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dimanche 13 juillet 2025

ROSA ROYAL

REQUIEM POUR UNE AMOUREUSE
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Qu'il est beau ce jardin du théâtre des Halles qui sert d'écrin à "Rosa Royal".  La pièce, librement adaptée de la nouvelle de Nicolas Mathieu, donne la parole à Rosa, très belle femme de 50 ans, qui ne veut plus laisser aux hommes le droit de la bousculer. "Parce que la peur doit changer de camp". Alors elle achète une arme à feu, s'entraîne au tir, à l'objet toujours dans son sac. Un jour elle va l'utiliser pour soulager la souffrance d'un chien renversé par une voiture. C'est la rencontre avec Luc. Il a tout pour lui : gentil, prévenant, a réussi sa vie, prend soin de Rosa, l'emmène en week-end. Elle finit par s'installer chez lui. La peur a-t-elle vraiment changé de camp ?

Avant de rencontrer Luc, Rosa passait la plupart de ses soirées au bar le Royal, souvent avec sa meilleure amie. Rosa a 50 ans, deux grands garçons qui se sont éloignés, une beauté qui attire les hommes. La rudesse de ceux-ci, elle la connaît bien, à commencer par son père. Mais cette fois, c'est la dernière. On ne l'y reprendra plus. Mais il y a Luc. Alors le cœur fleur bleue de Rosa fond une nouvelle fois.

Le texte, adapté par Anne Charrier et Gabor Rassov, bouscule les certitudes que chacun a sur les violences faites aux femmes. C'est une femme qui s'adresse à nous, exprime ses pensées les plus profondes, ses envies, ses combats, sa colère mais aussi son besoin d'amour. Elle est belle Rose, pleine de vie, d'espoir malgré une vie pas toujours heureuse, et surtout une femme qui veut changer, se transformer, qui refuse de se laisser écraser. Ce n'est pas le portrait d'une femme fragile.

La mise en scène de Romane Bohringer est vive, douce, percutante, rythmée. Elle ose montrer cette femme amoureuse de la vie et de ses plaisirs. La douceur du décor et des lumières est un contraste avec la vie de Rosa et son rapport aux hommes.

Anne Charrier est lumineuse, incandescente, magnifique. Elle nous offre une prestation tout en pudeur, nous bouleverse dans un torrent d'émotions, nous laisse hébétés.

En bref : un texte et une mise en scène percutants pour un grand rôle. Anne Charrier y est bouleversante.

Rosa Royal, d'après le roman de Nicolas Mathieu, adaptation par Anne Charrier et Gabor Rassov ; mise en scène Romane Bohringer, avec Anne Charrier ; lumières Thibault Vincent ; scénographie Rozenn Le Gloahec ; costumes Céline Guignard-Rajot

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Off 2025
Théâtre des Halles
Du 5 au 26 juillet 2026 - 21h30 - durée 1h15

La pièce sera reprise au Studio des Champs Elysées à Paris, du 12 septembre 2025 au 28 décembre 2025 - du jeudi au dimanche


dimanche 6 juillet 2025

La quête du père

Francé

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"Lamine, cette histoire c'est un vortex".

Lamine est un jeune écrivain. Enfin, ça fait sept ans qu'il travaille à l'écriture de son premier roman. Raymond est un comédien qui monte en puissance. Il s'apprête à passer une audition pour le rôle de sa vie : Hamlet. Mais tous les deux se retrouvent enfermé dans une cave de leur immeuble. En attendant que quelqu'un vienne les sortir de là, les deux amis plongent dans les cartons et se retrouvent confrontés à leur passé et à leur histoire. Tous deux n'ont presque pas connu leur père. Enfants de la 2e ou 3e génération post-colonial, ils vont aussi confronter leur vision du rapport au pays d'origine de leurs parents et grands-parents : le Sénégal pour l'un, le Cameroun pour l'autre.



Avec pour seuls décors des cartons, qui se font meubles, écrans, coffres aux trésors d'où sortent les objets de l'enfance, cet espace souterrain va être le lieu d'expression des ancêtres  et lieu d'échanges entre les deux amis. Des choses jamais évoquées avant, des émotions qui remontent. Dans la cave se terrent des secrets de famille, des jouets fétiches, des lettres oubliées, des vestes de tirailleurs sénégalais, des chants de grillots . Dans la cave, les fantômes du passé se font entendre, tels le spectre du père d'Hamlet. Le temps d'une éclipse du monde réel, la cave va être la rencontre avec un passé revisité et un passé qui fut, pour donner naissance à un présent et un futur nouveau. Un vortex dont les deux amis vont sortir transformés, conscients d'où il viennent, solides pour savoir où ils vont.

