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lundi 30 mai 2022

LE PORTEUR D'HISTOIRE - 30e Festival de Maisons Laffitte

 LA FORCE DU RECIT CHORALE


Deux pièces d'Alexis Michalik au programme de cette 30è édition du Festival de Maisons Laffitte. Au soir de ce 4è jour c'est la compagnie "Tous en scène" qui s'attaque au "Porteur d'histoire", pièce phare de l'auteur, récompensée par deux Molières en 2014 et qui n'a pas quitté l'affiche des théâtres parisiens depuis. Bref, un sacré challenge !

Petit rappel sur l'histoire : Martin Martin roule sur une piste en Algérie, arrive à Mechta Layadat où il fait la connaissance d'Allia et de sa fille Jeanne. Commence (mais est-ce bien le début) un récit digne d'Alexandre Dumas, une quête littéraire qui nous transportera sur 3 continents et au travers des siècles, sur les traces d'un trésor et d'une famille légendaires.

Tout comme pour "Edmond" vu plus tôt dans la semaine, le défi est relevé avec panache. Le plateau est divisé en deux parties dans lesquels vont se jouer les différentes étapes de ce récit à tiroirs, les pièces du puzzle se mettant en place progressivement jusqu'à la surprise finale. Le décor est composé de quelques cubes que les comédiens déplacent selon les besoins, qui servent à recueillir les nombreux accessoires et se transformant également en jeep, en avion, en fontaine. Au centre deux panneaux figurent une bibliothèque et servent de passage (d'un lieu à un autre, d'une époque à une autre).

Le rythme est soutenu. Les comédiens passent d'un personnage à un autre avec rapidité, sans temps mort. Les astuces de décor et de mise en scène permettent au spectateur de ne pas se perdre dans ce récit en forme de puzzle. Les dialogues à travers le temps et l'espace fonctionnent bien.

Au sein d'une distribution mêlant des comédiens et comédiennes amateurs aux niveaux d'expérience variés, du débutant au plus aguerri, je retiens plus particulièrement l'œil malicieux de Christian Haton (Martin Martin de 2011) qui a le don de raconter des histoires et de convaincre tous ses interlocuteurs de le suivre ou de l'aider à mener sa quête ; les multiples facettes de Christophe Ecobichon qui donne une couleur unique à chacun de ses personnages, de Michel le fossoyeur au pape Clément VI en passant par le cafetier ou le berbère (entre autres); ainsi que la prestation de Catherine Duval qui multiple les rôle féminin et est aussi à l'aise dans la peau de la douce mais libre Allia que dans le rôle d'Eugène Delacroix.

Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai vu cette pièce que j'aime faire découvrir à mes amis. Il aurait donc été facile d'être déçue par une mise en scène autre que celle de l'auteur. Aussi, même si je n'ai pas été aussi emportée que d'habitude, j'ai beaucoup apprécié la proposition de la Compagnie Tous en Scène et la mise en scène de Laurent Viers, ainsi que le beau travail de cette troupe très attachante.

Le porteur d'histoire, d'Alexis Michalik, mise en scène Christophe Viers, avec Laurent Charpiot, Catherine Duval, Christophe Ecobichon, Victor François Galichon, Christian Haton, Lise Huss, Céline Laboisse, Jérôme Raimbault, et (à partir d'octobre 2022) Anne-Brigitte Lecorvaisier

Vu le 28/05/2022 - Salle Malesherbes - Maisons Laffitte


POUR UN THEÂTRE SOLIDAIRE

 

On ne peut pas parler du Festival de Théâtre de Maisons-Laffitte sans parler de PSE - Pour un sourire d'enfant. Association d'intérêt général reconnue de bienfaisance, apolitique et non confessionnelle, PSE défend les Droits des Enfants.

 Depuis plus de 25 ans elle agit au Cambodge pour sortir les enfants de l'extrême misère et les mener jusqu'à un métier. Reconnue par les autorité cambodgiennes, l'association intervient dans le respect du pays, en collaboration avec les habitants. Elle est lauréate du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.

 La famille Biessy et l'équipe du Festival soutiennent son action depuis de nombreuses années. Si le festival ne sert pas à lever des fonds pour PSE, c'est néanmoins pour moi l'occasion idéale de signaler son action et de vous inviter, si vous souhaitez participer à cette aventure, à faire un don en cliquant ICI.

vendredi 27 mai 2022

EDMOND - 30e Festival de Théâtre de Maisons Laffitte

ODE A L'ESPRIT DE TROUPE



Depuis sa création en 2016 au Théâtre du Palais-Royal à Paris, "Edmond", d'Alexis Michalik, ne désemplit pas. Pièce chorale, c'est une ode au théâtre et au théâtre de troupe. Il faut donc du courage et du culot pour s'attaquer à cette pièce auréolée de  5 Molières. La Compagnie la Trappe relève haut la main ce défi, avec certes quelques petits défauts qu'on leur pardonne aisément.

