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jeudi 9 juillet 2026

SWING HEIL

 LET IT SWING !

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On l'oubli souvent, mais en Allemagne aussi il y eu une résistance au nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans ce seul en scène, Jimmy Daumas fait revivre un épisode d'un mouvement d'une jeunesse allemande amoureuse d'une musique interdire : le swing.

Nous sommes à Hambourg en 1938. Richard a 17 ans. Avec ses amis ils se retrouvent dans des bars chaque soir pour vivre leur passion : jouer et danser sur des airs de swing. Insouciance d'une jeunesse qui pense pouvoir échapper à l'intolérance qui monte dans le pays. Mais quand l'enrôlement dans les "Jeunesses Hitlériennes" devient obligatoire, chacun va choisir. Richard pense qu'il peut obéir à l'injonction tout en continuant à vivre sa passion et à garder son indépendance intellectuelle. Certains de ses amis refusent et veulent se battre pour leur liberté.

Jimmy Daumas ne ménage pas sa peine et fait preuve d'une incroyable énergie (surtout avec la canicule qui sévit dehors en ce mois de juillet 2026). Après un début festif, où il chante, danse, joue de la musique, e récit s'assombrit et la musique finit par masser au second plan, laissant place à une intensité plus dramatique. Le décor de salle de concert se transforme progressivement, les instruments étant étouffés par des affiches de propagande et des drapeaux nazis. Le comédien prête sa voix à tous les personnages, la bande de copains.

Le spectateur assiste à la montée de la violence, à l'endoctrinement des esprits, à la perte de liberté. De quoi faire réfléchir à ces situations qui évoluent rapidement, et ne sont pas restreinte au passé, ni à un pays ou un régime.

En bref : un spectacle engagé, mené tambour battant par un comédien porté par une énergie saisissante.

Swing Heil, de Romual Borys, mise en scène de l'auteur, avec Jummiy Daumas, chorégraphie Jeann Garouste, scénographie Anne Gayan, Romuald, Borys, création sonore Cédric Moulié


C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Festival Off 2026
La Nouvelle Etincelle
Du 4 au 25 juillet 2026 - Relâche 8-15-22
13h - durée 1h00

mercredi 8 juillet 2026

NOTRE HUMBLE AVIS

DE L’ART ET DES VIES

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Igor Mendjisky introduit le spectacle en précisant qu’il s’agit en fait d’une émission de radio enregistrée en public et qui sera montée avant la diffusion. Les cinq chroniqueurs sont assis de dos. Ils viennent du cours de théâtre qu’Igor anime dans ce village du sud de la France et ont eu envie, un jour de parler de culture en général. Le but de cette émission : partager sur l’art sous toutes ses formes pour donner envie aux auditeurs d'aller au théâtre, de lire, de voir des expositions et/ou des films. Tous sont chroniqueurs amateurs.

L’enregistrement commence avec trois sujets : un classique de la littérature française, une exposition d’art contemporain et un film culte.

Pour ce nouveau spectacle Igor Mendjisky reprend tout ce qui a fait le succès de "Masques et nez" (créé en 2008). Les comédiens portent un masque qui couvrent la partie supérieure du visage, y compris le nez. Les personnages sont caricaturaux : un accent du sud très marqué pour un restaurateur qui ne rate pas une occasion de faire la pub de son restaurant tout en n'ayant pas digéré une critique, un garagiste passionné de cinéma mais qui a du mal à maîtriser ses émotions, une femme distinguée, ex-fleuriste devenue galiériste, un gentil animateur très consensuel, une adolescente en rupture avec l'école mais à l'analyse très pointue. Très vite les chroniqueurs dérivent et leur vie privée prend le pas sur la chronique culturelle, au point que le cinéma ne sera pas évoqué (dommage, j'aurai bien aimé savoir comment ils allaient parler du "Grand bleu").

Côté mise en scène et interprétation, il n'y rien à dire. Le spectacle est bien rôdé et les comédiens sont épatants de justesse. Les deux sujets abordés (un grand classique de la littérature et une exposition de peinture d'une icône du pop art) sont obligatoirement clivants, et nos chroniqueurs amateurs se font l'écho de ce que l'on peut lire, dire ou entendre partout. On rit beaucoup indéniablement.

J'ai néanmoins un regret qui ne me permets pas de partager l'enthousiasme générale autour de ce spectacle (qui sera sans aucun doute programmé à Paris prochainement). Pour moi le schéma est trop répétitif par rapport à "Masque et nez" que j'avais vu et chroniqué en 2013. En changeant le contexte je pourrais écrire quasiment mot pour mot la même chronique. Je n'ai pas non plus trouvé cette réflexion sur le pourquoi de la critique comme le mentionne l'auteur dans sa note d'intention. Je m’attendais à un plus de réflexion sur la critique en général. Or, le choix des thèmes joue la facilité avec des œuvres qui ne peuvent qu’être clivantes, et seule la question finale posée par Igor Mednjisky pour clôturer le spectacle, renvoie chacun à sa propre définition de l'art.

En bref : si vous avez aimé "Masques et nez" vous devriez adorer "Notre humble avis".

Notre humble avis, de Igor Mendjisky, mise en scène de l’auteur, avec Sylvain Debry, Angèlique Flaugère en alternance avec Ophélia Kolb, Igo Mendjisky, Quentin Raymond, Adèle Royné, Gauthier Wahl en alternance avec Thomas Roy, collaboration artistique Etienne Champion, scénograpie Jean-Luc Malavasi, lumière Mitzi Lowy


C’EST OU ? C’EST QUAND ?
Avignon Off 2026
Le train Bleu
Du 4 au 25 juillet 2026
22h25 - durée 1h10

Vu le 06/07/26 - Avignon Off 2026 - Train bleu


samedi 4 juillet 2026

MAINTENANT JE N’ECRIS PLUS QU’EN FRANCAIS

MERE OU PATRIE ? HEROS OU TRAITRE ?

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25 février 2022 ! Vous souvenez-vous de cette date ? Elle n'est pourtant pas si lointaine. 

Pour Viktor Kyrylov et ses 43 millions de compatriotes, cette date est celle de l’écroulement de leur monde. Dans la nuit, l’armée russe a envahit leur pays, bombardé leurs villes, sans sommation, au nom de l’idéologie d’un homme.

Ce jour-là, Viktor est à Moscou. Il y habite depuis trois ans. Il est étudiant en théâtre et est à la veille de réaliser son rêve : jouer sur les planche du Théâtre d’art, l’équivalent de la Comédie Française. Mais l’Histoire en a décidé autrement.

Ce que nous raconte Viktor à travers son spectacle, ce n’est pas seulement l’histoire d’un ukrainien en exil, c’est la douleur d’un peuple trahit par son grand frère, le déchirement entre deux cultures, la peur et la haine qui en quelques heures a infiltré les corps et les âmes, la (re)naissance d’une nation et d’une identité nationale.

