Affichage des articles dont le libellé est à ne pas manquer. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est à ne pas manquer. Afficher tous les articles

lundi 21 juillet 2014

LE ROI NU

LES CONTES D’ANDERSEN MIS A NU

****



Trois contes d'Andersen : "la Princesse au Petit Pois", "le Roi Nu" et "la Princesse et le Porcher" sont malaxés, fusionnés pour former une nouvelle histoire par ailleurs loin d'être incohérente, bien au contraire. Des amours contrariés de la princesse et de son porcher nait une grande aventure dont la réalisation renvoie à l'humour des Monthy Python mais est aussi parsemée de références aux dessins animés de Chuck Jones et de Tex AVERY.

Et oui, nous sommes dans une plongée dans l'absurde comme je les aime. Âmes sensibles et amateurs de théâtre expérimental passez votre chemin. Ici il n'est question que de l'amour d'une princesse pour son porcher et inversement. Bon et un peu aussi de caricature histoire de bien ridiculiser ceux qui pensent gouverner avec discernement ou qui vivent au dépends de ceux qui les écoutent comme disait M. de la Fontaine. Il est surtout question d'amour, d'humour et de délire.

L'année dernière ils nous avaient tracté lors de notre dernière pose avant le départ. Insensibles à nos arguments justifiant que nous ne pouvions aller saluer le Roi et malgré notre promesse de revenir l'année suivante, ils nous ont infligé une amende de 11 petits pois. Cette année il était temps d'honorer notre dette. A défaut de petits pois ce sont nos rires qui se sont déchainés et qui sont venus alimenter la troupe tout au long du spectacle. Rires partagé par le public nombreux (il est prudent de réserver !)

Ces 6 là de la Compagnie FULGURO font preuve d'une énergie inépuisable. Dans un décor sobre fait de pendrions de voile noir ils rivalisent de qualité technique et d'ingéniosité. Les costumes sont aussi hilarants que les gags et les situations, atteignant un summum avec la scène du défilé de haute couture.

En bref : un grand moment de délire à ne pas manquer. Oubliez tout et plongez dans l'univers délirant du Roi Nu. Vous en sortirez rempli d'énergie et de bonne humeur

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre Notre Dame
13-17 Rue du collège d'Annecy 84000 AVIGNON
Du 5 au 27 juillet - 18h18
Durée : 1h25
Réservation : 04 90 85 06 48

CHALLENGE THÉÂTRE 2014 - Lecture Spectacle / Le blog d'Eimelle

lundi 28 avril 2014

THE GUITRY's

UN CHARMANT DUO CONVAINCANT
****



SACHA ET LE ROSSIGNOL

Lui a laissé l'image du plus misogyne des auteurs. Elle était la diva de l'opérette. Un couple qui a marqué à tout jamais la scène française et internationale. Yvonne PRINTEMPS a 18 ans et déjà 5 ans de carrière au musical quand Sacha GUITRY la remarque. Il tombe sous le charme de cette jeune femme à la gouaille provocante et à la voix de rossignol. Il divorcera (une première fois) pour épouser son rossignol en 1919. Pendant 15 ans il vécurent une passion dévorante. Un amour intense, unique, impossible, comme c'est souvent le cas lorsque les personnalités sont si fortes et les sentiments si intenses.

C'est cette belle histoire d'amour qui se joue sur les planches du Théâtre Rive Gauche depuis septembre 2013 et que je découvre bien tardivement. Il écrivit pour elle 34 pièces. S'il tomba sous son charme dès le premier regard, elle se fit résistance mais fut elle aussi rapidement séduite. Ce qui frappe c'est le contraste entre cet homme d'âge mûr et cultivé et cette jeune femme qui n'a pas froid aux yeux.



ÉVOCATION RÉUSSIE D'UNE EPOQUE

Martin LAMOTHE et Claire KEIM sont l'incarnation sur scène de ce couple impossible et magnifique. L'écriture d'Eric-Emmanuel SCHMITT transcrit avec réussite l'humour particulier de Sacha GUITRY. Les répliques cinglantes et provocantes font mouche à tous les coups. Mais celui qui passe pour un grand misogyne apparaît ici plus comme une victime de sa passion pour les femmes qui ont partagé sa vie. 

