Louis Jouvet disait "Au théâtre il n'y a rien à comprendre, mais tout à sentir". Au théâtre le côté Cour c'est celui du coeur. De là est né ce blog de critiques théâtrales, qui a pour objectif de vous faire partager ma passion pour le théâtre, mes coups de cœur, mes impressions, mes envies, mes émotions, et vous donner envie d'aller au Théâtre à Paris, à Avignon ou ailleurs.
mercredi 8 juillet 2026
NOTRE HUMBLE AVIS
samedi 4 juillet 2026
CUT, DES HISTOIRES , DES VIES
DROLE, DERANGEANT ET QUESTIONNANT
vendredi 3 juillet 2026
LES FANFARONS
RENCONTRE DE CLASSES
vendredi 27 mai 2022
EDMOND - 30e Festival de Théâtre de Maisons Laffitte
ODE A L'ESPRIT DE TROUPE
POUR UN THEÂTRE SOLIDAIRE
On ne peut pas parler du Festival de Théâtre de Maisons-Laffitte sans
parler de PSE - Pour un sourire d'enfant. Association d'intérêt général
reconnue de bienfaisance, apolitique et non confessionnelle, PSE défend les Droits
des Enfants.
dimanche 6 février 2022
LE CANARD A L'ORANGE
UN CANARD SAVOUREUX
Ceux qui me lisent depuis longtemps le savent, le théâtre de boulevard n'est pas ma "cup of tea". C'est certainement pour cette raison que j'avais laissé passer cette mise en scène du fameux Canard à l'orange lors de sa création en 2019. Peut-être aussi parce que pour moi qui comme beaucoup, j'ai grandi avec "Au théâtre ce soir" et des boulevards d'une qualité qui se retrouve rarement aujourd'hui sur les scènes parisiennes. Alors pourquoi aller à la Michodière pour cette reprise ? Peut-être parce qu'après deux années de pandémie, de frustration et d'une ambiance plus que morose, j'avais besoin d'un peu de légèreté. Bien m'en a pris.
La pièce commence par une partie d'échec entre Hugh Preston et son épouse Liz. Il l'a bat à plate couture, comme toujours, puis la piège pour lui faire avouer son infidélité (lui qui n'a pas manqué au cours de leurs 15 années de mariage de succomber aux charmes de nombreuses jeunes femmes !). Liz s'est amourachée de John Brownlow, riche héritier qui en est déjà à son troisième divorce. Commence alors une partie d'échec d'un autre genre, où le roi Preston va enchaîner les coups répondant à une stratégie implacable pour au final mettre son rival échec et mat et ainsi récupérer sa reine.
Le texte de William Douglas-Home, bien que datant de 1967, est adaptée avec brio par Marc-Gilbert Sauvajon, est encore plus modernisé par la mise en scène de Nicolas Briançon. Bien sûr, il y a du Jean Poiret dans cette mise en scène, un hommage au maître, mais il y a aussi le talent d'une équipe qui est à l'unisson. On est loin des portes qui claque et des rebondissements improbables. L'écriture est fine, intelligente, traitant du mariage et de la vie de couple avec plus de profondeur qu'il n'y parait. La traduction et l'adaptation ont su garder toute la richesse de l'humour anglais.
Si le décor de Jean Haas a gardé le charme un peu suranné des années 1960, la mise en scène est très dynamique. Les 5 comédiens ont plaisir à jouer ensemble, en parfaite osmose (mention particulière pour Hélène Médigue qui a repris en 15 jours le rôle de Liz, précédemment interprété par Anne Charrier). Nicolas Briançon en fait des tonnes dans l'humour et l'absurde, sans jamais être dans la caricature ni dans le mauvais goût. On se surprend à être en empathie pour cet homme blessé qui est toujours amoureux de cette femme qui veut le quitter. François Vincentelli est tout aussi hilarant en séducteur benêt et colérique à l'accent belge. Coté féminin, on n'est pas en reste. Sophie Artur est la rigueur de la gouvernante britannique à qui les subtilités des situations provoquées par Hugh Preston échappent totalement. Camille Lavabre est "Patty Pat", Mlle Forsyth, la secrétaire bimbo et ambitieuse de Preston, et élément perturbateur et pièce maîtresse de sa stratégie. Avec ses jambes longues comme un jour sans pain, elle ne laisse pas les hommes indifférents. Elle est pétillante et superbe quand en un geste elle laisse enfin paraître sa vraie personnalité. Et puis il y a Hélène Médigue, la seule qui ne semble pas emportée par ce tourbillon de folie, figure un brin tragique interprétée avec beaucoup de sensibilité.
