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vendredi 11 juillet 2025

PRELUDE

 UNE VIE DE DANSE

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La salle 600 (comme 600 places) de la Scala Provence affiche complet dès le premier soir. C'est néanmoins devant ce public nombreux que Kader Attou va nous faire des confidences. Assis à sa table de travail, il réfléchit à la création d'un spectacle, et commence à nous dire ce qu'il ressent aux "préludes" de la création ou avant à la première représentation d'un nouveau spectacle.

De fil en aiguille, le chorégraphe nous parle de sa vie, commencée dans la lutte, de l'importance de ce souffle tant pour l'individu que pour le danseur, de cette injonction reçue de sa mère à la naissance, alors qu'il arrive en tant que second jumeau inattendu, et au terme d'un accouchement difficile : "respire mon fils !"

Une injonction qui fait le fil rouge du spectacle : respirer pour avancer, respirer pour lutter, respirer pour danser, respirer pour vivre et profiter de ce cadeau qu'est la vie. Entre-temps nous aurons appris que la danse contemporaine aurait pu perdre une de ses grandes figures si la boxe l'avait emportée dans son cœur. (Mais le boxeur n'est-il pas lui aussi un peu danseur ?).

Il y a une énergie folle dans ce groupe de 9 danseurs et danseuses de hip-hop. Une groupe composé suite à des auditions dans ce quartier de la Belle de Mai où Kader Attou a posé ses valises en 2002. C'est une danse joyeuse, positive, pleine de vie, de solidarité. C'est pour moi l'un des points qui me touchent dans les spectacles du maître du hip-hop : la cohésion de ses danseurs, leur ensemble qui n'écrase pas les individualités, lesquelles sont mises à l'honneur notamment lors d'une battle où le chorégraphe les nomme les uns après les autres, en hommage à leurs grandes qualités.

J'ai toujours gardé un souvenir ému de "Opus 14", créé en 2014. J'ai retrouvé dans "Prélude" les mêmes émotions fortes. Et quelle belle surprise que de voir Kader Attou danser au milieu de ses danseurs et danseuses, en toute humilité.

À noter que ce spectacle créé en 2022, peut être présenté sous deux formes : une version courte dite "Prélude - out", destinée à aller à la rencontre des publics qui ne vont pas au théâtre, et la version longue présentée cette année dans le Off, dite "Prélude - In". Les deux versions seront en tournée en France en 2025 et 2026 selon l'agenda disponible sur le site de la compagnie, et que vous pouvez retrouver en cliquant ICI.

En bref : une danse joyeuse, libératrice, qui lie l'intime et le collectif. Coup de Cœur

Prélude - Chrorégraphie : Kader Attou - Interprétation : Jikay, Azdine Bouncer, Alexis de Saint Jean, Damien Bourletsis, Simon Hernandez, Aline Lopes, Yann Miettaux, Nabjibe Said, Margaux Senechault -  Musique : Romain Dubois - Lumières : Cécile Giovansili-Vissière

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2025
La Scala Provence 
du 5 au 13 juillet 2025 - 16h00 - durée : 1h20

Crédit photo @ Compagnie Accrorap

mercredi 9 juillet 2025

RODA FAVELA

 FIERTE

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En arrivant sur le lieu du spectacle, la première réflexion qui m'est venue a été : "qu'est-ce que c'est que ce joyeux bordel ? ".

Avant même d'être assis, le spectateur est placé au coeur d'une favela de Recife, celle des ces jeunes qui, sur scène et autour de nous, dansent, chantent, s'interpellent depuis une fenêtre, jouent de la musique, boivent, s'engueulent, le tout dans une joyeuse cacophonie. Puis le spectacle se met en place, l'histoire prend forme. L'un annonce son mariage pour le lendemain. Un mariage gay, comme une réponse aux discours homophobes pas si lointains de l'ex-président Bolsonaro. La fête, toujours, et l'occasion de rappeler que le peuple, qui fait et défait les présidents, a chassé du pouvoir celui qui est aujourd'hui frappé d'inéligibilité, un défi lancé à celui dont les décisions pendant la crise du Covid-19, ont causé tant de morts comme le rappellent quelques vidéo projetées en fond de scène.

Pendant une heure et demi, c'est la vie bouillonnante de la favela qui s'exprime devant nous, avec ses bonheurs et ses drames, ses moments de joie et sa violence quotidienne, sa précarité et sa solidarité, le tout au rythme des tambours de la batucada et de la danse. Le décor aux multiples panneaux, se transforme au gré de l'histoire, se fait écrans sur lesquels sont projetées des vidéos tournées dans les ruelles de la favela d'où viennent les 12 artistes. Parfois, la danse remplace les mots, les tambours et un instrument à corde ponctuent les phrases.

Ces artistes complets bouillonnent d'énergie, d'optimisme, malgré les blessures que l'on sent toujours là, à fleur de peur et d'âme.

Laurent Poncelet travaille depuis 20 ans avec le Brésil. Au cours de ces années d'échange et d'immersion au sein des favelas, il a constitué un vivier de jeunes talents. "Roda Favela" est le 5e spectacle fruit de ce travail avec les jeunes et les associations locales.

