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mercredi 1 juin 2022

CHAT EN POCHE - 30e Festival de Maisons Laffitte

 UN FEYDEAU RONDEMENT MENE

C'est donc avec une autre pièce de Feydeau que se termine le 30e Festival de Théâtre de Maisons Laffitte. Et qu'il est plaisant de voir un Feydeau remarquablement mis en scène et interprété. Eh oui, même une non passionnée du vaudeville peut apprécier ce genre lorsqu'il est bien traité.

Petit rappel historique : "Chat en poche" fut créé en 1888 et ne connut pas un grand succès à l'époque. Ce n'est qu'au fil du temps qu'elle trouva son public. La pièce est désormais reconnue comme l'un des chefs-d'œuvre de l'empereur du vaudeville.

Il y met en scène la famille Pacarel et ses amis. Le chef de famille a fait fortune dans le sucre et veut assoir son statut de notable en faisant représenter un opéra composé par sa fille Julie. Il recrute un célèbre ténor de bordelais. Lorsque le fils de son ami Duffausset débarque, venu à Paris pour faire ses études des droit, la valse des quiproquos est lancée. Le faux ténor va signer un contrat qui lui rapporte une petite fortune, et tombe amoureux de la maîtresse de maison. Mais l'a-t-il bien identifiée ?

Sébastien Biessy a vraiment donné un coup de dépoussiérage à ce texte avec une mise en scène dynamique, qui fourmille d'inventivité. Le texte est mis en valeur en accentuant, sans exagération, les doubles sens ou les contre-sens. Quelques anachronismes sont émiettés dans le spectacle, qu'ils soient dans le texte ou sonores, mais introduits de telle sorte qu'ils sont légers et s'intègrent parfaitement.

Le décor et les costumes jouent les sur les contrastes : noir pour les rideaux et la majorité des costumes, blanc pour les tabourets, l'ouverture de la porte en fond de scène, et les enfants (Julie, espiègle Nathalie Forquignon, et son fiancé un peu effacé M. Lanoix de Vaux joué par Jean-Baptiste Roche). Seul Tiburce, empêcheur de tourner en rond (ou plutôt d'aller tout droit) a une touche de couleur avec les rayures jaunes de sa tenue de serviteur. Coup de chapeau à Léopold Biessy pour ce rôle omniprésent dans des postures pas toujours confortables. 

Le jeu des comédiens joue aussi sur les rythmes : parfois hystérie collective, souvent bien dosé. Tous sont dans le ton : Yves Chambert Loir / M. Pacarel, ce bourgeois aveuglé par son ego et sa bêtise, Béatrice Biessy / Marthe Pacarel joue à fond la bourgeoise précieuse, Pierre-Yves Blanchard est un Dr Landerneau presque effacé devant le jeu drôlissime de Laure Boinet (Amandine Landerneau dite Bibiche). Mais c'est Martin Biessy qui retient particulièrement l'attention en interprétant un M. Duffausset / Ténor Dujeton tout en nuances.

Tout est réuni pour que la mécanique du rire fonctionne pour le plus grand plaisir de la salle. Une bien belle façon de clore ce trentième et ultime festival de théâtre de Maisons Laffitte.

UNE PAGE SE TOURNE

Ce n'est qu'en 2017 que j'ai fait connaissance avec ce festival. Beaucoup trop tard !  Avec deux années d'absence pour cause de pandémie, je n'aurais vu que trois éditions. Et pourtant il m'en restera pour toujours des souvenirs forts :

une équipe incroyable de gentillesse, de bienveillance, toujours souriante, menant tout avec une facilité déconcertante tant tout est rodé. Il y a toutes les images de ces spectacles sélectionnés tout au long de l'année pour créer une programmation éclectique mais surtout pour  représenter la diversité du théâtre, du classique au contemporain, de la comédie au drame, du vaudeville à l'opéra. Il y a la qualité du travail proposé par ces troupes amateurs, parfois bien meilleur que certains professionnels. Il y a les questions des collégiens lors des cafés-critiques qui suivent chaque spectacle en compétition. Il y a toutes les rencontres, les amitiés qui sont nées lors de cet évènement. Il y a surtout la force et la solidarité d'un groupe d'amis soudés autour d'une famille. Tous sont présents fidèlement, année après année, depuis 30 ans pour certains. 

Il y a surtout la passion de Sébastien et de Béatrice Biessy, qui ont "ancré le théâtre dans la ville de Maisons Laffitte" comme l'a dit M. Jacques Myard lors de son discours de clôture. Après trente années d'un évènement devenu incontournable, réunissant chaque week-end de l'Ascension un public fidèle et nombreux (la plupart des spectacles se jouaient à guichets fermés), Sébastien et Béatrice arrêtent en pleine gloire. Mais ils ne disent pas adieu au théâtre. La Compagnie de la Mansonnière va continuer à présenter ses créations, à commencer par ce pétillant "Chat en poche". Et nous retrouverons l'équipe pour un nouveau festival, à Cabourg, pour une action caritative. Un nouveau rendez-vous qui se déroulera aussi au mois de mai. Quant au théâtre à Maisons Laffite, M. le Maire, grand amateur de cette forme de spectacle vivant, nous en a fait la promesse : il restera inscrit dans l'ADN de la ville, reste à en fixer la forme.