Petit rappel sur le sujet. Tout commence début décembre 1897. La dernière tragédie en vers d'Edmond Rostand est un four. Le public demande des comédies, de la légèreté, et Feydeau et Courteline sont les rois de Paris. En dehors de Rosemonde, l'épouse du poète dramaturge, il en est une qui croit dur comme fer au talent du jeune Edmond : la grande Sarah Bernhardt. Sur sa recommandation le grand comédien Jean Coquelin va commander une comédie en prose et en trois actes à Rostand. Ce sera "Cyrano de Bergerac", drame en cinq actes et en alexandrin qui sera écrit et monté en 3 semaines, et qui est la pièce du répertoire français la plus jouée dans le monde. Avec le talent de conteur qui est le sien Alexis Michalik fait de cette histoire, avec laquelle il prend quelques libertés, un spectacle jubilatoire.

Cette jubilation on la retrouve avec la proposition de la Compagnie La Trappe. Très rapidement on sent la force de cohésion d'une troupe qui se connaît bien et qui a durement travaillé pour monter ce spectacle. Les scènes se succèdent selon le rythme que l'on connaît des créations d'Alexis Michalik. Ne disposant pas des moyens techniques du théâtre du Palais-Royal, la compagnie a mis en œuvre de nombreuses astuces pour créer un décor modulable. On retrouve ici ce qui fait le succès des créations de l'auteur : les changements de décor à vue, les accessoires à usages multiples (deux panneaux mobiles agrémentés de rideaux, des palettes qui se font scène, réception d'hôtel ou barricades), les comédiens qui interprètent plusieurs rôles et passent de l'un à l'autre en un temps records avec tous les changements de costume que cela implique.

Toute la troupe déborde d'une énergie communicative. Difficile de tous les citer. Ils sont douze sur scène dans un tourbillon  Xavier Maufroy est un Edmond qui doute. Amoureux de sa Rosemonde (sensible et jalouse Amandine Bordon-Eymard), c'est grâce à la belle Jeanne (magnifique Johanna Manteaux) qu'il va retrouver l'inspiration et écrire son chef-d'œuvre. Je retiens également Stéphanie Poisson juste dans tous ses rôles, notamment dans celui d'Honorine (rôle féminisé) et l'hilarante prestation de Jean-Michel Laroudie en réceptionniste. Sans oublier la musique jouée live sur scène.

Le public du Festival de Maisons Laffitte ne s'y trompe pas et a salué de long applaudissements ce "Edmond" joué avec enthousiasme et plaisir intense par la Compagnie La Trappe, sous la direction de Christophe Lesage.

Le point de vue de Véro du blog Théâtr'elle est à lire en cliquant ICI

Edmond, d'Alexis Michalik, mise en scène et scénographie Christophe Lesage, avec Victor Balédent, Amandine Bourdon-Eymard, Suzy Dupont, Gilbert Edelin, Pascal Etting, Jean-Michel Laroudie, Nicolas Lemonnier, Johanna Manteaux, Xavier Maufroy, Anne Pazdzior, Stéphanie oisson, Robin Sautel, décors et création graphique Xavier Maufroy, création musicale Victor Balédent.

Ce spectacle a reçu le Prix d'interprétation masculine pour Xavier Maufroy pour le rôle d'Edmond au 30e festival de Maisons Laffitte.

Vu le 26/05/2022 - Salle Malesherbes - Maisons Laffitte

POUR UN THEÂTRE SOLIDAIRE

 

On ne peut pas parler du Festival de Théâtre de Maisons-Laffitte sans parler de PSE - Pour un sourire d'enfant. Association d'intérêt général reconnue de bienfaisance, apolitique et non confessionnelle, PSE défend les Droits des Enfants.

 Depuis plus de 25 ans elle agit au Cambodge pour sortir les enfants de l'extrême misère et les mener jusqu'à un métier. Reconnue par les autorité cambodgiennes, l'association intervient dans le respect du pays, en collaboration avec les habitants. Elle est lauréate du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.

 La famille Biessy et l'équipe du Festival soutiennent son action depuis de nombreuses années. Si le festival ne sert pas à lever des fonds pour PSE, c'est néanmoins pour moi l'occasion idéale de signaler son action et de vous inviter, si vous souhaitez participer à cette aventure, à faire un don en cliquant ICI.


lundi 16 septembre 2019

EDMOND - THÉÂTRE DU PALAIS ROYAL - Le regard de Corinne

LA NAISSANCE DE CYRANO DE BERGERAC
Le regard de Corinne





Inutile de le présenter : plusieurs pièces à l'affiche, toutes aussi variées les unes que les autres, et autant de succès. Quelle créativité ! Edmond, première mise en scène en 2016, une flopée de Molière en 2017, est actuellement joué au théâtre du Palais Royal pour une séance de rattrapage. Fait inhabituel, le triomphe d'Edmond, pièce de théâtres, a permis son adaptation au cinéma alors qu'initialement elle était écrite pour le 7ème art. Le film est lui aussi une réussite.