Lamine Diagne et Raymond Dikoumé nous offrent un texte à portée universelle, entre souvenir et fiction. Nous avons tous, quelles que soient nous origines, besoin de connaître nos racines, de s'y accrocher pour poser les fondations de nos vies d'adultes. Et si parfois la grande Histoire pointe son nez, c'est pour mieux souligner combien elle est aussi la somme des histoires des individus et qu'elle laisse sa marque en nous, consciemment et inconsciemment.

Tout est réussi dans ce spectacle. Mon premier dans le Off 2025, et mon premier bonheur. Les deux auteurs et comédiens sont complices, leur jeu fluide est magnifique. Le texte offre des moments de réflexion forts, de l'humour et beaucoup de poésie. La scénographie et la mise en scène sont imaginatives. L'univers sonore colle parfaitement au texte.

En bref : un spectacle qui nous parle de besoin de chacun à connaître ses origines pour ancrer les racines de sa vie et construire un futur. Deux très beaux comédiens pour une portée universelle, avec humour et poésie. Une belle découverte.

Francé, de et avec Lamine Diagne et Raymond, mise en scène Jessica Dalle, dramaturgie Eric Maniengui, scénographie, vidéo et création sonore Eric Massua, conception lumière Thibault Gaigneux, production déléguée L'Enelle - Cie Lamine Diagne

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2025
Théâtre des Halles
du 5 au 26 juillet 2025 - 11h - durée 1h25
Relâche 9 - 16 - 23

Crédit photo @Eric Massua

dimanche 10 juillet 2022

CHASSER LES FANTÔMES - OFF 2022

LES HISTOIRES D'A...


Roxanne est dans un pays d'Afrique en ce 4 novembre 2008. Barak Obama est élu Président des Etats-Unis. Le premier président noir. Un vent nouveau souffle sur les Etats-Unis et sur le monde. Ce soir-là c'est la fête autour de Roxanne. Son regard croise celui de Marco. C'est le coup de foudre réciproque. Elle doit rentrer en France quelques jours plus tard, va se battre pendant des mois pour qu'il puisse la rejoindre. Lorsque ce jour arrive, l'amour est toujours là, mais différent.

Comment construire une vie à deux lorsque tant de choses séparent deux êtres, quand le poids de l'histoire, de la société, des cultures essaie de se mettre en travers ? Roxanne et Marco s'aiment, se sont aimés. De l'émerveillement de la découverte aux désillusions de la vie à deux, c'est tout le parcours d'une histoire d'amour qui est décrit avec précision et justesse. Entre narration et dialogue, en nous plongeant parfois dans l'esprit des deux personnages, le récit traverse les quatre saisons d'une histoire intime hantée par les fantômes de l'Histoire.

Le thème de la dualité est omniprésent. Les oppositions entre deux points de vue se juxtaposent : homme / femme, noir / blanc, travailleuse / sans emploi, artiste / commerciale matérialiste. Et pour couronner le tout le poids de la société : ils s'aiment, sans aucun doute. Mais cet amour est-il assez fort pour résister aux devoirs de Marco vis-à-vis de sa famille, à sa sensation d'être inutile parce qu'il ne peut plus exercer son métier, au regard des autres sur ce couple mixte, au désordre qui s'installe dans la vie bien rangée de Roxanne. Les non-dits se multiplient autant que les frustrations.

La scénographie joue sur ces différents plans et cette dualité en s'appuyant sur deux espaces en miroir, modulables et évolutifs. Une batterie surplombe la scène. La musique de Damien Ravnich rythme le récit autant que le texte d'Alhim Bah. Il se fait poésie ou est scandé avec des répétitions aux accents de Stanislas Nordey dans "Clôture de l'amour". Les phrases sortent rapidement comme l'urgence de l'amour entre Roxanne et Marco. 

Sophie Cattani et Nelson-Rafaell Madel ont un jeu très naturel. On sent les attractions, les doutes, les évitements, les envies, les luttent intérieures. La partition est parfaitement maîtrisée. La mise en scène de Antoine Oppenheim est rythmée, bien dosée. Mais en sortant du spectacle je me suis quand même demandé si la mixité, telle que présentée ici, fait beaucoup de différence pour cette histoire d'amour qui ressemble à beaucoup d'autres.

