Louis Jouvet disait "Au théâtre il n'y a rien à comprendre, mais tout à sentir". Au théâtre le côté Cour c'est celui du coeur. De là est né ce blog de critiques théâtrales, qui a pour objectif de vous faire partager ma passion pour le théâtre, mes coups de cœur, mes impressions, mes envies, mes émotions, et vous donner envie d'aller au Théâtre à Paris, à Avignon ou ailleurs.
mercredi 8 juillet 2026
NOTRE HUMBLE AVIS
vendredi 3 juillet 2026
LES FANFARONS
RENCONTRE DE CLASSES
vendredi 11 juillet 2025
UN SOUPCON D'AMITIE
L'AMITIE, JUSQU'OU ?
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Louis et Daniella est un jeune couple de Français vivant en Argentine depuis quelques années. Lui est diplomate, elle est professeur de danse. Le meilleur ami, Joachim, vend du matériel agricole et est d'origine allemande, pays qu'il a quitté en 1937, avant l'apogée du nazisme. Nous sommes en décembre 1961.
Enfin c'est ce qu'il a raconté à Louis et Daniella. Et pourquoi en douteraient-ils ? Mais lorsque qu'un homme se disant généalogiste se présente et commence à poser des questions sur Joachim, le doute s'installe, s'insinue dans les esprits, insidieusement s'ancre, réveille des traumatismes, remet en cause la loyauté.
Jusqu'où rester loyal ? Le lien d'amitié est-il inconditionnel ? Qu'est-on prêt à faire pour défendre ses amis ? Pour connaître la vérité ? Voilà bien des questions dérangeantes que posent ce texte de Philippe Froget, mis en scène par sa fille Chloé Froget.
Dans ce huis clos aux allures de comédie, où la danse exprime les émotions de Daniella, où les fleurs ont une odeur de trahison, le ton, qui se veut léger au départ, monte progressivement en tension, accentué par une mise en lumière très appuyée.
Comme toujours au Théâtre Actuel, la production est de qualité et de facture très classique. Le quatuor de comédiens est impeccable, notamment Ariane Brousse qui interprète avec conviction et justesse le personnage de Daniella, sa vitalité et ses doutes, ses tourments, jusqu'à un final surprenant.
En bref : un théâtre contemporain classique et efficace, qui pose des questions sur les rapports humains.
Un soupçon d'amitié, de Philippe Froget, mise en scène de Chloé Froger, avec Ariane Brousse, Simon Larvaron, Cyril Romoli, Philipp Weisser
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Crédit photo @ Frédérique Toulet
jeudi 10 juillet 2025
CONSPIRATIONS
UN CRIMINOLOGUE CHEZ LOUIS XIV
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Un salon grand siècle avec juste ce qu'il faut de mystère, une assistante qui distribue un questionnaire à quelques personnes dans la foule, et entrée théâtrale du sire Nicolas de La Reynie. Mis à la retraite par Louis XIV, le grand enquêteur, qui figure parmi ceux qui ont mis fin à la triste affaire des poisons, donne désormais des masterclass de criminologie, science qu'il a inventée.
C'est sur fond de faits divers du 18e siècle que Benoit Facerias, alias Nicolas de la Reynie, démontre ses indéniables talents de mentaliste. On sait bien que c'est truqué, mais on se fait avoir, on ne voit rien venir, on reste surpris, étonné des coïncidences, des convergences, des résolutions qui se forment sous nos yeux.Le spectacle mélange donc mentalisme et théâtre. Et c'est peut-être sur ce second aspect que le spectacle pêche un peu : un manque de rythme, peut-être dû aux nombreuses sollicitations de la participation du public (c'est inhérent à ce type de spectacle), un personnage de professeur pas très sympathique tant il est imbus de sa personne. Si l'histoire est assez bien construite, je n'ai toutefois pas entièrement adhéré.
En bref : Entre théâtre et mentalisme, un spectacle plaisant mais qui ne convainc pas intégralement.
