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mercredi 1 novembre 2017

AU BUT

FABULEUSE DOMINIQUE VALADIE
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Une mère et sa fille. Elles viennent d'assister à une pièce de théâtre d'un jeune auteur auquel est promis un beau futur (Thomas Bernhard lui-même ?). La fille a aimé, la mère aussi et se surprend à inviter le jeune homme à partager leur retraite balnéaire, pour aussitôt regretter cet élan de générosité. Car cela ne lui ressemble pas. Ou peut-être que si. Car la mère n'est finalement que contradictions. Elle rumine son mariage avec un mari défunt qui ne présentait semble-t-il pour seul intérêt que de posséder une fonderie, ce qui faisait de lui un notable. Mais pour le reste cette bourgeoise aigrie qui passe son temps à ruminer sa rancœur contre la vie, ne semble avoir de plaisir que dans le fait de martyriser sa fille.

C'est un quasi-monologue qu'écrit Thomas Bernhard. En tailleur de laine couleur caramel et chemisier lavallière, Dominique Valadié incarne admirablement cette femme insatisfaite, tyrannique, qui a fait de sa dévouée fille son souffre-douleur. La première partie est un huis clos fusionnel entre les deux femmes, animé par la longue logorrhée de cette mère devenue monstre, tentant depuis toujours de détruire cette seule enfant qui lui reste, la vie lui ayant "heureusement" enlevé très tôt un garçon malade, se plaignant à longueur de temps de la vacuité de la vie et de l'absurdité de la condition humaine.

Et malgré tous ses efforts pour être désagréable on ne peut détester cette femme dont on sent dans le discours parfois contradictoire toutes les blessures non guéries, les douleurs toujours vives, les désillusions à fleur de peau. Elle qui croyait avoir vaincu son destin de fille illégitime en épousant un bourgeois n'a même pas pu s'accomplir dans la maternité, entre ce fils anormal et cette fille laide. Car au fond dans cette entreprise de destruction du seul entourage qui lui reste n'est-ce pas elle-même qu'elle veut diminuer. Sa fille si maltraitée semble néanmoins imperméable à ce sadisme permanent. 

Discrète mais omniprésente la fille, Léna Bréban, fait face avec douceur et dignité. Dans la courte seconde partie l'auteur (Yannick Morzelle), apporte la caution théâtrale, incarnant le proverbe que le mari semble-t-il répétait à tout-va "tout est bien qui finit bien".

En bref : Dans ce magnifique décor de bois, dans un style Art déco, Dominique Valadié transcende un texte qui sans sa prestation magistrale pourrait être très aride voire assommant.

Au but, de Thomas Bernhard, mise en scène Christophe Perton, avec Dominique Valadié, Léna Bréban, Yannick Morzelle, Manuela Beltran

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
75 Boulevard du Montparnasse 75006 Paris
Du 9 septembre au 5 novembre 2017
Du mardi au samedi 21h Dimanche 15h

jeudi 12 octobre 2017

LES DEUX FRERES ET LES LIONS

UNE HISTOIRE DU CAPITALISME
***** 



Quand deux frères jumeaux écossais sortent de la misère pour construire l'un des plus grands empires économiques privés de Grande-Bretagne, ça déménage sur leur chemin. Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre nous raconte avec brio ce parcours étonnant. Une des réussites de la saison, et encore un succès pour le Poche Montparnasse.

IL ÉTAIT UNE FOIS DEUX FRÈRES JUMEAUX

Ce pourrait presque être un conte de fées. Ils étaient deux frères jumeaux. Émigrés écossais vivant dans un milieu pauvre ils vont construire leur fortune sur une vengeance. Ne supportant pas d'être rejetés par les patrons du Daily Telegraph auxquels ils voulaient apporter leurs idées pour augmenter les ventes, ces hommes d'affaires autodidactes s'élèveront parmi les 50 plus grosses fortunes de Grande-Bretagne. Une réussite qui leur permettra également de mettre fin au dernier système féodal encore en vigueur en Europe. Mais pour en savoir plus il vous faudra vous rendre au Poche Montparnasse.

C'est pour répondre à une commande que Hedi Tillette de Clermont-Tonnerre a écrit les Deux frères et les lions. Le théâtre de Cherbourg souhaitait un texte sur les îles anglo-normandes. L'auteur et comédien se plonge dans l'histoire de ces îlots situés à quelques encablures des côtes françaises et découvre cette histoire vraie. Des deux frères on ne dira jamais le nom dans la pièce. D'une part parce qu'ils sont très secrets d'autre part pour éviter tout problème juridique. Le secret qui entoure les deux hommes d'affaires a permis à l'auteur de construire une oeuvre de fiction dans laquelle "tout est vrai et tout est faux". Une liberté de ton qui fait de ce spectacle un conte moderne sur le capitalisme.

UN RYTHME SOUTENU

Hedi Tillette de Clermont-Tonnerre et son compère Romain Berger (ou Lisa Pajon) jouent la convivialité. Accueillant les spectateurs avec du thé et des scones (pour la représentation de 17h30 le dimanche, c'est pile tea-time), jouant de connivence avec le public en partageant un verre de whisky ou en plaisantant, les jumeaux accentuent leur gémellité par un jeu d'acteur impeccable. Quand ils ne disent pas leur texte d'une voix unie c'est l'un qui termine les phrases de l'autre dans un effet de choralité. Rien ne peut les séparer.

Le récit de cette aventure socio-économique pour ne pas dire historique est mené avec rythme et énergie, s'accordant par moments une pause pour déguster le thé et laisser au spectateur le temps de souffler dans ce tourbillon. On est saisi par l'intelligence du texte, l'humour, la férocité qui se cachent derrière ces charmants octogénaires (notre drapeau est fait de lions, mais les lions je les mets dans une cage et je les vends à un cirque) la malice du jeu et de la mise en scène, le rythme effréné (une société doit être toujours en mouvement). Un régal.