Martin LAMOTTE campe avec justesse le dramaturge meurtri par cet amour perdu, sa jalousie maladive ayant mit en fuite ce joli rossignol qui ne s'est pas laissé enfermé dans la cage dorée qu'il lui avait créée. Il est touchant de sensibilité, a le verbe drôle, un phrasé qui se rapproche de la célèbre voix du réalisateur de "Si Versailles m'était conté" sans jamais tomber dans le piège de la caricature. Il est la bonne surprise de cette distribution.


Que Claire KEIM ait une si jolie voix n'est pas une surprise. Elle donne ici une nouvelle jeunesse aux chansons d'Yvonne PRINTEMPS qui restent dans l'oreille longtemps après que le rideau se soit baissé. Elle est magnifiquement gouailleuse et malicieuse et rayonne. Elle a l'énergie de cette jeune femme qui a illuminé les scènes internationales pendant des années, formant avec son mari "THE GUITRY's".

La mise en scène de Steve SUISSA nous transporte dans le bureau de GUITRY dans son théâtre à l'intérieur élégant d'un appartement parisien. En utilisant astucieusement les côtés de la scène il créé deux nouveaux espaces, la loge et la scène d'Yvonne PRINTEMPS et navigue avec aisance dans les souvenirs d'un GUITRY nostalgique. L'utilisation de la vidéo sert aussi à la création des espaces, des ambiances et permet de faire intervenir brièvement des personnages annexes à l'histoire. Un dernier mot pour Sylvain KATAN qui complète la distribution dans le rôle du régisseur / confident du dramaturge.


Cette évocation n'est pas sans rappeler celle du couple que formèrent Scott FITZGERALD et sa muse ZELDA qui a fait le début de saison au Théâtre La Bruyère (lire mon article ICI). Si les deux se font écho elles sont également réussies.

"Quelques années de grande passion, quelques années de grands soupçons, quelques années de grande souffrance. Au fond, tout fut grand". 
Eric-Emmanuel SCHMITT

En bref : un spectacle très réussi qui réserve de belles surprises. Un duo de comédiens très crédible et très attachant.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre Rive Gauche
6 Rue de la Gaîté - 75014 PARIS
Métro Edgar Quinet, Vavin, Montparnasse-Bienvenüe


DERNIÈRES le vendredi 2 mai et le samedi 3 mai à 21h - Dimanche 4 mai à 15h.



Accessibilité PNR

L'accessibilité au Théâtre Rive Gauche est actuellement limitée. Une personne qui marche mais à mobilité réduite accédera facilement à la totalité des installations. Une personne en fauteuil manuel accédera facilement à l'accueil et à la salle mains ne pourra pas accéder aux toilettes. Le théâtre n'est malheureusement pas accessible aux personnes en fauteuil électrique. Des travaux sont prévus à l'été 2014 pour rendre le théâtre entièrement accessible à tous.

Vu le 18 Avril 2014 à Théâtre Rive Gauche

dimanche 29 septembre 2013

ET JAMAIS NOUS NE SERONS SEPARES

"VIVRE C'EST ATTENDRE"

*****

DE LA SOLITUDE...

"Une femme attend un homme qu'elle aime, qui n'est maintenant plus là. Elle cherche une issue à son absence, pour continuer à vivre, malgré tout. Les moments passés de leur existence se mettent à revivre, presque semblables à ce qu'ils ont été. Qu'est-il advenu de lui ? Est-il mort, est-il parti pour un autre amour ?"
Source : site du Théâtre de l'Oeuvre

 

PREMIERE PIECE DE JON FOSSE

Le rideau se lève sur un appartement moderne. Le décor est épuré : des murs unis, quelques objets posés sur une ornière du mur du fond, une fenêtre qui éclaire la pièce, au centre un canapé gris. Un rire glacial éclate et secoue la femme assise.  Son rire grossit puis se fait à nouveau plus doux. Son regard erre du sol au plafond, de gauche à droite. « Non ». Elle se lève, va vers la fenêtre, « Non, ça ne marchera pas ».
Ainsi commence cette première pièce écrite par Jon FOSSE, écrivain norvégien contemporain de plus en plus joué sur les scènes françaises (« Le fils » mis en scène par Jacques LASSALE au théâtre de la Madeleine en 2012, « Je suis le vent » et « Rêves d’automne » par Patrice CHEREAU en 2010 et 2011).