Conspirations, de Benoît Facerias, Maxime Schicht et Sylvain Vip, mise en scène de Mattieu Hornuss, avec Benoît Vacerias, Solène Cornu, Alice Preyssas.
C'EST OU ? C'EST QUAND
Crédit photo @ mathieu Duthilleul et @ Lisa Lesourd
lundi 8 juillet 2024
LE SECRET DES OMBRES
CONTEMPORAIN CLASSIQUE
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Christian emménage dans un nouvel appartement pour accueillir son enfant à naître. Au même moment il perd son père, pour lequel il a beaucoup d'amour et de respect. En commençant à vider la maison de son père il découvre des photos prises pendant la Seconde Guerre mondiale, qui le même sur les traces d'un réseau de la résistance parisienne. Christian va dès lors vouloir connaître ce passé dont son père ne lui avait jamais parlé. Quelles sont les ombres qui planent sur sa famille ?
Grégory Bellanger écrit un texte touchant sur une histoire de secret de famille, de transmission, d'amour filial, d'amitié et d'engagement. Si les ombres renvoient aux secrets de famille qui pèsent parfois lourdement sur les générations, elles font surtout références à ces hommes et ses femmes de la résistance française pendant l'occupation allemande.
Dans un décor minimaliste, où, comme il va se soi dans le théâtre contemporain, les changements de décor se font à vue, l'histoire évolue entre années 1980' et années 1940. Le scénario réserve surprises et retournements. La mise en scène est simple, classique. Les scènes sont parfois très courtes, le jeu des comédiens est inégal, mais l'ensemble reste un joli moment de théâtre.
En bref : Sur une thématique connue, du théâtre contemporain classique et efficace. Une histoire de transmission et une histoire d'hommes et de femmes qui ont résisté pour que gagne la liberté.
Le secret des ombres, texte Grégory Bellanger, mise en scène Léa Marie-Saint Germain et Adrienne Ollé, avec Grégory Bellanger, Clara Leduc, Léa Marie-Saint Germain, Bastien Spiten, Gaël Tavares
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
dimanche 7 juillet 2024
Yė (L'eeau) - Baobab Circus
LA BATAILLE DE L'EAU
En bref : un cirque tonique et virtuose qui allie hip-hop, breakdance et culture africaine.
Yé (l'eau), Baobab Circus, direction artistique Kerfalla Bakala Camara, metteur en cirque et compositeur Yann Ecauvre, chorégraphe Nedjma BenchaÏb, troupe de 13 acrobates : Bangoura Hamidou, Bangoura Momo, Camara Amara Den Wock, Camara Bangaly, Camara Ibrahima Sory, Camara Moussa, Camara Sekou, Keita Aïcha, Sylla Bangaky, Sylla Fode Kaba, Sylla M'Mahawa, Youla Mamadouba, Camara Facinet
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
mardi 11 juillet 2023
LE VOYAGE DE MOLIÈRE
ESPRIT DE TROUPE***
C'EST OÙ ? C'EST QUAND ?
DARIUS
L'EVEIL DES SENS
C'EST OÙ ? C'EST QUAND ?
dimanche 9 juillet 2023
SMILE
LE JOUR OU TOUT A BASCULÉ POUR CHARLOT***
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
samedi 8 juillet 2023
LA FORCE DU COQUELICOT
TANT QU'IL Y A DE LA VIE...***
Au bord d'une falaise Félix rattrape Julie. A-t-elle voulue se jeter dans le vide ? Le dérapage de son vélo lui a-t-il évité la mort ? On a du mal à croire que cette pétillante femme ait voulu en finir avec la vie. Pourtant elle dit qu'elle n'est déjà plus en vie, que cette fibre l'a quittée : "je n'appelle plus ça vivre, j'appelle ça crever en longueur.". Félix, qui n'a pas l'ait non plus des plus heureux, va se transformer en Saint-Bernard.