Au revoir Sébastien et Béatrice. Merci pour tout ce que vous faites pour le spectacle vivant.


Chat en poche, de Georges Feydeau, mise en scène de Sébastien Biessy, avec Léopold Biessy, Yves Chambert Loir, Béatrice Biessy, Pierre-Yves Blanchard, Laure Boinet, Nathalie Forquignon, Jean-Baptiste Roche et Martin Biessy.

Vu le 29/05/2022 - Salle Malesherbes - Maisons Laffitte

POUR UN THEÂTRE SOLIDAIRE

 

On ne peut pas parler du Festival de Théâtre de Maisons-Laffitte sans parler de PSE - Pour un sourire d'enfant. Association d'intérêt général reconnue de bienfaisance, apolitique et non confessionnelle, PSE défend les Droits des Enfants.

 Depuis plus de 25 ans elle agit au Cambodge pour sortir les enfants de l'extrême misère et les mener jusqu'à un métier. Reconnue par les autorité cambodgiennes, l'association intervient dans le respect du pays, en collaboration avec les habitants. Elle est lauréate du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.

 La famille Biessy et l'équipe du Festival soutiennent son action depuis de nombreuses années. Si le festival ne sert pas à lever des fonds pour PSE, c'est néanmoins pour moi l'occasion idéale de signaler son action et de vous inviter, si vous souhaitez participer à cette aventure, à faire un don en cliquant ICI.

lundi 30 mai 2022

JOYEUX ANNIVERSAIRE QUAND MEME - 30e Festival de Maisons Laffitte

 DUO COMPLICE POUR COMEDIE ROMANTIQUE


Olivier est un célibataire maniaque, psychorigide, bourré de tocs, en pleine dépression depuis que son ex l'a planté une semaine avec le mariage pour partir avec son meilleur ami. Alors lorsqu'un copain lui demande de lui rendre un service et d'héberger Loulou pendant une semaine, on ne peut pas dire qu'il saute de joie. Mais comme il a un bon fond, il accepte...pour mieux le regretter dès le lendemain, lorsqu'il découvre que la fantasque jeune femme perturbe grandement l'organisation de son appartement. Il va néanmoins se laisser attendrir par les yeux de biche et le regard de chien battu de la belle, et jouer le jeu pendant une semaine.

"Joyeux anniversaire, quand même" coche toutes les cases de la comédie romantique classique : le type bourru, la belle extravertie. Comme le dit le personnage d'Olivier, c'est le classique duo et la rencontre improbable de deux personnalités qui non seulement n'ont rien en commun mais qui ont tout pour s'agacer et se rejeter. Lui est Schtroumpf grognon doublé d'une personnalité coincée, elle est pétulante, dynamique, enjouée. Lui est un brin réac, elle est libre. Lui broie du noir, elle est optimiste.

On retrouve dans le texte tout l'humour de Lilian Lloyd, et dans ses deux personnages toute sa sensibilité. Le décor est celui d'un appartement simple, fait de meubles assemblés sans recherche d'une esthétique moderne, un peu à l'image de la personnalité d'Olivier. Les musiques jazzy finissent de peaufiner l'atmosphère cosy et romantique.

Dans le rôle d'Olivier, l'auteur et metteur en scène est le bon comédien que l'on connaît, transformant l'ours mal léché en gros matou en besoin d'amour. Quant à Jennifer Bailly, quelle progression depuis les ateliers théâtre dans lesquels je l'avais vu évoluer il y a quelques années. Elle est lumineuse, solaire, d'une aisance et d'une présence remarquables.

Le duo fonctionne à merveille. L'émotion est présente et forme un bon équilibre avec les moments comiques, qu'ils viennent du texte ou du jeu, comme le comique de répétition autour d'un tiroir ou d'une position pour s'endormir. Le seul regret que je pourrai formuler est un peu de longueur. Pour le reste, "Joyeux anniversaire" est une comédie romantique classique et efficace, portée par un duo complice et au jeu très naturel.

Joyeux anniversaire, quand même, de Lillian Lloyd, mis en scène par l'auteur, avec Lilian Lloyd et Jennifer Bailly

Vu le 29/05/202 - Vieille Eglise - Maisons Laffitte

Photo : Tompointcom 

POUR UN THEÂTRE SOLIDAIRE


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LE PORTEUR D'HISTOIRE - 30e Festival de Maisons Laffitte

 LA FORCE DU RECIT CHORALE


Deux pièces d'Alexis Michalik au programme de cette 30è édition du Festival de Maisons Laffitte. Au soir de ce 4è jour c'est la compagnie "Tous en scène" qui s'attaque au "Porteur d'histoire", pièce phare de l'auteur, récompensée par deux Molières en 2014 et qui n'a pas quitté l'affiche des théâtres parisiens depuis. Bref, un sacré challenge !