C’est l’histoire d’un jeune homme qui a choisi la culture dans ce qu'elle a de plus noble, et qui se retrouve tiraillé entre l’envie de défendre sa patrie et de mourir pour elle, ou l’amour de sa mère qui lui demande de ne pas rentrer en Ukraine et de vivre. C’est la remise en question de tout ce qu’il aime, de cette culture russe qui était sa raison d’être et fait soudain de lui un traître à sa patrie. C'est redécouvrir une Histoire ré-écrite par le voisin envahisseur. C'est devoir choisir entre les deux langues qui ont bercé sa vie.

Pendant, des heures, des jours après le début de la guerre, Viktor ne sait plus comment vivre, que penser, comment interagir avec ses amis russes qui voient la situation sous un angle biaisé par le discours officiel. Faut-il rentrer pour mourir en héros ? Faut-il écouter sa mère et vivre ?

Ce déchirement, de dilemme, Viktor nous le confie dans un seul en scène émouvant, touchant, sans mélodrame et avec une pointe d'humour. Merci d'avoir choisi la France pour cet exil. Souhaitons qu'il puisse bientôt retourner chez lui librement, en sécurité, et accéder aux rôles dont il rêve depuis l'enfance.

L'espace scénique se découpe en deux : d'un côté un écran sur lequel sont projetés des cartes, des photos qui appuient le propos de Viktor. De l'autre la table de sa chambre d'étudiant, avec une chaise et des piles de livres. Si Viktor s'adresse principalement au public, quelques dispositifs sont intéressant, notamment lorsqu'il qu'il retourne l'écran, dévoilant un miroir, permettant à l'artiste d'interroger visuellement son moi intérieur.


En bref : un seul en scène touchant sur les déchirements du peuple ukrainien depuis le début de la guerre initiée par la Russie.

Maintenant je n'écris plus qu'en français, de et avec Viktor Kyrylov, son T. cany, scénographie C. Chiassai-Polin, Régie J. Duquesnoy.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2026
11 - 11 boulevard Raspail - Avignon
Du 4 au 23 juillet 2026 - Relâche 10-17
15h05 - Durée 1h30

CUT, DES HISTOIRES , DES VIES

DROLE, DERANGEANT ET QUESTIONNANT

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Le théâtre de Mathilda May est unique par sa forme. Ce nouveau spectacle n’échappe pas à ce qui fait cette unicité : peu de mots et des situations burlesques voire absurdes.

Au travers d’une multiplicité de petites scènes, allant de quelques secondes à quelques minutes, "Cut ! des histoires, des vies ", nous place face à nos peurs, à notre hypocrisie, à nos craintes, à nos vérités profondes. 

Ces petites scènes du quotidien ont pour point commun un moment de bascule, une coupure, un arrêt inattendu qui souvent fait rire le spectateur. Mais c’est un rire souvent grinçant, qui dérange, qui questionne.

Les six comédiens, trois hommes et trois femmes, incarnent avec complémentarité et beaucoup d'autodérision, une multitude de personnages, sur un rythme très soutenu. Cage d'ascenseur, casting, bac à sable, hôpital psychiatrique, les lieux et situations se succèdent, dans une écriture fragmentée mais rigoureuse. D'un geste, d'une mimique parfois clownesque, l'émotion naît, navigant du tragique au comique, faisant naître chez le spectateur un certain malaise. Et il est bon d'être ainsi secoué.

La mise en scène mixe les disciplines : chant, jeu d'acteur, danse, musique.

Matilda May sait manier l'humour comme une arme. Une fois le rire passé, la réflexion s'installe de manière insidieuse dans l'esprit du spectateur. Je ne saurai mieux le dire que l'auteur :

"En surfant sur nos petites lâchetés ou nos grands courages, j'ai à cœur d'interroger les normes, les rapports de force, les règles qui entravent les libertés ou au contraire, les libertés qui émergent face aux entraves"


En bref : rien de tel que l'humour pour secouer les esprits. De l'humour absurde et revigorant

Cut ! Des histoires et des vies, de Mathilda May, avec Mathieu Alexandre, Benoît Blanc, Marie Desgranges, Emilie Deletrez, Matthias Girbig, Ana-Karina Lombardi, Lumières Laurent Beal, Régie Loïc Beaudron, Musique Julles Darmon et Sly Johnson, décors Patrice Le Cadre, costumes Mathilde Chollot


C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2026
La Scala Provence
Du 4 au 25 juillet 2026 - Relâche 6 - 13 - 20
11h55 - Durée 1h15


PATIENTE 66

CACHER CE QUI FAIT TACHE

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Ils étaient 9 enfants. Les fils et filles de Joseph et Rose. Mais à partir des années 1940, l’une des filles disparait des photos : Rosemary.

Deux fans d’urbex entrent dans un hôpital désaffecté et font renaître le destin de Rosemary Kennedy. L’histoire commence avec Joseph P. Kennedy, le patriarche aux grandes ambitions. Elles seront en partie réalisées : un fils président, deux sénateurs, un héro de la guerre. Et les filles ? 

Rosemary est le troisième enfant de la fratrie, l'aînée des filles. Rapidement la famille constate qu’elle est différente, un peu lente. En grandissant, la belle Rosemary attire les regards de hommes. Elle fugue souvent le soir, rentre les habits chiffonnés. On la montre lors des soirées mais elle fait tâche dans le paysage idéal du clan. Alors on l’envoie dans un couvent avant de prendre la décision de la faire opérer selon une méthode nouvelle. Elle sera la 66e patiente du docteur Walter J. Freeman, l’inventeur de la lobotomie, une opération que altère ou sectionne le lobe cérébral.

Sur un ton décalé, suivant l’esprit de "Patiente 66, une lobotomie américaine" de Dorothée Zumstein dont la pièce est une adaptation, ce spectacle lève le voile sur le terrible destin de la fille Kennedy, destin partagé par des milliers de femmes aux Etats-Unis et en France, aux débuts de la psychiatrie. Des femmes qui ne rentraient pas ou plus dans le moule que la société patriarcale voulait leur imposer, ou des hommes traités pour "guérir" leur homosexualité. Cette pratique est depuis interdite dans de nombreux pays. Elle était pratiquée à plus de 85% sur les femmes.

Les trois comédiennes nous livre avec un humour parfois noir cette page peu glorieuse de la psychiatrie. Le décor emprunte au cinéma des années 1930/1950 un côté burlesque pour mieux souligner l’absurdité du traitement. Alice-Maïa Lefebvre, comédienne et pianiste (accompagnement en live), est Rosemary, touchante de douceur et de candeur. Ses deux partenaires endossent plusieurs rôles dans une mise en scène qui dose avec intelligence les différents rythme et les émotions. 

En bref : Sur un ton décalé, un spectacle captivant qui, par le biais d’une personnalité, lève le voile sur un pan peu glorieux de la psychiatrie.