En bref : une réflexion intéressante sur la vie et la mort d'une passion amoureuse, sur nos différences au sein du couple, sur le poids de la société.

Chasser les fantômes, de Hakim Bah, sur une idée de Sophie Cattoni, par le collectif ildi ! eldi, mise en scène Antoine Oppenheim, avec Sophie Cattoni et Nelson-Rafaell Madel, avec la musique live de Damien Ravnich, scénographie, lumière et vidéo Patrick Laffont de Lojo.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Festival OFF
Théâtre des Halles
Du 7 au 28 juillet - 11h - les lundis, jeudis et samedi - 1h25

jeudi 27 juillet 2017

LOGIQUIMPERTURBABLEDUFOU

LOUFOQUE ET POÉTIQUE 
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Un titre fantaisiste et imprononçable à première vue et pourtant si clair. Il est tiré du roman de Lydie Salvayre "La compagnie des spectres" que Zabou Breitman a joué notamment dans le Off au Chêne Noir en 2013. Un spectacle loufoque et poétique qui se déroule dans un hôpital psychiatrique. La fantaisie que l'on connait à la comédienne-metteur en scène nous promène dans cet univers à part. Des patients ou des soignants, les plus fous ne sont pas forcément ceux que l'on pense. Pourtant la frontière entre les deux reste présente tout au long du spectacle. 

Avec un humour du domaine de l'absurde Zabou Breitman fait ressortir la folie qui vit en chacun de nous et se manifeste de différentes manières. Il y a les patients, dont l'intérêt n'est pas dans les raisons de leur internement mais leur comportement pas toujours si éloigné de celui du personnel qui les entoure. Cette incursion dans le domaine de la folie c'est aussi ces moments où soudain on perd toute rationalité et on bascule dans l’irrationnel.

Les quatre comédiens se glissent avec fluidité, rapidité, d'un personnage à l'autre. Une blouse enfilée, ôtée, recouverte et ils sont tantôt patients, tantôt soignants. Les changements se font avec une telle habileté qu'on a du mal à croire qu'ils ne sont que quatre pour tenir tous ces rôles qui défilent avec frénésie devant nous.

Une comédie rythmée, tant physique que lyrique ou textuelle. Pour cette création Zabou Breiman s'est librement inspirée d’œuvres d'Anton Tchekhov, de Shakespeare, de Zouc et de ses textes personnels. Les noms de maladies, de médicaments se font aussi fous et poétiques que les personnages qui les prononcent. Une mise en scène qui se sert de tous les attributs de la comédie, nous plonge dans l'absurde ou le burlesque, en évitant tous les écueils que réserve le sujet de la folie. Et pourtant il m'a manqué un brin de génie dans ce monde où règne l'absurde, pour être complètement séduite par cette proposition qui ne manque pas d'intérêt. 

Logiquimperturbabledufou, mise en scène Zabou Breitman, avec Antonin Chalon, Camille Constantin, Rémy Laquittant et Marie Petiot.

En bref : un voyage avec humour au pays de la folie. Quatre comédiens remarquables pour une balade en absurdie, avec toute la fantaisie de Zabou Breitman

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2017
Théâtre des Halles
Rue du Roi René 84000 Avignon
Du 6 au 29 juillet 2017 - 19h30 - Durée : 1h10

mercredi 12 juillet 2017

ESPERANZA

QUELLE ESPÉRANCE ?

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Aziz Chouaki a écrit ESPERANZA il y a dix ans, bien avant que la presse ne se fasse l'écho des drames quotidiens de la jungle de Calais, des campings de La Chapelle, des naufrages au large de Lampedusa. Hovanatan Avédikian met en scène ce texte au Théâtre des Halles. Un spectacle chorégraphique qui rassemble 7 hommes et une femme sur un bateau. Ces 8 personnages, des harraga, qui signifie "ceux qui brûlent" en algérien. Il désigne ces migrants qui ne fuient pas une guerre, une dictature, une oppression, mais qui "brûlent" la frontière en quête d'une vie meilleure.

Ils sont ingénieur, policier, trafiquant, chômeur, handicapé. Ils ont payé leur passage au bord de l'ESPERANZA pour rejoindre Lampedusa. Premier voyage pour les uns, troisième tentative pour d'autres. D'horizons et de condition sociales divers ils partagent cette traversée tantôt avec humour, sarcasme, tantôt avec violence, jalousie, colère. L'embarcation avance, tangue. Attendra-t-il cet horizon auréolé d'espoir ?