Petit rappel sur l'histoire : Martin Martin roule sur une piste en Algérie, arrive à Mechta Layadat où il fait la connaissance d'Allia et de sa fille Jeanne. Commence (mais est-ce bien le début) un récit digne d'Alexandre Dumas, une quête littéraire qui nous transportera sur 3 continents et au travers des siècles, sur les traces d'un trésor et d'une famille légendaires.

Tout comme pour "Edmond" vu plus tôt dans la semaine, le défi est relevé avec panache. Le plateau est divisé en deux parties dans lesquels vont se jouer les différentes étapes de ce récit à tiroirs, les pièces du puzzle se mettant en place progressivement jusqu'à la surprise finale. Le décor est composé de quelques cubes que les comédiens déplacent selon les besoins, qui servent à recueillir les nombreux accessoires et se transformant également en jeep, en avion, en fontaine. Au centre deux panneaux figurent une bibliothèque et servent de passage (d'un lieu à un autre, d'une époque à une autre).

Le rythme est soutenu. Les comédiens passent d'un personnage à un autre avec rapidité, sans temps mort. Les astuces de décor et de mise en scène permettent au spectateur de ne pas se perdre dans ce récit en forme de puzzle. Les dialogues à travers le temps et l'espace fonctionnent bien.

Au sein d'une distribution mêlant des comédiens et comédiennes amateurs aux niveaux d'expérience variés, du débutant au plus aguerri, je retiens plus particulièrement l'œil malicieux de Christian Haton (Martin Martin de 2011) qui a le don de raconter des histoires et de convaincre tous ses interlocuteurs de le suivre ou de l'aider à mener sa quête ; les multiples facettes de Christophe Ecobichon qui donne une couleur unique à chacun de ses personnages, de Michel le fossoyeur au pape Clément VI en passant par le cafetier ou le berbère (entre autres); ainsi que la prestation de Catherine Duval qui multiple les rôle féminin et est aussi à l'aise dans la peau de la douce mais libre Allia que dans le rôle d'Eugène Delacroix.

Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai vu cette pièce que j'aime faire découvrir à mes amis. Il aurait donc été facile d'être déçue par une mise en scène autre que celle de l'auteur. Aussi, même si je n'ai pas été aussi emportée que d'habitude, j'ai beaucoup apprécié la proposition de la Compagnie Tous en Scène et la mise en scène de Laurent Viers, ainsi que le beau travail de cette troupe très attachante.

Le porteur d'histoire, d'Alexis Michalik, mise en scène Christophe Viers, avec Laurent Charpiot, Catherine Duval, Christophe Ecobichon, Victor François Galichon, Christian Haton, Lise Huss, Céline Laboisse, Jérôme Raimbault, et (à partir d'octobre 2022) Anne-Brigitte Lecorvaisier

Vu le 28/05/2022 - Salle Malesherbes - Maisons Laffitte


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dimanche 29 mai 2022

VOUS QUI PASSEZ SANS ME VOIR - 30e Festival de Maisons Laffitte

 LES OMBRES DU PASSE


En 2019 j'assistais à la première de "Vous qui passez sans me voir", pièce de Frédéric Biessy. Cet amoureux du théâtre, qui anime depuis 30 ans avec son épouse Béatrice, leurs enfants et leurs amis le festival de Maisons Laffitte, passait un autre cap. J'avais été sensible à cette création, avec ses qualités et ses défauts.

Il s'agit ici d'un drame : un comédien en fin de carrière, trouve dans sa loge à la fin de sa dernière représentation d'Othello, une femme qui dit ne rien connaître au théâtre mais qui semble tout savoir de lui, tout en se défendant d'être une fan de l'artiste. Par petites touches elle va livrer les raisons de sa présence et le confronter à son passé, au souvenir d'une jeune Hélène et au rôle qu'il joua dans son destin tragique.

Contrairement au cinéma le théâtre permet de ne pas figer les choses. Pour tout spectacle chaque représentation offre la possibilité de corriger, modifier, revoir des choix. J'ai retrouvé avec plaisir la sensibilité de l'écriture de Sébastien Biessy. Certaines facilités de la création ont été gommées, le texte a été resserré, donnant à l'ensemble plus de fluidité et plus de profondeur.

Béatrice Biessy est toujours aussi lumineuse. Son jeu s'est encore affiné et on se régale de sa capacité à exprimer les sentiments variés, parfois ambivalent, qui animent le personnage de Maria dans sa quête de vérité. Son partenaire, Yves Chambert-Loir, a gagné en rondeur, en amplitude, apportant de nouvelles nuances à son personnage.

L'ensemble a gagné en épaisseur, en rondeur, en fluidité, et les voyages dans le temps ainsi que les passages de Maria à Hélène sont maîtrisés. Dans le cadre intimiste de la vieille église et sous une très belle mise en lumière, l'émotion passe, tant pour l'hommage au théâtre que pour cette histoire d'amour et de frustration.