Patient 66, d'après Dorothée Zumstein, mise en scène Laurent Eychenne Régie, avec Emilie Jouffrey, Alice-Maïa Lefebvre, Christelle Salert, création son et lumière Romain Deldon, Régie Rémy Caillavet

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Of 2026
Factory - Chapelle des Antonins
Les 3 - 5 - 7 - 10 - 12 - 14 - 17 - 19 - 21 et 24 juillet - 20h20 - Durée 1h05


NB : si vous souhaitez aller plus loin dans la connaissance de ce scandale de la première moitié du 20e siècle, je vous recommande la lecture de "Mon vrai nom est Elizabeth" d'Adèle Yon (Ma chronique sur Babelio)

mercredi 16 juillet 2025

FUSEES

DES ETOILES DANS LES YEUX
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55 petites minutes, c'est le temps du voyage dans l'espace que nous propose Jeanne Candel et son équipe. Autant dire que le temps file comme une fusée (si vous me pardonnez le jeu de mots).

Créé en septembre 2024 au théâtre de l'Aquarium à Paris, que Jeanne Candel co-dirige avec Elaine Meric et Marion Bois, "Fusées" est un spectacle qui met des étoiles dans les yeux des petits et des grands.

L'histoire est simple : deux cosmonautes sont perdus dans l'espace, coincés dans une station spatiale à la dérive, que les équipes sur Terre sont incapables de ramener sur la planète bleue. Les contacts réguliers avec le centre de contrôle sont de moins en moins rassurants, jusqu'au moment où ils n'ont plus que pour seule compagnie celle de Viviane, l'intelligence artificielle qui contrôle, analyse, dirige, joue parfois à la psy.

Tout commence par l'arrivée sur le plateau d'une pianiste et de son piano, ballotés sur la scène, et rapidement suivis de trois autres énergumènes tous plus mal en point les uns que les autres. Ils sont tous cabossés, couverts de bandages, tirent ou poussent tant bien que mal les éléments du décor qui ressemblent couverts de bâches bleues, avant de nous dévoiler un petit théâtre de guignol. Et les voilà lancés dans un cours délirant sur la cosmologie, en s'appuyant sur un théâtre d'objets, afin de nous amener à la rencontre de Boris et de Kyril qui dérivent dans leur engin spatial.

Le ton est donné : humour et poésie.

Avec "Fusées", Jeanne Candel et son équipe nous proposent un théâtre de l'éphémère, comme la vie. Pas besoin d'effets spéciaux, de technologie, mais de l'inventivité, de la créativité, un peu de magie des mots et des gestes, et une ambiance musicale soignée. Des cartons colorés, des tuyaux flexibles, des bâches, du film plastique transparent, un tabouret : il suffit de peu de choses pour que sur scène s'animent les planètes, ou que Kyrill (en état de béatitude aussi bienheureuse que suspecte) et Boris (anxieux et obsédé par le destin de la chienne Laïka, premier être vivant mis en orbite) miment le décollage de leur fusée, se déplacent en apesanteur ou se perdent dans l'espace, comme emportés par un ballet aérien. On ne peut s'empêcher de penser aux deux astronautes qui sont récemment restés bloqués neuf mois dans l'espace alors qu'ils partaient pour une mission de huit jours.

Les enfants sont touchés par la drôlerie des situations et du jeu des comédiens. Les adultes sont renvoyés à la finalité et à l'éphémère de la vie. Et ce par le simple appel à l'imagination de chacun et quelques objets détournés de leur utilisation initiale. 

Petits et grands ne perdent pas de temps à lâcher-prise pour se plonger dans ce voyage intergalactique, porté par la musique de la pianiste Claudine Simon et l'imaginaire des auteurs.

En bref : Comme cela fait du bien d'oublier, l'espace d'une petite heure, les tourments du monde pour se laisser emporter par ce spectacle jubilatoire qui émerveille tous les publics, et qui est un hommage vibrant à la magie du théâtre.

Fusées, création tout public (à partir de 6 ans) de Jeanne Candel, Vladislav Galard, Sarah Le Picard, Jan Peters et Claudine Simon ; Mise en scène et scénographie Jeanne Candel ; Collagoration artistique Marion Bois ; Avec Vladislav Galard, Sarah Le Picard, Jan Peters et Claudine Simon ; construction petit théâtre Sarah Jacquemot-Fiumani ; peinture toiles Marine Dillard et Blandine Leloup ; peinture petit théâtre Marie Maresca ; Lumière Vincent Perhinin ; Constumes Constant Chiassai-Polin assisté de Sarah Barzic


C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Festival d'Avignon - 79e édition - 2025
Théâtre Benoît XII
6 - 7 et 8 juillet 2025

Tournée en France - saison 2025/2026 : retrouvez toutes les dates en cliquant ICI


Crédit photos @Jean-Louis Fernandez


dimanche 13 juillet 2025

Y'A D'LA JOIE

 VIVE LA VIE !
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Après trois ans de tournée avec "Le Montespan", Michael Hirsch nous revient avec son troisième spectacle "Y'a d'la joie". Et c'est à nouveau dans le Festival Off d'Avignon qu'il va le roder.

Dans un seul en scène qui tient  de la comédie et de la conférence TED, Michaël Hirsch nous raconte comment il s'est donné pour défi de devenir joyeux en un an, et comment il y est arrivé (ou pas). Parce que la joie de vivre, c'est quand même moins compliqué que le bonheur.

Interprétant une vingtaine de personnages, convoquant ses imitations préférées (il est toujours incroyable en Fabrice Lucchini, Edouard Baer ou en Jamy), avec pour seul décor trois échelles enchevêtrées, il nous emporte dans une multitude d'émotions, brocarde au passage un certain nombre de clichés, de mode de thérapie, de coaching en développement personnel. Chacun retrouvera les siens.

L'adulte de 37 ans, mélancolique et angoissé qui est devant nous, met toutes les chances de son côté pour apprendre ce que son éducation et son enfance (heureuse) ne semblent pas lui avoir transmis : le pouvoir de savourer la joie de vivre. Il décortique nos petits travers, avec légèreté, tout en restant concentré sur le sérieux de son sujet. Il nous laisse entrer dans un univers intime, et ça c'est nouveau.

C'est drôle, tendre, touchant. On retrouve toute la qualité d'écriture qui a fait le succès de "Pourquoi ?", mais dans un style différent et qui lui reste propre. C'est plein d'esprit et de finesse.

En bref : un spectacle plein d'émotions, qui met de la joie dans les cœurs et des sourires sur les visages. On en redemande !