DES INDIVIDUS NORMAUX

De cette femme qui attend nous ne saurons rien. Qui est-elle ? Qui est celui qu’elle espère ? Quelle a été leur histoire ? Pourquoi est-il parti ? Que s’est-il passé cette nuit-là ? Est-il toujours vivant ? L’a-t-il quittée pour une plus jeune ? Depuis combien de temps l’attend-t-elle ? Autant de questions qui restent sans réponse. Jon FOSSE laisse au spectateur le choix de son interprétation, selon son vécu, son humeur du moment, son histoire.
Car l'histoire de cette femme est universelle. C'est celle de l'humain confronté à l'absence de l'autre. Elle sait qu'il n'est plus là, qu'il ne reviendra jamais. Elle sait que ces scènes d'hallucinations, dans lesquelles elle revit le passé, ne sont que l'expression de son désir exacerbé de la présence de l'autre. Mais si elle refuse de les laisser partir, si elle refuse d'arrêter de l'attendre n'est-ce pas par peur qu'il disparaisse définitivement de sa vie et de son esprit ?
Alternant prise de conscience et rêve éveillé, à la limite de la folie, elle lutte constamment entre la nécessité de continuer à vivre une vie normale, d'avancer et le besoin d'attendre, d'évoquer, de parler à celui qui lui est si vital, la peur de le perdre à tout jamais si elle devait perdre le souvenir de l'absent, de leur amour. Alors elle se raccroche à ses objets "Et je suis ici avec mes objets, Et je me sens bien, Moi et mes objets".
Ludmila Mikaël et Marc Paquien pour "Et jamais nous ne serons séparés" de Jon Fosse.

MAJESTUEUSE LUDMILA

Sur un texte extrêmement difficile et exigeant, fait de répétitions, d'aller-retours, Ludmila MIKAEL est magnifique. Toute en sensibilité et en subtilité, elle est constamment sur le fil, passant d'une émotion à l'autre, parfois dans les extrêmes, bouleversante dans ses hésitations, ses espoirs, ses doutes et ses certitudes, sans jamais tomber dans ce qui pourrait être une caricature de la folie. Son jeu irradie toute la pièce.

A ses côtés Patrick CATALIFO et Agathe DRONNE sont plus que des faire-valoir. Patrick CATALIFO est un fantôme troublant, jusqu'à son costume gris de la première partie qui le fait se fondre littéralement dans le canapé. Son image rôde tel le souvenir de ce qui fut cet absent.

Agathe DRONNE apporte un air de fraîcheur, de jeunesse. Est-elle le fantôme de la femme ou bien l'amante de l'absent ? 

En bref : un texte beau mais difficile qui pourrait rebuter certains, mais un magnifique retour sur les planches pour Ludmila MIKAEL qui justifie à elle seule le déplacement.


Pour en savoir plus :

Mise ne scène: Marc Paquien, à partir du 10 septembre à Paris au Théâtre de l'Œuvre.
avec Ludmila MIKAEL, Patrick CATALIFO, Agathe DRONNE

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

55 Rue de Clichy 75009 Paris - Métro Place de Clichy, Liège.
du mardi au samedi à 20h30 - matinée à 15h le dimanche


Vu le 19 septembre 2013 au Théâtre de l'Œuvre - Paris

dimanche 15 septembre 2013

SWAN LAKE

UN LAC DES CYGNES BOULEVERSANT

*****


LE CLASSIQUE DES CLASSIQUES

Deux "Swan Lake" à l'affiche à Paris cet automne : celui de Dada Masilo au Théâtre du Rond Point (du 10 septembre au 6 octobre 2013) et celui de Frederik Rydman au Casino de Paris à (du 1er au 13 octobre 2013). C'est le premier que j'ai choisi parce que je l'avais repéré trop tard lors de son passage au Musée du Quai Branly au printemps 2013.
"Le lac des Cygnes" est le ballet classique par excellence, en témoigne le nombre de représentations qui en sont données, notamment en fin d'année sur les scènes parisiennes ou de province, par moult troupes russes de qualité très variable, sans parler des adaptations cinéma dont le récent et magnifique "Black Swan" de Daren Aronovski avec Nathalie PORTMAN.
Mais revenons au ballet de Tchaïkovski. Tout le monde connait l'histoire mais pour ceux qui l'auraient un peu oublié, un bref rappel : alors qu'il fête sa majorité le Prince Siegfried apprend pas sa mère qu'il doit dès le lendemain se choisir une épouse. Dans la nuit par dépit d'être privé de choix il part chasser des cygnes et rencontre Odette, une belle jeune femme dont il tombe amoureux. Celle-ci est sous l'emprise d'un sortilège qui fait d'elle un cygne le jour et une femme la nuit. Pour briser le sort Siegfried doit impérativement épouser Odette (le Cygne blanc). Le lendemain, lors du bal des prétendantes, le Prince découvre Odile (le Cygne noir), sosie d'Odette et fille du sorcier qui a ensorcelé la jeune femme. Le Prince croit être en présence de son aimée et annonce son futur mariage. Le jour des noces apparaît la véritable Odette et le Prince comprenant son erreur et de son impact sur celle qu'il aime. Il court vers le lac de cygnes et....plusieurs fins sont possibles selon le choix du metteur en scène.

