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dimanche 14 juillet 2019

BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN

LES JEUX DE L'AMOUR ET DES FAKE NEWS
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Messine. Dans la torpeur de l'été sicilien le temps coule paisible chez Léonato. Jeunes femmes et jeunes gens batifolent gaiement. Bien sûr les hommes vont bien partir mener une petite guerre parce qu'il faut bien marquer son territoire. Mais les soldats et les officiers reviennent vite et les jeux de l'amour un temps suspendus vont reprendre de plus belle. Claudio aime Hero, la fille de Léonato, tandis que Bénédicte et Béatrice jouent à je-t'aime-moi-non-plus et que Don John, frère bâtard de Don Pedro, aigri par son statut, va prendre un malin plaisir à mettre des bâtons dans les rouages des ces amours qu'il jalouse.

Avec "Beaucoup de bruit pour rien" Shakespeare écrit l'une de ses comédies les plus légères qui annonce le marivaudage et les fake news bien avant les écrit de Marivaux et les réseaux sociaux. Au-delà des propos galants et des arrangements entre pères et futurs époux ce sont les luttes de pouvoir et les rapports entre les hommes et les femmes qui sont ici détaillés.

La mise en scène moderne de Salomé Villiers et Pierre Hélie s'appuie sur la légèreté de l'histoire et de l'écriture tout en montrant toute la modernité du texte. Manipulations, confrontations, mensonges, jeux de séduction, désir d'émancipation de la femme, honneur d'une famille, hésitations d'une jeunesse face au sentiment amoureux, tout est présent. Il est courant de parler de la modernité des textes de Shakespeare. Il en est ici à nouveau fait la démonstration. L'écriture et les situations sont intemporelles. Sommes-nous en Italie au 18e siècle ou bien à Lond

res au début du 20e (cf les incongrus policiers british).

L'ensemble est rythmé. Dans un beau décor champêtre servi par une lumière qui rappelle l'été italien, on assiste à un spectacle charmant. La troupe est composée de par moins de 10 comédiens, format rare à Avignon. Si le jeu n'est pas toujours égal certains dominent nettement l'ensemble. Eric Laugérias campe avec son jeu assuré un Léonato léger comme le vent puis brisé par la prétendue trahison de sa fille. Salomé Villiers est une magnifique Béatrice, piquante, cinglante, vive face à un Bénédicte un peu bêta et pas assez misanthrope.

A noter les magnifiques masques et le travail de chorégraphie (on en aurait aimé une de plus pour le final).

Beaucoup de bruit pour rien, de William Shakespeare, mis en scène par Salomé Villiers et Pierre Hélie, avec Arnaud Denis, Clara Hesse, Eric Laugérias ou Didier Niverd, Etienne Launay, Bertrand Mounier, François Nambot, Violaine Nouveau, Georges Vauras, Salomé Villiers

En bref : une mise en scène moderne et rythmée de la plus légère des comédies de Shakespeare.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Festival Off
Théâtre du Roi René
4 Rue Grivolas 84000 Avignon
Du 5 au 28 juillet 2019
Tous les jours à 20h25 - Durée : 1h30

lundi 2 juillet 2018

TRAGÉDIES ROMAINES - Théâtre National de Chaillot

BREAKING NEWS DANS LA ROME ANTIQUE
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Ceux qui comme moi n'ont pas vu le spectacle lors de sa création il y a 10 ans et qui depuis sont tombés amoureux-amoureuses du théâtre d'Ivo van Hove, attendaient avec impatience cette fin de saison au Théâtre National de Chaillot pour découvrir ce triptyque.

Précurseures de "Kings of war" ces Tragédies romaines réunissent trois pièces de Shakespeare : Coriolan, Jules César et Antoine et Cléopâtre. Ivo van Hove a choisi de les présenter non pas leur ordre d'écriture mais dans le respect de la chronologie historique, pour une meilleure compréhension pour le spectateur.