En bref : Avec cette mise en scène brillante qui doit beaucoup à Jean Poiret, et une distribution brillante et à l'unisson, Nicolas Briançon rend ses lettres de noblesse au théâtre de boulevard de qualité. Ne passez pas à côté de ce Canard à l'orange plus que savoureux.
Le canard à l'orange de William Douglas-Home, adaptation de Marc-Gilbert Sauvjon, mis en scène par Nicolas Briançon, avec Nicolas Briançon, Hélène Médigue, François Vincentelli, Camille Lavabre et Sophie Artur.
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre de la Michodière4 bis rue de la Michodière 75002 ParisReprise depuis le 19 janvier 2022Du mercredi au samedi 20h - dimanche 15h30
jeudi 20 janvier 2022
HARVEY
HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE
Laurent Pelly met en scène une pièce britannique peu connue : Harvey. L'occasion de se plonger à nouveau dans un univers onirique comme les aime le dramaturge. On se souvient notamment de son très beau "L'oiseau vert" en 2015. Cette fois-ci il nous emmène rencontrer un doux rêveur de l'autre côté de la Manche. Une soirée poétique.
Elwood à la quarantaine et vit dans une grande maison bourgeoise britannique avec sa sœur Vera et la fille de cette dernière, Myrtle. La jeune fille est en âge de se marier et sa mère veut la lancer dans le monde. Si ce n'était Harvey, l'ami imaginaire d'Elwood, un lapin de 2m que nul ne voit hormis Elwood et qui ruine la vie sociale des deux femmes. Un ami imaginaire, ça passe quand c'est celui d'un enfant, mais Elwood a passé l'âge de ces enfantillages. C'est décidé, Vera va le faire interner. Mais incomprise par les médecins c'est elle qui se retrouve enfermée.
De quiproquos en malentendus, dans ce conte aux allures de boulevard un brin désuet, la subtilité de la langue et les manipulations et rebondissements en tous genres sèment le doute dans l'esprit des protagonistes, mais aussi du spectateur. Elwood est-il aussi fou qu'il le laisse paraître ?
Comme toujours chez Laurent Pelly la scénographie est sublime. L'esthétisme de la création de Chantal Thomas, jointe aux lumières de Joël Adam, à l'ambiance sonore installée par Alice Loustalot et aux costumes de Laurent Pelly et Jean-Jacques Delmotte contribuent à la magie du spectacle. Les panneaux du décor, sorte de Tetris, avec ses éléments qui viennent de partout : des côtés, du plafond, et s'incrustent les uns dans les autres tout en jouant en transparence avec le fonds de scène. Sont ainsi mis en place deux espaces : la maison bourgeoise et le hall de l'hôpital psychiatrique.
Dans ces espaces clairement marqués s'agitent tout une galerie de personnages cartoonesques. Les problèmes techniques rencontrés le soir de la représentation à laquelle j'ai assisté expliquent peut-être un certain manque de rythme. J'aurais aimé un jeu un peu plus cartoonesque lui aussi tant l'histoire se prête à une mise en scène à la Tex Avery. Il y a une vraie volonté de mettre en opposition Elwood (Jacques Gamblin) dandy british facétieux avec les autres personnages, censés être l'image de la raison et du sérieux, dont les postures souvent droites et rigides virent à la caricature. Dans cette opposition c'est cet esprit dérangé d'Elwood qui paraît parfois le plus normal de tous.
Autour de Jacques Gamblin la troupe ne ménage pas sa peine pour laisser place à la poésie du texte et de la mise en scène ainsi qu'à la douce folie de Mary Chase. Sauf qu'à y bien réfléchir, Harvey n'est peut-être pas qu'un trublion sorti de l'imagination d'Elwood. Ne serait-il pas le symbole de l'enfance qui ne nous quitte pas, de cette fantaisie qui rend la vie plus belle et permet de supporter la rudesse parfois du quotidien ?