LOIN, TRES LOIN DU ROMANTISME 

C'est une version iconoclaste, chorégraphiée et dansée par Dada Masilo et sa troupe, que Jean-Michel RIBES a inscrit à la programmation du Théâtre du Rond Point où il est rare de voir de la danse. Mais ce choix qui peut paraître surprenant s'inscrit pleinement dans la politique culturelle de cette scène. En effet, Dada Masilo s'empare de l'œuvre de Tchaïkovski pour en faire un ballet à la fois festif et grave. Elle casse les codes de la danse classique et fait de l'histoire du Prince Siegfried un argument politique qui brise les tabous de la société sud africaine.
C'est la gaieté, la joie, la fête qui dominent les deux tiers du spectacle. Avec beaucoup d'humour le spectacle commence par une évocation caricaturale du Lac des Cygnes. Dans un texte dit en anglais sans surtitre la Reine présente les grandes lignes du ballet (si vous ne maîtrisez pas la langue de Shakespeare prenez le temps de lire le programme distribué à l'entrée de la salle, le texte intégral y est traduit en français). Le texte est drôle, subtil, moqueur, tout comme la chorégraphie qui l'illustre en arrière plan.

Mais rapidement le propos politique est abordé lorsqu'il apparaît que l'Odette de ce Siegfried est un jeune homme d'une beauté et d'une sensualité rares. Dès lors ce sont l'homophobie, le mariage forcé, l'intolérance, les ravages du sida, les réalités sociales et culturelles d'un pays qui sont mis en avant et démontés avec force. On est  loin, très loin de la vision romantique traditionnelle.

Sur scène douze danseurs à la peau d'ébène hypnotisent le public dès les premiers pas d'une danse fougueuse qui mêle avec brio danse classique et danse africaine. Dans de scintillants tutus blancs et gris (qui se transformeront en jupes noires) et coiffés de leurs crêtes blanches ils rivalisent de virtuosité, de technique, de souplesse pour nous emporter dans un tourbillon joyeux avant le dernier tableau d'une rare intensité dramatique.

ETOILE MONTANTE DE LA DANSE

Originaire d'Afrique du Sud, Dada MASILO est décrite comme l'étoile montante de son pays. Elle se fait connaître notamment à partir de 2008 avec ses relectures des ballets classiques, d'abord "Roméo & Juliette" puis "Carmen".  Ses spectacles ont depuis fait le tour du monde et les connaisseurs de l’hexagone ont pu l'applaudir en 2012 à la Biennale de la Danse de  Lyon, au printemps 2013 au Musée du Quai Branly à Paris ou au Festival Vaison Danses en juillet dernier.
Sa biographie dit qu'elle avait onze ans lorsqu'elle est tombée amoureuse du Lac des Cygnes. Elle s'était alors promis d'en créer sa version personnelle. A seulement 25 ans, c'est chose faite avec ce "Swan Lake" qui marie avec succès la fluidité de la danse classique et l'énergie de la danse africaine tout en portant un message politique très fort.
(interview et reportage - en anglais - de Dada MASILO en cliquant ICI - notamment pour le passage où elle parle de l'antagonisme que représente le mouvement dans la danse classique et la danse africaine).

En bref : Un des must de la rentrée parisienne, pour sa beauté, sa sensualité, la force de son propos et l'émotion qu'il véhicule. Courrez, volez, posez une journée de congés, faîtes comme vous pouvez, mais ne ratez pas ce magnifique "Swan Lake".