Ce qui intéresse le metteur en scène néerlandais c'est, comme dans "Kings of war", la dialectique du pouvoir. Dans un dispositif scénique qui permet au public d'assister à la plus grande partie du spectacle depuis des canapés disposés sur scène, le temps de l'action politique se fond dans le quotidien de la plèbe ou du peuple. Ainsi lorsque Coriolan s'interroge sur la validité du poids politique de la plèbe ("Sont-ils dignes d'une voix ceux qui la donnent pour la retirer aussitôt?") le public en immersion vaque à ses occupations : il regarde la télé confortablement installé dans ces canapés design ou fait la queue au bar pour acheter son sandwich.

La quinzaine ou vingtaine d'écrans disposés sur scène, tournés en tous sens, diffusent les captations en directs des comédiens mais aussi des images d'actualité récentes : Donald Trump sur un dialogue de Coriolan, l'annonce de la mort de JFK par les journalistes de la télévision américaine pendant que se construit le complot autour de Brutus pour assassiner Jules César, un discours d'Hillary Clinton tandis que parle Cléopâtre. Un dispositif scénique qui renvoie à notre monde de communication, où les chaînes d'information s'animent au rythme des "breaking news", où seuls les événements exceptionnels (ou présentés comme tel) attirent l'attention du téléspectateur abreuvé d'information en tout genre. Des news, qu'elles soient rapports sur l'état des armées, conclusion des guerres ou annonce des morts, sont annoncées via un plateau du 20h ou par des textes défilant en rouge au bas des écrans pendant les changements de décor.

Ivo van Hove a choisi de ne pas montrer les scènes de guerre, remplacées par une musique live tonitruante à grand renfort de percussions et de timbales et un texte qui défile sur l'écran. Ce faisant il renforce son propos : les méandres de la politique. Pour autant via le dispositif et les costumes de notre époque, les empereurs qui tendent à se rapprocher des Dieux de l'Olympe, ou plutôt du Panthéon romain, sont ramenés à leur condition d'homme. Issus de la plèbe ils sont aussi imparfaits et parfois aussi simples que le commun des mortels aux destinés desquels ils président. Et lentement mais sûrement se dessine le chemin qui fera d'Octavius l'Empereur suprême. Dans une telle mise en scène comment ne pas faire le parallèle avec l'état du monde en 2018 ?

Ces Tragédies romaines c'est pour le spectateur le bonheur de retrouver la troupe du Toneelgroep Amsterdam. Comme il l'a fait avec la troupe de la Comédie Française pour "Les Damnées" Ivo van Hove sait pousser ses comédiens pour leur permettre de donner des prestations d'une rare intensité. S'il ne fallait en citer que trois je retiendrais Gijs Scholten van Aschat, impétueux, colérique Coriolan. Il transcende cette première tragédie. Hans Kesting irradie de tout son incroyable charisme, endossant la cuirasse fragile d'un Marc Antoine hypnotisé par les charmes de Cléopâtre. La tirade de l'hommage de Marc Antoine à la dépouille de son ami Jules César est l'un des grands moments du spectacle. Et enfin l'apothéose avec Chris Nietvelt, Cléopâtre femme libre, amoureuse jalouse et possessive, femme de passion. Son interprétation est sauvage, sensuelle, brûlante, passionnée, incandescente.

D'aucuns pourraient trouver répétitifs certains dispositifs que l'on a déjà pu voir dans d'autres spectacles d'Ivo van Hove. Mais c'est oublier que ces Tragédies romaines ont déjà dix ans et qu'elles portaient déjà en leur sein ce que le brillant metteur en scène batave allait produire ensuite. J'espère que j'aurai la chance de pouvoir assister à la création de son prochain spectacle, "Die Dinge de Voorbijgaan" dans quelques jours dans le cadre du Festival d'Avignon.

En bref : Créées il y a 10 ans ces "Tragédies Romaines" reviennent enfin en France. Précédent "Kings of War", "The Fontainhead", "Les Damnés" ou "Vu du pont" elles portent en elles les prémices du travail du génial Ivo van Hove. Portées par la magnifique troupe du Toneelgroep Amsterdam cette dissection de la vie politique donne une fois de plus aux mots de Shakespeare tout leur caractère intemporel.