Qui mieux qu'Alexis Michalik, auteur et metteur en scène, peut comprendre le long chemin, souvent semé d’embûches, qu'est l'écriture. En se glissant dans la peau de l'auteur Rostand, il nous raconte, en apportant sa touche, l'accouchement difficile et chaotique de l'un des chefs d'œuvre de la littérature française. Rostand n'a rien écrit depuis un certain temps. Il est en panne d'inspiration quand Sarah Bernhard, son admiratrice, le présente à Monsieur Coquelin, un comédien célèbre de l'époque. Sans avoir commencé à écrire une ligne de la pièce, il doit persuader ce dernier de la jouer, de quoi alimenter encore plus ses angoisses.

La mise en scène d'Alexis Michalik est dynamique et virevoltante comme pour souligner l'urgence (financière pour Coquelin) et la nécessité (de se rassurer pour Rostant) de réaliser cette pièce, Cyrano de Bergerac. La vivacité des échanges entre les deux est marquée par l'intérêt commun qu'ils ont à la créer. Coquelin ne laisse pas le temps à Rostand de réfléchir, il le pousse dans ses retranchements, l'oblige à avancer et à trouver l'inspiration. Il faut dire que la vedette de l'époque c'est Feydeau, qui fait rire tout Paris. Comme un parallèle, Alexis Michalik dans Edmond, lui emprunte les quiproquos, les malentendus, les rebondissements (portes qui claquent, pseudo adultère), sans pour autant faire du vaudeville.

Le décor est constamment en mouvement et accentue encore ce sentiment d'urgence. Les comédiens à tour de rôle poussent un lit, un bureau, une porte, pour nous amener dans l'intimité créatrice de Rostand. Ils poussent ces mêmes meubles, et nous voilà, avec quelques chaises et un comptoir, dans le bistrot de Monsieur Honoré. Ce rythme soutenu de changement de lieu provoque l’enchaînement des actions comme pour ne pas laisser retomber le soufflet de la création. Cette troupe de comédiens déborde d'énergie entièrement au service de la pièce impulsant une dynamique incroyable.


La Michalik Touch continue de tracer sa route.


Edmond, une création et une mise en scène d'Alexis Michalik avec en alternance : Adrien Melin, Alice Allwright, Anna Mihalcea, Ary Gabison, Augustin Ruhabura, Benoît Cauden, Catherine Arondel, Christian Mulot, Cyril Descours, Eric Mariotto, Eric Pucheu, Eriq Ebouaney, Fabienne Galula, Fannie Dunglas, Gall Gaspard, Jacques Bourgaux, Jean Michel Martial, Jeanne Guittet, Juliette Lamboley, Nathan Dunglas, Nora Giret, Pierre Bénézit, Pierre Forest, Régis Vallée, Sandra Dorset, Valérie Baurens, Valérie Vogt, Vincent Viotti.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre du Palais Royal 
38 Rue de Montpensier - 75001 Paris
Du 15 au 31 décembre 2019

mardi 30 mai 2017

MOLIERES 2017 - Mes coups de coeur

MOLIÈRES 2017
LES CHOIX DU THÉÂTRE COTE CŒUR

Une nouvelle saison s'achève. L'heure du bilan marqué par la cérémonie des Molières qui s'est tenue le 29 mai 2017, avec ses imperfections, ses surprises, ses oubliés. Ainsi la dernière création du Théâtre du Soleil qui n'apparaît pas dans la liste pour cause de formulaire transmis hors délai. Pluie de nominations pour EDMOND, l'hommage d'Alexis Michalik au monde du théâtre qui affiche complet depuis septembre 2016, mais aussi pour LA GARÇONNIÈRE au succès bien plus confidentiel. C'est ça aussi les paradoxes des Molières.

Une année marquée par la qualité des spectacles programmés à la Comédie Française. Un cru d'exception qui se reflète dans les nominations et dans le palmares. Deuxième saison pour Eric Ruf à la tête de l'institution et une troupe qui semble n'avoir jamais été aussi prodigieuse.

Voici le palmarès de l'Académie des Molières en regard de mes choix parmi les nommés 2017 (article rédigé avant la proclamation du palmarés mais de publication tardive, victime des aléas de la technologie)

MOLIÈRE DU SPECTACLE DU THÉÂTRE PRIVE


C'est LE succès de l'année et la confirmation, si besoin était, de l'incroyable talent de conteur d'Alexis Michalik. Avec EDMOND il rend hommage au théâtre par le récit de la création de la plus emblématique des pièces du répertoire français : Cyrano de Bergerac. 


Autres nommés : Bigre (Tristan Bernard), La Garçonnière (Th. de Paris), Les femmes savantes (Th de la Porte Saint Martin)

Molière attribué à : EDMOND 

Ma chronique en cliquant ICI

MOLIÈRE DU SPECTACLE DU THÉÂTRE PUBLIC

LES DAMNES ont marqué le retour de la Comédie Française dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes. Ivo van Hove donne une adaptation choc du film de Visconti. Et une troupe en touts points remarquable. L’événement du Festival d'Avignon 2016 et du début de saison à Paris.