La scénographie conjugue tradition avec une table basse et deux chaises très victoriennes, tandis que sur l'écran en fond de scène alternes projections de la tapisserie de la dame à la licorne avec des images liées à l'histoire et l'environnement des deux frères. Hedi Tillette de Clermont-Tonnerre clôt le spectacle par un échange convivial et instructif avec le public, apportant des éclaircissements sur son travail et sur le droit normand.

En bref : Une histoire du capitalisme autour du parcours incroyable de deux frères britanniques. Une écriture brillante et une interprétation que ne l'est pas moins. Une mise en scène dynamique. Ces deux frères et les lions sont un régal. Précipitez-vous au Poche-Montparnasse pour cette rencontre qui sort de l'ordinaire. Un régal

Les deux frères et les lions, de Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, avec l'auteur et Lisa Pajon ou Romain Berger, et la participation de Christian Nouaux

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
75 Boulevard du Montparnasse 75006 Paris
Du mardi au samedi 19h00 - Dimanche 17h30


Crédit photo @ Christophe Waksmann et Pascal Gely
Vu octobre 2017 - Poche Montparnasse Paris

dimanche 12 mars 2017

ABIGAIL'S PARTY

FIN DE PARTIE CHEZ BEVERLY
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UN SAMEDI SOIR DANS UNE BANLIEUE DE LONDRES

En ce samedi soir il y a de l'animation dans cette rue de la banlieue de Londres. Abigail organise une "Party" et Berveley reçoit ses nouveaux voisins. Peter n'est pas aussi enthousiaste que son épouse et Suzanne, la mère d'Abigail, fait bonne figure. Quand à Tony et Angela, le jeune couple objet des attentions de Beverley, ils ont à cœur de s'intégrer dans leur nouvelle communauté.

Nous sommes dans l'Angleterre des années 1970. La crise du pétrole n'a pas encore sévi. La classe moyenne est en pleine expansion. Elle gagne de l'argent, accède à un confort bourgeois. L'ère du paraître est là. Beverley n'a de cesse de vanter la situation professionnelle de son mari. Angela et Tony sont prêts à faire semblant de ne pas voir les impolitesses de leur hôte pour être acceptés dans cette classe supérieure. Quant à Suzanne et Peter, on ne saurait lequel est le plus gêné par la consommation excessive d'alcool de la maîtresse de maison.

Si on entend la musique de la party donnée par Abigail il n'est pas certain que ce soit chez les ados que le risque de dérapage soit le plus fort. Sous les verres d'alcool avalés en accéléré le vernis des conventions et de la bienséance ne va pas tarder à craqueler. L'entente entre Beverley et Peter n'est pas au zénith. 3 ans de mariage et l'enlisement dans l'ennui est là de même que les frustrations et insatisfactions grandissantes. Il n'est pas très loin non plus chez le jeune couple Tony / Angela. Les inhibitions tombent chez les deux jeunes femmes. Les questions se font intimes, dérangeantes. Les maris sont mal à l'aise. Suzanne aussi.

RÉALISME DE L'AMBIANCE

Thierry HARCOURT a choisi une mise en scène réaliste. Le décor nous plonge dans l'ambiance des années 1970 : un intérieur bourgeois au mobilier bien marqué. Les costumes et les coiffures sont particulièrement soignés. L'atmosphère est un peu étrange. On sent rapidement qu'il va y avoir des éclats. On ne peut s'empêcher de penser à "Qui à peur de Virginia Wolf". Mais l'intensité n'est pas au rendez-vous, laissant le spectateur sur sa faim.

Lara SUYEUX pourrait donner à Beverly une personnalité complexe. Elle est à peine ébauchée sur une scène furtive qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Son jeu excessif peine à nous mettre en empathie avec ses désenchantements. Cet excès qui a du mal à séduire chez l'une est à l'opposé tout à fait juste chez Alexis RIBES, provocante Angela à la plastique impeccable, faussement nunuche pour mieux séduire ses nouveaux voisins. Les maris Cédric CARLIER et Dimitri RATAUD sont crédibles en conjoints tentant de limiter les dégâts. Quant à Séverine VINCENT elle excelle à contenir son agacement derrière des sourires complaisants.

En bref : Malgré l'application des comédiens on peine à suivre cette soirée qui ne semble mener nulle part. La fête se termine et nous n'avons pas assisté à l'explosion attendue. Dommage.

Abigail's Party, de Mike Leigh, adaptation de Gérald Sibleyras, mise en scène de Thierry Harcourt, avec Cédric Carlier, Dimitri Rataud, Alexis Ribes, Lara Suyeux, Séverine Vincent

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
74 Boulevard du Montparnasse 75006 Paris
Du mardi au samedi 21h - Dimanche 15h


Crédit photo @Fabien Dumas

mercredi 8 mars 2017

POUR UN OUI OU POUR UN NON

DEUX HOMMES. TROIS MOTS. 
UNE JOUTE VERBALE DE HAUTE VOLTIGE.
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IL ÉTAIT UNE FOIS TROIS PETITS MOTS

Deux hommes, amis de longue date. Trois syllabes prononcées par l'un d'eux. Une amitié d'enfance remise en question, à la limite de la rupture, pour une intonation, une interprétation, une sensibilité. Une explication est nécessaire. Pourquoi a-t-il employé CETTE expression ? Pourquoi l'avoir dite sur CE ton ?

De ce "c'est bien....ça" prononcé par l'un c'est toute la colonne vertébrale de leur relation qui est remise en cause, menaçant de s'effriter. Cette amitié a-t-elle jamais existé ? N'était-elle qu'un leurre ? Quelle était la part de la sincérité et celle de l'hypocrisie tout au long de ces années ?

De ces trois petits mots c'est la relation de l'un à l'autre, des uns aux autres, un des piliers de la société qui semble remis en question.