Y'a d'la joie, de et avec Michaël Hirsch, mise en scène de Michaël Chirinian ; lumières Laurent Beal

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon, Off 2025
Théâtre Les Lucioles
Du 5 au 26 juillet 2025 - 11h50 - durée 1h15
Relâche les mercredis 

Et certainement bientôt à Paris ..... c'est tout le mal qu'on lui souhaite


ROSA ROYAL

REQUIEM POUR UNE AMOUREUSE
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Qu'il est beau ce jardin du théâtre des Halles qui sert d'écrin à "Rosa Royal".  La pièce, librement adaptée de la nouvelle de Nicolas Mathieu, donne la parole à Rosa, très belle femme de 50 ans, qui ne veut plus laisser aux hommes le droit de la bousculer. "Parce que la peur doit changer de camp". Alors elle achète une arme à feu, s'entraîne au tir, à l'objet toujours dans son sac. Un jour elle va l'utiliser pour soulager la souffrance d'un chien renversé par une voiture. C'est la rencontre avec Luc. Il a tout pour lui : gentil, prévenant, a réussi sa vie, prend soin de Rosa, l'emmène en week-end. Elle finit par s'installer chez lui. La peur a-t-elle vraiment changé de camp ?

Avant de rencontrer Luc, Rosa passait la plupart de ses soirées au bar le Royal, souvent avec sa meilleure amie. Rosa a 50 ans, deux grands garçons qui se sont éloignés, une beauté qui attire les hommes. La rudesse de ceux-ci, elle la connaît bien, à commencer par son père. Mais cette fois, c'est la dernière. On ne l'y reprendra plus. Mais il y a Luc. Alors le cœur fleur bleue de Rosa fond une nouvelle fois.

Le texte, adapté par Anne Charrier et Gabor Rassov, bouscule les certitudes que chacun a sur les violences faites aux femmes. C'est une femme qui s'adresse à nous, exprime ses pensées les plus profondes, ses envies, ses combats, sa colère mais aussi son besoin d'amour. Elle est belle Rose, pleine de vie, d'espoir malgré une vie pas toujours heureuse, et surtout une femme qui veut changer, se transformer, qui refuse de se laisser écraser. Ce n'est pas le portrait d'une femme fragile.

La mise en scène de Romane Bohringer est vive, douce, percutante, rythmée. Elle ose montrer cette femme amoureuse de la vie et de ses plaisirs. La douceur du décor et des lumières est un contraste avec la vie de Rosa et son rapport aux hommes.

Anne Charrier est lumineuse, incandescente, magnifique. Elle nous offre une prestation tout en pudeur, nous bouleverse dans un torrent d'émotions, nous laisse hébétés.

En bref : un texte et une mise en scène percutants pour un grand rôle. Anne Charrier y est bouleversante.

Rosa Royal, d'après le roman de Nicolas Mathieu, adaptation par Anne Charrier et Gabor Rassov ; mise en scène Romane Bohringer, avec Anne Charrier ; lumières Thibault Vincent ; scénographie Rozenn Le Gloahec ; costumes Céline Guignard-Rajot

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Off 2025
Théâtre des Halles
Du 5 au 26 juillet 2026 - 21h30 - durée 1h15

La pièce sera reprise au Studio des Champs Elysées à Paris, du 12 septembre 2025 au 28 décembre 2025 - du jeudi au dimanche


KESHI

 TRAGEDIE GRECQUE EN POLYNESIE
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Hereau vit avec sa mère, sans avoir jamais connu son père. Sa mère l'entoure d'un amour fusionnel, entend le protéger du monde, n'a jamais rien voulu dire sur le père. Mais lorsque Hereau apprend qu'il va devenir père à son tour, il ressent plus que jamais le besoin de savoir d'où il vient. Il se tourne vers son meilleur ami, qui lui aussi a grandi sans père et qui a été adopté traditionnellement par la famille d'Hereau. Au cours de cette quête sur ses origines, le jeune homme va être confronté à l'âme de ses ancêtres et découvrir la dramatique vérité.

La compagnie CAMéLéON, créée en Polynésie française, s'est donnée pour mission d'être un théâtre citoyen, qui va porter via le théâtre, "auprès des publics prioritaires, éloignés ou empêchés", une offre culturelle permettant "l'échange et l'éveil des consciences".

"Keshi" aborde au travers de ce drame aux accents de tragédie grecque, des fait
s encore très présents en Polynésie mais aussi universels. Il est ici question des violences intrafamiliales. En tahitien, Keshi signifie "perle difforme", une perle non désirée, non programmée, mais qui peut devenir, par un miracle de la nature, une perle imparfaite.

Le texte de Solenn Denis, écrit après un séjour de deux mois en Polynésie, est imprégné de la culture des îles. Le paranormal, représenté ici par Tupapa'u (le revenant) fait partie intégrante de la culture polynésienne. Le sujet de l'adoption "Fa'a'amu", est une pratique traditionnelle de confiage d'un enfant, sans adoption juridique formelle.

La mise en scène d'Antonin Chalon est très soignée, amenée avec subtilité. Les décors et costumes sont travaillés, tels le spectre de la grand-mère, symbole de sagesse et repoussoir assez réaliste.

Les 4 comédiens sont unanimement justes. Ils captent notre attention de bout en bout, sont touchants, sincères, émouvants, bouleversants.

En bref : un petit bijou de théâtre qui nous vient de Polynésie, qui nous submerge d'émotions, porté par un talentueux quatuor.

Keshi, de Solenn Denis, mise en scène d'Antonin Chalon ; avec Tuarii Tracqui, Justine Moulinier, Tepa Teuru, Guillaume Gay ; Lumières Quentin Maudet ; Son Clément Althaus : Scénographie Salma Bordes

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Off 2025
11
Du 5 au 24 juillet 2025 - 10h - durée 1h20
Relâche 11 et 18

Crédit photos @ Compagnie CAMéLéON

ARTICLE 353 DU CODE PENAL

JUSTICE OU INJUSTICE ?
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Deux hommes sur un ce qui pourrait être un chantier. L'un est juge, l'autre Martial Kermeur, un possible inculpé. De cette première confrontation dépendra le chef d'inculpation qui sera retenu. Kermeur ne nie pas les faits pour lesquels il a été arrêté : il a bien jeté à la mer l'escroc qui l'a ruiné. Pendant 90 minutes il va raconter au juge la généalogie de ce geste, ce qui l'a amené à ce jour.

Emmanuel Noblet porte à la scène le roman de Tanguy Viel. Pour décor, il choisit de porter cette confrontation sur les lieux non pas du crime mais du chantier qui est au cœur de cette affaire. Bien moins impersonnel qu'un austère bureau de juge. Plus humain. Car c'est là que se situe cette histoire : du côté de l'humanité.

Pendant quasiment toute la confrontation, le juge se fait taiseux face à Kermeur. Comme une inversion des rôles. Car le taiseux, c'est bien cet homme, brisé, devenu meurtrier parce qu'il ne supporte plus la honte, l'humiliation, parce qu'il s'en veut et se sent dépassé par la vengeance exercée par son fils. Cet homme simple, qui d'habitude se tait, qui ne pense pas avoir les mots, va se livrer pudiquement, avec tout le bon sens que la vie lui a donné, avec le cœur. Le juge se fait discret, à l'écoute, laissant le champ libre à celui qui se livre, qui a trop longtemps gardé en lui cette soif de justice.