Les tragédies romaines d'après William Shakespeare, mise en scène Ivo van hove, traduction Tom Kleijn, vidéo Tal Yarden, scénographie, lumières Jan Versweyveld, avec Hélène Devos, Fred Goessens, Janni Goslinga, Marieke Heebink, Robert de Hood, Hans Kesting, Hugo Koolschijn, Maria Kraakman, Chris Nietvelt, Frieda Pittoors, Gijs Scholten van Aschat, Harm Duco Schut, Bart Slegers, Eelco Smits (comédiens), Ruben cooman, Yves Goemaera, Hannes Nieuwlaet, Christiaan Saris (musiciens)


C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre National de Chaillot
Place du Trocadéro - Paris
Du 29 juin au 5 juillet 2018
Durée : 5h45 - En néerlandais surtitré en français


Crédit photo @Jan Versweyveld

mardi 3 mai 2016

RICHARD III LOYAULTE ME LIE

EGO TRIP : RICHARD ET SES DOUBLES
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En cette année anniversaire de la disparition de William SHAKESPEARE il semble que l'oeuvre du dramaturge britannique n'ait jamais autant été à l'affiche des salles dans le monde entier. L'adaptation de RICHARD III cela faisait des années que Jean Lambert-wild la préparait. Après celle de Thomas OSTERMEIER dans le cadre du Festival d'Avignon 2015 et la puissante interprétation de Lars EIDINGER, puis la version punk-rock de Thomas JOLLY cet hiver à l'Odéon, c'est une vision très différente qui nous est présentée.

Jean Lambert-wild nous donne à voir sous un angle différent du monstre de pouvoir généralement présenté. Dans cette traduction à quatre mains avec Gérald GARRUTI, il le définit comme l'incarnation du Moi absolu. Sa motivation ne serait pas le pouvoir et la vengeance sur une famille qui le méprise du fait de son infirmité, mais l'expression d'une volonté d'anéantissement d'un monde abject veule et corrompu. Sous les traits du clown se cache un personnage dont on ne soupçonne pas une sensibilité telle qu'on pourrait être prise de compassion pour ce prince. Enfin si l'on fait abstraction de l'immonde jeu de massacre auquel il se livre pour arriver au pouvoir, fidèle jusqu'au bout à sa devise : "Loyaulté me lie". Comme s'il n'était pas maître de son destin mais prisonnier d'une volonté qui le dépasse, pantin lui-même manipulé par une force plus puissante que lui.

Le magnifique décor construit par les Ateliers du Théâtre de l'Union place l'action dans une ambiance de fête foraine. Un rire féroce qui nous cueille lorsque les formes les plus originales illustrent les morts qui se succèdent au sein de la famille royale, chacune rapprochant RICHARD de plus en plus du trône mais aussi de l'abomination et de la solitude. Entre train fantôme et temple tribal, avec ses ouvertures multiples, ses trappes, ses rideaux, ses transformations, ses figures étranges, polymorphes, matérielles ou immatérielles, c'est l'univers irréel de la folie rageuse du futur roi qui s'anime devant nous. Un décor qui constitue un troisième acteur de cette inéluctable progression vers la folie.

C'est avec EN ATTENDANT GODOT, vu la saison dernière au théâtre de l'Aquarium à Vincennes, que le clown de Jean Lambert-wild a commencé sa métamorphose vers la parole. Un besoin profond, puissant qui ne pouvait s'accomplir qu'avec ce personnage complexe. Dès lors le clown apparaît comme un miroir renvoyant au monstre l'image de ses contradictions, de sa folie. Lorsqu'il entre en scène dans son pyjama il se lance dans le monologue de Richard, cette description de son cauchemar. Lorsqu'il a terminé il a perdu sa jambe. Comme s'il était tombé au sein du songe, au milieu de la multitude de fantômes qui errent dans le cerveau perturbé du prince et endossait le costume de l'être difforme en entrant dans son moi tout aussi complexe.