Autres nommés : Karamazov (TGP), La grenouille avait raison (Rond Point), Les enfants du silence (Comédie Française)

Molière attribué à : LES DAMNES

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MOLIÈRE DE LA COMÉDIE

Avec BIGRE Pierre Guillois a fait le pari d'un spectacle atypique. Pas tout à fait muet mais sans dialogue. Une histoire entre burlesque et absurde avec une touche de poésie et de folie. Deux heures de rire avec 3 comédiens magnifiques

Autres nommés : Edmond (Palais Royal), La Garçonnière (Théâtre de Paris), Silence on tourne (Théâtre Fontaine)

Molière attribué à : BIGRE

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MOLIÈRE DE LA CRÉATION VISUELLE

Spectaculaire par l'utilisation de la Cour d'Honneur (plus dans ce lieu magique que lors de la reprise dans la salle Richelieu), par la force de la vidéo, par la puissance de l'ensemble, mon choix va sans hésitation à LES DAMNES, mis en scène par Ivo Van Hove avec la troupe de la Comédie Française.

Autres nommés : Edmond (Palais Royal), La Garçonnière (Théâtre de Paris), La grenouille avait raison (Rond Point)

Molière attribué à : LES DAMNES

Ma chronique en cliquant ICI

MOLIÈRE DU SPECTACLE MUSICAL

Il manque dans cette liste 31, le succès surprise d'Avignon Off 2017. Mon choix va donc à OLIVER TWIST, le musical et la très belle adaptation française de Christopher Delarue. Une production de qualité qui n'a rien à envier à Broadway. Présenté à la Salle Gaveau.

Autre nommés : Ivo Livi ou le destin d'Yves Montant (Tristan Bernard et Gaîté Montparnasse), Les Sea Girls (pas de scène parisienne sur la période), Traviata (Bouffes du Nord)


Molière attribué à : IVO LIVI ou le Destin d'Yves Montant

Mes chroniques sur 31 et sur Oliver Twist

MOLIÈRE DE L'HUMOUR

Catégorie qui n'est pas ma tasse de thé et qui peine à se renouveler selon mon avis très personnel et assumé. J'ai été séduite par la tendresse, la simplicité, la délicatesse de Vincent DEDIENNE dans son premier seul en scène, S'IL SE PASSE QUELQUE CHOSE. Un ton nouveau dans le domaine de l'humour, que l'on retrouve dans ses chroniques radio et télé. Mais que ne me font pas oublier qu'il est aussi un comédien très sensible (Je marche dans la nuit par un chemin mauvais).

Autres nommés : Dany Boon dans Dany Boon des Hauts de France, François-Xavier Demaison, Gaspard Proust

Molière attribué à : Vincent DEDIENNE, S'IL SE PASSE QUELQUE CHOSE (notamment au théâtre de l'Atelier)

Ma chronique de S'IL SE PASSE QUELQUE CHOSE en cliquant ICI


MOLIÈRE DU SEUL(E) EN SCÈNE

Choix difficile entre deux spectacles. Malgré la belle prestation de Thomas Solivérès dans Venise n'est pas en Italie, c'est à RÉPARER LES VIVANTS que va mon vote. L'adaptation d'Emmanuel Noblet a pour moi su transmettre l'urgence de l'écriture de Maylis de Kerangal et l'intensité de l'émotion de cette histoire à la fois tragique et emplie d'espoir.

Autres nommés : L'asticot de Shakespeare (Clémence Massart), L'esprit de contradiction (Camille Chamoux), Venise n'est pas en Italie (Thomas Solivérès)

Molière attribués à : RÉPARER LES VIVANTS de Emmanuel Noblet

Ma chronique en cliquant ICI

MOLIÈRE DU COMÉDIEN DANS UN SPECTACLE DU THÉÂTRE PRIVE
Ces dernières années, à force de jouer des textes écrits pour lui, son jeu manquait de nuances. Dans LE CAS SNEIJDER Pierre Arditi prouve qu'il peut jouer toujours jouer autre chose que son personnage cabotin pour pièces de boulevard. Mis en scène par Didier Bezace, il est touchant dans ce rôle d'homme brisé (Théâtre de l'Atelier)

Autres nommés : Jean-Pierre BACRI (Les Femmes Savantes au Théâtre de la Porte Saint Martin), Jean-Pierre BOUVIER (excellent dans La version Browning au Poche Montparnasse), Guillaume de TONQUEDEC (La Garçonnière au Théâtre de Paris)



Molière attribué à : Jean-Pierre BACRI pour Les Femmes Savantes (reprise)


MOLIÈRE DU COMÉDIEN DANS UN SPECTACLE DU THÉÂTRE PUBLIC

C'est encore une fois LES DAMNES qui m'a le plus marque. Si tous les comédien-ne-s étaient d'une rare excellence, l'académie des Molières a nommé Denis PODALYDES. C'est à Christophe MONTENEZ qu'irait mon suffrage, pour son personnage torturé. Choix difficile dans une catégorie où l'on retrouve également Laurent Natrella, remarquable dans la reprise des Enfants du Silence.

