vendredi 3 juillet 2026

HUBRIS

ORGEUIL ET PASSION
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On croit tout savoir de l’Iliade. Et puis arrive une jeune troupe, qui nous offre une version claire, dense et nous laisse voir les héros d’Homère sous un angle différent, celui du regard des femmes.

L’hubris, nous dit le dictionnaire, se traduit par la démesure. Dans la Grèce antique, ce terme désignait les sentiments et attitudes extrêmes au premier rang desquels la passion et l’orgueil.

Le spectacle s’ouvre sur un décor imposant : une grande tente blanche avec au centre en fond de scène un tambour posé sur un drap imbibé de sang. Le décor est planté. Thétis, déesse marine et mère d’Achille, tente de persuader son fils de ne pas suivre les grecs et de ne pas aller au-devant d’une mort certaine comme l'a annoncé la prophétie. Mais Achille, le meilleur des grecs, préfère la gloire éternelle du guerrier mort au combat à la vie tranquille mais anonyme.

La suite nous est contée dans une réécriture moderne de l'Iliade. Outre Thétis, ce sont Briséis et sa sœur Chryséis qui sont à l’honneur. Trophée de guerre, la première est attribuée à Achille, l’autre à Agamemnon. Elles seront esclaves avec tout ce que cela comporte d’avilissement.

Rarement la mythologie grecque aura été racontée avec autant de clarté. Même le plus néophyte y retrouvera dans ces généalogies souvent compliquées. Cette version nous donne à voir des héros plus humain que dieu, dans ce qu'ils ont de meilleur, de bon, mais aussi de de plus cruel et de plus sombre.

L’action est appuyée par une mise en lumière inventive, qui se fait intimité ou violence. L’accompagnement sonore est tout aussi réussi. La mise en scène est toujours pertinente, parfois subtile, nous offrant des moments d'une grande intensité visuelle et émotionnelle. L'ensemble joue intelligemment des contrastes. 

Les cinq comédiens sont tous aussi justes.  Cécile Garnier est une mère aimante, refusant le sacrifice de son fils. Chryséis (Léa Michelot) et Briséis (Clara Jauvar-Lacoste) sont touchantes, émouvantes, bouleversantes, montrant les déchirements des deux sœurs. Mathéo Krzyzik-Braud est un Achille d'abord gamin, aspirant à l'héroïsme, transformé par dix années de guerre et par la mort de son ami Patrocle (formidable Corentin Gérold). 

En bref : une ré-visite de l'Iliade avec clarté et force, portée par une troupe de jeunes comédiens magnifiques.

Hubris, de Clara Jauvar-Lacoste d'après l'Iliade, mise en scène de l'auteure, avec Adrien Bensmaine en alternance avec mmathéo Krzyzyk-Brand, Cécile Garnier, Corentin Gerold, Clara Jauvart-Lacoste, Léa Michelot, Direction artistique Ugo Bussi, collaboration artistique Renato Ribeiro

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
La Factory - Roseau Teinturiers
Rue des Teinturiers - Avignon
Du 3 au 25juillet 2026 - 14h55 - durée 1h20
Relâche 9 - 16  23


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