L'écriture est belle, si belle. L'auteur ne fait pas seulement un portrait psychologique. C'est aussi une analyse politique et une étude sociologique. Il démontre avec brio les mécanismes de la manipulation.

La mise en scène est sobre mais puissante. La scénographie fait aussi dans la simplicité, avec ce bout de mur jamais achevé, un fauteuil sobre pour seul mobilier du juge, et en fond de scène la mer, la presqu'île comme l'ombre de ce projet immobilier au cœur de cette histoire. 

Quant à l'interprétation de Vincent Garanger, elle est magistrale. D'abord tassé sur lui-même, tête baissée lorsqu'il commence à s'adresser au juge, il va se libérer par la parole, se redresser, non pas par arrogance mais comme un homme qui retrouve son humanité. Tout en pudeur, sans jamais être en force, il incarne toute la vulnérabilité et l'intensité de son personnage.

Au fait, l'article 353 du code de procédure pénale traite de la question de l'intime conviction.

Vincent Garanger a été nommé aux Molières 2025 du comédien dans un spectacle du théâtre public, et est lauréat du prix de la critique 2025 dans la catégorie meilleur comédien.


En bref : un grand texte sur le besoin de justice, porté par un très grand acteur touché par la grâce.

Art. 353 du code pénal, d'après le roman de Tanguy Viel, adaptation et mise en scène d'Emmanuel Noblet, avec Vincent Garanger et Emmanuel Noblet, scénographie Alain Lagarde, Lumières Vyra Stefonova, Son Sébastien Trouvé, Vidéo Pierre Martin, Costumes Noé Quilichini

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Off 2025
11
Du 5 au 24 juillet 2025 - 21h45 - durée 1h35
Relâche 11 et 18

crédit photo @ Jean Louis Fernandez

vendredi 11 juillet 2025

UN SOUPCON D'AMITIE

L'AMITIE, JUSQU'OU ?

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Louis et Daniella est un jeune couple de Français vivant en Argentine depuis quelques années. Lui est diplomate, elle est professeur de danse. Le meilleur ami, Joachim, vend du matériel agricole et est d'origine allemande, pays qu'il a quitté en 1937, avant l'apogée du nazisme. Nous sommes en décembre 1961.

Enfin c'est ce qu'il a raconté à Louis et Daniella. Et pourquoi en douteraient-ils ? Mais lorsque qu'un homme se disant généalogiste se présente et commence à poser des questions sur Joachim, le doute s'installe, s'insinue dans les esprits, insidieusement s'ancre, réveille des traumatismes, remet en cause la loyauté.

Jusqu'où rester loyal ? Le lien d'amitié est-il inconditionnel ? Qu'est-on prêt à faire pour défendre ses amis ? Pour connaître la vérité ? Voilà bien des questions dérangeantes que posent ce texte de Philippe Froget, mis en scène par sa fille Chloé Froget.

Dans ce huis clos aux allures de comédie, où la danse exprime les émotions de Daniella, où les fleurs ont une odeur de trahison, le ton, qui se veut léger au départ, monte progressivement en tension, accentué par une mise en lumière très appuyée.

Comme toujours au Théâtre Actuel, la production est de qualité et de facture très classique. Le quatuor de comédiens est impeccable, notamment Ariane Brousse qui interprète avec conviction et justesse le personnage de Daniella, sa vitalité et ses doutes, ses tourments, jusqu'à un final surprenant.

En bref : un théâtre contemporain classique et efficace, qui pose des questions sur les rapports humains.

Un soupçon d'amitié, de Philippe Froget, mise en scène de Chloé Froger, avec Ariane Brousse, Simon Larvaron, Cyril Romoli, Philipp Weisser

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Festival Off 2025
Théâtre Actuel
Du 5 au 26 juillet 2025 -17h40 - durée 1h30
Relâche 8 - 15 - 22 

Crédit photo @ Frédérique Toulet

A CE STADE DE LA NUIT

EN MEMOIRE DE

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Il est minuit. À ce stade de la nuit, comme chaque soir, elle boit son café, sa journée terminée. Un moment de calme et de sérénité. Mais la radio annonce un (nouveau) naufrage d'un bateau de migrants au large de Lampedusa. Une tasse vole vers le sol, rejoindre d'autres débris.

Lampedusa,

"Le Guépard" de Visconti, adapté du roman de Giuseppe Tomasi du Lampedusa.

A ce nom, la femme fait l'association avec le film, les yeux de Burt Lancaster, l'opposition avec Alain Delon. La fin d'un monde qui doit laisser place à un nouveau monde.

Des scènes du film sont projetées sur l'écran en fond de scène. Suivent des scènes du film "The swimmer", autre film avec Burt Lancaster, ou la fuite en avant d'un homme, de piscine en piscines, pour rentrer chez lui. Puis l'artiste peintre kurde en exil Mahmood Peshawa commence à dessiner des visages, en résonnance avec le texte. 

La toute petite scène de la salle du Chapitre se fait écrin et écho de ce court texte écrit par Maylis de Kerangal en 2013. Sur ce bateau, il y avait plus de 500 migrants. Plus de 350 ont péri. Les services de secours n'ont pas sauvé ceux qu'ils auraient pu sauver apprendra-t-on plus tard.

"Il faut que tout change pour que rien ne change" dit Alan Delon. L'auteur en fait le parallèle avec la situation politique de l'Europe vis-à-vis des mouvements migratoires en Méditerranée, situation qui n'a pas évolué positivement depuis ce naufrage de 2013.

La langue singulière de Maylis de Kerangal est portée avec force, clarté mais sans emphase, par Sophie Cattani, magistrale. Pas de théâtralité mais de la sobriété pour souligner l'impuissance ressentie par cette femme (par nous spectateurs) face à ces drames répétés, une révolte intérieure qui se répète, inlassablement, sans que le monde ne semble changer. Sur la toile, les visages peints par Mahmood Peshawa se multiplient, effrayés, le regard vide, la bouche ouverte tel un dernier cri.

Le collectif ildi ! eldi a inscrit dans son projet général, depuis 2020, le travail avec des migrants artistes, pour leur permettre d'exprimer leur art, via un lieu, une plateforme nommée "Boa". "À ce stade de la nuit" s'inscrit dans cette démarche. Le spectacle présenté au théâtre des Halles dans le Off 2025 est la continuité d'un projet de 2020 initié par le peintre et le comédien Antoine Oppenheim, augmenté de la musique (angoissante) de Pierre Avia.

Le texte ne parle pas de la réponse des politiques à cette situation. Il montre une femme hébétée, impuissante, sidérée, face à un monde qui perd son humanité. Un texte à la mémoire de ces naufragés, pour ne pas oublier.