C'EST OU? C'EST QUAND ?
du 10 septembre au 6 octobre 2013.
Du mardi au samedi à 18h30, le dimanche à 15h. 
Tarifs : de 13 à 38€.
Réservations : 01 44 95 98 21

Vu le 12 septembre 2013 au Théâtre du Rond Point

lundi 12 août 2013

HOTEL PARADISO

DES MASQUES SI EXPRESSIFS

*****





SHINNING DANS LES ALPES

Un décor un brin, non totalement kitsch : la réception d'un hôtel perdu dans les Alpes, avec ses rideaux à fleur, sa réception d'un autre âge, la photo du fondateur au-dessus de la porte et les montagnes enneigées à l'horizon. Une musique elle aussi un brin vieillotte, tout comme le gilet du réceptionniste ou le châle de la mère. Un charme désuet, tranquille pour cette pension de famille qui affiche quand même 4 étoile. Que pourrait-il bien se passer dans ce lieu oublié de tous où le temps semble s'être arrêté ?


Doucement les lieux s'animent et le rythme s’accélère. La pension bien tranquille va voir défiler tout une galerie de personnages : la grand-mère qui tient l'hôtel d'une main de fer, son fils prêt à tomber amoureux, sa fille qui veut donner un coup de jeune à tout cela, une bonne cleptomane, un cuistot un peu rugueux, une cliente fleur-bleue, des policiers, un groom imprudent, un cambrioleur en fuite, etc...


La suite...à vous de la découvrir, et à ne pas manquer.

MASQUES BERLINOIS

Je ne connaissais pas la troupe Familie Flöz, compagnie berlinoise qui depuis 1996 est devenue célèbre dans le monde entier. C'est en parcourant la programmation 2013/2014 du Monfort en mai dernier que je découvre cette troupe à l'affiche en mars / avril  2014 avec son spectacle "INFINITA" immédiatement inscrit sur mon agenda. Quelque jours après en préparant mon Festival Off je les découvre à l'affiche du Chêne Noir. C'est un signe : il seront sur ma wishlist.


Moi qui ai une certaine attirance pour le travail sur le masque je ne vais pas bouder mon plaisir. Le Chêne Noir affichait complet tous les jours et l'on comprend rapidement ce qui fait le succès des spectacles de Famile FLOZ : un spectacle de mimes, clowns, acrobates masqués dont la grande force est de nous faire croire que ces masques immobiles s'animent au gré des émotions ressenties par les personnages. On pourrait jurer les avoir vu rire, pleurer, avoir peur, être surpris ou heureux. La qualité du travail du corps nous fait oublier que ces traits sont figés. Par la magie de l'histoire et la technique des ces 4 comédiens les visages sont d'une expressivité rare.

En bref : du théâtre de masques comme vous ne l'avez jamais vu. A ne pas manquer

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Rue de la Gaité 75014 Paris
Du 16 au 28/01/2018 
du mardi au samedi 19h - dimanche 16h30


Extrait vidéo de HOTEL PARADISO




Extrait vidéo de INFINITA


Vu le  22 Juillet 2013 - Théâtre Chêne Noir - Avignon Off 2013
Mise à jour du 01/08/2017

dimanche 4 août 2013

COUP DE CŒUR DU MOIS - AOÛT 2013

LE MÉDECIN MALGRÉ LUI - LOS ANGELES 1990



Du 6 au 24 Août 2013 - Au Lucernaire, une des rares salles parisiennes à continuer une programmation de qualité en Août.
Le Collectif PACK livre une version moderne et déjantée mais fidèle du classique de Molière. Retrouvez Sganarelle et se sexy femme Martine dans le Los Angeles des années 1990. Entourés de Lucas et Valère, les deux sbires de Géronde, mafieux californiens plus vrais que nature, ils vous emportent dans un spectacle extravagant, drôle, à prendre au second degré. 
Les amateur de classique pur s'abstiendront. Les ados adoreront.
J'ai vu découvert cette version dans le Festival Avignon Off 2010 et vous recommande chaudement ce divertissement. 

Du mardi au samedi - à 20h
Les dimanches à 15h00 à partir du 22 septembre.


mercredi 31 juillet 2013

COLORATURE, MRS JENKINS ET SON PIANISTE - AVIGNON OFF 2013

MAGNIFIQUE DUO

*****

                                              

UN SACRE PETIT BOUT DE FEMME

COLORATURE raconte, par la voix de son pianiste Cosme Mac MOON, les douze dernières années de l'incroyable Mrs. Florence FOSTER JENKINS, soprano américaine célèbre pour son manque de justesse, son faible sens du rythme et son incapacité totale à chanter correctement.  