Au travers ces trois mots l'auteur Nathalie SARRAUTE nous rappelle à son goût pour la précision, son exigence pour la langue française. Car c'est le but de ce texte ciselé, précis, fin : nous interpeller sur les mots qui nous semblent anodins, que nous prononçons à la légère, sans vraiment y penser. Et si on décidait de s'y arrêter ? S'il fallait faire une mise au point sur ce que deux amis se disent vraiment ? De l'ergotage stérile seriez-vous tenté de penser ! 

C'est là que se trouve toute la force du texte de Nathalie SARRAUTE : au travers d'une explication mouvementée entre ces deux hommes qui se sont si longtemps côtoyés, c'est une volonté de l'auteure de donner un sens à des propos, des échanges, des mots affadis soit par un usage trop fréquent, soit par une forme de détachement. Une minutieuse analyse de la langue et des comportements.

FACE A FACE INTENSE

Léonie SIMAGA, à peine sortie de la Comédie Française dont elle était sociétaire, met en scène avec sobriété le texte de Nathalie Sarraute. Dans un décor minimaliste un banc évoque un intérieur d'une extrême simplicité. C'est le texte qui prime, la sobriété des lieux, la blancheur des lumières, mettent en avant l'intensité dramatique de cette situation, qui par ailleurs pourrait sembler si banale et si désuète.

C'est à Nicolas BRIANCON et à Nicolas VAUDE qu'elle a confié la tâche de donner vie à cette confrontation. Tandis que Nicolas BRIANCON est plutôt calme, serein, sûr de lui, et sûr de n'avoir jamais fait quoi que ce soit qui vise à moquer son ami, ni à le dénigrer, Nicolas VAUDE est tendu, fébrile, parfois un peu extatique. Dans ce quasi huis-clos perturbé par deux apparitions des voisins, les rôles s'inversent parfois dans un rapport dominant-dominé. On frôle parfois l'absurde dans ces logiques par toujours rationnelles.

Les deux comédiens dont le talent n'est plus à prouver sont fascinant par la puissance de leur interprétation. Ils servent avec précision un texte exigeant, faisant ressentir chaque nuance, chaque ponctuation, chaque code de langage susceptible de modifier les suites d'une action ou d'une situation selon la perception que l'un ou l'autre aura de ce qui est dit. Jusqu'à la question sous-jacente : quelle image renvoyons-nous à l'autre ?

En bref : Nicolas BRIANCON et Nicolas VAUDE, deux comédiens magistraux qui rendent hommage au très beau texte de Nathalie SARRAUTE par une remarquable interprétation, sous la direction fine et précise de Léonie SIMAGA. Un bel échange à ne pas manquer.

POUR UN OUI OU POUR UN NON, de Nathalie Sarraute, mis en scène par Léonie Simaga, avec Nicolas Briançon, Nicolas Vaude, Roxana Carrara.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Poche Montparnasse
75 Boulevard du Montparnasse 75006 Paris
Jusqu'au 19 mars 2017
Du mardi au samedi 19h - dimanche 17h30

vendredi 9 décembre 2016

1er PRIX FONDATION JACQUES TOJA POUR LE THÉÂTRE

RENCONTRE LUNDI 5 JANVIER 2016
POCHE MONTPARNASSE




Jacques TOJA était un homme de théâtre. Acteur il fut pensionnaire, sociétaire puis administrateur général de la Comédie Française. Le grand public a surtout retenu son interprétation de Louis XIV dans la série des Angéliques même s'il joua 130 rôles du répertoire dans la maison de Molière. Pendant ses années en temps qu'administrateur il introduire dans le répertoire des auteurs contemporains. Il aimait à dire "l'idée directrice est d'avoir une troupe rompue à tous les styles et capable de jouer Molière mais aussi Ionesco, Racine mais également Beckett". (source : Wikipédia).

C'est en 1983 qu'il créa une fondation dédiée uniquement à l'art dramatique, laquelle fut renommée Fondation Jacques-Toja pour le théâtre après son décès en 1996. Reconnue d'utilité publique depuis 1991, elle a pour but de perpétuer l'esprit de son fondateur en faisant redécouvrir le répertoire et en enrichissant de textes contemporains pour le diffuser auprès du public présent et futur, comme on peut le lire dans  les statuts de la fondation. Au travers de cette structure il souhaitait fédérer entreprises et particulier autour de la création.

3 PROJETS POUR 2017

C'est dans cet esprit qu'aujourd'hui est créé, à l'occasion des 20 ans de la disparition de Jacques Toja, le 1er prix fondation Jacques Toja pour le théâtre. Grâce à une campagne de mécénat participatif l'objectif est de partager avec le public l'aventure de la création, en le plaçant dans le rôle du producteur de spectacle : découvrir un texte, imaginer sa distribution, écouter le metteur en scène expliquer ses intentions. A la suite d'un appel à projet 3 spectacles qui seront à l'affiche à la rentrée de janvier 2017 ont été sélectionnés :

- Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois, mis en scène par Didier Bezace, avec Pierre Arditi, Charles-Roger Bour, Sylvie Debrun, Thierry Gibbault. La première aura lieu au Théâtre de l'Atelier le 21 février 2017. Un homme, seul survivant d'un accident d’ascenseur, est complètement transformé par ce drame. Détaché de la société matérialiste qui voue un culte à l'hyper-performance, il accepte un job de promeneur de chien, refuse d'attaquer l'ascensoriste, déroute son entourage par son comportement. Il devient "le cas Sneijder"

- Piège mortel d'Ira Levin, mis en scène par Eric Metayer, avec Nicolas Briançon, Cyril Garnier, Marie Vincent, Virginie Lemoine et Damien Gajda. La première aura lieu au Théâtre La Bruyère le 19 janvier 2017.  L'histoire de Sidney Brown, auteur de pièce policière confronté au syndrome de la page blanche. Quand il reçoit le texte d'un jeune auteur il y voit la source du succès dont il a tant besoin. Jusqu'où sera-t-il prêt à aller pour renouer avec la popularité ?