Autres nommés : Patrick Catalifo pour Timon d'Athènes, Philippe Caubère pour Le Bac 68, Laurent Natrella pour L.es Enfants du Silence

Molière attribué à : Philippe Caubère pour Le Bac 68


MOLIÈRE DE LA COMÉDIENNE DANS UN SPECTACLE DU THÉÂTRE PRIVE

Rude concurrence pour des rôles forts. Béatrice AGENIN est une Reine de France implacable et protectrice des intérêts de son fils, le futur François Ier dans LA LOUVE. Une leçon d'histoire sous un angle à la fois classique et décalé.

Autres nommées : Catherine Arditi pour Ensemble, Clémentine Célarié pour Darius, Cristiana Réali pour M'man

Molière attribué à : Catherine Arditi pour Ensemble


MOLIÈRE DE LA COMÉDIENNE DANS UN SPECTACLE DU THÉÂTRE PUBLIC

Encore une catégorie qui souligne l'excellence de la troupe de la Comédie Française cette saison encore plus que par le passé. Difficile de choisir entre Elsa LEPOIVRE et Françoise GILLARD. C'est cette dernière que je retiens pour son rôle dans LES ENFANTS DU SILENCE, repris hors les murs au Théâtre Antoine. Une interprétation poignante.

Autres nommés : Romande Bohringer pour La Cantatrice Chauve, Isabelle Carré pour Honneur à notre élue, Elsa LEPOIVRE pour Les Damnés 

Molière attribué à : Elsa LEPOIVRE pour Les Damnés (mais vaut pour tous ses rôles de la saison)
MOLIÈRE DU COMÉDIEN DANS UN SECOND RÔLE

Parce que j'ai une admiration sans borner pour ce comédien, parce qu'il se détache des autres quel que soit le spectacle, pour l'ensemble de ses rôles cette année plus que seulement pour celui du patriarche dans Les Damnés, c'est à Didier SANDRE que va ma voix (en attendant de pouvoir la lui donner pour un rôle principal).

Autres nommés : Jean-Pierre Bordes pour Vient de paraître, Jacques Fontanel pour La Garçonnière, Pierre Forest pour Edmond, Gilles Privat pour Le Temps et la Chambre, Patrick Raynal pour La Louve

Molière attribué à : Pierre Forest pour Edmond

MOLIÈRE DE LA COMÉDIENNE DANS UN SECOND RÔLE

N'ayant vu qu'un seul des spectacle cités je ne pourrai me prononcer sur cette catégorie. J'ai néanmoins beaucoup apprécié la prestation de Florence Viala dans Le Petit Maître Corrigé à La Comédie Française mais c'est dans Vania qu'elle m'a plus marquée cette saison.

Nommés : Evelyne Buyle pour Les Femmes Savantes, Ludivine de Chastenet pour Politiquement correct, Anne Loiret pour Avant de s'envoler, Josiane Stoléru pour Bella Figura, Dominique Valadié pour Le Temps et la chambre, Florence Viala pour Le Petit Maître corrigé

Molière attribué à : Evelyne Buyle pour Les Femmes Savantes

MOLIÈRE DE LA RÉVÉLATION MASCULINE

Entré à la Comédie Française en Juillet 2014 Christophe MONTENEZ a explosé cette année. D'abord dans le rôle de Martin dans LES DAMNES mais aussi dans le Petit Maître Corrigé ou dans Comme une pierre qui roule (que j'espère voir avant la fin de la saison). Il domine pour moi la saison, malgré les très belles prestations de Guillaume SENTOU, fabuleux Edmond Rostand, et de Mathieu SAMPEUR mis en scène par Thomas Ostermeier.

Autres nommés : Fabio Marra dans Ensemble, Matthieu Sampeur dans La Mouette, Guillaume Sentou dans Edmond

Molière attribué à : Guillaume SENTOU dans rôle de Edmond Rostand au Théâtre du Palais Royal


MOLIÈRE DE LA RÉVÉLATION FÉMININE

Si Mélodie RICHARD est une mouette extraordinaire dans la mise en scène de Thomas Ostermeier, c'est Anna CERVINKA qui se détache pour moi. Pour Les Enfants du Silence mais surtout pour son rôle dans VANIA (d'après Oncle Vania) à la Comédie Française, mis en scène par Julie DELIQUET.