Vous qui passez sans me voir, de Sébastien Biessy, avec Béatrice Biessy et Yves Chambert-Loir - Compagnie La Mansonnière

Ce spectacle a reçu un Prix Spécial du Jury du 30e Festival de Maisons Laffitte

Le point de vue de Véro du blog Théâtr'elle en cliquant ICI

(Re)vu le 28/05/2022 - Vieille église - Maisons-Laffitte

Ma chronique de 2019 en cliquant ICI


POUR UN THEÂTRE SOLIDAIRE

 

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dimanche 13 mai 2018

CONTES D'AMIS - 27e Festival de Maisons-Laffitte

POÉTIQUE HOMMAGE A ERIC ROHMER




"Margot, Blanche, Gaspar et Fabien sont tout droit sortis des films d'Eric Rohmer. Avec des scènes tirées de "L'ami de mon amie" (1987) et de "Contes d'été" (1996), le spectacle offre une typologie des relations amoureuses complexes, légères, hésitantes. L'amitié fille-garçon, l'importance du physique, la rupture au téléphone, l'amour non réciproque, la solitude et le célibat sont autant de thèmes abordés tout au long de la pièce." (Extrait du dossier de presse).

FRAÎCHEUR ET POÉSIE

Il y a deux ans 4 élèves de l'école d'Asnières se voient proposer deux thèmes de travail : Marivaux ou Eric Rohmer. Tous leurs camarades ayant choisi Marivaux ils se démarquent en choisissant le cinéaste Eric Rohmer. Après des heures de visionnage de films et plusieurs résidences, sans aide extérieure, ils construisent un spectacle plein de fraîcheur qui reprend des scènes de deux films.

On l'a vu à plusieurs reprises dans ce 27e festival, il n'est pas aisé de réussir à combiner plusieurs textes pour n'en faire qu'un. La compagnie Les Écriés ajoute un paramètre au défi: là où certains veulent mettre une dimension cinématographique dans le théâtre ces quatre jeunes artistes se démarquent une fois de plus et font le choix inverse : rendre théâtrales des scènes écrites pour le cinéma. 

Je le reconnais aisément, je ne suis pas fan de l'univers d'Eric Rohmer. La naïveté, les hésitations de ses personnages à tendance à m'agacer. Mais au-delà du sujet il faut reconnaître la qualité du travail présenté par Les Écriés. Avec peu de moyens ils ont réussi à restituer parfaitement l'univers du cinéaste. Sans chercher à l'imiter ils se l'approprient. Brouillant les pistes en gardant les noms des personnages des deux films références, les quatre comédiens et comédiennes ont toute la fraîcheur et le naturel des personnages de Rohmer. Outre une interprétation très juste ils nous offrent de très jolis tableaux avec des accessoires sortis de leur imagination et créent des visuels d'une grande beauté et d'une jolie poésie.

Un spectacle très maîtrisé avec à son actif moins de 10 représentations. Bravo.

En bref : La compagnie Les Écriés fait souffler un vent de fraîcheur sur ce 27e festival de Maisons-Laffitte avec une belle et poétique évocation de l'univers d'Eric Rohmer. Une compagnie à suivre.

Contes d'amis, d'après Eric Rohmer, mise en scène collective, avec Eléonore Alpi, David Brémaud, Manon Preterre, Quentin Van Eekho

LA COMPAGNIE
Les Écriés ce sont des comédiens amoureux des textes.
Les Écriés ce son des comédiens qui placent la poésie au plus haut, qui pensent qu'il existe une poétique politique. 
Les Écriés se sont des comédiens inscrits dans le temps présent, qui s'émerveillent, découvrent et s'insurgent.
Les Écriés ce sont des comédiens qui invitent le spectateur au rêve, à l'évasion, au plaisir premier du théâtre
Les Écriés ce sont des comédiens qui partent à l'abordage d'une histoire nouvelle, d'une histoire qui s'écrit et s'écrie

Retrouvez toute l'actualité de la compagnie sur sa page Facebook en cliquant ICI



C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Festival de Maisons-Laffite
Salle Malesherbes
Samedi 12 mai 2018 - 21h

POUR UN THÉÂTRE SOLIDAIRE

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Depuis 20 ans elle agit au Cambodge pour sortir les enfants de l'extrême misère et les mener jusqu'à un métier. Reconnue par les autorités cambodgiennes, l'Association intervient dans le respect du pays, en collaboration avec les cambodgiens. Elle est lauréate du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.

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JEAN ET BEATRICE - 27e Festival de Maisons-Laffitte

UN DUO D'UNE GRANDE SENSIBILITÉ



La jeune femme parle de séduction et d'amour, lui parle de récompense et de billets de vingt. Ces deux-là peuvent-ils se comprendre ? Béatrice impose à Jean trois épreuves pour révéler le prince charmant qui sommeille - peut-être ! - en lui. (extrait du dossier de presse).

ENTRE JEU ET RÉALITÉ

Il arrive essoufflé à la porte de cet appartement du 33e étage. Béatrice, la jeune femme qui lui ouvre la porte se prétend riche héritière. Jean est chasseur de primes et ne tarde pas à venir à bout des trois épreuves qu'elle lui impose : l’intéresser, l'émouvoir, la séduire. Passé la fascination, l'émotion et la séduction  une autre partie s'engage. Béatrice retient Jean prisonnier dans cet appartement de cette tour fantôme. S'engage alors un duel où les deux vont tenter d'inventer l'amour en mettant en scène les moments d'une vie de couple. Ils basculent entre réalité et fiction et balaient ce qui pourrait être leur vie : l'usure du quotidien, les confidences, les disputes, les réconciliations. A ce jeu du "faisons comme si" ils livrent alors bien plus d'eux-même qu'ils ne le voulaient. Mais cela suffira-t-il à créer les conditions de l'épanouissement de l'amour ?