- Abigail's Party de Mike Leigh, mis en scène par Thierry Harcourt, avec Cédric Carlier, Dimitri Rataud, Alexie Rives, Lara Suyeux et Séverine Vincent. Première au Théâtre de Poche Montparnasse le 31 janvier 2017. Londres 1970. Abigail et son mari reçoivent leurs nouveaux voisins Angela et Tony. Fuyant la "party" organisée par sa fille Abigail, Susan, une voisine, se joint à la soirée. Tout est en place pour que cet apéritif improvisé soit le lieux d'expression de situations inattendues qui pourraient tout faire basculer.

        

POURQUOI FAIRE UN DON ?

Faire un don via la plateforme Comeon vous permettre de devenir membre du jury du 1er Prix Fondation Jacques Toja pour le théâtre.

Vous pourrez découvrir
- le texte des trois projets nominés
- voir des vidéos des comédiens présentant leur personnage
- entendre la vision du metteur en scène

Les membres de la fondation ne pouvaient imaginer ce prix sans la participation du public. Ce prix sera attribué par des donateurs passionnés qui pourront entrer dans l'acte de création d'un spectacle, le voir de l'intérieur

Le projet gagnant se verra attribué une aide financière de 20.000 €, dont 10.000€ donnés par la fondation et 10.000€ collecté auprès des donateurs via le crowdfunding. A noté que la fondation étant reconnue d'utilité publique les dons sont déductibles des impôts sur le revenu à hauteur de 66% du montant du don.

Les modalités du vote seront communiquées ultérieurement.

Alors pourquoi ne pas participer à cet élan créatif ?

Tous les détails sur la plateforme Comméon en cliquant ICI

Bons spectacles

Pour que vive le spectacle vivant, allez au théâtre

vendredi 7 octobre 2016

AMOK

CHARISMATIQUE ALEXIS MONCORGE
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Pour la deuxième saison consécutive et après deux années de succès dans le Festival Off à Avignon, Alexis MONCORGE revient au Poche Montparnasse avec AMOK, son adaptation du texte de ZWEIG qui lui a permis de recueillir la reconnaissance de ses pairs avec un Molière 2916 de la Révélation Masculine. Un personnage qui l'habite fiévreusement et passionnément dans une prestation remarquable.

FIÈVRE TROPICALE

Nous sommes en mars 1912, sur le pont d'un navire qui file vers l'Europe. Sur le pont, à l'écart des autres passagers et de l'équipage, un homme se laisse aller à se confier à faveur de la nuit sur les raisons de son voyage. Jeune médecin Il menait une carrière paisible en Malaisie jusqu'à ce que sa route croise celle de cette belle dame blanche européenne venue solliciter son aide. La passion va dès lors l'enflammer, se confondant avec la folie. Une obsession et une fièvre qui ressemble à l'Amok, cette crise meurtrière dont sont pris soudainement les opiomanes malais.

COUP DE FOUDRE

Alexis MONCORGE n'a pas trente ans et a déjà rencontré ce que certains comédiens attendent toute une vie : le texte qui a bouleversé sa carrière. A la première lecture il confie avoir eu un coup de foudre pour cette histoire dans laquelle on retrouve beaucoup des thèmes de prédilection de l'auteur Stefan ZWEIG : un jeune homme au destin tragique, l'exil, une femme adultère car mal aimée, une atmosphère fiévreuse et mystique, un secret inavouable qui empoissonne l'âme, un dénouement fatal.

Dans un décor sobre fait de quelques boites, d'un tabouret, d'un filet, le jeune comédien attrape le spectateur en quelques secondes, le transformant en confident de cette sombre histoire. Entre brume et lumière lunaire nous assistons impuissants à sa descente en enfer. Que faut-il croire de ce récit ? Quelle partialité peut-on attendre de cet esprit possédé ? Il nous livre sa version de son combat contre une force implacable, démoniaque. A-t-il vraiment recouvré la raison ? Sera-t-il libéré après avoir livré son lourd secret ?

LA PUISSANCE DE L'IMAGINAIRE

Le décor de Caroline MEXME, les lumières de Denis KORANSKI et la composition musicale de Thomas CORDE nous plongent dans cette atmosphère pleine de mystère, chargée de tout notre imaginaire d'une fin de siècle colonial en Asie, renforcée par l'ambiance de cette hune baignant dans la clarté de la poussière d'étoile. Une atmosphère que n'aurait pas reniée Edgar Allan POE.

Alexis MONCORGE est habité par ce rôle, maîtrisant les paradoxes et les tourments du jeune médecin. Par la force des mots et de son interprétation les personnes qui ont participé à cette histoire surgissent devant nous, dans un environnement sorti de notre imaginaire et qui pourtant semble se dessiner sous nos yeux : les villages de montagne, les maisons coloniales, la forêt touffue, la vie de la bourgeoisie de la capitale coloniale, les boys, et cette belle femme blanche qui l'a ensorcelé. La mise en scène de Caroline DARNAY  orchestre une gestuelle précise comme une chorégraphie, grâce au travail de Nicolas VAUCHER. Le regard fiévreux, le corps reflétant les errances et dérives de l'esprit, la prestation est saisissante.

"Je considère notre métier comme de l'artisanat et il y a une magnifique équipe autre de moi. La récompense est aussi pour eux". 
Alexis Moncorgé

Adaptation : Alexis Moncorgé
Mise en scène : Caroline Darnay
Avec : Alexis Moncorgé
Scénographie : Caroline Mexme
Lumières : Denis Koransky
Création sonore : Thomas Corde
Chorégraphie : Nicolas Vaucher
Avec les voix de Benjamin Nissen et Laurent Feuillebois

En bref : Un Molière largement mérité pour Alexis MONCORGE dont la puissance de jeu nous transporte dans l'imaginaire d'un homme obsédé par une passion dévastatrice. Un comédien au charisme extraordinaire qui sublime le texte de Stefan SWEIG.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
75 boulevard du Montparnasse 75006 Paris
Du mardi au samedi à 19h - Dimanche 17h30


dimanche 18 septembre 2016

LA VERSION BROWNING

TOMBENT LES MASQUES, TOMBENT LES HOMMES
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La fin des années 1940 dans un collège britannique. Dans l'atmosphère surannée d'un appartement confortable un professeur mal-aimé et sur le départ fait face aux trahisons multiples de son entourage. Jean-Pierre BOUVIER livre une prestation remarquable, entouré d'une belle distribution et dans une mise en scène qui laisse éclater les passions.