Cosme la rencontre en 1930. Très riche héritière elle se qualifie elle-même de "Colorature" et recherche un pianiste pour l'accompagner pour les tours de chant qu'elle organise pour ses amies au Ritz-Carlton. Un seul problème pour Cosme : elle a une voix épouvantable et martyrise les airs d'opéra qu'elle met à son répertoire.

Mais Cosme a besoin de payer son loyer et se laisse convaincre. Mme JENKINS quand à elle ne doute à aucun moment de la qualité de son chant. Une amitié profonde va naître entre la soprano et le pianiste. Pendant 12 ans il va l'accompagner dans des représentations dont elle fixe elle-même le rythme et qui font salle comble. Lorsqu'elle s'éteint quelques semaines après avoir rempli le Carnegie Hall, la plus grande scène de spectacle au monde, il sera le seul à la défendre face à la critique et aux moqueries.

UNE COLORATURE ? MAIS C'EST QUOI UNE "COLORATURE"

Si comme moi vous n'êtes pas féru d'opéra vous vous demandez ce qu'est une "colorature". Voici la définition sur Wikipedia: 

Colorature : En musique classique, le terme coloratura1 (du latin « colorare » qui signifie « orner »)2 qualifie une voix virtuose apte à réaliser des vocalises complexes au sein d'un répertoire richement orné : trilles, arpèges, notes piquées, etc. Il est également employé fréquemment sous les formes francisées colorature ou coloratoure.

DÉMONSTRATION MAGISTRALE

Agnès BOVE et Grégory BAQUET sont remarquables dans l'interprétation de ces deux personnages. Il en faut du talent pour trouver des notes aussi fausses. Si on rit à gorge déployée pendant les prestations de la Diva (qui aurait inspiré Hergé pour le personnage de Bianca CASTAFIORE), on est aussi emporté par l'émotion. La générosité des deux comédiens nous fait éprouver plaisir et compassion dans le récit de cette formidable amitié.

Programmé dans le Off 2012 (comment ai-je pu passer à côté), puis toute la saison 2012/2013 au Théâtre du Ranelagh (mais je n'ai pas trouvé le temps d'y aller), heureusement pour moi qu'il était de retour dans le Off 2013.

En Bref : Un petit bijou à ne manquer sous aucun prétexte à Paris ou ailleurs. 

Pour en savoir plus : 
De : Stephen Temperley - Texte français : Stéphane Laporte  - Mise en scène : Agnès Boury
Avec : Agnès BOVE et Grégori BAQUET, Coralie DI BLASI


C'EST OU ? C'EST QUAND ?

C'était au Chien qui Fume - Rue des Teinturiers - Avignon - n° 40 sur le plan du Off
Du 6 au 28 juillet 2013 - Tous les jours à 12h25 - Durée : 1h20 - p. 134 du programme du Off


Vu le 24 Juillet 2013 - Avignon Off 2013

vendredi 26 juillet 2013

ILLUMINATIONS - FESTIVAL OFF 2013

FORT - POIGNANT - BEAU TOUT SIMPLEMENT

*****



VIOLENCES URBAINES

Juillet 2013 - Avignon - Théâtre des Halles. Je suis au début de la file d'attente pour "Illumination(s)" de la Compagnie MADANI. Le spectacle affiche complet. J'ai réservé depuis une semaine. Alors que des vigiles essaient de faire reculer les spectateurs pour des raisons de sécurité, un jeune homme s'énerve parce que l'accès lui est apparemment refusé. Finalement les vigiles nous laissent entrer.

Les Spectateurs n’ont pas fini de s’installer. Le même jeune homme intervient avec énergie. Il crie au scandale car il s’est reconnu sur les photos et les films qui défilent sur l’écran. Ahmed MADANI intervient pour tenter de la calmer. Personne ne comprend ce qui se passe. Les spectateurs s’interrogent du regard, se tournent les uns vers les autres. Faut-il intervenir ? Faut-il attendre ? Alors que les images des violences urbaines de la dernière décennie défilent sur l’écran avec pour bande son les JT de l’époque, cette même violence semble s’inviter sur la scène théâtre. 