Le résultat est un beau moment de partage, d'échange, d'ouverture sur une autre culture, de fraternité. Ces jeunes, très talentueux, nous communiquent leur amour de la vie, et, malgré les difficultés, leur fierté d'appartenir à ce peuple des favelas.

En bref : entre dans et théâtre, l'énergie électrique et vivifiante de 12 artiste brésiliens pour u spectacle hors-normes.

Roda Favela, de Laurent Poncelet, mise en scène de l'auteur, assisté de José W. Junion, avec Myria Vitoria Rufino Santos, Deivson Cunha de França, Tayna da Silva Salomé, José Lucas de Souza Carvalho, Marcio Luiz do Nascimento, Clécio Carlos dos Santos, Alyson Victor Oliveira da Silva Enerson, Fernando Ribeiro Alves da Silva, Glaucilerie Riveiro da Fonseca, Rinaldo Tenorio dos Santos, Rita de Kassia Tenorio dos Santos Laiza Vitoria da Silva, José Hilton ; Lumière Jonathan Argemin  ; Images Martin Monti-Lalaubie ; Musique Clécio Carlos dos Santos

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Festival Off
11 - Espace Mistral
Du 7 au 24juillet 2025 - 21h30 - durée 1h35

Crédit photo @Laurence Fragnol

dimanche 3 février 2019

COLD BLOOD - La Scala - Le regard de Corinne

LA POÉSIE AU BOUT DES DOIGTS

Le regard de Corinne


Les lumières s’éteignent, l’écran se lève, la voix off nous promet une expérience unique, celle de vivre, sous hypnose, les derniers instants avant la mort. Que se passe-t-il à ce moment précis ? Quelle image, quelle odeur, quelle sensation nous reviennent en mémoire ? La voix off compte...un, deux, trois, nous sommes prêts pour le voyage.

Le défi este taille : comment aborder ce sujet sans pour autant rebuter le spectateur, mais au contraire l’embarquer dans cette aventure ? C’est ce que Thomas Gunzig, l’auteur du texte, Michèle Anne de Mey, chorégraphe, Jaco Van Dormael, cinéaste, et le collectif belge Kiss and Cry parviennent à réaliser avec Cold Blood.


Le thème du spectacle est grave mais traité avec humour, forcément décalé. Il aborde sept morts, toutes aussi loufoques qu’improbables (Imaginez-vous un jour mourir d’une intolérance à la purée ou encore d’une indigestion due à une agrafe de soutien - gorge...) et les dernières pensées qui les accompagnent (une caresse pour certains, un baiser soufflé dans le cou d’une inconnue ou encore un pas dans la neige pour d’autres).

L’idée originale de ce spectacle tient à la mise en scène qui est une plongée multimédia mêlant cinéma, chorégraphie, la musique et le théâtre. Huit manipulateurs / accessoiristes mettent en scène sous nos yeux la représentation qui est simultanément projetée sur l’écran.

Mais là encore, une autre surprise nous attend. Les personnages principaux sont des doigts et des mains. Avec beaucoup de grâce et de sensualité, ils improvisent une danse, caressent le bras d’une inconnue, s’animent dans un paysage miniature. Et le ballet de doigts prend de l’ampleur sur l’écran.


En gardant leur âme d’enfants, fait d’imaginaire et de créativité, Michèle Anne de Mey, Jaco Van Dormael et le collectif Kiss and Cry nous livre un spectacle aussi innovant qu’enchanteur. Ils font naître un monde fantaisiste et mélancolique, un monde qui parle peut-être encore plus à Michèle Anne de Mey du fait de son expérience personnelle.

La voix off reprend sa litanie....un, deux, trois, vous vous réveillez. Et le spectateur réalise alors qu’il vient effectivement d’assister à une représentation magnifique, magique.

Cold Blood, Texte de Thomas Gunzig, mise en scène de Michèle Anne de Mey, Jaco Van Dormael, avec la participation du collectif Kiss and Cry

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
La Scala Paris
13 Bd de Strasbourg – Paris 10 ème.
Du 10 au 26 janvier 2019, 21h00

Crédit photo @Marteen von den Abeele

mardi 18 septembre 2018

SCALA

POÉTIQUE ET INQUIÉTANT
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C'est avec "Celui qui tombe" que j'ai découvert le travail de Yoann Bourgeois, et que j'en suis devenue fan. Alors c'est un immense plaisir de le retrouver avec une création pour l'ouverture (ou la réouverture) de La Scala Paris. Et quel autre titre que "Scala" pouvait-il donner à ce spectacle construit à partir de ce que lui ont inspiré ses pérégrinations dans ce lieu lors des travaux réalisés selon les voeux des nouveaux propriétaires de cette salle mythique, Mélanie et Frédéric Biessy.

RENAISSANCE

Commençons par rendre hommage à ces deux amoureux du spectacle vivant qui transforment leur passion en un défi exaltant. La Scala, comme l'a rappelé un petit film avant le spectacle lors des soirées d'inauguration, c'est une salle au destin mouvementé. Musical, cabaret, salle de spectacle, cinéma porno, et finalement à nouveau lieu d'expression de la diversité de la culture au cœur d'un quartier lui-même multiculturel avec ses plus de 100 nationalités.