TOMBENT LES MASQUES

En cette fin des années 1940 au Royaume-Uni, le professeur Croker-Harris a convoqué l'élève Taplow pour une leçon de rattrapage de version grecque qui sera déterminante pour son passage en classe supérieure. Au cours de cette heure c'est une tragédie digne des auteurs grecs qui va se dérouler sous les yeux de l'élève.

Croquignole, comme l'ont surnommé les élèves, n'est guère apprécié. Il incarne toute la rigueur de l'institution. Si Taplow se montre espiègle lorsqu'il singe son professeur devant le professeur Hunter, il fait moins le fier face au redouté enseignant. Malade, Croker-Harris s’apprête à quitter ce poste qu'il occupe depuis de nombreuses années. On comprend vite que derrière l'amertume se cache une blessure profonde qui n'est pas seulement celle due au désenchantement vis-à-vis de son rôle d'enseignant ou sa déception de quitter cette école.
Tout au long de cette fin de journée défilent proches et inconnus qui chacun démolissent un peu plus ce professeur au cœur malade. Comme une lente mise à mort, consciente ou pas, de celui qui aurait pu être un grand professeur et qui voit se succéder et s'empiler les preuves de l'échec de sa vie.


JEAN-PIERRE BOUVIER MAGISTRAL

Jean-Pierre BOUVIER livre une prestation magistrale. Son professeur Crocker-Harris se bat contre cette chute qui semble chaque instant plus inéluctable. Le professeur redouté de tous ses élèves semble s'affaisser physiquement et moralement un peu plus à chaque coup que lui inflige son entourage. La silhouette se recroqueville, semble à la limite de la rupture. Les yeux souvent mi-clos c'est par la voix qu'il transmet toute la force intérieure du personnage, ses ruptures, sa souffrance, ses désillusions.

C'est toute l'hypocrisie de cette société britannique qui est mise à jour. Les masques craquent. Les jalousies et les rancœurs éclatent comme un soir d'orage libérant les tensions trop longtemps retenues. Pour son adaptation Patrice KERBRAT a gardé l'époque dans laquelle Terence RATTIGAN a voulu placer cette comédie humaine. Le dramaturge britannique y démonte les codes d'un univers qu'il a bien connu ayant lui-même étudié au Trinity College d'Oxford. Loin de figer le texte dans le temps ce parti pris permet de donner toute la dimension intemporelle et universelle des tourments et passions éprouvés par ses personnages.

Mme Crocker-Harris (Marie BUNEL) est un monstre de froideur à l'encontre de son mari. Leur couple s'est délité dans le temps, sombrant dans le mensonge, la trahison, le mépris mutuel qui est devenu le ciment de leur relation. Elle sombre dans une romance pathétique avec un professeur Hunter (excellent Benjamin BOYER) lui-même au comble de l'hypocrisie tant vis-à-vis de sa maîtresse que de son collègue et ami. Et on a du mal à croire que le jeune couple qui va leur succéder dans ce logement de fonction puisse connaître une relation plus heureuse. Le reste de la distribution est d'une grande justesse. Thomas SAGOLS est crédible en Taplow, élève à la fois moqueur et admiratif de ce professeur si sévère et si désabusé. Crocker-Harris reconnait-il en son élève l'adolescent qu'il fut lui-même ?

Le décor d'Edouard LAUG, la lumière de Laurent BEAL et les costumes de Caroline MARTEL sont en  parfaite harmonie pour créer un atmosphère sombre, intime voire renfermée, et parfois étouffante, comme les liens entre les membres de cette bourgeoisie mortifère. Néanmoins l'espoir finira par l'emporter.

En bref : Une adaptation très réussie de la pièce de Terence Rattigen. Une atmosphère tendue, sombre. Une dénonciation de l'hypocrisie de la bourgeoisie britannique et une illustration des passions, des espoirs et désillusions des hommes et des femmes, porté par la remarquable et émouvante interprétation de Jean-Pierre BOUVIER. Une des réussites de cette rentrée de l'automne 2016.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
75 Boulevard du Montparnasse 75006 PARIS
Du mardi au samdi 21h - dimanche 15h




Crédit photo @Pascal GELY

dimanche 4 septembre 2016

RENTRÉE THÉÂTRES PARISIENS 2016 - THÉÂTRE PRIVE

SÉLECTION PREMIERE PARTIE DE SAISON
THÉÂTRE PRIVE


Après une saison 2015/2016 et un été très mouvementés, il m’apparaît toujours plus important de rappeler que si la culture a un coût, elle n'est pas un luxe mais bien une nécessité. Alors que de nombreuses structures culturelles ferment ou voient leur budget restreint, la culture reste un vecteur de savoir et d'éveil des esprits. Le théâtre n'a pas vocation à apporter toutes les réponses ni à donner les solutions. S'il est un lieu de divertissement, il est aussi un lieu d'échange, de diffusion, de développement de la réflexion. Dans une société de consommation de masse qui veut du loisir et où certains médias n'apportent que médiocrité, le spectacle vivant reste pour moi l'arme par laquelle le loisir peut être un moment de plaisir, de partage, d'émotion et d'enrichissement. Et parce que le théâtre fait partie de ma culture, en cette fin d'été, la meilleure chose que je puisse faire en souvenir de ceux qui nous ont quittés trop tôt parce qu'ils fêtaient un anniversaire dans un restaurant, dessinaient des caricatures, allaient à un concert, rentraient chez eux après une journée au service des citoyens, vivaient pour la paix entre les communautés, s'émerveillaient d'un feu d'artifice, buvaient un verre en terrasse, allaient danser dans une boite de nuit, la meilleure chose que je puisse faire c'est de continuer à sortir et à aller au spectacle.