Dans la première partie Béatrice semble mener la danse tandis que Jean multiplie les artifices pour gagner les défis. Dans la seconde les résistances finissent par tomber, révélant les vérités et les blessures de ces deux êtres solitaires en manque d'amour et dans l'impossibilité de le laisser éclore tant ils ont peur d'aimer.

La mise en scène de Jean-François Lecomte et Pierre-Olivier Scotto est rythmée, dosant avec efficacité les moments intenses en énergie ou en émotion. Jean-François Lecomte, qui a déjà démontré par le passé dans ce festival (et ailleurs) ses grandes qualités de comédien, est éblouissant dans le rôle de Jean. Tout à tour déterminé, rusé, séduisant, violent, attentif, brusque, sensible il déploie une large palette d'émotions. S'il domine la pièce sa partenaire Marie Lardanchet n'est pas en reste. Elle est une Béatrice d'une grande justesse, énergique comme un ouragan mais aussi fragile et sensible.

En bref : En ce dernier jour de compétition le Festival nous offre une très belle mise en scène du texte de la québécoise Carole Fréchette, portée par deux admirables interprétes. Du beau théâtre

Jean et Béatrice, de Carole Fréchette, mise en scène Jean-François Lecomte et Pierre-Olivier Scotto, avec Jean-François Lecomte et Marie Lardanchet

LA COMPAGNIE
Théâtre sur Cour est né en 2008 et s'appuie sur de solides comédiens expérimentés et récompensés à de multiples reprises. La compagnie s'attache à produire des textes souvent contemporains qui fédèrent les comédiens sur l'humanité qui s'y cache pour en révéler la complexité et la richesse. 

Retrouvez toute l'actualité de la compagnie sur son site en cliquant ICI


C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Festival de Maisons-Laffite
Vieille Eglise
Samedi 12 mai 2018 - 17h30

POUR UN THÉÂTRE SOLIDAIRE

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SURPOP' - 27e Festival de Maisons-Laffitte

BON SENS OU  NON-SENS ?



"A l'horizon 2050 les démographes prévoient que la terre devra accueillir près de 10 milliards d'individus. Selon leurs études, cela engendrera une multitude de catastrophes (pollution, pénurie de ressources naturelles, pandémies, conflits...). Un obscur consortium est officieusement en charge de régler le problème. Pour cela il vont faire appel à 7 personnes tirées au sort. Des gens ordinaires. Enfermés dans un lieu inconnu, dirigés par une mystérieuse voix, ils vont devoir se mettre d'accord sur une solution commune. Entre manipulations, négociations, alliances et conflits ces sept individus ne seront libres que s'ils sauvent l'espèce humaine et la Terre". (extrait du dossier de presse)

COMÉDIE DÉMAGO ET DÉCALÉE

La scène est divisée en deux espaces. D'un côté un ouvrier en bleu de travail installe son espace avec du matériel "vintage". Sur l'autre moitié 7 individus vêtus de combinaisons blanches de laboratoire entrent les yeux bandés. Ils se découvrent les uns les autres avant d'être guidés par une voix qui rapidement leur donne pour mission de trouver une solution pour éliminer un milliard d'êtres humains. Comment choisir ? Qui sacrifier ? Faut-il s'attaquer à la cause ou aux symptômes ?

Les personnages sont des clichés. Chacun représente un des sept péchés capitaux et le vice de chacun apparaît clairement dans le comportement et les dialogues. Quant à l'ouvrier qui est la voix et l'organe du consortium à l'origine de ce mystérieux protocole , il tient d'un mix entre Brazil et Mister Bean. Nous sommes clairement dans une comédie qui prend prétexte d'une problématique réelle et sérieuse pour créer un spectacle drôle, décalé et bon enfant. 

Dans une démarche complètement démagogique clairement assumée par le metteur en scène tout y passe : les scénarii les plus cyniques, les hypothèses les plus folles, les théories les plus ubuesques, les méthodes les plus populistes. Les codes de la comédie sont utilisés avec réussite. Le public est réactif et prend autant de plaisir au spectacle que les comédiens sur scène, dans une ambiance détendue. 

La mise en scène est dynamique, le décor simple et cohérent, le texte drôle et parfois caustique. Quant à la distribution elle est très homogène. Les huit comédiens et comédiennes sont justes et montrent une énergie et un enthousiasme qui fait qu'on pardonne aisément les petites erreurs ou approximations. N'oublions pas que c'est un travail de troupe amateur.

En bref : La Compagnie Les Horloges Lumineuses s'empare d'une problématique sérieuse pour une comédie qui bascule dans le non-sens. Les comédien.ne.s s'amusent et le public suit. 