Après deux ans de travaux les murs bleus, ce bleu Scala, vont enfin pouvoir raisonner de mots et de musique. Mélanie et Frédéric Biessy se sont entourés d'une équipe chevronnée composée notamment d'Olivier Schmitt comme conseiller artistique, Rodolphe Bruneau-Boulmier comme conseiller musical et Aline Vidal comme conseillère arts visuels. Sans oublier le travail de rénovation mené par Richard Peduzzi. C'est un phénix qui renaît de ses cendres. Et quand on voit la passion qui pétille dans les yeux du couple Biessy on ne peut que leur souhaiter de réussir ce formidable pari.


DES ARTISTES VIRTUOSES

Il faut dire que la programmation qui lance la salle et la saison est plus qu'alléchante. (Voir mon article sur la rentrée des théâtres parisiens). A commencer donc par ce poétique et inquiétant Scala créé par Yoann Bourgeois. 

La recherche de l'équilibre est toujours au cœur de son travail. Les artistes évoluent dans un décor plein de chausse-trappes, de pleins et de vides, d'objets en déséquilibre, de trampolines. Un univers un peu sombre où trône un grand escalier (l'ai-je bien descendu ?). Dans ces pleins et ces creux, ces espaces délimités et ces vides, tout semble possible. Un univers en devenir, comme cette salle. Yoann Bourgeois sait comme personne créer cet univers ni tout à fait circassien ni tout à fait théâtral. Ils sont 5 hommes et 2 femmes à explorer ce nouveau monde. Leur habileté à jouer avec leur corps, avec les rythmes, avec les espaces est tout bonnement étonnante et captivante. 

Après un début de spectacle qui traîne un peu l'ambiance s'installe. La poésie et le mystère ne font plus qu'un pour nous emporter dans quelques tableaux magiques. La descente d'escalier, le ballet des mains, la chute dans un espace "aquarium", les rebondissements, des séquences empreintes d'un onirisme d'une grande beauté teinté d'inquiétude : des prises de risque, des plongées dans l'inconnu, des pauses, un monde qui se construit, évolue. Le temps semble parfois se figer puis se redynamise. Les objets s'animent tout seul, se désarticulent comme les danseurs, se reconstruisent.

En bref : avec Scala Yoann Bourgeois donne déjà une âme à cette salle qui renaît de ses cendres. Un spectacle très symbolique où l'on retrouve les qualités du travail de ce circassien de formation qui aime mixer les genres. Des artistes étonnants, du mystère et du rêve. Voilà un beau lancement de salle et de saison.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

13 boulevard de Strasbourg 75010 Paris
du 11 septembre au 24 octobre 2019 à 21h - Dimanche 15h



Vu le 12/09/18 - La Scala Paris

mercredi 7 décembre 2016

PIXEL

FEERIE NUMÉRIQUE ET HIP-HOP
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MAGIQUE

Le spectacle s'ouvre sur des lumières flottant sur la scène, dans une lumière aux accents de soleil rougeoyant dans la nuit. Un groupe de danseurs entre en marchant au ralenti, comme en apesanteur, au rythme d'une musique à la fois lancinante et intimiste. La magie opère dès les premières minutes.

Les corps se séparent, prennent des rythmes différents, accélèrent, ralentissent, se désarticulent. Soudain des bulles s'élèvent des loupiotes regroupées en fond de scène. Le solo qui suit va ancrer le spectacle dans ce qui en fait sa magie fascinante : jouant avec les projections numériques mouvantes en blanc sur fond noir, les danseurs s'amusent de cette alliance entre danse et technologies. Tempête de neige, pluie, bosses et gouffres : le travail de la compagnie Adrien M / Claire B crée un univers mouvant, hypnotique, d'une grande esthétique, qui nous emporte et nous transporte dans une autre dimension

Grâce à un travail fait d'ombres et de lumières savamment étudié, jouant le contraste entre les costumes colorés des danseurs et le noir et blancs des points projetées, PIXEL réussit la fusion entre danse, cirque et arts numériques. Un univers moderne, poétique, où tout est mouvement, grâce, agilité et légèreté.

La symbiose est totale. Les projections de points lumineux, au sol ou sur le mur de fond de scène, n'enferment pas la danse. Elles créent de nouveaux cadres, de nouveaux espaces, de nouveaux défis, de nouvelles synergies. Danse et technique visuelle influent l'une sur l'autre sans que l'on puisse dire laquelle s'impose à l'autre.


UN SPECTACLE COMPLET


Si les chorégraphies de Mourad MERZOUKI combinent hip-hop et breakdance, les arts du cirque sont conviés à cette fête des yeux (roue, contorsionniste, rollers). Les effets visuels imaginés par Adien MONDOT et Claire BARDAINNE, et dont un tiers du spectacle est réalisé en direct depuis la cabine technique, se combinent à merveille avec la technique des danseurs de la compagnie Käfig, les créations lumière de Yoann TIVOLI et l'univers musical de Armand AMAR.



Créé en 2014 PIXEL fait salle comble partout où il passe. Près de 200 représentations à son actif dans plus de 100 villes. Une féerie. Ne le manquez pas si vous avez la chance qu'il soit programmé près de chez vous, et surtout réservez bien en avance.

En bref : avec PIXEL Mourad Merzouki réussi le mélange parfait entre danse et arts numériques, et nous offre un spectacle magique et onirique. Tels des enfants on reste bouche bée devant une telle féerie. 