En bref : la langue de Maylis de Kerangal portée majestueusement par Sophie Cattani, et mise en peinture live par Mahmood Peshawa, pour un spectacle fort qui ne laisse pas indifférent.

À ce stade de la nuit, texte de Maylis de Kerangal, mise en scène Antoine Oppenheim et Sophie Cattani, avec Sophie Cattani et Mahmood Peshawa ; Lumières Cyril Meroni ; Musique Pierre Aviat ; scénographie Cyril Meroni ; vidéo Antoine Oppenheim - Production Collectif ildi ! eldi.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?

Avignon Off 2025
Théâtre des Halles
du 5 au 26 juillet 2025 - 16h15 - Durée 55'
Relâche 9 - 16 - 23

Crédit photo @ Antoine Oppenheim

mardi 18 juin 2024

AVIGNON - Festival OFF 2024 - Mes envies, mes recommandations

FETONS LE THEATRE

(tant qu'il est lui est encore possible de créer !)
(NB : ce titre, je l'ai écrit bien avant le 9 juin 2024)

NB : Ce visuel a été réalisé par Oleksandra Dementieva, étudiante ukrainienne de l'École Supérieure d'Art Avignon (ESAA)

oOo

Le blog est resté en sommeil tout au long de cette saison 2023/2024. Encore trop d'énergie dans le travail et pas assez de répit pour aller au théâtre et surtout écrire. Mais le spectacle vivant reste dans mon ADN et pas question de manquer le rendez-vous annuel d'Avignon. Cela reste pour moi un tel bonheur de me replonger dans la fête du théâtre, dans cette ambiance unique, et surtout, pendant 4 ou 5 jours, égoïstement oublier le reste du monde et ses horreurs (sauf le 7 juillet, car nul doute que cette édition va se dérouler dans une ambiance très particulière) . 

Voici, comme chaque année, mais avec beaucoup de retard et une sélection peut-être un peu raccourcie, la liste de mes repérages, entre envies et chroniques des spectacles déjà vus. Attention, avec les dates avancées et/ou raccourcies, il vaut mieux vérifier deux fois la programmation. Certains théâtres commencent plus tard et beaucoup de programmation en jours pairs / impairs.

Bon festival à tous et toutes

Le 11


11 Boulevard Raspail - 04 84 51 20 10 - Relâche les 8 et 15

Cette année encore je pourrais camper ici deux ou trois jours pour voir un maximum de spectacle de cette salle à la programmation de qualité. Voici la (longue) liste des spectacles qui me font envie dans l'offre de ce #OFF2023

Une pièce sous influence - "On suit les tourments de deux couples qui se font face et se détruisent le temps d’une nuit. Une pièce dans laquelle un musicien batteur donne le rythme en live et accompagne les mouvements incessants des quatre interprètes. Main dans la main, ils jouent leur dernière carte pour atteindre des sommets, avant de fondre comme neige au soleil et s’éteindre dans un dernier sourire. Les deux metteurs en scène poursuivent leur réflexion sur l’amour, la violence, le patriarcat déjà au coeur de leurs précédentes réalisations"

Du 2 au 21 juillet - Salle 1 - 10h00 - durée : 1h35

Polar grenadine - 2 comédiens pour une polar théâtrale où un enfant de 11 ans, témoin d'un meurtre, essaie de sauver sa peau. Perruques et accessoires à foison pour 1 comédien et 1 comédienne qui jouent tout les rôles. Curieuse ! 

Du 9 au 21 juillet - Espaces Mistral- 10h20 - durée 1h30 - Relâche 15

La montagne cachée -  Au travers une allégorie de la quête d'un groupe d'êtres humains aui va escalader une montagne, la compagnie des Dramaticules s'interroge sur la société actuelle, sur "leur sentiment de vivre, aujourd'hui', une  forme d'impasse politique, artistique, philosophique et spirituelle". Un spectacle d'actualité !

Du 2 au 21 juillet - 22h25 - durée 1h35 - Relâche 8-15


Théâtre Actuel

80 rue Guillaume Puy - 07 89 74 54 00 - 06 81 81 08 78 - Relâche lundi ou mardi

Les secret des secrets - la nouvelle création de Benoit Soles (La machine de Turing). Inspiré d'une histoire vraie, l'aventure de 4 jeunes gens qui recherchent la recette de la pierre philosophale dans les archives de la British Library. 

Du 29 juin au 21 juillet - 13h50 - durée : 1h25

Smile - 2 Molières pour ce spectacle. Comment Charlie est devenu Chaplin. Une pièce en noir et blanc. Etonnant. Intriguant. Tentant. "c'est l'histoire d'un type qui perd la mémoire à chaque fois qu'il la retrouve". Ma chronique de 2023

Du 29 juin au 21 juillet - 21h20 - Durée 1h15 - Relâche 3-10 et 17

Dates supplémentaires : 4-11-18 juillet à 19h40 et 21h30

Ring - Le texte percutant de Léonore Confino mis en scène par Côme de Bellescize. Seize scènes de la vie de couple, de la première à la dernière rencontre. Ca fait des étincelles.

Du 29 juin au 21 juillet - 10h00 - durée 1h15 - Relâche 3 - 10 et 17 juillet

Dolores - Un frère, une sœur, le flamenco, les nazis, la résistance, la séparation. Virginie Lemoine met en scène un hommage au destin héroïque de Sylvin Rubinstein. Toute la sensibilité de Virginie Lemoine. Un beau moment d'émotion. Ma chronique de 2023

Du 29 juin au 21 juillet - 15h55 - durée 1h20 - Relâche 4-11-18 - Représentation sup les 3-10-17 à 11h45


Théâtre du Balcon

38 rue Guillaume Puy - 04 90 85 00 80
Relâche 13 et 20

Le fossé - Une thématique d'actualité : les inégalités de la société. Jean-Baptiste Barbuscia utile l'absurde et la légèreté pour traiter de sujet souvent violent. S'interroger.

            Du 29 juin au 21 juillet - 20h00 - durée :1h07 - relâche 4-11-18


Tu connais la chanson ?- Louis Caratini veut réconcilier les générations autour de la chanson française, de sa poésie, de sa force. Pourquoi pas, pour terminer la journée sur une note légère et musicale.

Du 29 juin au 21 juillet - 21h45 - durée : 1h20 - relâche 4-11-18


Théâtre des Béliers

53 Rue du portail Magnanen - 04 90 82 21 07


T.I.N.A. - Un titre d'une longueur exceptionnelle, une affiche qui n'est qu'une suite de mots annonçant un délire, un seule en scène intriguant. Est-ce que je prends le risque ? There is no alternative apparemment ! "L’échec n’est jamais qu’une réussite qui se voile la face (et inversement). Ce spectacle en est la preuve."