Autres nommés : Hélène Degy dans La Peur, Delphine Depardieu dans Le dernier baiser de Mozart, Mélodie Richard dans La Mouette

Molière attribué à : Anna CERVINKA pour Les Enfants du Silence (et Vania)


MOLIÈRE DE L'AUTEUR FRANCOPHONE VIVANT

J'aurai aimé voir la nouvelle création de Nasser Djemaï. en attendant une reprise de Vertiges, c'est sur Alexis MICHALIK que se porte ma voir. Avec EDMOND il rend un vibrant hommage au théâtre. Avec INTRA MUROS il revient à une écriture plus instinctive, dans un registre plus intime. Deux créations qui lui permettent de nous éblouie encore et encore avec son incroyable talent de conteur

Autres nommés : Nasser Djemaï pour Vertiges, Salomé Lelouch pour Politiquement correct, Marie Ndiaye pour Honneur à Notre Elue, Pierre Notte pour C'est Noël tant pis, Gérard Watkins pour Scènes de violences conjugales

Molière attribué à : Alexis MICHALIK pour Edmond


MOLIÈRE DU METTEUR EN SCÈNE D'UN SPECTACLE DU THÉÂTRE PRIVE


Parce qu'il m'est impossible de les départager c'est à Pierre GUILLOIS pour Bigre et à Alexis MICHALIK pour Edmond (et Intra Muros), que va mon suffrage. Je me permets de tricher avec la règle de l'unique vainqueur, privilège de blogueuse.

Autres nommés : Catherine HIEGEL pour Les Femmes Savantes, José Paul pour La Garçonnière

Molière attribué à : Alexis Michalik pour Edmond



MOLIÈRE DU METTEUR EN SCÈNE D'UN SPECTACLE DU THÉÂTRE PUBLIC

L'avantage de cette distinction public / privé est de pouvoir récompenser deux talents. Là encore choix difficile, sans oublier ceux qui manquent dans cette sélection. C'est à Julien GOSSELIN qu'irai ma voix pour 2666, le fabuleux pari de mettre en scène l'énorme et complexe roman de Roberto Balaño. Un spectacle fleuve à la mise en scène variée, inventive et puissante.

Autres nommés : Jean Bellorini pour Karamozov, James Thierrée pour La grenouille avait raison, Ivo van Hove pour Les Damnés

Molière attribué à : James Thierrée pour La grenouille avait raison (Théâtre du Rond Point)


MOLIÈRE DU SPECTACLE JEUNE PUBLIC

Pas de choix de la part du Théâtre Côté Coeur pour cette catégorie, n'ayant vu aucun des spectacles nommés, qui sont : Dormir 100 ans / L'après-midi d'un foehn / Le Bossu de Notre Dame / Les fourberies de Scapin

Molière attribué à : Dormir 100 ans de Pauline BUREAU mis en scène par Pauline Bureau, Cie La Part des Anges 



Un Molière d'honneur a été remis à Isabelle HUPPERT, par Ivo van Hove.

En attendant que soient dévoilés la totalité des programmes de la saison prochaine, qui ne manqueront pas de nous apporter notre dose de rires, d'émotions, de surprises, de révélations, de rêves, n'oubliez pas

Pour que vive le spectacle vivant, allez au théâtre ! (et au cirque)

samedi 8 avril 2017

INTRA MUROS

ALEXIS MICHALIK GOMME LES MURS
****



Il n'en finit pas de créer des succès. Alors que EDMOND affiche complet tous les soirs au Théâtre du Palais Royal, que Le Porteur d'Histoire ne désemplit pas au Théâtre des Béliers Parisiens, que Le Cercle des Illusionnistes va être repris à La Pépinière, c'est avec un nouveau choc qu'Alexis MICHALIK inaugure la réouverture du Théâtre 13 Jardin.

REPOUSSER LES MURS

Ange et Kevin ont déjà passé un certain nombre d'années en prison, en maison centrale plus précisément, la catégorie d'établissements pénitentiaires qui prend en charge les condamnés à de lourdes peines. Ce jour-là ils vont participer pour la première fois à un atelier théâtre animé par Richard, metteur en scène à la gloire passée, et son ex-compagne et comédienne fétiche. Le tout sous le regard d'Alice, une jeune assistante sociale inexpérimentée. De ce huis clos va naître une introspection pour chacun des protagonistes, entremêlant fiction et réalité,


INTRA MUROS est né de la rencontre entre Alexis MICHALIK et un groupe de détenus, il y a quelques années, à l'occasion d'une remise d'un prix décerné par les détenus d'une centrale. Deux ans de travail pour que le projet soit prêt pour la renaissance du Théâtre 13 Jardin après deux ans de travaux. Un symbole en forme de remerciement pour cette salle qui a vu les premiers pas du PORTEUR D'HISTOIRE.

De cet échange est né une réflexion sur l'espace et le temps. Ce cours de théâtre que va donner Richard va ramener chacun des intervenants à son rapport avec ces deux notions. La scène comme la prison est un espace clos pendant lequel le temps va pouvoir s'étirer ou se rétrécir, où les repères du monde réel se perdent pour laisser place à l'abstraction et à la liberté de la fiction, de l'imaginaire, du rêve.