Il y a beaucoup de magie, de douceur dans l'écriture de Lydia Cherton, dans la mise en scène de Bruno Banon, et dans le jeu des deux comédiens. Ces deux solitudes, ces deux êtres malheureux, esquintés, lui tordu, elle usée. Face à cette autre souffrance chacun va finir par laisser s'exprimer des émotions trop longtemps étouffées.
Au bout de la nuit, la lumière. La couleur peut revenir dans leur vie comme elle revient sur les arbres.
L'interprétation de Lydia Cherton et de Julien Joerger est tout en douceur. L'écriture est poétique. Le vélo magique.
En bref : on se laisse porter par la douceur et la poésie de l'écriture de Lydia Cherton et par l'interprétation des deux comédiens. Un spectacle qui fait du bien.
La force des coquelicots, de Lydia Cheerton, mise en scène Brunon Banon, avec Lydia Cherton et Julien Joerger,
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
mardi 19 juillet 2022
NOTRE HISTOIRE
CHECK-UP IDENTITAIRE***
Ils sont tous les deux comédiens. Leur histoire a commencé à Avignon. Alors quand leur fille de 10 ans les oblige à faire un "check-up identitaire", ils mettent en scène leur histoire d'amour. Point de récit à l'eau de rose mais une évocation frontale de la difficulté de construire un couple lorsque les deux viennent d'horizon non seulement différents mais surtout que tout semble opposer. Stéphane est français et juif sépharade. Jana est allemande et athée. Il s'appelle Schoukroun, le Dupont sépharade. Elle s'appelle Klein, le Dupont allemand.
La pièce est construite comme la répétition d'un spectacle qui se construit devant nos yeux. Ils se racontent, revisitent leur histoire. Et l'on voit bien que la mémoire est sélective et que chacun a sa propre vérité ! Ils se chamaillent, s'opposent, se remémorent leurs questionnements, les oppositions qu'ils ont affrontés.
Le histoire placée sous le prisme de la grande Histoire nous questionne : que gardons nous de ce que l'histoire a fait à notre famille ? Que voulons-nous transmettre ? C'est aussi en réaction aux réponses de l'intelligence artificielle de Siri et d'Alexa que se construisent leurs réponses.
Dans un décor en chantier, dans lequel les caches sont multiples sous les bâches en plastique, dans les amoncellements, est-ce sur les ruines de notre Histoire commune que nous construisons notre présent et notre futur ?
En bref : une évocation touchante d'une histoire construire sur ou malgré les injonctions de notre Histoire commune. Un questionnement sur la transmission entre génération.
Notre histoire, de et avec Jana Klein et Stéphane Schoukroun, assistanat Baptiste Febvre, regard dramaturgique Laure Grisinger, collaboration artistique Christophe Lemaitre, scénographie/plasticienne Jane Joyet, lumières Léandre Garcia Lamolla, création sonore Pierre Fruchard, création vidéo Frédérique Ribis, conseiller interlligence artificielle Nicolas Zlatoff
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
lundi 18 juillet 2022
CEREBRUM, LE FAISEUR DE REALITE
LE CERVEAU, CET ILLUSIONISTE
"Et si la réalité n'était qu'une fabrication de notre cerveau ?". C'est en 2015 que Yvain Juillard créa ce spectacle-conférence en 2015. C'est au cours d'une visite d'une exposition que lui est venue l'idée du spectacle. Une urne permettait à chaque enfant qui le souhaitait de déposer sur un papier la réponse à cette question : "comment vois-tu le monde dans 100 ans". Le papier tiré au hasard par Yvain Juillard disait :"il n'y aura plus d'hommes". Le scientifique s'est alors demandé ce qui a pu formater le cerveau de cet enfant pour qu'une telle réponse soit formulée.
Celui qui a été comédien pour Joël Pommerat est un biologiste de formation. C'est son goût pour la transmission qui a poussé Yvain Juillard à concevoir cette conférence spectacle sur le cerveau. De manière ludique, par le biais d'expériences impliquant le public ou dans lesquels il se met lui-même en scène, il nous dévoile ce qu'à ce jour nous savons du fonctionnement de cet organe si vital et si mystérieux.