Distribution :
Direction artistique et chorégraphie Mourad Merzouki
Concept  Mourad Merzouki et Adrien M / Claire B
Création numérique Adrien Mondot & Claire Bardainne
Création musicale Armand Amar
Interprétation (en alternance) Rémi Autechaud dit RMS, Kader Belmoktar, Marc Brillant, Antonin Tonbee Cattaruzza, Elodie Chan, Aurélien Chareyron, Sabri Collin du Mucho, Yvener Guillaume, Amélie Jousseaume, Ludovic Lacroix, Ibrahima Mboup, Julien Seijo, Paul Thao, Sofiane Tiet, Médésséganvi Yetongnon dit Swing
Lumières Yoann Tivoli assisté de Nicolas Faucheux
Scénographie Benjamin Lebreton
Costumes Pascale Robin assistée de Marie Grammatico
Peintures Camille Courier de Mèré et Benjamin Lebreton

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
C'était Espace 1789
2/4 Rue Alexandre Bachelet 92 Saint Ouen
du 22 au 24 septembre 2016

Ce sera : toutes les dates de tournée sur le site du CCN de Créteil en cliquant ICI



Retrouver mes articles sur AGWA / CORRERIA de Mourad Merzouki et LE MOUVEMENT DE L'AIR de la Compagnie Adrien M / Claire B


samedi 3 décembre 2016

CORRERIA / AGWA

ÉNERGIQUE ET VIVIFIANT
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En 2006 à Lyon, lors des la Biennale de la danse, Mourad Merzouki rencontre des danseurs brésiliens. Naissent alors des projets concrétisés en 2008 et 2010 avec deux pièces : CORRERIA  et AGWA. A l'occasion du festival de danse Kalypso nous les retrouvons à la Grande Halle de la Villette.

LA COURSE ET LA SOURCE DE LA VIE

C'est CORRERIA, la seconde pièce créée par Kafig, le meilleur chorégraphe de Hip-Hop de France, pour cette troupe de jeunes danseurs, qui ouvre la soirée. Une course trépidante. Pour ces garçons des favelas c'est l'expression de la course quotidienne pour la survie. Ne pas s'arrêter. Courir toujours. C'est énergique, vif, indiscipliné, comme la vie des cariocas.


AGWA prend le thème de l'eau, source de la vie. Avec des bottes en caoutchouc ou au milieu de dizaines de gobelets en plastique, les danseurs déploient leur hip-hop avec joie et dynamisme. Un rythme effréné pour interpeller sur cette ressource naturelle, enjeu du futur. La protéger, la partager. Une suite de mouvements et d'acrobaties précises, effervescentes, qui nous transportent par leur énergie et leur force vive.


JOIE ET CRÉATIVITÉ

Nul besoin d'être spécialiste pour se laisser emporter pour la fouge de ces fabuleux danseurs. On a envie de bondir sur scène avec eux pour continuer à partager leur joie d'être là. Pendant plus de dix minutes après la fin du spectacle, sous des applaudissements nourris et un public debout, ils nous offrent une sorte de battle, rivalisant pour nous éblouir encore de leurs prouesses techniques.


Deux pièces chorégraphiques dont le succès ne se dément pas depuis leur création. La force de la créativité de Kafig conjuguée au talent et à l'enthousiasme de ces garçons en font un spectacle original qui laisse éclater une énergie brute canalisée par le savoir-faire de Mourad Merzouki. Le tout dans un environnement musicale aux rythmes variés et une mise en lumière de qualité.

Pour en savoir plus
Direction artistique et chorégraphe Mourad Merzouki en étroite collaboration avec les interprètes.
Assistante du chorégraphe Laurence Pérez (Correria) et Kader Belmoktar (Agwa)
Direction musicale : AS'N
Lumières Yoann Tivoli
Scénographie Mourad Merzouki et Benjamin Lebreton
Costumes Charles Carcopino (Correria) Angèle Mignot (Agwag)

Interprétation : Digo Alves Dos Santos du Dieguinho; Leonardo Alves Moreira dit Leo, Cleiton Luiz Caetano De Oliveira, Aguinaldo De Oliveira Lopes dit Anjon Hélio Robson Dos Anjos Cavalcanti, Geovane Fidelis Da Conceição, Diego Gonçalvzes Do Nascimento Leitão dit White,Wanderlino Martins Neves dit Sorriso, Jose Amilton Rodrigues Junior dit Ze, Alexsandro Soares Campanha Da Silva dit Pit

Retrouvez le travail de Mourad Merzouki au Centre Chorégraphique National de Créteil, ainsi ses spectacles PIXEL en tournée et BOXE BOXE du 23/05 au 18/06 au Théâtre du Rond Point à Paris


En bref : Pour le plus grand plaisir du public du festival de danse Kalypso La Grande Halle de la Villette fait revivre deux pièces empreintes d'énergie et de dynamisme. Quand le hip-hop rencontre la fougue et les prouesses techniques des cariocas de Rio c'est une explosion de vie et et de joie.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
211 Avenue Jean Jaurès 75019 Paris
Du 22 au 26 novembre 2016 - 20h

dimanche 27 novembre 2016

COLD BLOOD

VOYAGE ONIRIQUE EN NANO DANSE
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En 2013 j'avais été éblouie par KISS AND CRY au Théâtre du Rond Point. Forts de cette première expérience Anne de Mey et Jaco Van Dormael ont peaufiné leurs bricolages géniaux pour nous offrir un nouveau spectacle alliant nano-danse et cinéma et nous émouvoir par un récit onirique et poétique.