Du 3 au 21 juillet - 15h40 - 1h15 - Relâche 8-15


Carmes Benedetto

Place des Carmes


Derrière les fronts - Danse et théâtre et une forme épurée pour parler de l'impact de l'occupation sur un peuple à travers des chronique de la psychiatre palestinienne Samah Jabr. "un témoignage précis, lumineux, poétique qui permet d'envisager la situation en Palestine avec une subtilité accrue"

Une seule date : le 16 juillet - 20h - durée 2h- Suivi d'un bord scène


Chêne noir

8 bis rue Sainte Catherine - 04 90 85 13 08

Les chatouilles, ou la danse de la colère - Dix ans après, Andréa Bescond revient sur la scène qui a fait connaître son récit autobiographique. L'histoire d'une petite fille victime d'un prédateur sexuel et qui trouvera la résilience dans la danse. Bouleversant. A voir ou revoir. Ma chronique séduite à lire ICI


du 29 juin au 21 juillet - 14h - durée 1h45 - Relâche 1 - 8 - 15


La légende du serpent blanc - Création avec la Shanghai Theatre Academy, le Chêne noir crée une adaptation de l'une des quatre grandes légendes chinoises. Danse et comédie pour un spectacle jeune public, mais pas que. Allons rêver un peu ! 

du 29 juin au 21 juillet - 16h45 - durée 55' - Relâche 15


Le porteur d'histoire - Comment ne pas vous recommandez, si vous ne l'avez toujours pas vu, ce récit d'une quête littéraire magnifique. Je ne m'en lasse pas. Une nouvelle distribution pour un texte qui pour moi reste le meilleur d'Alexis Michalik, qui vous emporte dans un tourbillon, vous fait traverser l'espace et le temps à la recherche d'un trésor. A voir et revoir. Ma chronique séduite à lire ICI

du 29 juin au 21 juillet - 21h30 - durée 1h40 - Relâche 1 - 8 - 15


Les Corps Saints
Place des Corps Saints - 04 84 51 25 75

Frères - Une histoire d'amitié dans le milieu de la gastronomie. Vu en 2023 à la Scala Avignon, mais article resté à l'état de brouillon. Le souvenir d'un spectacle plein de sensibilité, avec deux comédiens justes et touchants. 

Du 7 au 29 juillet - 13h25 - durée 1h10 - relâche 12 - 19 -26

Quelque chose au côté gauche - La mort d'Ivan Illitch revisitée. Un monologue couvert d'éloge. Pour se poser des questions existentielles. Pourquoi pas.

Du 7 au 29 juillet - 15h10 - durée 1h10 - relâche 15 - 18 -25


Espace Alya

 3 bis rue Guillaume Puy

Tebas land - Un jeune meurtrier, un écrivain, un dialogue sur les thème de la culpabilité, de la rédemption, et du rôle de l'écrivain sur la perception du crime par le public au travers des médias. 

Du 2 au 21 juillet - 20h15 - Durée 1h40 - Relâche 8 -15


La Factory


Dans les forêts de Sibérie
- Un grand William Mesguish, transporté par les mots et l'aventure de Sylvain Tesson. Une adaptation d'une grande beauté. Un voyage en forme d'hymne à la beauté de la nature, à la poésie, à la richesse intérieurs. 
 Ma chronique de 2019

Salle Tomasi - Du 3 au 21 juillet - 14h35 - Durée 1h15 - Relâche 9-16

Quête d'une jeunesse oubliée - Après le confinement, le regard d'une jeunesse sur ses rêves brisés. "Qu'en est-il de l'espoir quand on nous a arraché nos liberté. Danse et comédie.

Salle Tomasi - Du 29 juin au 21 juillet - 12h55 -  Relâche 2-9-16


Gémeaux

10 Rue Vieux Sextier - 04 87 78 05 58

L'ami du président - La comédie du pouvoir vue par Félicien Marceau. Qui est l'homme qui chuchote à l'oreille du président ? 

Du 29 juin au 21 juillet - 17h15 - durée 1h25 - Relâche 2-9-16

Heureux les orphelins - "Une création inspirée d’Électre de Jean Giraudoux, mêlant drame et comédie satirique, qui appelle à redonner du sens aux mots pour reprendre le pouvoir par le langage"

Du 29 juin au 21 juillet  - 16h45 - durée 1h20 - relâche 2-9-16

Girasole

124 bis Rue Guillaume Puy - 04 90 82 74 42


Cendres sur les mains - Parce que Laurent Gaudé. Tout simplement. Sinon, ça parle de l'arrivée d'une femme au milieu de deux fossoyeurs de guerre. 


du 2 au 21 juillet - 10h10 - durée 1h05 - Relâche 10-21

Lumière - La bataille entre Nicolas Tesla et Thomas Edison. Deux hommes qui rêvaient de changer le monde et se battaient pour le progrès. Allez savoir pourquoi l'histoire de ce duel de la fin du 19e siècle me fascine autant, moins qui ne suis pas scientifique pour deux sous. 

du 2 au 21 juillet - 157h30 - durée 1h20  - Relâche 8-15


Les Halles

Rue du Roi René - 04 32 76 24 51.

Entrée des artistes - Ahmed Madani demande aux élèves de l'école des teinturiers de Lausanne : "pourquoi voulez-vous faire du théâtre" ? Voilà qui interpelle la spectatrice et comédienne amateur que je suis. Et puis c'est Ahmed Madani, alors c'est obligatoirement dans ma programmation.

Chapitre -du 29 juin au  au 21 juillet -11h - durée 1h20 - Relâche 3-10-17
Photo Anne-Laure Lechat

Roméo et Juliette - Alain Timar et la Korea National University of Arts de Séoul, pour une version futuriste du chef d'oeuvre de Shakespeare. Curieuse !

du 29 juin au 21 juillet -21h30 - durée 1h50 - Relâche 3-10-17


La Luna

1 Rue Séverine - 04 0 86 96 28

J'aimerai arrêtée - Une étudiante confrontée à la prostitution. Un cri lancé sur internet. Un homme, dans une association d'écoute, entend cet appel. Une histoire vraie. Un problème de société

du 29 juin au 21 juillet - 15h40 - durée 1h05

Rentrée 42, Bienvenue les enfants - Paris, 1er octobre 1942. Dans une école du Marais la directrice et les maîtresses se préparent à accueillir 123 élèves. Une rentrée pas comme les autres qui va marquer la France d'une tâche sombre et bouleverser la vie de ces femmes et de ces hommes. Un bel hommage. Ma chronique touchée à lire ICI

Du 29 juin au 21 juillet - 16h30 - durée 1h35

La Manufacture

2 Rue des Ecoles - 04 90 85 12 71

Scène immanquable du Off, à la programmation internationale, engagée. 


Ca déménage - Du hip hop et un trampoline. Une danse qui décoiffe, qui se fait poétique et se moque des stéréotypes.