Tout scientifique le sait bien : il n'y a pas de vérité quand il s'agit de science. Chaque certitude, chaque postulat démontré peut être remis en cause par une nouvelle découverte. La rigueur de la démonstration n'en fait pas moins un moment agréable et distrayant. L'orateur maintient notre attention de bout en bout, maniant humour et sérieux pour aiguiser notre curiosité. Si le spectacle manque parfois de rythme, l'oeil pétillant de Yvain Juillard et son sourire parviennent néanmoins à nous captiver tout du long.
En bref : une conférence-spectacle qui nous rend plus savant, fait avec humour et passion.
Cerebrum, le faiseur de réalité, texte, mise en scène et jeu Yvain Juillard
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
dimanche 10 juillet 2022
EN CE TEMPS LA, L'AMOUR
L'AMOUR D'UN PERE AU COEUR DE L'HORREUR
Alors qu'il devient grand-père, un survivant d'Auschwitz ressent le besoin de parler à son fils du voyage en train qui en 7 jours l'emporta vers le camp de la mort. Au milieu de l'horreur un père tente de permettre à son fils de vivre la vie à laquelle il avait droit. Alors que tous le croient fou, le père fait fi de sa peur pour faire briller l'espoir dans les yeux de son petit garçon de douze ans.
"En ce temps-là, l'amour" est un beau texte de Gilles Ségal, qui n'est pas sans rappeler "la vie est belle" de Roberto Begnini, On y retrouve ce même refus par un père de laisser la guerre et la folie des hommes abîmer l'innocence d'un enfant.
L'interprétation de David Brécourt est impeccable, parfaitement maîtrisée. La mise en scène de Christophe Gand est très classique, un peu lisse.
En bref : du bel ouvrage mais une impression de déjà-vu qui m'a empêché d'être emportée par l'émotion.
En ce temps-là, l'amour, de Gilles Ségal, mise en scène Christophe Gand, avec David Brécourt
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
CHASSER LES FANTÔMES - OFF 2022
LES HISTOIRES D'A...
Roxanne est dans un pays d'Afrique en ce 4 novembre 2008. Barak Obama est élu Président des Etats-Unis. Le premier président noir. Un vent nouveau souffle sur les Etats-Unis et sur le monde. Ce soir-là c'est la fête autour de Roxanne. Son regard croise celui de Marco. C'est le coup de foudre réciproque. Elle doit rentrer en France quelques jours plus tard, va se battre pendant des mois pour qu'il puisse la rejoindre. Lorsque ce jour arrive, l'amour est toujours là, mais différent.
Comment construire une vie à deux lorsque tant de choses séparent deux êtres, quand le poids de l'histoire, de la société, des cultures essaie de se mettre en travers ? Roxanne et Marco s'aiment, se sont aimés. De l'émerveillement de la découverte aux désillusions de la vie à deux, c'est tout le parcours d'une histoire d'amour qui est décrit avec précision et justesse. Entre narration et dialogue, en nous plongeant parfois dans l'esprit des deux personnages, le récit traverse les quatre saisons d'une histoire intime hantée par les fantômes de l'Histoire.
Le thème de la dualité est omniprésent. Les oppositions entre deux points de vue se juxtaposent : homme / femme, noir / blanc, travailleuse / sans emploi, artiste / commerciale matérialiste. Et pour couronner le tout le poids de la société : ils s'aiment, sans aucun doute. Mais cet amour est-il assez fort pour résister aux devoirs de Marco vis-à-vis de sa famille, à sa sensation d'être inutile parce qu'il ne peut plus exercer son métier, au regard des autres sur ce couple mixte, au désordre qui s'installe dans la vie bien rangée de Roxanne. Les non-dits se multiplient autant que les frustrations.
La scénographie joue sur ces différents plans et cette dualité en s'appuyant sur deux espaces en miroir, modulables et évolutifs. Une batterie surplombe la scène. La musique de Damien Ravnich rythme le récit autant que le texte d'Alhim Bah. Il se fait poésie ou est scandé avec des répétitions aux accents de Stanislas Nordey dans "Clôture de l'amour". Les phrases sortent rapidement comme l'urgence de l'amour entre Roxanne et Marco.