Cette saison 2016/2017 s'annonce encore une fois très riche. Quelle chance nous avons d'avoir une telle offre sur Paris et la Région Parisienne. Une profusion de spectacles qui oblige à faire des choix car il n'est pas possible de tout voir. Même si je n'aime pas faire de distinction entre "public" et "privé", l'article serait trop long si je traitais les deux en une seule fois. Alors voici dans un premier temps les spectacles qui retiennent plus particulièrement mon attention dans le théâtre privé (une sélection qui est donc partielle et non exhaustive).


DU COTE DU LUCERNAIRE

Comme chaque année ce lieu magique, qui est un de mes préférés, propose une programmation variée dans laquelle chacun trouve son bonheur. Ici les théâtrovores se feront plaisir avec la carte théâtre et ses privilèges (pour tout savoir cliquez ICI). La saison commence avec une CANTATRICE CHAUVE comme vous ne l'avez jamais vue. "Un régal" selon Télérama. Voila qui m'intrigue.


LA REINE DE BEAUTÉ DE LEENANE nous plonge dans un huis clos sur la lande irlandaise. Grégori BAQUET toujours aussi touchant, Catherine SALVIAT, de la Comédie Française, remarquable mère tyrannique. Un rendez-vous à ne pas manquer (Mon article en cliquant ICI). 

LES ÉLANS NE SONT PAS TOUJOURS DE ANIMAUX FACILES mais le trio de fous chantant qui revient avec ce spectacle musical va vous emporter dans un jam endiablé, un univers poétique et déjanté pour une soirée de réjouissante (mon article en cliquant ICI). 


LE VOYAGE EN URUGUAY de Clément HERVIEU-LEGER, de la Comédie Française, raconte la migration de 5 taureaux normands traversant l'Atlantique dans les années 1950. Voilà qui promet d'être épique. 

Au Lucernaire on aime bien dépoussiérer les classiques. A l'affiche LE JEU DE L'AMOUR ET DE L'HASARD mis en scène par Salomé VILLIERS qui séduit le public depuis plusieurs saisons et revient en force avec son ambiance pop-rock. 

Et pour une bonne dose de rire un autre voyage en absurdie avec BEN ECO RESPONSABLE. Un humour décapant pour un regard différent sur l'économie. J'avais beaucoup aimé son premier spectacle il y a déjà plusieurs années.

 Sans oublier la programmation jeune public.


DU COTE DU POCHE MONTPARNASSE

La qualité de la programme du Poche se confirme d'années en années, et les Molières s'accumulent et, comme d'habitude, j'aurai envie de (presque) tout voir. Armé de sa statuette de la révélation masculine Alexis MONCORGE reprend le spectacle qui lui a apporté cette reconnaissance de la profession. AMOK est le récit d'une rencontre, d'une course contre la mort, d'une passion, d'une folie, d'une obsession. 

Avec LA VERSION BROWNING nous allons plonger dans l'univers des publics schools britanniques. Depuis sa création la pièce a fait l'objet de nombreuses adaptation à l'écran. Gageons que l'écriture de Terence RATTIGAN n'a rien perdu de son mordant dans cette dissection de la bonne société anglaise.


Anne DELBEE interprète RACINE OU LA LEÇON DE PHÈDRE, qu'elle a également conçu et mis en scène. Une déclaration d'amour au dramaturge classique, chantre de la "liberté fondamentale de l'être humain à dire non, à faire des choix, à s'avancer pour témoigner de la dignité humaine".

En novembre Nicolas VAUDE et Nicolas BRIANCON s'emparent du texte de Nathalie SARRAUTE POUR UN OUI OU POUR UN NON. Une histoire de mots. Une histoire d'amis. L'histoire d'une parole prononcée un jour sur un certain ton. Je suis déjà impatiente d'entendre ces deux magnifiques comédiens.

Les Lundis du Public permettront notamment de retrouver Michael LONSDALE dans LETTRES A UN JEUNE POÈTE de Rainer-Maria RILKE, Maxime d'ABOVILLE et sa LEÇON D'HISTOIRE DE FRANCE, 

 

UNE PLUIE DE COMÉDIES MUSICALES



Si Paris est encore très loin de New York et de Londres dans ce domaine, plusieurs productions m'attirent grandement cette saison. Il y a tout d'abord OLIVER TWIST dont on peut suivre la création depuis plusieurs mois sur twitter. Mis en scène par Ladislas CHOLLAT c'est à la Salle Gaveau que sera donnée la première le 23/09, avec Nicolas MOTET dans le rôle titre. A voir la qualité de la bande annonce je suis impatiente de découvrir cette création.



Au Casino de Paris se jouera TIMEO. Entre comédie musicale et cirque ce spectacle créé par Alex GOUDE s'annonce innovant. Il raconte l'histoire d'un jeune garçon en fauteuil roulant qui rêve de devenir acrobate et montrer à tous qu'être différent c'est être normal. 



Début octobre c'est LE FANTOME DE L'OPERA qui s'empare de la scène de Mogador. L'oeuvre mythique de Gaston LEROUX a été jouée dans 25 pays, a reçu 70 prix et a séduit plus de 140 millions de spectateurs. Au public français d'être charmé par ce fantôme qui sera adapté en français


Et pour passer une soirée de détente quoi de mieux qu'une parodie de comédie musicale. Au Sentier des Halles retrouvez à partir du 20/09 un de mes coups de cœur du Off 2015 : GUTENBERG LE MUSICAL. Deux talentueux chanteurs / comédiens font tourner les casquettes pour interpréter une vingtaine de personnages qui racontent l'histoire, revue et corrigée, de l'inventeur de l'imprimerie. Une performance. Une histoire de dépassement de soi et de foi en ses rêves. (mon article en cliquant ICI).