Patinoire - Du 4 au 21 juillet - 12h05 - durée 1h45 - relâche 10 et 17


Kermesse - "Le monde est en crise, et nous sommes nés dedans. C'est à nous de le changer, c'est une évidence." Un spectacle présenté comme une expérience sociale. Et si la réconciliation passait par la danse . Et si pour sauver le monde il fallait commencer par se sauver soi-même. La chenille se met en branle. Prix du Théâtre 13.. Un prix qui m'a rarement déçue.

Du 4 au 21 juillet - 20h20 - durée 1h40 - relâche 10 et 17


Au Palace

38 cours Jean Jaurès - 06 52 27 72 55 

Si on m'avait qu'un jour je mettrai Le Palace dans mes recommandations ! Changement de direction. Et changement d'orientation de la programmation. Et cela n'altère pas la force des spectacles de Fanny Cabon ! Et on y programme YumingHey, nominé aux Molières 2024, et même Beckett. Que de changement !

Gardiennes - Au travers du portrait de 10 femmes, sur 3 générations, Fanny Cabon dresse une fresque de l'intimité des femmes sur une siècle. Il y est question de grosses, d'avortement, de maternité et parfois d'amour. Bouleversant et drôle. Et surtout d'une actualité dramatique. Ma chronique ICI 

Du 29 juin au 21 juillet - 13h05 - durées 1h15 - jours impairs

Le degré au-dessus de zéro - Avec ce nouveau spectacle Fanny Cabon continue de parler de la condition féminine. Partant de témoignages recueillies auprès de survivantes, elle se fait leur porte parole pour explorer toute l'étendue des violences faites aux femmes. Spectacle fort. Ma chronique ICI

Du 28 juin au 20 juillet - 13h05 - durée 1h15 - jours pairs


Herculine Barbin
 
- D'après le 
journal intime d’une jeune femme ayant été obligée de changer de sexe au XIXème siècle. Une question hautement d'actualité. Avec Mickael Pelissier et Yuming Hey (nominé aux Molières 2024).

du 29 juin au 21 juillet - 17h30 - durée 1h20 - relâche 3-10 et 17 juillet


Roi René

4 bis rue Grivolas - 04 90 82 24 35

Le secret des ombres - Un spectacle aux allures de thriller sur fond de Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale, de secrets bien gardés, au texte très pertinent et à la mise en scène au cordeau. Une pièce pour comprendre l’importance de la transmission et des liens familiaux - Reprise

Du 29/06 au 21/07 - 12h10 - durée : 1h15 - Salle de la Reine 

Du domaine des murmures - Adaptation du roman Carole Martinez, mis en scène par William Mesguich. L'histoire d'une recluse, emmurée vivante, par refus du mariage imposé par le père, au 12e s. Avec Jessica Astier. "Entrer dans le Domaine des Murmures, c’est entrer dans un monde où le mystère et le secret ont élu domicile et qui, enivrant les sens et balafrant le sourire naïf, bousculent nos croyances figées par la peur". Création

Du 29/06 au 21/07 - 10h - durée : 1h15 - Salle du Roi

Sous les cendres - Des femmes enfermées dans un théâtre en temps de guerre. Né d'un projet d'écriture collective, le sujet devient d'actualité lors de la destruction du théâtre de Marioupol en Ukraine en 2022. Il y a alors urgence à dire. Création

Du 03/07 au 21/07 - 22h40 - durée : 1h20- Salle du Roi

La Scala Provence

3 rue Pourquery de Boisserin • 84000 Avignon

Une programmation qui reprend pour beaucoup les succès parisiens. Relâche le lundi


Frantz - Du théâtre, du mime, du bruitage. Un spectacle qui s'annonce étonnant mis en forme par cinq jeunes qui se sont rencontré à l'école internationale de théâtre Jacques Lecoq. Voilà qui titille ma curiosité.

du 2 au 21  juillet - 10h10 - durée 1h10 - relâche 1-8-15

Yéé - Cirque Baobab de Konakri. Un spectacle qui m'a été chaudement recommandé. Parce que Avignon sans au moins un spectacle de cirque n'est pas Avignon.

du 2 au 21 juillet - 11h44 - durée 1h - relâche 8-15

An irish story - Cela fait trop longtemps que je passe à côté de ce spectacle. Cette année sera la bonne. Une jeune femme à la recherche de l'histoire de son grand-père, en terre irlandaise.

du 2 au 10 juillet - 18h20 - 1h25 - relâche 1-8

Le petit prince - Le texte d'Antoine de Saint Exupéry avec la voix de Philippe Torreton et sur scène, Hoël Le Corre et un dispositif de magie augmentée. C'est quoi la magie augmentée ? Un spectacle qui semble très familiale

du 2 au 14 juillet - 10h00 - durée 1h05 

Le train bleu

4 salles dont 2 extra-muros. Une scène qui s'agrandit, et qui présente une belle programmation. Je ne pourrait pas tout voir !

Alerte blaireau dégâts - Sortir de l'adolescence à l'ère de you tube, tik tok, discord. Dire, se dire, rêver, avancer, se construire, enquêter, alerter. Un spectacle crée pour des non-lieux. Par désir de liberté ? Par une compagnie qui axe son travail depuis dix ans sur l'adolescence.

du 3 au 21 juillet - 10h00 - durée 1h40 y compris trajet - Salle Maif-  relâche 8 - 15

Exit - Partir, sortir, quand on l'an décidé, quand il n'y a pas plus d'espoir. En Suisse il est possible de choisir de choisir le moment de partir dans la dignité.  Un texte pour parler des malades, de leur familles, du personnel médical. Un texte pour questionner notre rapport à la mort.

du 4 au 20 juillet - 13h20 - jours pairs - salle 1 - durée 1h15


Fête des mères 
- Y'a-t-il meilleur moment que le jour de la fête des mères pour renouer avec une mère avec laquelle on est fâchée depuis trois ans ? Une tragi-comédie sur la famille, la fratrie. Le thème n'est pas neuf, mais pourquoi pas quand le pitch fait référence aux comédies de Jaoui/Bacri (la barre est haute) ?  

Du 3 au 21 juillet - 13h40 - durée 1h05 - relâche 8 et 15

Revolt. She said. Revolt again - Adaptation du texte d'Alice Birch. Un texte féministe qui invite à repenser le langage, le travail, le couple, la maternité, le monde, l'amour. Un teaser qui fait très envie. 

Du 4 au 20 juillet - 15h20 - durée 1h10 - Jours pairs - salle 1

Brisby (blasphème !) : "un conte moderne loufoque et virevoltant qui mêle science-fiction, fin du monde et Messie revisité". Voilà qui est intrigant !  

Du 4 au 20 juillet - jours pairs - 18h10 - durée 55'


Il y en aurait certainement d'autres. Pardon à ceux que j'ai oublié !

N'hésitez pas à revenir par ici pour prendre connaissance de nouveaux repérages ou pour lire les chroniques des spectacles que j'aurai vu ou encore pour me laisser un commentaire.


BON FESTIVAL

Pour que vive le spectacle vivant, allez au théâtre !