En bref : Avec ce conte aux allures de boulevard Laurent Pelly nous offre une belle soirée de poésie et d'esthétisme. Autour de Jacques Gamblin, impérial Elwood, la troupe virevolte fait vibrer notre âme d'enfant. Un joli moment de poésie qui mériterait peut-être un brin de folie supplémentaire.
Harvey, de Mary Chase, mis en scène de Laurent Pelly, avec Jacques Gamblin, Charlotte Clamens, Pierre Aussedat, Agathe L'Huillier, Thomas Condemine, Emmanuel Daumas Lydie Pruvot, Katell Jan, Grégory Faive, Kevin Sinesi.
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Vu Janvier 2022 au Théâtre Montansier de Versailles
Crédit photo @Polo Garat
dimanche 10 octobre 2021
L'IMPORTANCE D'ETRE CONSTANT
UN OSCAR, PARCE QUE VOUS LE VALEZ BIEN
C'est souvent dans les vieux pots que l'on fait les meilleurs plats. L'automne arrive avec une nouvelle mise en scène de "L'importance d'être Constant" d'Oscar Wilde, et c'est Arnaud Denis qui s'y colle avec brio.
Le texte d'Oscar Wilde fourmille de bons mots mordants qui sont ici superbement mis en valeur par la direction d'acteur. Les traits d'esprit et critiques de la haute société britannique égoïste, misogyne, hautaine, en sont d'autant plus savoureux. Le casting est plutôt homogène et chacun des personnages est incarné avec réussite. Olivier Sitruk et Arnaud Denis campent avec justesse ces deux gentlemen épris de liberté et pris au piège de leurs mensonges. Delphine Depardieu est irrésistible dans le rôle de la fiancée excessivement bargeot. Nicole Dubois est une délicieuse Miss Prism et forme un duo bouffon avec Fabrice Talon, le révérent Chasuble. Marie Constance est la délicieuse, lumineuse et fraîche Cecily. Quant aux deux majordomes, Gaston Richard (Lane) et Jean-Pierre Couturier (Merriman), ils sont parfait de droiture et de respect. Mais c'est Evelyne Buyle qui éblouit dans le rôle de Lady Bracknell, vénérable et redoutée Tante Augusta. Son interprétation est brillante, un brin baroque. Elle inquiète ou rassure, à l'image de cette aristocratie garante des traditions et de la morale.
La mise en scène est dynamique, rythmée. On ne s'ennuie pas une seconde et les rires secouent la salle, savourant ce théâtre joyeux. Grâce à une remarquable distribution et direction d'acteur les répliques de Wilde sonnent et font mouches tandis que chaque personnage est habilement mis en valeur. Certainement le plus enlevé des textes d'Oscar Wilde, qui cingle sans jamais tomber dans la vulgarité, la facilité ou la méchanceté.
En bref : Arnaud Denis nous offre un grand moment qui cumule texte savoureux, mise en scène enlevée et interprétation brillante. On y court !
L'importance d'être Constant, d'Oscar Wilde, mise en scène Arnaud Denis, avec Evelyne Buyle, Olivier Sitruk, Delphine Depardieu, Arnaud Denis, Nicole Dubois, Marie Coutance, Jean-Pierre Couturier, Gaston Richard, Fabrice Talon. Décors Jean-Michel Adam, lumières Cécile Trelluyer, costumes Pauline Yaoua Zurini, musique Bernard Vallery
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
dimanche 5 janvier 2020
LA PUCE A L'OREILLE - Comédie Française
LA PUCE FAIT MOUCHE
*****
Et je dis merci à Lilo Baur et à cette troupe magnifique qui a su me faire aimer (enfin) le théâtre de Feydeau. Ça commence par un magnifique décor. L'action est transposée à la montagne, dans un chalet des années 1960. La chaleur de ce salon fait contraste avec la neige qui enrobe les sapins que l'on distingue derrière une grande baie vitrée qui occupe un tiers du fond de scène, libérant un espace intelligemment en lui donnant vie par des passages de personnages dans le ton de cette comédie très enlevée.En bref : même (et surtout) si vous n'êtes pas fan des vaudevilles courrez à la Comédie Française savourer cette formidable "Puce à l'oreille" mise en scène avec brio par Lilo Baur. Vous ne le regretterez pas. Du Feydeau grand format ! Immanquable !