Surpop', écrit et mis en scène par Brice Ledoyen, avec Philippe Briouse (le banquier / l'avarice), Joss Aceval (le boucher / la gourmandise), Adèle Delouche (la call girl / la luxure), Lorène Verdeil (la chirurgienne / l'orgueil), Simon Weil (L'étudiant / la paresse), Gaëlle Monard (la musicienne / la colère), Michèle Terdiman-Pire (la retraité / l'envie), Olivier Pasquier (la voix)


LA COMPAGNIE
Créée en 2008 la Compagnie Les Horloges Lumineuses crée un ou 2 projets par an. Elle travaille avec deux auteurs et metteurs en scènes. Ses projets vont de "La mouette" de Tchékhov à des création originales.

Retrouvez l'actualité de la compagnie sur son site internet en cliquant ICI


C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Salle Malesherbes
Samedi 12 mai 2018 - 14h30

POUR UN THÉÂTRE SOLIDAIRE

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Depuis 20 ans elle agit au Cambodge pour sortir les enfants de l'extrême misère et les mener jusqu'à un métier. Reconnue par les autorités cambodgiennes, l'Association intervient dans le respect du pays, en collaboration avec les cambodgiens. Elle est lauréate du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.

La famille Biessy et l'équipe du Festival soutiennent son action depuis de nombreuses années. Si le Festival ne sert pas à lever des fonds pour l'association PSE c'est néanmoins pour moi une occasion idéale de signaler son action et de vous inviter, si vous souhaitez participer à cette aventure, à faire un don en cliquant ICI


samedi 12 mai 2018

CAPRICE(S) - 27e Festival de Maisons-Laffitte

MUSSET's MEDLEY


"Naples, été 2017, un bar dans une rue près d'une église. Perdican et Camille s'aiment mais elle refuse de s'engager avec lui. Il séduit Rosette pour la rendre jalouse. Octave plaide auprès de Marianne, sa cousine par alliance, la cause de Coelio, éperdument amoureux d'elle bien qu'elle soit l'épouse de Claudio, un grand magistrat de la ville. Henri néglige Mathilde qui lui confectionne un cadeau pour le séduire à nouveau. Comment faire des choix et assumer ses responsabilités quand la relation est pervertie ? De jeunes adultes s'enlacent et se déchirent pour nous laisser découvrir l'ambivalence des sentiments, la difficulté d'être avec l'autre" (extrait du dossier de presse)

MODERNISER OR NOT MODERNISER ?

Pour sa mise en scène Marie Burel a pioché dans trois pièces d'Alfred de Musset : "On ne badine pas avec l'amour", "Les caprices de Marianne" et "Un caprice". Elle justifie ses choix par son "engouement pour l'oeuvre d'Alfred de Musset" et adopte le parti pris d'une mise en scène qui se veut moderne.

Cette création dans le cadre des projets de l'école de théâtre amateur "In family school" pose la question de la difficulté de donner un contexte de modernisation des textes classiques. Un pari toujours risqué et difficile à relever. Car qu'est-ce que "'moderniser" un texte ? Suffit-il de transposer l'action dans une autre époque ? un autre lieu ? De mettre un décor et des costumes correspondant à cette époque différente ? Faut-il / Peut-on modifier le texte ?

Autant le dire clairement, je n'ai pas été convaincue par les partis pris de mise en scène de ce spectacle. Ainsi les choix de chansons qui pour moi constituent un contresens total par rapport au texte d'Alfred de Musset, pour ne citer qu'un exemple. Je n'ai pas non plus été convaincue par la nécessité de juxtaposer ces extraits de trois textes qui à aucun moment ne se rencontrent. Enfin je n'ai pas été convaincue non plus par le dispositif scénique qui comporte des chaises sur les côtés sur lesquels les comédiens passifs passent de longs moments d'attente sans que cela n'apporte rien au spectacle, ou par la présence de portants pour des changements de costumes à vue (pour les hommes uniquement, les comédiennes se changeant dans les coulisses) sans justification dans la dramaturgie.

Si ce spectacle n'a pas su me séduire la faute n'en revient pas aux jeunes comédiens qui font de leur mieux avec énergie et engagement. Ainsi Cedric Obstoy relève-t-il haut la main le défi du grand monologue de Perdican face à Louise Battini qui sur cette même scène campe une solide et déterminée Camille.

En bref : le parti pris de la modernisation des textes classiques est un défi difficile à relever. Cette création regroupant trois textes d'Alfred de Musset peine à relever ce défi, malgré de jeunes comédiens volontaires et dynamiques.

Caprice(s), d'après Alfred de Musset, mise en scène Marie Burel, avec Louise Battini (Camille, Mme de Blainville), Manon Dussap (Mathilde de Chavigny), Laetitia Franchitti (Rosette / Ernestine de Léry) Edouard Licoys (Octave / Henri de Chavigny), Cédric Obstoy (Perdican / Claudio), Mélanie Thiriet (Marianne)

LA COMPAGNIE
La Compagnie "Comme c'est bizarre" existe depuis plus de 10 ans. De l'absurde au contemporain, en passant par du classique, elle marche aux coups de cœur. Création de son école de théâtre INFAMILYSCHOOL avec des élèves qui, au-delà des cours, font des représentations sur des scènes parisiennes toute l'année et dans le festival Off d'Avignon.