Face à lui une comédienne qui s'empare de tous les autres rôles de la tragi-comédie. Emportée dans un manège qui s’accélère jusqu'à la rupture elle se métamorphose en quelques secondes, se faisant femme fragile ou miroir féminin du clown-monstre. Elle confronte RICHARD à ses doubles. Elodie BORDAS s'empare avec force et énergie de cette cohorte de personnalités. Là ou le rôle-titre écrase généralement les autres par la puissance du caractère et de son interprète Elodie BORDAS fait jeu égal avec Jean Lambert-wild. La marque aussi de Lorenzo MALAGUERA à la direction d'acteur (déjà aux manettes du Godot).

L'ensemble de cette création est éblouissant. Un travail d'équipe dans lequel il n'est pas un détail qui n'ai été travaillé avec précision. Du travail d'orfèvre, à l'image de cette armure de céramique, conçue par Stéphane BLANQUET (qui est également le concepteur des décors) et confectionnée par Christian COUTY, créateur céramiste limougeaud qui l'a réalisée dans les ateliers de la manufacture La Fabrique. Ou de l'ambiance musicale. La composition de Jean-Luc THERMINARIAS enveloppe le spectacle dans cette atmosphère étrange du rêve. Le tout se terminant dans un final d'une très grande beauté qu'il vous faudra découvrir sur place.

En bref : Un grand RICHARD III dans un univers clownesque qui donne à voir une version plus introspective de la personnalité du roi-monstre. Une création qui fourmille de créativité. Jean Lambert-wild et Elodie BORDAS rivalisent de force et de subtilité pour une interprétation magistrale dans un décor éblouissant.

Pour en savoir plus : Chaque vendredi et jusqu'à la fin de la tournée vous pouvez suivre le journal de bord de la création et entrer dans les coulisses de cette aventure théâtrale : Récits en photo et en vidéos sur le site de France 3 Limousin : http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/richard-3-loyaulte-me-lie/ 

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
C'était à La Ferme du Buisson 
dans le cadre du Festival PULP
les 9 et 10 avril 2016


Ce sera en tournée en France, Belgique et Suisse en 2016 et 2017 et notamment :

24 au 26 mai 2016 - L'Apostrophe - Cergy Pontoise
3 novembre - 4 décembre 2016 - L'Aquarium à Paris / Vincennes
et en 2016/2017 à Dijon, Brive, Chelles, Rochefort, Vesoul, en Martinique et autres dates à venir sur le site du Théâtre de l'Union



Crédit photo @Tristan Jeanne-valès

jeudi 28 janvier 2016

RICHARD III - THOMAS JOLLY

L'ANGE PUNK NOIR OU BLANC DE LA TERREUR
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I'M A DOG I'M A TOAD I'M A HEDGEHOG, I'M A MONSTER

A la fin de cet Henry VI de légende dont Thomas JOLLY nous a fait cadeau tout au long de la saison 2014/2015, un ange noir dressait sa sombre silhouette, celle du sinistre Richard.

Dès la première scène de RICHARD III il surgit des entrailles de la scène ou de la terre tel l'ange de la terreur. Rebut de l'humanité, être imparfait qui se venge de l'affront que lui a fait la nature. Ne nous y trompons pas : c'est une tragédie que nous présente Shakespeare avec RICHARD III. Le destin sombre d'un enfant rejeté de tous à cause de sa difformité, avide de pouvoir pour écraser ceux qui toute sa vie l'ont méprisé, rejeté, ignoré.

OMBRES ET LUMIERES

La scénographie surprend ceux qui on vu Henri VI peut-être parce qu'elle en prend le contre-pied. Richard III est un personnage sombre. La scène est noire, souvent vide de décors si ce n'est les échafaudages / praticables que l'on avait vus dans Henri VI et moins nombreux ici.