REVENIR AUX BASES

Pour INTRA MUROS Alexis MICHALIK est revenu aux règles qu'il a utilisé pour le PORTEUR D'HISTOIRE : une écriture de plateau à partir d'improvisations dirigées, une scénographie simple et dépouillée, des portants devant lesquels les comédiens changent de costumes à vue. Ils sont 5 sur scène, plus un musicien. 6ème homme à part entière Raphaël CHARPENTIER tisse en direct un univers musical qui nous enveloppe sans être envahissant.

Sur le plateau les 5 personnages se cherchent. Le spectacle commence doucement, comme un cours de théâtre qui a du mal à se mettre en place quand les participants ne sont pas très motivés. RICHARD (Paul JEANSON) est un peu lourd avec des jeux de mots mal à propos et son comportement insistant et gauche vis-à-vis de Jeanne (la toujours fabuleuse Jeanne ARENES). Alice (Alice de LENCQUESAING) est timide, gauche, hésitante et téméraire. Kevin (Fayçal SAFI) est un jeune fou, gamin issu de banlieue, victime de la société, écorché et sacrifié, que l'absence de père a jeté dans la petite délinquance et dans la spirale de la violence. Et puis il y a Ange (Bernard BLANCAN), le Corse solide et froid comme un roc, mais généreux comme son île. Victime de sa loyauté il est pour Kevin l'image de ce père absent, et sera celui que saura calmer le cheval fougueux et remettre le jeune homme sur le droit chemin.

LE TRESSEUR D'HISTOIRES

Je l'avoue j'ai d'abord eu un sentiment de déception pendant le spectacle. N'ayant lu que le pitch je m'attendais à assister à un spectacle très différent de ce qu'Alexis MICHALIK, dont chacun sait que je suis une grande fan, a l'habitude de nous présenter. Je crois que j'attendais une réflexion plus orientée sur l'univers carcéral. Et c'est finalement une histoire pleine d'humanité qui emporte et bouleverse.

Car puis-je en vouloir à ce tresseur d'histoires d'avoir réussi une fois de plus à me prendre dans sa toile pour m'emmener dans un récit romanesque, où les destins se croisent au rythme de multiples rebondissements, où une fois encore il a prouvé que "le théâtre c'est d'abord un endroit où il se passe quelque chose, un endroit où on peut rire, et pleurer, en un mot être traversé par des émotions".

Car le talent d'Alexis MICHALIK est de tresser avec habileté une trame d'une redoutable efficacité qui se vérifie dans chacune de ses créations. Dans cette rencontre entre le monde du théâtre et celui de la prison, l'auteur et metteur en scène aborde des questions profondes : la filiation, la relation mère-fille / père-fils, le rapport au temps, la solitude, la position de la société vis-à-vis de ceux qui ne respectent pas ses lois et vice-versa. Pour la première fois il se penche sur un contexte contemporain. Egalement comédien au cinéma et dans des séries télévisées il crée une mise en scène très cinématographique et nous laisse songeurs au sortir du spectacle : Avons-nous rêvé cette histoire ? Tout ceci n'est-il qu'une mise en scène de Richard ou bien une fiction bien réelle ?

Et si le théâtre pouvait changer la vie ?



INTRA MUROS de Alexis MICHALIK, mis en scène par Alexis Michalik, avec Jeanne Arenes, Bernard Blancan, Paul Jeanson, Alice de Lencquesaing, Fayçal Safi, Raphaël Charpentier

En bref : En choisissant un univers contemporain Alexis MICHALIK fait à nouveau preuve de son habileté à tresser des destins et conter des histoires romanesques portées par des comédiens talentueux. Un nouveau succès pour la réouverture de cette belle salle du Théâtre 13.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Off 2017
Théâtre des Béliers
Rue du Portail Magnanen - 64000 Avignon
Du 7 au 30 juillet 2017 - 10h30 + 22h35 les jeudis- Durée : 1h45
Relâche les vendredi

Vu mars 2017 - Théâtre 13 Paris
Mise à jour du 18/06/17

dimanche 2 octobre 2016

EDMOND

A LA FIN LA MAGIE MICHALIK TOUCHE

*****


Molière 2014 dans les catégories Metteur en scène et Auteur Francophone Vivant Alexis MICHALIK démontre à nouveau avec EDMOND qu'il est un conteur admirable. Cette nouvelle création est une vibrante déclaration d'amour au théâtre qui prend pour prétexte la genèse de la plus grande pièce du répertoire français : CYRANO DE BERGERAC.

