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jeudi 9 juillet 2026

ANTIGONE DES SUPERMARCHÉS

CONFESSIONS INTIMES

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"Aimez-moi". C’est la demande qu’Anne Jeanvoine fait au public pour débuter son spectacle. Cet amour, elle l’a réclamé, attendu, espéré toute sa vie.

Seule sur scène, Anne nous raconte son rêve avorté (pour le moment). Le rêve d’une enfant douée pour la danse mais qui abandonne au bout de 16 ans, se confronte à différents métiers, se fait comédienne. Elle rêve alors des grands rôles, comme celui d’Antigone. Mais c’est un rôle muet de mascotte dans les supermarchés qui lui permet de payer les factures. On est loin de la reconnaissance et de l’amour d’une profession ou du public.

Ce que nous livre Anne (qui n'aime pas son prénom), c'est aussi son parcours amoureux, la découverte puis l’acceptation de son homosexualité.

Dommage que le texte parte parfois dans tous les sens. Je n’ai pour ma part pas trouvé Antigone dans ce récit et suis restée sur ma faim.

En bref : Un témoignage sincère et douloureux, dit avec beaucoup de sensibilité, mais qui ne m’a pas touchée.

Antigone des supermarchés, de Anne Jeanvoine et Anne Rehbinder, mise en scène Antoine Rehdinder et Anne Jeanvoine, avec Anne Jeanvoine

C’EST OU ? C’EDT QUAND ?
Avignon Off 2026
11 - 11 boulevard Raspail - Avignon
Du 4 au 23 juillet 2026 - relâche 10 - 17
18h40 - 1h10

samedi 4 juillet 2026

MAINTENANT JE N’ECRIS PLUS QU’EN FRANCAIS

MERE OU PATRIE ? HEROS OU TRAITRE ?

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25 février 2022 ! Vous souvenez-vous de cette date ? Elle n'est pourtant pas si lointaine. 

Pour Viktor Kyrylov et ses 43 millions de compatriotes, cette date est celle de l’écroulement de leur monde. Dans la nuit, l’armée russe a envahit leur pays, bombardé leurs villes, sans sommation, au nom de l’idéologie d’un homme.

Ce jour-là, Viktor est à Moscou. Il y habite depuis trois ans. Il est étudiant en théâtre et est à la veille de réaliser son rêve : jouer sur les planche du Théâtre d’art, l’équivalent de la Comédie Française. Mais l’Histoire en a décidé autrement.

Ce que nous raconte Viktor à travers son spectacle, ce n’est pas seulement l’histoire d’un ukrainien en exil, c’est la douleur d’un peuple trahit par son grand frère, le déchirement entre deux cultures, la peur et la haine qui en quelques heures a infiltré les corps et les âmes, la (re)naissance d’une nation et d’une identité nationale.

C’est l’histoire d’un jeune homme qui a choisi la culture dans ce qu'elle a de plus noble, et qui se retrouve tiraillé entre l’envie de défendre sa patrie et de mourir pour elle, ou l’amour de sa mère qui lui demande de ne pas rentrer en Ukraine et de vivre. C’est la remise en question de tout ce qu’il aime, de cette culture russe qui était sa raison d’être et fait soudain de lui un traître à sa patrie. C'est redécouvrir une Histoire ré-écrite par le voisin envahisseur. C'est devoir choisir entre les deux langues qui ont bercé sa vie.

Pendant, des heures, des jours après le début de la guerre, Viktor ne sait plus comment vivre, que penser, comment interagir avec ses amis russes qui voient la situation sous un angle biaisé par le discours officiel. Faut-il rentrer pour mourir en héros ? Faut-il écouter sa mère et vivre ?

Ce déchirement, de dilemme, Viktor nous le confie dans un seul en scène émouvant, touchant, sans mélodrame et avec une pointe d'humour. Merci d'avoir choisi la France pour cet exil. Souhaitons qu'il puisse bientôt retourner chez lui librement, en sécurité, et accéder aux rôles dont il rêve depuis l'enfance.

L'espace scénique se découpe en deux : d'un côté un écran sur lequel sont projetés des cartes, des photos qui appuient le propos de Viktor. De l'autre la table de sa chambre d'étudiant, avec une chaise et des piles de livres. Si Viktor s'adresse principalement au public, quelques dispositifs sont intéressant, notamment lorsqu'il qu'il retourne l'écran, dévoilant un miroir, permettant à l'artiste d'interroger visuellement son moi intérieur.


En bref : un seul en scène touchant sur les déchirements du peuple ukrainien depuis le début de la guerre initiée par la Russie.

Maintenant je n'écris plus qu'en français, de et avec Viktor Kyrylov, son T. cany, scénographie C. Chiassai-Polin, Régie J. Duquesnoy.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2026
11 - 11 boulevard Raspail - Avignon
Du 4 au 23 juillet 2026 - Relâche 10-17
15h05 - Durée 1h30