mardi 25 décembre 2018

LES FOURBERIES DE SCAPIN - Théâtre du Lucernaire - Le regard de Corinne

La boîte à malices
Le Regard de Corinne


Que celui ou celle qui n'a jamais entendu parler de ce fourbe de Scapin me jette la première
pierre. C'est l'une des pièces de Molière les plus connues et les plus jouées, jusqu'à notre
scolarité qui a été bercée par ce texte.

Grâce à sa malice et son ingéniosité, Scapin, valet de Léandre, le sort lui et Octave, d'une
mauvaise passe: ces deux-là ayant épousé chacun, par amour, une jeune femme sans le
consentement de leur père respectif, impensable au XVIIe siècle.

Par sa mise en scène surprenante, originale, Emmanuel Besnault dépoussière ce grand
classique. Fondateur de la Compagnie L’Éternel Été, avec sa troupe de saltimbanque, il donne un vrai coup de fraîcheur à la pièce. Il ose une approche novatrice. 
Certes, le texte déclamé en vers par les comédiens nous ramène à l'œuvre de son auteur. Mais pour le reste, la gestuelle notamment, nous sommes dans un tout autre registre. C'est Tex Avery au théâtre.

Les tirades entrecoupées de chansonnettes, les roulements de tambour marquant
l'étonnement, la peur ou encore le désarroi, les courses poursuites des pères après chacun
de leur fils, ces effets façon "arrêt sur image" rythment la pièce.

Le trait est forcé, les mimiques des comédiens tournent presque à la grimace, encore plus
quand il s'agit d'Algante et Géronte, les pères, jusqu'à les rendre grotesques, voire même
caricaturaux. L'effet comique recherché est garanti.

Sur scène, 5 jeunes comédiens, mais déjà beaucoup de talent, pour interpréter cette pièce.
Cette équipe de gais lurons prend plaisir à jouer ensemble, et ce plaisir est communicatif.

Avec enthousiasme et complicité, ils nous embarquent dans l'aventure au cours de laquelle
nous sommes étroitement associés, malgré nous. Nous nous retrouvons enfermés dans le
sac avec Géronte, le père de Léandre, à qui Scapin entend bien donner une leçon pour le
punir de son mensonge. La perspective est tout autre, de spectateurs nous devenons
témoins, témoins de la peur de Géronte qui attend son châtiment.

Comment ce tour de passe-passe est-il possible? Impossible de vous en dire plus. Mais allez
voir la pièce et vous saurez tout !

Les fourberies de Scapin, de Molière, mise en scène Emmanuel Besnault, avec Benoit Gruel, Schemci Lauth, Geoffrey Rouge-Carrassat, Deniz Turkmen, Manuel Le Velly

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre du Lucernaire
Rue Notre Dame des Champs 75006 Paris
Du 7/11/18 au 06/01/19
du mardi au samedi 20h - dimanche 17h


Crédit photo @Compagnie L'Eternel Eté - Diffusion Lucernaire

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