CRÉATION EN LIVE

"Fermez les yeux. A trois vous dormirez. Un...Deux...Trois". La voix de voix grave de Jaco Van Dormael nous invite à une déambulation onirique au pays de la grande faucheuse. Comme hypnotisé nous embarquons pour une expérience unique. Sur le plateau s'anime une équipe tout de noir vêtue, se déplaçant de part et d'autre de la scène occupée par des rails, des tables surmontées des maquettes, des bras mécaniques portant des caméras, tandis que le tout est surplombé d'un écran géant.



"Kiss and Cry" nous racontait une histoire d'amour et de vie. "COLD BLOOD" n'est pas une suite mais une aventure différente. Le texte de Thomas GUNZIG nous distille avec humour, mélancolie et une bonne dose d'absurde, sept morts idiotes. Septs tableaux, sept univers, sept histoires pas vraiment banales, sept souvenirs venus de l'au-delà. Comme des instantanés, des sensations captées lors de ces dernières secondes de vie.

La magie opère dès les premiers instants. Tandis que Michèle Anne De Mey, Grégory Grosjean et Gabriella Iacono déroulent une gestuelle subtile, chorégraphiée avec précision, Julien Lambert les filme en direct, qui se meuvent dans les maquettes de Sylvie Olivé. Se crée en direct un "film éphémère" comme le décrivent ses créateurs, lequel qui est projeté en live sur l'écran géant.

Là où KISS AND CRY ne faisait danser que les doigts dans une nano-danse féerique, COLD BLOOD fait la place aux corps, ombres ou images lointaines, grain de peau ou silhouette évanescente et fantomatique évoluant dans l'espace aérien d'une chambre.

MULTIDISCIPLINAIRE

Chaque séquence, chaque plan est travaillé dans le moindre détail comme pour le cinéma. La disposition de la scène permet au spectateur d'assister à la création sur le plateau (installation des décors et maquettes éphémères, visualisation des ingénieux bricolages, effets de lumière) et de visualiser immédiatement le rendu filmé. Danse, cinéma, théâtre, musique, les disciplines artistiques se mélangent et se fondent en un objet poétique où l'imaginaire prend forme. De l'eau, du savon, des brosses qui tournent grâce à une visseuse électrique, et sur l'écran c'est un car-wash qui apparaît. Un bac avec un fond d'eau et c'est un ballet à la Esther Williams qui nous ravit.

Comment ne pas laisser parler nos coeurs d'enfant quand quatre doigts se lancent dans une chorégraphie énergique à la Fred Astaire et Ginger Rogers, quand sur un minuscule socle rond surgit le souvenir de Jorge Donn dansant le Boléro de Ravel sur la chorégraphie de Maurice Béjart, quand un homme attrape une fusée miniature et que c'est Ariane ou Apolo qui prend son envol.

Le rêve ne serait pas complet sans la qualité de la bande-son. De György Ligeti à Nina Simone, de Frantz Schubert à David Bowie, de Chico Buarque à Igo Stravinsky, les musiques s'enchaînent avec la même magie pour nous transporter dans cet univers intime et universel.

Un travail d'équipe (ils ne sont pas moins d'une douzaine à venir saluer) qui mérite amplement la standing ovation d'une salle séduite par ce travail minutieux et exigeant et par la beauté du voyage qui lui a été proposé. Celui-ci se termine en apothéose avec un kaléidoscope éblouissant.

En bref : Le Collectif Kiss and Cry séduit à nouveau avec cette nouvelle aventure. Un OTNI que cette création live d'un "film éphémère". Un univers onirique créé par la magie de Michèle Anne de Mey et Jaco Von Dormael. Un rêve éveillé à ne pas manquer.


C'EST OU ? C'EST QUAND ?

La Scala Paris
 13 Boulevard de Stasbourg 75010 Paris
Du 4 au 27 janvier 2019
du mardi au samedi 21h - dimanche 15h

Retrouvez mon article sur KISS AND CRY en cliquant ICI


Crédit photo @Julien Lambert / Vidéo : Collectif Kiss and Kry
Vu novembre 2016 à L'Onde Vélizy

dimanche 11 septembre 2016

WE LOVE ARABS

PILONNAGE EN RÈGLE DU MUR DES PRÉJUGÉS
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LE BUZZ DU OFF 2016

Le Off 2016 s'est enflammé avec justesse pour WE LOVE ARABS, une pièce qui tire à boulets rouges sur les préjugés concernant la relation israélien / arabes. Le titre en lui-même est déjà un pied-de-nez à la bien-pensance. Dans cette satire fine et mordante le chorégraphe Hillel KOGAN imagine le processus de création d'un spectacle kitch, prétentieux, pseudo-engagé, qui durera 3 jours, se déroulera dans le désert, et qui aurait pour thème l'identité et le partage de l'espace entre Juifs et Arabes. Vaste programme ! Oui mais pour cela il a besoin d'un danseur arabe. Sauf qu'il n'en a aucun dans son répertoire ! Se présente un danseur Arabe, le seul d'Israël, mais qui ne correspondant pas tout à fait à ce que recherche le chorégraphe.