Des vigiles poursuivent le jeune homme sur la scène, l’interpellation dégénère, le jeune homme tombe à terre. Une voix off commente ce qui se passe autour de lui. Le public a compris que tout cela s’inscrivait dans le spectacle qui démarre très fort dans l’émotion et la surprise.7 hommes en costumes noir et chemise blanche prennent possession de la scène. On amène une croix blanche sur laquelle est crucifié un 8ème homme. S’ensuit une évocation de la guerre, pardon, des « Evènements d’Algérie », de ces opérations de « maintien de l’ordre », de la torture tout simplement. C’est dur, c’est fort. C’est surtout sans victimisation ni accusation.

Je ne décrirai pas toutes les scènes de ce magnifique spectacle sur la mémoire de ces trois générations d’émigrés algériens. « Illuminations » ne se raconte pas. C’est un spectacle qui se voit, qui se vit.  Il est tant dit durant les 80 minutes de spectacle que tenter de le résumer serait réducteur.

"FACE A LEUR DESTIN"

Ahmed MADANI a créé "Illumination(s)" en allant écouter les habitants du Val Fourré. De ces récits il a écrit un texte juste, criant la vérité de ces jeunes du VF comme on dit ici, de leurs pères, de leurs grands-pères. C’est la parole des colonisés, des combattants du FLN, des soldats, des harkis, des travailleurs émigrés de la première génération qui ont assemblés nos voitures et ont connu l’isolement dans les foyers Sonacotra, de ceux de la deuxième génération auxquels était refusée une bière lors du bal du 14 juillet, des jeunes de nos banlieues actuelles, ceux de la troisième génération rejetée des deux côtés de la Méditerranée qui trouve sa place de l’autre côté de la Manche.

Cette parole est portée avec grâce, dignité et maestria par 9 jeunes du Val Fourré. Aucune haine, aucune victimisation. Des mots forts et aussi beaucoup d’humour et d’auto-dérision.
La remarquable création sonore et vidéo du spectacle est l'oeuvre de Nicolas CLAUSS et est extraite de "Terres Arbitraires".

Le spectacle a été créé en 2012 au Théâtre de l’Epée des Bois. Il s’inscrit dans le cadre d’une aventure artistique commencée en 2012 et prévue pour durer 4 ans, et se déclinera en trois créations : « Illumination(s) » est la première. Elle sera suivie par « Les girls sont là » (titre provisoire), et « Des garçons et des filles » (titre provisoire) réalisé avec des jeunes femmes et hommes d’Ile de France et d’autres régions.

Il sera notamment du 15 au 20 octobre 2013 à La Maison des Métallos à Paris et du 2 au 15 décembre au Collectif 12 à Mantes la Jolie.


En bref : à ne manquer sous aucun prétexte. Ma plus belle et plus forte émotion du Festival Off 2013.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre des Halles - Rue du Roi René - Avignon - n° 68 du plan du Off
Dernière le 28 juillet 2013 (c'est complet)
En tournée en France en 2013 et probablement au-delà compte tenu du succès plus que mérité.

Vu le 21 Juillet 2013 - Avignon

mardi 23 juillet 2013

LA COMPAGNIE DES SPECTRES - AVIGNON OFF 2013

UNE GENEROSITÉ RARE

*****


TROIS FEMMES MARQUÉES PAR LE DESTIN

Une jeune femme et sa mère vivent recluses dans un petit appartement, au milieu d'un mobilier sans âge, kitsch et bon marché . La vie de la mère s'est arrêtée en 1943, lors de l'exécution de son frère par un milicien. 

L'huissier de justice, chargé de procéder à l'inventaire de leurs biens avant saisie, va devenir l'interlocuteur, bien malgré lui, de ces femmes hantées par les spectres de l'Histoire. La mère le prend pour Darmand et exprime à son encontre sa colère contre le maréchal "Putain".

Dans ce monologue adapté du roman de Lydie Salvayre, Zabou BREITMAN, seule en scène pendant 1h30, interprète les ombres du passé qui hantent ces deux femmes. Ce sont trois générations marquées par le drame de la mort du fils qui s'animent sous nos yeux.