Entre oralité et texte ces paroles de migrants sont âpres, rugueuses, parfois poétiques. Si l'auteur ne se laisse jamais aller au pathos ou à la bien-pensance qui surnage souvent dans les spectacles traitant de ce sujet, il peine toutefois à émouvoir. La faute n'en revient pas aux comédiens à l'interprétation solide. Leur dynamisme transmet bien leur rage, leur colère, leur peur, leur espoir, leur gouaille. Si l'auteur ne s'éternise pas sur leur passé c'est pour s’intéresser à leur présent, à cette traversée toujours risquée. Avec pour seules armes une boussole, un moteur qui les lâche et leur soif d'ailleurs il ne leur reste que les mots pour s'accrocher à leur vision d'avenir.

La scénographie met l'accent sur le dénuement de ces harragas. Entassés sur l'Esperanza matérialisé par deux caisses de bière, les corps se meuvent dans des chorégraphies délicates. Enchevêtrement, corps glissants les uns contre les autres pour trouver sa place dans cette promiscuité imposée.

Pour la création plusieurs séances de travail se sont déroulées dans des lieux atypiques : la maison d'arrêt de Nice et le centre Emmaüs de Saint André de la Roche. Des cessions de partage et d'échanges avec une adhésion totale des partenaires. Dans les quartiers hommes ou femmes les détenu.e.s ont abordé le texte avec clairvoyance et en accord avec l'écriture d'Aziz Chouaki. Lors de la première présentation au centre Emmaüs l'émotion fut forte, la plupart des présents ayant vécu la traversée de la Méditerranée.

Pourtant cette émotion c'est ce qui m'a manqué dans ce néanmoins très beau travail. Peut-être parce que l'auteur ne s'inscrit pas dans le misérabilisme ambiant et n'essaie pas de nous mettre en empathie avec ces migrants. Simplement de nous montrer un groupe d'individus qui ne cherche pas seulement un avenir plus radieux mais aussi des rencontres humaines.

ESPERANZA de Aziz Chouaki, mis en scène par Hovnatà Avédikian, avec Issam Kadichi, Jean-Baptiste Tur, Florent Hill-Sylvestre, Jérôme Kocaoglu, Caroline Fay, Samuel Chariéras, Karim Zennit, Vsken Solakian,  musique de Vasken solakian, chorégraphies Aurélien Desclozeaux, lumière Alexandre Toscani, scénographie Marion Gervais

En bref : Il y a dix ans Aziz Chouaki écrivait ce texte sur ce hommes et ces femmes qui traversent la Méditerranée en quête d'un avenir meilleur. Entre oralité et texte un spectacle brut et poétique qui ne joue pas sur l'émotion. Belle interprétation

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2017
Théâtre des Halles
Rue du Roi René 84000 Avignon
Du 6 au 29 juillet 2017 - 17h00 - Durée 1h15
relâche 10, 17 et 24 juillet

mardi 3 janvier 2017

F(l)AMMES

PORTEUSES D'HISTOIRES
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Après ILLUMINATION(s) L.a Compagnie MADANI revient avec un deuxième volet. Dix jeunes femmes issues de la banlieue. Dix personnalités. Dix silhouettes. Dix voix que l'on n'entend jamais. Dix images de cette diversité de la France. Avec ce deuxième volet de sa trilogie Ahmed MADANI récidive et livre un spectacle d'une grande force, des paroles de femmes.

10 FEMMES LIBRES

Elles sont les porteuses d'histoires du quotidien de ces femmes des banlieues, de ces quartiers dits "sensibles" où beaucoup n'osent aller et ne connaissent que ce qu'en montre une certaine presse. 10 paroles de femmes pour exprimer cette vie qui semble silencieuse tant on ne leur donne jamais la parole. Et pourtant elles en ont des choses à dire, à nous dire. Elles expriment toute la sensibilité féminine de celles qui sont / ont été / seront confrontées à la discrimination ordinaire, au rejet de la part de leur propre pays. "J'ai choisi d'être différente de ma différence" dit la fan de culture japonaise. "Je n'ai pas d'histoire dramatique à raconter, je suis une française moyenne" semble s'excuser celle qui a grandi dans une famille heureuse, loin des clichés misérabilistes. "Je suis de nulle part" s'écrit l'une d'elles, provocant une réaction inattendue. "Nos cheveux sont nos racines" lancent-elles toutes.