SE JOUER DES PRÉJUGÉS

Avec WE LOVE ARABS Hillel KOGAN dresse un réquisitoire lapidaire contre les réflexes racistes les plus sournois. Tout dans le spectacle est d'une profonde intelligence. Chaque mot, chaque mouvement est réfléchi, drôle, (im)pertinent. Il ne s'agit pas tant "d'une rencontre ou d'un conflit entre juif et arabe" mais de "la confrontation entre deux images" traitant avec subtilité les préjugés les plus larvés que l'on exprime sans même en avoir conscience. Dans cette perspective le duo avec Adi BOUTROUS est d'autant plus savoureux tant le danseur ne correspondant pas du tout à l'image typique de l'arabe. contrariant ainsi le projet de chorégraphe, le contraste entre les deux n'étant soudain plus aussi marqué qu'il le souhaiterait, ce qui donne lieu a de savoureux échanges, notamment dans les expressions.

Hillel KOGAN réalise également une satire savoureuse des milieux de la danse. Le chorégraphe qu'il interprète est une caricature assumée emplie d'auto-dérision. Que ce soit dans le vocabulaire ou dans la gestuelle il jongle avec les ressorts du comique, entre premier, deuxième, trentième degré. On se délecte de ce faux Hillel KOGAN qui impose à son danseur une relation dominant / dominé, infantilisant le danseur sans jamais lui laisser la parole. On savoure ce chorégraphe qui dans l'expression de son art utilise les danseurs comme une matière malléable qu'il peut triturer comme il l'entend pour en restituer sa pensée, sa vision créatrice, dans un processus de création qui peut être violent sans qu'il en ait parfois conscience. Une collaboration qui se termine en apothéose dans un magnifique duo, avant de partager l'houmous avec le public.

En bref : un petit bijou d'autodérision qui traite avec humour et subtilité des comportements ordinaires. Hillel KOGAN et Adi BOUTROUS nous offrent un spectacle d'une rare intelligence qui foule aux pieds la bien-pensance sur la coexistence israelo-arabe, tout en n'épargnant pas les milieux artistiques. Une pépite à ne manquer sous aucun prétexte.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre du Rond Point
Avenue Franklin Roosevelt - Paris
du 12 septembre au 8 octobre 2017
Durée : 45 mn

LIEN VERS LE TRAILER EN FRANCAIS EN CLIQUANT ICI

Vu Avignon 2016 - La Manufacture
Mise à jour du 12/09/17

samedi 16 janvier 2016

LES CHATOUILLES ou la Danse de la Colère

DANSE ET RÉSILIENCE
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TRIOMPHE !


Le 15 septembre 2014 restera longtemps dans ma mémoire. Mais si pour moi et pour tout le public du Théâtre Antoine l'émotion fut intense ce soir-là, que dire de celle qu'a du ressentir Andréa BESCOND. Ce soir là tous se sont levés spontanément pour ovationner pendant 10 minutes la comédienne-danseuse ou danseuse-comédienne, sa performance et son histoire. L'histoire d'une souffrance indicible, d'un vie qui aurait pu être gâchée et que la danse a sauvée, l'histoire d'une résilience.

Cette émotion je l'ai retrouvée intacte et toujours aussi intense en ce 14 janvier 2016 lors de la première de la programmation parisienne. Une date et un rendez-vous qu'il m'était impossible de manquer. La petite salle du Petit Montparnasse est l'écrin idéal pour ce spectacle intime. Une représentation toute aussi forte. Chaque soir la salle salue debout l'immense talent d'Andréa BESCOND.


UNE ENFANCE VOLÉE

Afficher l'image d'originePlus que le récit d'une enfance volée c'est la résilience par la danse que nous raconte ce spectacle poignant. Sans pathos aucun. Un coup de poing dans le ventre. Une danse qui vous prend aux tripes et qui vous laisse muet à la sortier

Je n'ai rien à ajouter à l'article que j'écrivais en septembre 2014 lorsque j'ai eu la chance d'être invité à un showcase, une soirée unique pour présenter les spectacle aux programmateurs, aux directeurs de salles, aux agences de communications, aux journalistes et à quelques amateurs passionnés de théâtre. Juste à le mettre à jour pour y mettre les dates tant attendues pour l'annoncer sur une scène parisienne. C'est fait. 

Alors, comme blogger ne renvoie pas aux abonnés les mises à jour, et que tous les lecteurs du blog ne me suivent pas forcément sur Twitter, ce nouvel article a pour but d'attirer à nouveau votre attention vers un des spectacles les plus forts de cette saison, à ne manquer sous aucun prétexte.


Pour en savoir plus sur la saisissante, belle et poignante prestation d'Andréa BESCOND
1/ relisez mon article en cliquant ICI
2/ Réservez vite vos places au Petit Montparnasse
3/ Découvrez une artiste d'une générosité extraordinaire qui des rires aux larmes vous donnera en cadeau force et optimisme


C'EST OU ? C'EST QUAND ?
31 Rue de la Gaîté 75014 PARIS
Métro Gaïté / Montparnasse / Edgar Quinet


jeudi 7 janvier 2016

THREE / BATSHEVA DANSE COMPANY

TROIS MERVEILLES POUR UNE PREMIERE

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Afficher l'image d'origine


UNE PREMIERE A GARNIER


Il y a un peu plus d'un an je découvrais la Batsheva Dance Company sur la scène de Chaillot.  J'ai immédiatement été séduite par l'esprit de cette compagnie et par la qualité de leur danse. C'est donc sans une seule seconde d'hésitation que j'ai pris une place dès la parution du programme de l'Opéra de Paris ou la célèbre compagnie est invitée pour la première fois de son histoire. Et quel choc que ce THREE !