Pour quelques dates seulement (du 30/09 au 15/10), ce sont les JERSEY BOYS qui seront au Théâtre des Folies Bergères. La comédie musicale phénomène à Broadway et à Londres nous propose un voyage dans la musique des années 1950 à 1970 sur les pas de Frankie Valli et les Four Season, les créateurs du rythme des chansons de Diana Ross et les Supreme, des Temptations de Gloria Gaynor et de tant d'autres.



Enfin vous n'oublierez plus jamais les paroles des tubes anglais après avoir écouté LES FRANGLAISES. Deuxième saison à Bobino pour la version n° 2 du spectacle de la bande des TISTICS. 12 filles et garçons qui pendant 2h nous montre l'autre versant des airs que nous avons tous chanté, mais cette fois-ci dans leur traduction littérale. Une énergie folle pour un spectacle des plus drôles. A partir du 14/09/16. (mon article de 2015 en cliquant ICI)


CRÉATIONS

DJIHAD a été créée fin 2014 en Belgique. Ismaël SAIDI y décrit l'odyssée tragi-comique de trois Bruxellois qui partent en Djihad. L'auteur a choisi le ton de la comédie pour faire rire des clichés de toutes les religions, en levant le silence sur les tabous de chacun. Il veut prendre le parti de faire tomber les murs entre les communautés et aspire entre rires et larmes à un meilleurs "vivre ensemble". Plus de 50.000 spectateurs en Belgique dont 27.000 lycéens. Un spectacle reconnu "d'utilité publique". Elle sera aux Feux de la Rampe à partir du 16/09. 


Au Théâtre de l'Atelier le couple Myriam BOYER / Jean BENGUIGUI donne vie pour la première fois sur les planches au couple imaginé par Georges SIMENON et interprété par Simone SIGNORET et Jean GABIN dans le film de Pierre GRANIER-DEFERRE en 1971 : LE CHAT. Une exploration des tréfonds de l'âme humaine aux travers de ce couple qui ne se parle plus mais qui ne peut vivre séparé. A partir du 6 septembre. 

Dans cette même salle la soirée commence avec L'EVEIL DU CHAMEAU, de Murielle MAGELLAN. Barbara SCHULTZ et Pascal ELBE dans l'histoire de deux mondes qui s'entrechoquent, deux êtres qui n'auraient jamais du se rencontrer et dont un événement inattendu va changer le cours de la vie. Une comédie qui s'annonce pétillante et émouvante.  




Au Théâtre des Bouffes Parisiens on découvrira à partir du 29/09 Niels ARESTRUP, Kad MERAD et Patrick BOSSO dans ACTING. Un metteur en scène condamné pour meurtre rencontre en prison un comptable qui rêve de devenir acteur et un tueur muet. Il tente un pari fou : transformer le piètre comédien amateur en plus grand acteur de tous les temps. Un trio et un pitch prometteurs.

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Après avoir interprété Anne d'Autriche et Marie de Médicis Béatrice AGENIN sera Louise de Savoie, mère de François Ier (interprété par Gaël Giraudeau). Au Théâtre La Bruyère dès le 02/09 elle sera LA LOUVE. L'occasion d'en apprendre plus sur cette femme ignorée de nos manuels d'histoire ainsi que sur les amours de jeunesse d'un des rois préférés des français. Une comédie malicieuse et bouillonnante où s'entremêlent les chausses trappes des allées du pouvoir et les intérêts personnels.



Une autre comédie à l'affiche du Théâtre Hébertot. Daniel RUSSO et Laurent GAMELON sont réunis dans MARIAGE ET CHÂTIMENT mis en scène par Jean-Luc MOREAU. Où comment un mensonge, THE mensonge, va détruire tout autour d'Edouard (D. Russo) : son mariage, celui de son meilleur ami, sa foi en l'humanité. Et bien sûr tout ce qu'il pourra tenter de faire pour améliorer les choses aura un effet contraire. Un duo qui s'annonce désopilant. A partir du 1er septembre. 


Autre création attendue avec impatience EDMOND au Théâtre du Palais Royal. Après les succès continus du PORTEUR D'HISTOIRE (toujours à l'affiche au Théâtre des Béliers Parisiens et en tournée - ma critique ICI) et du CERCLE DES ILLUSIONNISTES, Alexis MICHALIK. Cette fois nous serons à Paris en 1897. Edmond Rostand n'a pas encore 30 ans et s'apprête à écrire l'un des chefs d'oeuvre du répertoire français, le rôle auquel tout comédien rêve de se confronter : Cyrano de Bergerac. Impatiente de retrouver la pétillante Anna MIHALCEA, le séduisant Régis VALLEE et le reste de la troupe.

Au Théâtre de La Huchette, après le succès estival de La Poupée Sanglante (que l'on espère retrouver bientôt sur une autre scène) LE PERSONNAGE DÉSINCARNE s'installe en dernière partie de programmation. Arnaud DENIS met en scène un thriller théâtral : en pleine représentation un personnage se révolte contre son auteur. Il refuse le destin qui lui a été tracé. S'engage alors un rapport de force entre l'écrivain et sa créature. Intriguant ! C'est à partir du 27/09.

Alors que se profile l'élection présidentielle plusieurs pièces sur le thème de la politique sont à l'affiche. A la Pépinière Théâtre Salomé LELOUCH s'interroge sur l'identité politique dans POLITIQUEMENT CORRECT. Comment Mado, fervente militante de gauche, va-t-elle réagir quand elle réalise qu'elle est tombée amoureuse d'un homme d'extrême droite.


Le théâtre belge sera également à l'honneur à la Pépinière avec CONVERSATIONS AVEC MA MERE. Jacqueline BIR et Alain LEEMPOEL sont Jaime et sa mère, deux êtres vivant dans deux mondes différents et étrangers l'un à l'autre. Jusqu'au jour où Jaime est licencié. Dans cette pièce drôle et émouvante qui se déroule dans une Argentine en crise c'est le thème de la relation entre mère et fils, entre génération, une histoire d'amour filial et de partage.