C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Festival de Maisons-Laffite
Salle Malesherbes
Vendredi 11 mai 2018 - 21h

POUR UN THÉÂTRE SOLIDAIRE

On ne peut pas parler du Festival de Théâtre de Maisons-Laffite sans parler de PSE - Pour un sourire d'enfant. Association d'intérêt général, reconnue de bienfaisance, apolitique et non confessionnelle, PSE défend les Droits des Enfants.

Depuis 20 ans elle agit au Cambodge pour sortir les enfants de l'extrême misère et les mener jusqu'à un métier. Reconnue par les autorités cambodgiennes, l'Association intervient dans le respect du pays, en collaboration avec les cambodgiens. Elle est lauréate du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.


La famille Biessy et l'équipe du Festival soutiennent son action depuis de nombreuses années. Si le Festival ne sert pas à lever des fonds pour l'association PSE c'est néanmoins pour moi une occasion idéale de signaler son action et de vous inviter, si vous souhaitez participer à cette aventure, à faire un don en cliquant ICI




LA PETITE SECONDE D'ETERNITE - 27e Festival Maisons-Laffitte

RE-DÉCOUVRIR PRÉVERT



"L'histoire est celle de Marie, une femme que l'on pourrait croiser rue de Seine ou ailleurs, et qui, devant nous, découvre ce qui la construit, ce qui la déchire, ce qui la sauve. C'est l'histoire d'une vie, comme tant d'autres, rêvée et bousculée, l'histoire d'une femme qui se dessine grâce aux seuls mots de Prévert. Des mots que l'on connaît tous un peu, déjà, des mots qui se raccrochent au monde actuel et à nos vies". (extrait du dossier de presse)

Seule en scène Marie (Marie Emilie Michel) s'approprie des textes de Jacques Prévert, sélectionnés soigneusement dans "Paroles", "Histoires" et "Spectacles" pour construire une histoire. Dans son appartement une jeune femme qui s'apprête à déménager range ses biens et ses souvenirs. A l'aide d'une caméra / appareil photo elle fait défiler bons et moins bons moments.


Nous avons tous en mémoire les poèmes enfantins et légers de Jacques Prévert. On se remémore son style plutôt joyeux, assez iconoclaste. On a en tête ses textes sur les bonheurs simples de la vie, sur l'amour mais aussi sur la révolte. On se souvient qu'il a été l'un des scénaristes les plus importants du cinéma français. Certains poèmes nous reviennent aux lèvres lorsque Marie les dits. Et on se surprend à (re)découvrir une autre face du poète, plus profonde, plus grave, tant on a oublié qu'il était un artiste engagé. Le spectacle nous le rappelle ou nous l'apprend dès le premier texte, "La lessive", où un salarié modèle de la classe moyenne va tranquillement vaquer à ses occupations après avoir torturé à mort sa fille enceinte d'un inconnu.

La mise en scène fait un usage modéré de la vidéo. Tantôt un film tourné volontairement avec une esthétique imparfaite accompagne un texte, tantôt la comédienne se filme avec projection en direct sur un mu- écran, renforçant l'intimité et la transmission des émotions que ressent son personnage. Il règne sur l'ensemble du spectacle un sentiment nostalgique, parfois lourd, loin des mes souvenirs de poésie légère, de textes ou l'humour était capital, quitte à être parfois noir, et c'est peut-être ce qui m'a manqué pour être tout-à-fait séduite.


Le jardin

Des milliers et des milliers d'années
Ne sauraient suffire
Pour dire
La petite seconde d'éternité
Où tu m'as embrassé
Où je t'ai embrassée
Un matin dans la lumière de l'hiver
Au parc Montsouris à Paris
A Paris
Sur la terre
La terre qui est un astre

Jacques Prévert

En bref : un spectacle qui jette un regard grave et sombre sur l'oeuvre de Jacques Prévert et qui donne envie de se replonger dans ses poèmes et autres écrits.

La petite seconde d'éternité, d'après Jacques Prévert, adaptation Nathalie Matti, Irène Barriquault, Marie-Emilie Michel, mise en scène Nathalie Matti,  avec Marie-Emilie Michel. 


LA COMPAGNIE

Le collectif Lilalune etc. s'intéresse particulièrement aux questions de l'identité à travers des textes qui mettent en jeu le féminin, tels que l'Inattendu de Fabrice Melquiot, Autoportraits ou monologues iraniens, pièce pour 8 comédiennes sur la vie, les désirs, les colères et les secrets des femmes en Iran. La Petite seconde d'éternité est jouée depuis 2012 par Marie-Emilie Michel

Retrouvez toute l'actualité du collectif sur sa page Facebook en cliquant ICI



C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Festival de Maisons-Laffite
Vieille Eglise
Vendredi 11 mai 2018 - 17h30

POUR UN THÉÂTRE SOLIDAIRE

On ne peut pas parler du Festival de Théâtre de Maisons-Laffite sans parler de PSE - Pour un sourire d'enfant. Association d'intérêt général, reconnue de bienfaisance, apolitique et non confessionnelle, PSE défend les Droits des Enfants.