Afficher l'image d'origineVous le savez si vous m'êtes fidèle, chroniquer de la danse n'est pas ma spécialité. Dès lors comment trouver les mots pour décrire ce spectacles pour moi éblouissant qui m'a hypnotisée pendant une heure ?


TROIS PARTIE. UNE UNITÉ DE TROUPE


La première pièce, BELLUS, pose tout de suite l'impressionnante technique si particulière de cette compagnie. Un danseur immobile s'anime tel un pantin désarticulé manipulé au ralenti. Les solos, pas de deux, pas de trois, chorégraphie de groupe s'enchaînent. Les mouvements des corps sont d'une souplesse hallucinante. Les trajectoires se croisent, se superposent, rapides, précises. Cette "gaga dance" créée par Ohad NAHARIN actuel directeur de la compagnie, repose sur un travail d'introspection et de compréhension individuelle du corps, poussant les danseurs et les danseuses à repousser toujours plus loin leurs limites tout en étant à l'écoute de leur sensation. 

J'ai retrouvé dans cette première partie ce qui m'avait plu l'année dernière : cette modernité dans laquelle se fondent des références orientales, cette dance énergique et forte qui ne se pas au sérieux et qui est parsemée de touches d'humour, cette élasticité et souplesse des corps


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HUMUS, la deuxième partie, exclusivement féminine, reste dans cet esprit.  Les corps longs et minces sont sensuels, doux, sauvages. Ils s'étirent, se tordent, courent, marchent, dansent. Il règne une grande unité au sein du groupe malgré des mouvements vifs, rapides, précis. Elles sont cinq à enchaîner de courtes phrases chorégraphiques sur la douce et lente musique de Brian Eno.

SECUS, la troisième et dernière pièce occupe plus de la moitié de ce trop court ballet. Toute la troupe, 17 danseuses et danseurs, déroulent dans une énergie hallucinante et sur une bande son éclectique et se terminant sur un énergique "You're welcome" des Beach Boys, un pas de deux envoûtant, des solos renversants, des lignes chorégraphiques hautement techniques et subtilement provocantes et irrévérencieuses. De quoi faire dire à une de mes voisines "c'est pas tous les jours que l'on voit cela, et ça fait 25 ans que je suis abonnée".

En bref : un merveilleux ballet qui en trois partie donne à voir la technique particulière du "gaga dance" créée par Ohad NAHARIN. Un corps de ballet énergique et d'une entente étonnante. Une dance qui réjouissante. Sublime et à ne manquer sous aucun prétexte.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Palais Garnier
1 Place de l'Opéra 75 Paris


Du 5 au 9 janvier 2016

   

dimanche 4 octobre 2015

CELUI QUI TOMBE

HALLUCINANTE PRÉCISION 
POÉTIQUE
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ÉQUILIBRE ET DÉSÉQUILIBRE

Un énorme plateau de bois de 6 m x 6 m qui descend des cintres, tenu aux quatre angles par des filins. 6 figures qui apparaissent debout dessus. Alors que le plateau descend de manière désarticulée les 3 femmes et 3 hommes tentent de maintenir leur équilibre mis à mal par les mouvements désordonnés de ce socle mouvant. L'équilibre est toujours précaire. Le déséquilibre les guette à chaque seconde, à chaque mouvement de l'un ou de l'autre, les rendant solidaires à chaque instant.  

Celui qui tombePendant un peu plus d'une heure les 6 artistes danseurs acrobates vont jouer avec les contraintes que leur impose cet objet tantôt posé sur un socle, tantôt suspendu entre scène et plafond. Chaque position crée un doute, une surprise, une interrogation, suscitant une réaction immédiate, une adaptation instantanée. Chaque situation crée une nouvelle contrainte physique à laquelle ils vont devoir réagir.

DÉFIER LA GRAVITE

Le plateau les entraîne dans une ronde, un tourbillon qui s'accélère. Défiant les lois de la gravitation les 6 acrobates luttent contre la force centrifuge. Puis ce sont les inclinaisons de ce support qui se meut, craque, bascule. Et lorsque le plateau se fait balançoire il nous laisse estomaqués par tant d'audace. Sous nos yeux naît un univers magique, poétique. Yoann BOURGEOIS explore la notion d'équilibre et sous sa direction ses artistes semblent repousser indéfiniment les limites du possible. 

On est stupéfait par la beauté des gestes, cette sensation parfois de jouer avec la gravitation et de voir évoluer 6 personnages qui sont dans une autre dimension, un autre monde, affranchis des contraintes de l'atmosphère terrestre. On tremble devant les prises de risque de ces corps constamment en tension. 

