spectacle flamboyant. Cette épopée fourmille de créativité, d'inventivité. Chaque scène est l'occasion d'exploiter une multitude d'idées, petits ou grandes, et de créer des décors originaux qui relève d'un savant et astucieux bricolage (le bûcher de Jeanne d'Arc, la guillotine qui permet de passer de la France à l'Angleterre en quelques secondes), des lumières, des environnements sonores flamboyants (la scène d'entrée, la bataille de Saint Albans) . D'aucuns se plaignent de ces effets qui semblent empruntés à la télé. Mais le théâtre devrait-il se priver de toutes les ressources qui peuvent l'enrichir comme lui-même enrichit le cinéma et la télévision ? C'est dans l'ensemble de la culture des années 90 et 2000 qu'il faut aller chercher des références. Et surtout dans l'esprit et l'imaginaire fécond d'un jeune homme qui dit "j'ai 2500 ans de théâtre derrière moi, nous avons tous 2500 ans de théâtre derrière nous". Il y a sur scène une énergie qui s'auto-régénère et se nourrit de celle du public. 

Et puis il y a l'humour. Le spectacle démarre sur un rythme débridé, avec une mise en scène jouant sur différents registres : le deuxième degré, la dérision, le burlesque. Un ton décalé qui peut se permettre de prendre parfois quelques libertés avec le texte en introduisant un langage plus moderne. Ce n'est que pour mieux nous attirer, nous captiver, et nous emporter vers un texte parfois ardu.

LA TROUPE ET LA RHAPSODE

Dans cette épopée tourmentée tous les personnages ont des personnalités bien trempées. Les comédiens, entraînés comme des sportifs pour ce marathon et interpréter près de 150 personnages, sont d'une égale justesse. D'Henry VI (Thomas Germaine), jeune roi sous influence de ses oncles (Bruno Bayeux irrésistible Beaufort le Cardinal Winchester et Geoffrey Carey, très British Duc de Gloucester), l'espiègle Jeanne d'Arc (Flora Diguet), la rock star Jack Cade (Nathan Bernat), Charline Porrone, une Marguerite d'Anjou que l'on adore détester, celle qui porte la culotte, autoritaire avec son royal époux qu'elle mène par le bout du nez, et un Richard III (Thomas Jolly) dont le corps difforme aux allures de Peter Pan laisse éclater sa noirceur dans un final éblouissant.

Et que dire du travail sur les costumes : on retrouve toute l'imaginaire, l'inventivité, l'esprit pratique et de bricolage (pour passer facilement d'un personnage à l'autre en quelques minutes dans les coulisses). Les clans sont clairement identifiés par un détail du costume. Et quelle belle idée que ces rubans rouges et blancs. Un spectacle qui ne serait pas non plus possible sans l'immense travail des nombreux techniciens qui eux non plus ne ménagent pas leur peine pour que tout se fasse rapidement et avec fluidité.

La Rhapsode - Photo: Nicolas JoubardMais surtout quelle magnifique, lumineuse idée que la création du personnage de la Rhapsode interprétée par une majestueuse et rayonnante Manon Thorel. Faisant le lien entre la scène et les spectateurs, résumant "ce qui s'est passé dans l'épisode précédent", résumant les rares coupes assumées, relaçant l'intrigue après les pauses, occupant l'espace et temps pendant un changement de décor, ses apparitions ravissent le spectateur qui l'accueille à chaque fois plus chaleureusement. Les textes de Manon THOREL et sa diction sont un bonheur, de petites perles distillées avec délice et humour.

DU THÉÂTRE POPULAIRE DANS SA PLUS BELLE EXPRESSION

Faut-il reprocher au théâtre d'adopter les codes des jeunes générations ou faut-il se réjouir qu'ainsi il puisse attirer dans ses salles des classes d'âge qui préfèrent se réfugier dans le tout numérique ? Le Henry VI participe au débat d'une belle manière. Des nombreux échanges que génère le spectacle une large majorité, y compris parmi les puristes de Shakespeare, ne tari pas d'éloges. Et si certains semblent regretter une mise en scène trop sage le travail de Thomas JOLLY et de la Piccola Familia ne laisse pas indifférent.

Pour moi, l'une des grandes forces de ce spectacle est d'une part de rendre accessible à tous un texte par ailleurs ardu, (en témoigne l'enthousiasme des jeunes spectateurs), et d'autre part de séduire tous les publics. Combien auraient parié que nous serions si nombreux à venir, à chercher désespérément une place pour un spectacle de 18h ? Il est heureux que le Théâtre National de Bretagne, le Festival d'Avignon, Le Théâtre de l'Odéon et bien d'autres en France aient relevé le défi de produire et/ou de programmer cette formidable aventure.

En bref : Je n'a pas survécu à 18h de spectacle. J'ai vécu une aventure théâtrale et humaine comme j'aurai peu de chances d'en connaître d'autres. Une mise en scène inventive, rythmée, musclée, parfois déjantée, souvent romanesque. Une troupe  de comédiens tous aussi étonnants les uns que les autres. Et une rhapsode qu'il sera impossible d'oublier. Une épopée théâtrale qui réunit grand texte classique et théâtre populaire, et qui instaure une lien fort entre les spectateurs et chaque membre de la troupe. Une aventure à ne pas manquer. On en réclame encore et encore.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre de l'Odéon - Ateliers Berthier
Du 2 au 17 mai 2015 (cycles 1 & 2)

Opéra de Rouen Haute Normandie - Théâtre des Arts
L'intégrale le 20 juin 2015 à partir de 10 h




Crédit photo @Nicolas Joubard @Brigitte Enguerrand - Divergence / Photo salut final @LeThéâtreCôtéCoeur