Depuis 20 ans elle agit au Cambodge pour sortir les enfants de l'extrême misère et les mener jusqu'à un métier. Reconnue par les autorités cambodgiennes, l'Association intervient dans le respect du pays, en collaboration avec les cambodgiens. Elle est lauréate du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.


La famille Biessy et l'équipe du Festival soutiennent son action depuis de nombreuses années. Si le Festival ne sert pas à lever des fonds pour l'association PSE c'est néanmoins pour moi une occasion idéale de signaler son action et de vous inviter, si vous souhaitez participer à cette aventure, à faire un don en cliquant ICI


METRO, HUIS CLOS, DODO - 27e Festival de Maisons-Laffite

VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER DU RER



"Des visages anonymes : un couple (Yves et Sarah) qui peine à trouver son équilibre, une mère et sa fille (Marie) en dissonance à cause d'un père absent...Des inconnus qui rejoignent la ligne ayant pour terminus Denfert-Rochereau et se confondent avec des personnages étranges qui occupent le quai. Très vite l'environnement devient abscons et la RATP se révèle être un ordre secret vivant depuis des temps immémoriaux". (extrait du dossier de presse)

FANTASMAGORIE SOUTERRAINE

Quand commence "Métro, Huis-clos, Dodo", on pense avoir affaire à une comédie satirique des transports en commun. Dans le contexte des grèves SNCF du printemps 2018 cela prend une certaine saveur. Les annonces des agents de la RATP sont tout d'abord classiques et virent rapidement au loufoque : imaginez que l'on vous mette en garde avec un ton décalé contre le risque de viol ! Encore un message qui fait écho avec l'actualité entre le mouvement #Metoo et le harcèlement de rue.

Deux groupes entrent en scène : un couple et un duo mère/fille tout aussi en crise l'un que l'autre. Survient un personnage énigmatique. Est-il un contrôleur ? un aiguilleur ? un conducteur ? Très vite on bascule dans une satire qui emprunte à la culture jeune avec ses références aux jeux vidéo et à Star Wars. La pièce bascule. Les 4 passagers en perdition se retrouvent à errer dans les souterrains du métro, égarés dans un monde ou règnent un maître et ses disciples. Une secte dont on ne perçoit pas vraiment les motivations.

Entre jeux de mots et plaisanteries potaches ou premier degré, combat de Jedi et psychologie de comptoir ("je ne pense pas me tromper je suis abonné à Psychologie Magazine"), on navigue dans une fantasmagorie aux contours flous.

La compagnie Faits d'Art Scéniques aurait tout aussi bien pu s'appeler "fêtards scéniques". "Métro, huis clos, dodo" est né il y a 4, du désir de théâtre de copains qui se sont connus au cours de leurs études en école de commerce. Et c'est effectivement à un spectacle de fin d'études dans lesquels une bande de copains prend plaisir à jouer un projet personnel. Je suis pour ma part restée en dehors de ce texte qui démarrait plutôt bien mais qui à mon sens manque de maturité et n'exploite pas suffisamment sa référence à Jean-Paul Sartre. Si l'enfer c'est les autres, l'utilisation des souterrains du métro pour explorer le subconscient n'est pas exploité et je n'ai pas réussi à monter à bord de ce métro d'enfer ou le maître est l'aiguilleur, le guide qui va aider les passagers à accoucher de leurs craintes et de leurs rancœurs. Dommage car il y avait du potentiel.

En bref : un projet très personnel d'un groupe de copains d'école, qui part d'une situation du quotidien pour se transformer en fantasmagorie floue.

LA COMPAGNIE
Faits d'Art Scénique est un collectif d'auteur(e)s, de metteur(e)s en scène, de comédien(ne)s qui défendent des projets artistiques variés. "Métro, huis clos, dodo vit sa 4ème saison en 2017/2018. Les autres projets sont "Populonicratie", créée et jouée en 2016 et reprise en 2018 et "Théocapitaucratie", une création de l'année 2018.

Retrouvez toute l'actualité de la compagnie sur leur site internet en cliquant ICI

Métro, huis clos, dodo, écrit et mis en scène par Arnaud Patron, avec (nom des comédiens non communiqués - le spectacle tourne avec une dizaine de comédien.nes)


C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Salle Malesherbes
Vendredi 11 mai 2018 - 14h30

POUR UN THÉÂTRE SOLIDAIRE

On ne peut pas parler du Festival de Théâtre de Maisons-Laffite sans parler de PSE - Pour un sourire d'enfant. Association d'intérêt général, reconnue de bienfaisance, apolitique et non confessionnelle, PSE défend les Droits des Enfants.

Depuis 20 ans elle agit au Cambodge pour sortir les enfants de l'extrême misère et les mener jusqu'à un métier. Reconnue par les autorités cambodgiennes, l'Association intervient dans le respect du pays, en collaboration avec les cambodgiens. Elle est lauréate du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.


La famille Biessy et l'équipe du Festival soutiennent son action depuis de nombreuses années. Si le Festival ne sert pas à lever des fonds pour l'association PSE c'est néanmoins pour moi une occasion idéale de signaler son action et de vous inviter, si vous souhaitez participer à cette aventure, à faire un don en cliquant ICI