ZABOU BREITMAN VIRTUOSE 

Zabou BREITMAN se glisse d'un personnage à l'autre avec une grande fluidité. Si par moment le rythme intense du défilé de ses souvenirs, l'impulsion de la colère peuvent mener à confusion et perdre le spectateur, la justesse du texte qui aborde des sujets lourds sans jamais tomber dans le pathos, l'humour et la mise en scène de Zabou BREITMAN ne nous permettent de ne jamais vraiment perdre pied et de rester captivées par le destin de ces trois femmes.
La générosité du jeu de Zabou BREITMAN est un cadeau fait au spectateur, un de ces moments de théâtre rares, car elle ne se contente pas d'être 3 femmes de trois générations, déjà une performance en soi. Sa virtuosité lui permet de faire défiler devant nos yeux une multitude de personnages secondaires, les miliciens, le curé, Pétain et son entourage,etc.

J'avais raté ce spectacle à Paris cette saison. Merci au Festival Off de m'avoir permis cette séance de rattrapage.

En bref : une prestation d'une générosité rare. 

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Théâtre du Chêne Noir - 8 Bis Rue Sainte Catherine - Avignon - n° 39 sur le plan du Off
Tous les jours du 6 au 28 Juillet 2013 - 18h - Durée : 1h15 - p. 133 du programme du Off
Relâche les 11 et 19 juillet.
Réservation sur le site internet du théâtre (recommandée) ou au 04 90 86 74 87




Vu le 17 Juillet 2013 - Avignon

jeudi 11 juillet 2013

LA CARTE DU TEMPS

TROIS VISIONS DU MOYEN ORIENT

*****
       
La scène est ouverte. Des chaises autour du plateau. Au sol, un balai. Les comédiens sont assis encadrant l’espace de jeu. L’un d’eux se lève, entre en scène et commence le premier de ces trois récits dont le point commun est la perte d’un être cher, d’un parent, d’un ami, d’une maison, d’une vie.

« Un Etat d’innocence » est l’histoire d’Um Hisham, soldat israélien. Ce que nous voyons est-il l’expression de la réalité ou bien la transcription du voyage de son âme après qu’une balle de snipper ne l’ait frappé en pleine poitrine ? Sommes-nous dans le zoo de Rafah ou quelque part dans les limbes ? Qui est cette mère palestinienne au chant si pur qui l’interpelle, parle de sa défunte fille et de l’acte difficile qu’elle doit accomplir ? Et qui est cet architecte qui détruit pour construire à moins que ce ne soit le contraire.

Dans « Entre ce souffle et toi » un homme qui ne peut faire le deuil de son fils retrouve la jeune femme qui grâce à un don d’organe a bénéficié des poumons du défunt jeune homme. Elle est juive, il était palestinien. Elle refuse ce lien. La rencontre est perturbée par un balayeur poète. Et c’est le souffle de la vie qui finira par l’emporter. « Every breath you take… »

Le triptyque se termine avec « Un monde qui s’efface ». Un jeune irakien tente désespérément de faire une conférence sur les oiseaux, sa passion depuis l’enfance. Mais son récit est constamment interrompu par les souvenirs des ceux qu’il a perdu en cours de route : sa grand-mère, son meilleur ami. Personnage fantasque il est rempli d’humour et est émouvant. « Un autre jour viendra » «Les vivants nous sommes les fantômes ».
Aucune haine dans le récit de ces êtres que la guerre a frappé au plus profond de leur cœur. Un texte fort, profondément humain, dit avec sobriété, sensibilité. C’est beau, fort, poignant. Trois histoires pour une autre vision des drames du Moyen Orient

Pour en savoir plus :

Texte de Naomi WALLACE Mis en scène par Roland Timsit

Avec David AYALA, Charles GONZALES, Dominique HOLLIER, Daniel MARTIN, Thibault MULLOT, Afida TAHRI, Roland TIMSIT


En bref : un moment très fort. A voir


C’EST OU ? C’EST QUAND ?

Théâtre 13
30 Rue du Chevalet 75013 Paris - Métro Bibliothèque François Mitterand

du 28 avril au 7 juin 2015
Mardi, jeudi et samedi à 19h30 - mercredi et jeudi à 20h30, dimanche à 15h30


Théâtre de Halles – Rue du Roi René – Avignon – N° 68 sur le plan du Off
Tous les jours du 6 au 8 juillet à 16h30 – durée 1h30 – p 223 du programme du Off


Le théâtre des Halles ne prenant pas de réservation par téléphone il est conseillé d’acheter ses places à l’avance sur internet ou directement sur place.

crédit photo : @Lot et @Théâtre13

Vu le 10 Juillet 2013 au Théâtre des Halles - Avignon