Une comédienne, un auteur de théâtre, les difficultés de la création. Mise en abîme classique ? Sauf que cela se passe dans un présent qui serait celui où les nazis auraient gagné la guerre en 1944 et domineraient l'Europe en 2016. Quel est ce monde ? Que nous dit-il de nous ? Un premier coup de théâtre qui fait basculer dans un autre réel, puis dans un autre. Le pitch de PRÉSENTS PARALLÈLES à l'affiche à La Reine Blanche à partir du 7 septembre m'intrigue. D'autant que l'auteur est Jacques Attali et que Jean ALIBERT, Marianne BASLER et Xavier GALLAIS sont sur scène.



A l'Essaion LA GÉOMÉTRIE DU TRIANGLE ISOCÈLE revisite le triangle amoureux. Quand l'équilibre d'un couple de femmes bascule à l'arrivée d'une troisième. Triangle amoureux ou géométrie dangereuse ? Les critique vantent la qualité du texte et de l'interprétation, une pièce qui rompt avec les convenances. Pour sortir des sentiers battus et découvrir un théâtre moins médiatisé et se montrer curieux.



CLASSIQUES


Le retour sur scène du duo JAOUI / BACCRI est l'un des spectacles les plus attendus de cette rentrée. Il faut dire qu'il y a de quoi : LES FEMMES SAVANTES mis en scène par Catherine HIEGEL, 30 ans après l'avoir montée à la Comédie Française. Une distribution prestigieuse pour revisiter un classique du répertoire. Au Théâtre de la Porte Saint Martin à partir du 10/09. A partir de janvier 2017 y seront reprises les deux pièces à succès du duo : UN AIR DE FAMILLE et CUISINE ET DEPENDANCES.



ILS ONT CARTONNE DANS LE OFF


C'a été un de mes coups de cœur dans le OFF 2016. PIGMENTS sera au Théâtre de la Contrescarpe à partir du 16 septembre. Après 4 ans de passion l'amour s’essouffle. Survient un événement tragique. Et si on pouvait tout recommencer ? Une très belle comédie-damatico-romantique écrite avec talent et interprétée avec justesse et sensibilité par un magnifique duo de comédiens. Mon article de juillet 2016 en cliquant ICI


On croit tout savoir sur Evita Peron, icone en Argentine. La comédie musicale EVITA revient sur ce destin unique. Une femme qui a tout connu, gravissant tous les échelons jusqu'à sa mort à 33 ans. Succès dans le Off qui revient à la Comédie Bastille à partir du 21/09.

La Comédie de Paris reprend un petit bijou : l'adaptation théâtrale de EXERCICE DE STYLE d'après Raymond QUENEAU. Joué plus de 800 fois ce spectacle musical porte au plus au les couleurs de l'Oulipo. Le pitch : l'autobus arrive. Un zazou à chapeau monte à bord. Un heurt il y a. Plus tard devant Saint Lazare il est question d'un bouton. Cette simple histoire vues de 99 manières différentes. Jubilatoire. (mon article de 2013 en cliquant ICI)


CIRQUE


A partir du 28/09 BOBINO accueillera jusqu'aux fêtes de fin d'année le Cirque LE ROUX avec son spectacle THE ELEPHANT IN THE ROOM. Un spectacle inhabituel. 4 personnages qui évoluent dans un salon monochrome où ils tentent de protéger un coupable secret. Une fusion entre cirque, théâtre, humour et films noirs hollywoodiens, pour un spectacle très physique. Du cirque contemporain comme je l'aime.



Malgré les difficultés rencontrées depuis plus d'un an, les agressions et les sabotages, le Cirque ROMANES est toujours debout. Il revient à partir du 22/10 square Parodi avec un tout nouveau spectacle au titre plein d'humour : SI TU NE M'AIMES PLUS JE ME JETTERAI PAR LA FENÊTRE DE LA CARAVANE. Et la tzigane répond : "ouvre ton coeur, car le ciel est à ta porte. Un cirque familial, où règne la poésie et la bienveillance.



REPRISES


Vincent DEDIENNE revient à l'Atelier le lundi soir avec son spectacle drôle, touchant et intelligent : S'IL SE PASSE QUELQUE CHOSE. Après le succès de la saison dernière et dans le Off 2016 c'est un plaisir de le retrouver.sur une scène parisienne.  (mon article en cliquant ICI). Et retrouvez toutes les dates de tournée sur son site.



LES FAUX BRITISH, l'adaptation très réussie du succès londonien est partie pour une deuxième saison tonitruante au Théâtre Saint Georges. 2h de rire continue devant les mésaventures des membres d'un club littéraire qui se lance dans la création théâtrale.Un Molière de la comédie amplement mérité. (mon article de mai 2016 en cliquant ICI)


Envie d'en peu de frisson ? LA DAME BLANCHE, qui a fait frissonner le public du Théâtre du Palais Royal la saison dernière revient au Théâtre de la Renaissance à partir du 23/09. Des effets spéciaux dignes du cinéma, un suspens de bout en bout, une troupe à l'unisson. Ravie de cette reprise pour un spectacle qui aurait mérité au moins un Molière la saison dernière. (mon article de novembre 2015 en cliquant ICI).

Le 09/09 BIGRE revient au Théâtre Tristan Bernard, après sa création à Brest et le triomphe public et critique au Théâtre du Rond Point lors de la saison dernière. Un mélo burlesque et déjanté. Et surtout le pari fou d'un spectacle sans texte (mais pas muet). Un trio hilarant pour une plongée dans l'absurde. Trois olibrius qui enchaînent les catastrophes dans un spectacle non dénué de poésie. Un décor, une équipe technique, un poisson rouge et un lapin. On va de surprise en surprise dans ces trois petites chambres de bonne. Chaudement recommandé  (mon article de juillet 2016 en cliquant ICI)



Une saison qui s'annonce riche et variée. Alors allons tous au spectacle. Et n'oubliez pas 


POUR QUE VIVE LE SPECTACLE VIVANT, 
ALLEZ AU THÉÂTRE
(et au cirque)

Belle rentrée à tous