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Vu janvier 2020 - Comédie Française
dimanche 27 octobre 2019
LA SOURICIÈRE
SO BRITISH, SO AGATHA
***
SUSPENS ET HUMOUR
UN DIVERTISSEMENT SO BRITISH
Leur séjour sera-t-il calme ? C'est compter sans la neige qui tombe et coupe le manoir du reste du monde et sans l'assassin de Culver Street qui est en fuite et aurait été vu dans les environs. Heureusement arrive l'inspecteur Trotter (Marc Maurille) qui va les protéger jusqu'à ce que les routes soient dégagées.C'EST OU ? C'EST QUAND ?
mardi 16 juillet 2019
COMMENT CA VA ?
CA VA MAL !
*
Cette communauté est incapable de communiquer. Pendant la première partie de la pièce tout n'est que brouhaha, dialogues qui tournent à vide. Chacun est en boucle sur sa problématique du moment, incapable d'entendre ce que l'autre dit ou essaie de lui dire. On l'a compris, c'est le propos de la pièce. Là où le bas blesse c'est que les situations et les personnages mettent du temps à s'installer. On ne comprend pas où l'auteur veut en venir.C'EST OU ? C'EST QUAND ?
samedi 13 juillet 2019
ILS NE MOURAIENT PLUS MAIS ÉTAIENT ILS ENCORE VIVANTS ?
ENFANTS TERRIBLES
****
Pour cette fratrie de trois la longévité de leur mère est devenu un problème. 10 ans qu'elle aspire leur vie et leur énergie. D'ailleurs à y regarder de près ils ont l'air beaucoup moins en forme que leur génitrice. Sans compter qu'elle leur coûte cher et qu'ils sont à court d'argent. Mais comment s'en débarrasser ? Faire appel à un professionnel ? La pousser du haut de l'escalier ? L'empoisonner avec une surdose de médicaments ? Mais si ça rate et que la tentative la laisse dans un état végétatif ou handicapé est-ce que cela ne sera pas pire pour eux ? Ce week-end sera le dernier. Ils n'en peuvent plus.C'EST OU ? C'EST QUAND ?
vendredi 12 juillet 2019
YOURTE - FESTIVAL OFF 2019
A MEDITER
***
samedi 19 janvier 2019
ERVART - Théâtre du Rond Point
UNE COMÉDIE BIZARRE
***
Ervart est en plein délire. Il est persuadé que sa femme le trompe. Alors il met la ville à feu et à sang. Au passage il va croiser un psychanalyste qui soigne avec des citations, une comédienne sur le retour en manque de rôle, des acteurs britanniques qui cherchent une poubelle et se trompent de scène, un agent secret zoophile, tandis que Frédéric Nietzsche balance ses essais qui explosent dans des poubelles et que le majordome est là pour remettre les choses en ordre.
Vincent Dedienne est virevoltant en Ervart, époux perdu et éperdu transformé en enfant gâté qui ne supporte aucune résistance. Ses enfants ont disparu, peu lui importe puisque seule sa femme compte. Ses délires, cauchemars ou fantasmes donnent naissance à quelques beaux tableaux oniriques. Si le jeu des comédiens n'est pas égal l'une d'entre eux est étincelante. Marie-Christine Orry est hilarante en comédienne prête à relever tous les défis.Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche, de Hervé Blutsch, mise en scène Laurent Fréchuret, avec Stéphane Bernard, Jean-Claude Bolle-Reddat, James Borniche, Maxime Dambrin, Vincent Dedienne, Margaux Desailly, Päuline Huruguen, Tommy Luminet, Marie-Christine Orry.
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Vu au Théâtre du Rond Point janvier 2019
Crédit photo @Christophe Raynaud de Lage
jeudi 25 octobre 2018
LE BANQUET - Théâtre du Rond Point - Le regard de Corinne
PARI GAGNANT POUR MATHILDA MAY
(Le regard de Corinne)
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Vu par Corinne - Octobre 2018
