L'émotion naît, intense, profonde, devant l'agilité de Jean-Baptiste ANDRE, Mathieu BLETON, Julien CRAMILLET, Marie FONTE, Elise LEGROS et Vania VANEAU. Danseurs, acrobates, circassiens, leurs performances sont soulignées par la musique, par les voix de la Callas ou de Franck Sinitra, ou tout simplement par le silence. Et lorsque soudain s'élève leurs 6 voix a capela le public est saisi et bouleversé par ce chant chorale.

Formé à l'école du Cirque Plume Yoann BOURGEOIS créé un univers à part, d'une stupéfiante originalité, d'une intense poésie. Une spectacle d'une grande générosité. 

En bref : un spectacle inclassable, à la technique ahurissante, poétique et hypnotique. Un rêve éveillé. Un voyage dans une autre dimension qui nous laisse abasourdis et fascinés par tant de beauté. Un des plus beaux spectacle qui nous soit donné à voir. A ne manquer sous aucun prétexte.  

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
106 rue Brancion 75015 Paris


du 22 septembre au 10 octobre 2015



Puis en tournée. Toutes les dates sur le site de la Compagnie Yoann BOURGEOIS en cliquant ICI


Et ICI pour en voir un extrait

Crédit photo @Geraldine Aresteanu


jeudi 23 juillet 2015

RETOUR A BERRATHAM

DANS L'ENFER DE L'APRES-GUERRE

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Au programme de ce festival la rencontre d'un auteur et d'un chorégraphe. Délicat mariage de l'écriture et de la danse. 

Ce n'est pas la première fois que Angelin PRELJOCAJ se risque / prête à l'exercice. En cette saison qui marquera les 30 ans de sa compagnie le chorégraphe a demandé à Laurent MAUVIGNIER de lui écrire une pièce sur le thème de la violence, pensant à  celle faite au corps des danseurs. C'est la violence de la guerre ou plutôt l'empreinte qu'elle laisse après son passage qu'à choisi l'écrivain.

La scénographie s'ouvre sur une image de désolation : carcasse de voiture, tas de détritus, un espace fermé par des grandes grilles. L’atmosphère lourde et pesante de cette ville portant les stigmates de la guerre. Sommes-nous dans les Balkans ? Au Monténégro ? En Syrie ou au Liban ? En Amérique du Sud ou en Afrique ? Sommes-nous en 2015 ou en 1945 ? Même si les nom évoquent l'Europe et l'ex-Yougoslavie l'action pourrait se passer dans n'importe quel pays ravagé par une guerre civile ou étrangère. 

Un jeune homme débarque dans cette ville où il jouait jadis avec son frère. La guerre est passée. Beaucoup sont morts. Ceux qui sont encore là ont changé de manière irréversible. Les personnalités se sont révélées. Si la paix est revenue la violence de la guerre est plus que jamais présente, dans la douleur et les tourments des survivants. Certains ont assimilé cette violence, l'on intégrée à leur mode de vie. D'autres continuent à la vivre dans leur chair, dans leur âme.Le jeune homme cherche Katja, la femme à qui il doit ses seuls moments de bonheur, avant d'avoir dû partir pour le nord, avec l'espoir de revenir offrir aux siens un avenir meilleur.

La violence est d'abord portée par le magnifique texte de Laurent MAUVIGNIER. Violence des mots crus délivré par un trio mixte. Deux hommes (à la personnalité imprécise) et une femme (la mère de Katjia) qui, tel un chœur antique, psalmodient un texte exigeant et précis, brut. Ils surplombent la scène et les danseurs, se fondent parmi eux, les survolent tels des rapaces impatients de fondre sur leur proie.

La danse se fait accompagnement du texte. On aimerait qu'elle se fasse encore plus présente mais un équilibre s'établi. De très beaux moments de fulgurance émaillent le spectacle, comme l'arrivée du jeune homme ou la scène du mariage de Katjia. Elle transforme en beauté la laideur de la situation, prend le contre pied de la tradition décrite. Progressivement dépouillée de cette lourde robe noire dont les morceaux se font veste pour habiller les danseurs, figure fragile d'oiseau enfermé dans sa cage, sa libération par la nudité laisse éclater toute la colère du personnage. Intense moment aussi que celui de la scène de violence conjugale, rendue encore plus forte par sa démultiplication. Sans oublier la beauté aérienne de la scène finale en contrepoint de la narration.

Oui j'aurai aimé un peu plus de chorégraphie et peut-être un peu moins de texte et moins de description. Mais l'émotion était présente pour cette rencontre d'une plume et d'une sensibilité artistique. J'ai découvert les deux séparément il y a quelques mois et suis tombée sous le charme de l'un et de l'autre. Contrairement aux huées de bon ton entendues à la fin du spectacle (de bon ton car c'est à se demander si détester et démonter un spectacle avant même de l'avoir vu n'est pas la première loi du spectateur du In - pardon Du Festival d'Avignon - qui veut être dans le ton du moment), je n'ai pas été déçue par la proposition faite dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes, ayant retrouvé la beauté de l'écriture de Laurent MAUVIGNIER et l'émotion ressentie à sa lecture, ainsi que la technique et précision d'Angelin PRELJOCAJ.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Festival d'Avignon
Cour d'Honneur du Palais des Papes
17 / 18 / 19 / 20 / 22 / 23 / 24 / 25 juillet 2015 à 22h

En tournée en France saison 2015/2016 - Toutes les dates en cliquant ICI