dimanche 30 juin 2013

KISS AND CRY

ÉBLOUISSANT

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A LA RECHERCHE DES AMOURS MORTES

Ils sont une douzaine sur le plateau, lequel est un vrai capharnaüm : tables, rails, train électrique, caméra, décors miniatures, PC, un écran géant qui domine la scène. Dans quelques minutes les portes vont se fermer sur les derniers spectateurs retardataires, mais avant de se déployer chacun à leur poste ils se rassemblent en un cercle pour s'encourager, se souder une dernière fois avant que les lumières ne baissent. Un concert de chants d'oiseaux et cette oeuvre étonnante est lancée.

Une voix chaude s'élève : "Il y a les gens qui ont disparu, les gens que l'on ne revoit jamais...". La caméra survole un désert de sable où sont parsemées des figurines miniatures. Le texte de Thomas Gunzig dit par Jaco Van Dormael nous emporte sur les traces de Gisèle, vieille dame assise sur un banc de quai de gare. Elle se souvient de ses amours passées. 5 histoires, 5 hommes, 5 passions. 5 souvenirs gravés à jamais dans la mémoire, enfermés dans des petites boites. Sur une table la caméra filme ces deux mains qui viennent de se mettre en mouvement. L'une masculine, l'autre féminine. Elle s'engagent dans une danse de la séduction projetée en direct sur l'écran.


Articulée autour de la "nanodanse" ou de danse de doigt, le spectacle mêle danse, cinéma, animation, vidéo, théâtre, musique, mots. Il nous attrape dès la première scène : la danse des doigts commence et ce ne sont plus des mains mais des silhouettes qui s'animent devant la caméra, une danse tantôt sensuelle et lascive, tantôt fougueuse et violente comme la passion.

MAGIQUE

Kiss and Cry est le fruit d'un travail collectif, initié par Michèle Anne De Mey et Jaco Van Dormael. Ce dernier dit qu'il est "une expérience à vivre avant d'être un spectacle". Expérience pour le collectif qui l'a créé "de bric-à-brac", dans un grenier, inventant ou ré-inventant chaque jour de nouvelles voies d'expression, avec pour défi "faire du grand avec du tout petit".


Ce travail de création se répète chaque soir sous nos yeux. La caméra nous plonge dans ce monde du petit où le lait devient big bang, où les univers se renversent, où les mains se font personnages, couples ou solitaires, animaux aquatiques ou dinosaures. Les histoires d'amour se composent et se décomposent au fil de la mémoire, la caméra filme ces décors miniatures, les paysages qui défilent vus de l'intérieur d'un train, les mains qui s'enlacent, s'aiment, se disputent, vivent et revivent, les personnages miniatures, les saisons qui passent. Une prouesse technique. Ce monde du petit nous plonge dans une grande émotion, encore plus exacerbée par la délicatesse avec laquelle sont réalisées toutes les actions qui se passent sur cette scène si chargée où chaque chose est à sa place.

Le tout crée un univers magique, hors du temps, à la fois présent et intemporel, poétique, nostalgique, sensuel dont on sort ébloui par tant de grâce

En bref : un intense moment de grâce unique et inoubliable





C'EST OU ? C'EST QUAND ?


Théâtre du Rond Point
Jusqu'au 7 juillet 2013 - 20h30 - Matinée à 15h00 les dimanche (relâche le 30 juin).

Vu le 28 Juin 2013

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