Moins imaginative la mise en scène ? Mais n'est-ce par pour la double raison que Henri VI était une surprise flamboyante que personne n'attendait là où Richard III est attendu au tournant par tous et parce que cette suite étant moins connue que le premier volet il y a aussi moins de points de comparaison. Entendons-nous bien, il n'est pas question de dire qu'une version précédente dans une autre mise en scène serait la seule et unique légitime. Elles sont différentes. Ainsi cet été à Avignon OSTERMEIER et Lars EIDINGER nous présentaient une version abrégée et un Richard III aigri. Celui de Thomas JOLLY est encore plus machiavélique et manipulateur, tel le Franck Underwood de House of Cards. Ainsi lorsqu'il prend la reine Anne dans sa toile d'araignée de lumière pour obtenir de la veuve de son frère qu'elle persuade sa fille d'épouse le meurtrier de son père (c'est clair non, c'est du Shakespeare !).

La mise en scène reste rythmée même si quelques changements de décors sur la fin de la première partie (avancée et recul latéral des rideaux) alourdissent la scène.

Il faut quand même avoir l'honnêteté de reconnaître quelques trouvailles de mise en scène qui ont souvent pour effet d'introduire une touche d'humour et de décontraction dans un texte pas toujours facile. Et c'est là qu'une fois de plus Thomas JOLLY réussit son pari. Dans un texte qui semble peu expurgé (4h30) la sobriété du décor fait place au texte et le rend audible (à l'exception de quelques effets sonores dramatiques qui en forçant sur les basses se superposent à la voix des comédiens). 

Face à un public parisien très critique et très demandeur l'aspect punk rock de la fin de la première partie, le couronnement du roi, ne fonctionne pas et le public de  l'Odéon ne rentre pas dans le jeu que le jeune dramaturge veut lui imposer. Dommage.

QUAND GAGNE L'EMOTION

La deuxième partie gagne en intensité dramatique. Oubliant les effets comiques elle permet aux personnages et notamment au rôle titre de prendre de l'ampleur. Les victimes passées réapparaissent. Sous forme de tableau officiel de famille, tels des anges protecteurs ou des menaces cauchemardesques pour faire trembler les armées. Sans oublier l'émotion avec une émouvante scène où les trois reines pleurent leurs maris, leurs enfants, chacune abordant son chagrin à sa manière mais dans une certaine communion. Ainsi la prenante mise en scène de la veille de la bataille avec les fantômes de ses victimes qui encouragent Brighton et se transforment en cauchemar pour Richard.

Entre ombre et lumière, telle l'âme torturée de Richard, les lumières sculptent l'espace. Jets lasers que se font portes, toile d'araignée, murs de prison. Blanches, rouges, omniprésentes et en mouvements subtils. Appuyées par le son digne d'un jeu vidéo ou d'un concert punk rock, ou semblant sorties d'un sabre laser d'un jedi.

Car cela reste la grande force de Thomas JOLLY : réunir un texte classique et ardu avec une mise en scène moderne qui séduit les foules, y compris les plus jeunes. "Populiste" l'ont qualifié certains, avec tout ce que cela a de péjoratif. Je réponds "populaire" et "moderne", une qualité, une énergie qui fait venir un public jeune dans les salles de théâtre, qui fait qu'ils ne seront pas dégoûtés mais séduits et qu'ils reviendront, avec encore plus d'exigence. Il se forgeront leur histoire, leur goût, leur propre relation au théâtre, mieux certainement qu'avec d'autres metteurs en scène plus élitiste et donc plus restrictifs.

Merci Monsieur Thomas JOLLY pour votre folie, votre énergie, votre jeunesse, votre fougue, votre créativité, votre parcours qui sort des sentiers battus et qui secoue un théâtre parfois trop établi. Bravo pour le magnifique et enthousiasmant travail de  votre troupe, la Picola Familia. Bravo pour votre générosité, pour votre envie de partager ces aventures avec votre public.

En bref : prenant le contre-pied de Henri VI Thomas JOLLY nous offre une version punk-rock de Richard III, enfant tourmenté qui prend sa vengeance sur la nature et sur les hommes. Un spectacle flamboyant par la qualité de son interprétation et une esthétique éblouissante.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Odéon Théâtre de l'Europe
Place de l'Odéon - Paris
Jusqu'au 13 février 2016 - 19h
Durée : 4h30 (mais on ne les voit pas passer)