Sophie Cattani et Nelson-Rafaell Madel ont un jeu très naturel. On sent les attractions, les doutes, les évitements, les envies, les luttent intérieures. La partition est parfaitement maîtrisée. La mise en scène de Antoine Oppenheim est rythmée, bien dosée. Mais en sortant du spectacle je me suis quand même demandé si la mixité, telle que présentée ici, fait beaucoup de différence pour cette histoire d'amour qui ressemble à beaucoup d'autres.
En bref : une réflexion intéressante sur la vie et la mort d'une passion amoureuse, sur nos différences au sein du couple, sur le poids de la société.
Chasser les fantômes, de Hakim Bah, sur une idée de Sophie Cattoni, par le collectif ildi ! eldi, mise en scène Antoine Oppenheim, avec Sophie Cattoni et Nelson-Rafaell Madel, avec la musique live de Damien Ravnich, scénographie, lumière et vidéo Patrick Laffont de Lojo.
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
lundi 11 octobre 2021
LES DEMONS
DISPOSITIF DEMONIAQUE
Quel pari que de monter "Les démons" de Fiodor Dostoïevski, plus connu en France sous le titre "Les possédés". Albert Camus s'y était frotté en 1959 et plus récemment Sylvain Creuzevault en 2018 à l'Odéon. Un texte complexe et foisonnant, peuplé d'une foultitude de personnages. Guy Cassiers en donne une version très sophistiquée qui ne manque pas de belles images.
La scénographie de Tim Van Steenbergen couplée à la mise en scène de Guy Cassiers est déroutante. Sur scène 3 écrans suspendus. Dans le très beau décor d'époque les comédiens évoluent sans communiquer directement. Filmés par 3 caméras (une en fond de scène à jardin, une en avant-scène également à jardin, la troisième au milieu à cour) c'est l'ordonnancement de la projection sur les écrans qui fait le lien entre les comédiens. Ainsi, alors qu'ils se tournent le dos sur scène, ils se font face à l'écran ou bien alors qu'ils semblent s'éloigner, à l'écran ils vont dans la même direction. Parfois des élèves de l'Académie servent de main ou de bras pour faire le lien entre les personnages sur les écrans. Dommage que la mise en scène abuse un peu du procédé. Pour ne pas être perdu le spectateur n'a pas d'autre choix que de délaisser la scène pour se concentrer sur les écrans. Est-ce toujours du théâtre se demanderont certain ? C'est en tout cas une vision perturbante qui, personnellement, m'a perdue par la distanciation que cela crée entre les comédiens et le public, comme un cinquième mur. Si l'esthétique et la recherche de mise en scène font leur effet, cela est au détriment de l'émotion pour le spectateur qui regarde un film plus qu'il ne voit incarnés les personnages de Dostoïevski.
Au-delà de ce dispositif qui occupe les 4/5e du spectacle, la troupe du Français, merveilleuse troupe on ne le dira jamais assez, réalise une prestation remarquable. On imagine aisément toute la difficulté de jeu que le dispositif scénique représente pour chacun, cantonné à jouer dans une zone étroite en largeur, sans lire directement sur le visage ou la gestuelle de son partenaire l'effet du texte ou de l'action. Mais c'est sans compter avec le talent de chacun d'eux. Dans ce récit de bascule d'une époque, la jeunesse remet en cause, par le verbe et par le geste, les enseignements et le monde des anciens. Parmi eux, citons Hervé Pierre (Stéphane Trofimovitch Verkhovenski) mène avec brio et bonhommie le groupe des anciens, et forme un solide duo avec Dominique Blanc (Varvara Stavroguina), son amie et mécène. Du côté des jeunes Christophe Montenez n'en finit pas de séduire par son talent qui à nouveau éclate dans le rôle de Nikolaï, le mélancolique héros malgré lui qui traîne avec lui ses démons intérieurs. Claïna Clavaron est la révélation de ce spectacle. Elle incarne Dacha la fille adoptive de Varvara, avec une vivacité et une luminosité remarquable.