DANS LES COULISSES DE LA CRÉATION

1895. Edmond ROSTAND vient de faire un four avec La Princesse Lointaine pourtant interprétée parla grande Sarah BERNHARD. Deux ans plus tard il n'a rien écrit de nouveau. Acculé par les dettes il propose au grand Constant COQUELIN une nouvelle pièce. L'époque est au vaudeville et à la prose, sa pièce sera en alexandrin. On lui demande une comédie courte pour un public qui en a marre de Strindberg et d'Ibsen, ce sera une tragédie épique en 5 actes. Coquelin s'emballe, les producteurs corses signent un blanc-seing mais imposent leur comédienne, la troupe est prête à répéter pour jouer dans trois semaines. Un seul (léger) problème : Edmond n'a pas encore écrit une seule ligne. Il a tout juste un titre : CYRANO DE BERGERAC.

Comme dans ses précédents spectacles Alexis MICHALIK nous entraîne dans une folle aventure : celle de la création de l'un des plus célèbres textes du répertoire français. Quelle est la part du vrai, qu'est-ce qui est du domaine du romanesque dans cette bouillonnante évocation ? Est-ce vraiment important. Edmond ROSTAND avait depuis longtemps un intérêt pour Savinien de Cyrano de Bergerac, écrivain du 17ème siècle. Mais c'est en aidant un de ses amis à trouver les phrases qui sauraient séduire une femme désirée qu'il eut l'idée de créer son personnage romanesque. Il y a là tous les éléments pour imaginer une gestation fiévreuse et chaotique pour ce qui est aujourd'hui l'un des textes français les plus joués dans le monde et le rôle que tous les acteurs rêvent d'interpréter.

LA TOUCHE MICHALIK

On retrouve de nombreux éléments qui constituent la touche MICHALIK, 12 comédiens qui recréent un esprit de troupe, un mouvement ininterrompu qui fait évoluer une multitude de personnages, des changements de décors à vue qui s'enchaînent sans temps mort, un tourbillon qui nous emporte pendant près de 2h pour nous laisser le regard émerveillé et le cœur en joie devant ce spectacle brillant. Avec talent et virtuosité l'auteur nous plonge au cœur d'une époque faisant revivre sous nos yeux émerveillés la grande Sarah Bernhardt, le comique de situation des vaudevilles de Feydeau, les questionnements d'un monde du théâtre en pleine évolution qui voit émerger la concurrence du cinéma de Méliès et des Frères Lumières, les mœurs d'une société bourgeoise, la frénésie d'une création artistique.

Toute la troupe est d'une parfaite justesse de jeu. Guillaume SENTOU est le génial Edmond, auteur en proie au doute puis emporté par l'enthousiasme de la création grâce à l'inspiration de sa muse (Stéphanie CAILLOL - romantique Jeanne), mais fidèle à sa douce Rosemonde (Anna MIHALCEA) et à son ami Léo (Kévin GARNICHAT), l'amoureux maladroit. Christine BONNARD campe une Maria Legault caricature de l'actrice gouailleuse et diva, protégée des producteurs et proxénètes corses magistralement interprétés par Christian MULOT et Pierre BENEZIT. Jean-Michel MARTIAL est la dignité personnifiée dans le rôle d'Honoré. Pierre FOREST est un Coquelin touchant et un Cyrano très convaincant. Nicolas LUMBRERAS dévoile, entre autres rôles, un Feydeau provocateur, hautain et comique. Valérie VOGT est une irrésistible Sarah BERNHARDT. Enfin Régis VALLEE se surpasse entre le sérieux Courteline et le niais Jean Coquelin. Sans oublier le travail de toute la technique, de la scénographie aux lumières en passant par la musique et les costumes. Pas une fausse touche dans cette évocation du Paris de la fin du 19ème siècle. Et si par moments le rythme semble s'emballer ce n'est que pour mieux refléter l'urgence de la création, son bouillonnement, ses avancées par à-coups.

Une évocation historique avec de truculents anachronismes comme les notes du boléro de Ravel qui surgissent de façon incongrue, comme pour souligner que tout ceci n'est qu'une comédie qui ne se prend pas au sérieux tout en étant d'un grand professionnalisme. Et lorsque Pierre FOREST déclame les mots d'Edmond ROSTAND et que Cyrano meurt sur scène on ne sait plus si nous sommes en 2016 ou à la première en 1897.


En bref : Le génial conteur qu'est Alexis MICHALIK réussi le tour de force de nous emporter à nouveau dans un tourbillon de rire et d'émotions. Avec EDMOND il ne rend pas seulement hommage au génial auteur de CYRANO DE BERGERAC. Il adresse une émouvante et brillante déclaration d'amour au théâtre. Un spectacle bonheur dont on sort les yeux émerveillés et le cœur en joie, avec l'envie de revenir encore et encore au théâtre. Une troupe à l'unisson avec une mention spéciale pour Guillaume SENTOU qui s'empare avec justesse et énergie du trublion Edmond, clé de voûte de cette double aventure.



C'EST OU ? C'EST QUAND ?
38 Rue Montpensier 75001 Paris
Du mardi au samedi 21h - Dimanche 16h30




Vu septembre 2016 - Théâtre du Palais Royal
Crédit photo @Alejandro Guerrero