Elles ont entre 19 et 28 ans. Elles sont nées, ont grandi à Garges-lès-Gonesse, au Val Fourré, dans le Boulogne ouvrier, à Neuilly sous Bois. Elles assument leurs origines que certains leur reprochent, sont fières de leur filiation, qu'elles viennent de la forêt comme le disait Claude Levy Strauss ou bien de la Guadeloupe. Elles refusent d'être les Pénélope du 21ème siècle. Elles ont fait des études, sont diplômées et foulent aux pieds les clichés sur la misère économique et culturelle des quartiers sensibles, ces zones mises à l'écart des villes. Elles sont gréées de ce que leurs parents leur ont appris.

10 récits, 10 témoignages, 10 voix qui parlent et chantent la liberté d'être soi, quelle que soient la couleur de la peau et la nature des cheveux, d'être française et différente, de porter l'héritage des générations précédentes avec fierté et non comme un fardeau.

ENERGIE ET PROFESSIONNALISME

Là où ILLUMINATION(s) bouillonnait d'énergie, de colère et de mouvement, F(l)AMMES prend le temps de poser ces paroles de jeunes femmes, pour laisser s'exprimer leur sensibilité, leurs doutes, leurs certitudes, leur colère parfois et surtout leur confiance inébranlable. Paroles de femmes battantes, sensibles, émouvantes.

La mise en scène d'Ahmed MADANI respecte ces temps de confession et d'expression en y mêlant des chants a capela qui introduisent des ruptures, des respirations après l'émotion. Les comédiennes amateurs laissent alors éclater toute l'énergie et la fougue de leur jeunesse, de leur colère, comme une danse combattante ou libératrice.

Le décor est simple et épuré. Un fond blanc sert d'écran à quelques projections vidéo. Sur la scène quelques chaises apparaissent et disparaissent au gré des récits. Une scénographie qui laisse la place aux mots, ponctuellement accentuée par le corps.

Il y a chez ces jeunes femmes une énergie positive communicative. Elles s'enflamment et enflamment le public qui se lève unanime pour les saluer à la fin du spectacle. Ahmed MADANI démontre une nouvelle fois quel brillant directeur d'acteur il est. Comme pour les jeunes gens d'ILLUMINATION(s) il donne à ses comédiennes amateurs une aisance, une force, une qualité de jeu et d'expression que certains professionnels pourraient leur envier.

On ne peut que souhaiter un succès encore plus grand à F(l)AMMES afin de permettre de revoir ILLUMINATION(s), et, dans la foulée, donner à la Compagnie MADANI les moyens pour créer le troisième volet de sa trilogie. Dès lors on pourra rêver à un marathon MADANI qui permettrait de vois les trois spectacles d'affilé.


Texte et mise en scène d'Ahmed Madani
Avec Anissa Aou, Ludivine Bah, Chrine Boussaha, Laurène Dulymbois, Dana Fiaque, Yasmina Ghemzi, Maurine Ilahiri, Anissa Kaki, Haby N'Diaye, Ines Zahoré
Création vidéo Nicolas Clauss
Création lumière et régie générale Christophe Séchet
Costumes Pascale Barré et Ahmed Madani
Chorégraphie Salia Sanou
Coaching vocal Dominique Magloire et Roland Chammougon




En bref : après le succès d'ILLUMINATION(s) Ahmed MADANI crée avec F(l)AMMES un volet féminin aussi fort que le volet masculin de la trilogie. 10 jeunes comédiennes amateurs portent avec fougue et énergie une parole forte, authentique et optimiste. Une parole libre et nécessaire pour battre en brèche les clichés sur les femmes de banlieue. Un spectacle à ne pas manquer

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre de Halles - Avignon OFF 2017
du 6 au 29 juillet 2017
Salle Chapitre - 11h 

C'était à la Maison des Métalos
94 Rue Jean-Pierre Timbaud 75011 Paris
du 16 novembre au 4 décembre 2016

au Collectif 12 - Friche André Malraux 78200 Mantes la Jolie
8-10 décembre 2016

Tournée 2017
Toutes les dates France métropolitaine et Martinique 
sur le site de la Compagnie Madani en cliquant ICI
et notamment
MAC de Créteil - 26 - 28 janvier 2017
Vernouillet - L'atelier à spectacle - 2-3 mars 2017
etc.




Retrouver mes articles sur les précédents spectacles de la Compagnie Madani
- ILLUMINATION(s) - Avignon Juillet 2013


Crédit photo @François Louis Athénas

Vu novembre et décembre 2016 - Maison des Métallos et Collectif 12
Mise à jour du 25/04/17