Mention particulière pour la beauté des costumes créés par Tim Van Steenbergen assisté de Anna Rizza et la qualité des lumières de Fabiana Piccioli assistée de Fraonçois Thouret.
En bref : au-delà des réelles qualités de mise en scène, de scénographie et d'interprétation, le spectateur se trouve pris au piège de tant de sophistication dans le dispositif scénique. Restent quelques très belles images mais aussi la sensation d'être restée à côté du texte et d'avoir laissé passer ces démons sans bien les appréhender.
Les démons, d'après Fiodor Dostoïevski, traduction Marie Hooghe, adaptation Erwin Mortier, mise en scène Guy Cassiers, avec Alexandre Pavloff, Christian Gonon, Julie Sicard, Serge Bagdassarian, Hervé Pierre, Stéphane Varupenne, Suliane Brahim, Jeremy Lopez, Christophe Montenez, Dominique Blanc, Jennifeer Decker, Clément Bresson, Claïna Clavaron, et les comédiennes et comédiens de l'académie de la Comédie Française Vianney Arcel, Robin Azéma, Jeremy Berthoud, Héloïse Cholley, Fanny Jouffroy, Emma Laristan.
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Crédit photo @Christophe Raynaud de Lage
lundi 9 décembre 2019
VOUS QUI PASSEZ SANS ME VOIR - Théo Théâtre
UNE BELLE SURPRISE
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L'écriture de Sébastien Biessy n'est pas sans faire penser à Stefan Zweig. Oui, j'ose la comparaison tant elle m'est apparue évidente. Peut-être parce qu'il est question de la Deuxième Guerre mondiale, du Brésil, d'une fuite, de nazis en exil. Certainement aussi par la sensibilité, la qualité de l'écriture, la structure dramaturgique.C'EST OU ? C'EST QUAND ?
dimanche 27 octobre 2019
LA SOURICIÈRE
SO BRITISH, SO AGATHA
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SUSPENS ET HUMOUR
UN DIVERTISSEMENT SO BRITISH
Leur séjour sera-t-il calme ? C'est compter sans la neige qui tombe et coupe le manoir du reste du monde et sans l'assassin de Culver Street qui est en fuite et aurait été vu dans les environs. Heureusement arrive l'inspecteur Trotter (Marc Maurille) qui va les protéger jusqu'à ce que les routes soient dégagées.C'EST OU ? C'EST QUAND ?
dimanche 13 octobre 2019
LE CLUB R-26
UNE FAMILLE FORMIDABLE
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JAZZ ET CHANSON
C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Crédit photo @Yann Ouvrard
Vu Octobre 2019 - Théâtre Lepic
mercredi 9 octobre 2019
LES JUSTES - Théâtre du Chatelet
JUSTE UN INJUSTE RATAGE
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LA FIN JUSTIFIE-T-ELLE LES MOYENS ?
UNE MUSIQUE OMNIPRÉSENTE
Et c'est là qu'il y a juste un injuste ratage. L'idée est belle. Même les intermèdes dits (parfois hurlés) par le chœur de comédiens amateurs de Seine-Saint-Denis s'inscrivent avec sens dans un projet moderne qui met les batailles de 2019 dans la continuité des luttes du début du 20e siècle. Ces jeunes comédiens, professionnels et amateurs, font un beau et bon travail. On entend, comprend le texte et le message. Même la musique dans son ensemble est plutôt agréable. Malheureusement texte et musique sont juxtaposés et ne se répondent pas, la musique polluant l'action que se déroule sur la scène. Les beaux chants en yiddish en semblent même parfois incongrus alors qu'ils veulent rappeler la répression exercée à l'encontre de la population juive en Russie au début du vingtième siècle.Crédit photo @Thomas Amouroux
Vu le 4 octobre 2019 au Théâtre du Châtelet





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